Mur pour la Paix

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48° 51′ 12.4″ N 2° 18′ 07.15″ E / 48.853444, 2.3019861 ()

Le Mur pour la Paix à Paris, avec la tour Eiffel en arrière-plan.

Le Mur pour la Paix est un monument élevé en mars 2000 devant l'École militaire, sur le Champ-de-Mars, dans le 7e arrondissement de Paris.

Description[modifier | modifier le code]

Il a été réalisé par l'artiste Clara Halter et l'architecte Jean-Michel Wilmotte. Ils ont installé ce monument célébrant la paix dans un endroit qui est précisément un symbole de la guerre (le Champ-de-Mars tire son nom de Mars, le dieu de la guerre dans la mythologie romaine, et l'École militaire se trouve à proximité). Il devait être initialement placé devant le siège de l'UNESCO.

Le Mur pour la Paix est constitué d'une charpente métallique habillée de bois, d'inox et de verre. Il mesure près de 16 mètres de longueur, 13 mètres de largeur et 9 mètres de hauteur. Sur les grandes façades de verre est écrit le mot « paix » en 49 langues différentes.

Cette œuvre s'inspire directement du Mur des Lamentations de Jérusalem puisque les visiteurs peuvent laisser un message de paix dans les fentes prévues à cet effet, ou envoyer un message de paix depuis le site web ou, depuis 2003, des bornes interactives[1], les messages étant alors affichés sur des écrans situés dans le monument. Le site comporte également des messages de paix de personnalités : Elie Wiesel, Cyrielle Clair, Jean-Charles Decaux, Lionel Jospin, Bernard-Henri Lévy, Élie Chouraqui, Alexandre Avdeïev, Alain Nemarq, Gérard de Cortanze, Rama Yade, Patrick Frey, Jean-Paul Bailly, Pierre Moscovici, Théo Klein, David Douillet, Jean Nouvel, Kōichirō Matsuura, Jérôme Clément, François Hollande, Philippe Robinet, Boualem Sansal, Danièle Thompson, Olivia Cattan, Richard Rossin, Serge Uzzan, Pierre Martial, Alain Afflelou, Michel Gryner, Renaud, Daniel Templon, Firas Tlass, René Frydman, Benoît Duquesne, Tomasz Orlowski, Martine Aubry, Edgar Morin, Étienne-Émile Baulieu, Simone Halberstadt Harari, Pierre Mongin, Nahed Ojjeh, Gérard Collomb, Nathalie Obadia, Pierre Combescot, Gérard Pullicino, Lara Fabian, Laurent Gerra, Michel Jonasz, Enrico Macias, Luc Dardenne, Shimon Peres, Bernard Kouchner, Christine Albanel, Bertrand Delanoë, Dominique Sopo, Sonia Rykiel, Amos Gitaï, Michel Legrand, Pierre Bergé, Bernard Fixot, Jean Reno, Olivier Poivre d'Arvor, Bernard Murat, Malek Chebel, Maurice Lévy, Rachid Taha, Diane von Fürstenberg, Ghaleb Bencheikh, Jean-Michel di Falco, Irène Frain, Pierre Cornette de Saint-Cyr, Claude Unger, Christophe Girard, Luc Ferry, Patrick Lozès, Philippe Monsel, Serge Toubiana, Maryse Wolinski, Armando Verdiglione, Denis Olivennes, Myriam Salomon, Jean-Claude Lamy, Bernard Bled, Jul, Pascal Boniface, Thierry Oriez, Alain Seban.

Le site est devenu un lieu de rendez-vous pour des militants des droits de l'homme.

Vandalisme[modifier | modifier le code]

Le monument a été vandalisé à de multiples reprises, cassé ou souillé par des graffitis racistes et antisémites, notamment en juin 2005[2], juillet 2005[3], avril 2008[4], janvier 2009[5], août 2010[6], février 2011[7], janvier 2014[8], et mars 2014[9].

Selon l'avocat des époux Halter, le mur leur a déjà coûté 27 000 € en entretien[10].

Controverses[modifier | modifier le code]

Installé à l'origine pour quatre mois dans le cadre des célébrations de l'an 2000, ce monument fait depuis l'objet de vives controverses, tant sur sa valeur artistique que sur son emplacement et la légalité de son installation[11]. Ainsi l'association des Amis du Champ-de-Mars déplore la rupture qu'il engendre dans la perspective entre l'École militaire et la tour Eiffel[6],[12]. L'enchevêtrement de responsabilités entre la Mairie de Paris, le ministère de la Culture et la préfecture de police favorise ces controverses. Selon certains élus parisiens, ce monument aurait été installé dans l'illégalité, érigé sans permis de construire[13]. La maire du 7e arrondissement, Rachida Dati, réclame avec force son démontage et sa réinstallation à un autre endroit[14], et a lancé une pétition pour le respect de la perspective classée du Champ-de-Mars[15]. L'écrivain Marek Halter, époux de l'auteur du monument, défend vigoureusement l'œuvre et sa localisation[16] et a cité Rachida Dati en diffamation, sa lettre ouverte suggérant que les époux Halter profiteraient financièrement des frais d'entretien du mur[10]. Le 22 novembre 2011, le Tribunal condamne Rachida Dati pour diffamation à une amende de 2 000 € avec sursis, auxquels s'ajoutent 4 000 € de dommages et intérêts et 3 000 € pour couvrir les frais de procédure[17].

En 2011 est créée une Association pour la pérennisation du Mur pour la paix au Champ-de-Mars (APMPCM) avec le soutien de Jean-François Copé, de Lionel Jospin, de Martine Aubry, de Jean-Pierre Raffarin, d'Ivan Rioufol, d'Audrey Pulvar, de SOS Racisme, de la Fondation Abbé-Pierre, de la Licra, du CRIF, du CRAN, ou de Christofle, entre autres[18].

Langues et inscriptions[modifier | modifier le code]

Les inscriptions portées sur le Mur pour la Paix sont les suivantes[19] :

Langue Inscription
albanais paqja
allemand Frieden
anglais peace
arabe سلام
birman
braille (français) ⠏⠁⠊⠭
chinois 和平
danois frud
espagnol portugais paz
Langue Inscription
estonien rahu
finnois rauha
français paix
grec ειρήνη
hindi शांति
hongrois béke
inuktitut
persan صلح
indonésien perdamain
Langue Inscription
italien pace
ivoirien ahoudjo hé
japonais 平和
kazakh
khmer សន្តិភាព
letton miers
lituanien taika
malais aman damai
Langue Inscription
malgache fandriam
néerlandais vrede
ourdou امن
ouzbek tinchlik
philippin kapayapaan
polonais pokój
russe мир
tadjik сулҳ
Langue Inscription
thaï สันติภาพ
tatar
tchouktch
tibétain
turc barış
suédois fred
vietnamien hòa bình
wolof diam

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « 6 écrans interactifs pour le Mur pour la Paix situé sur le Champ-de-Mars », Artesi, 6 juin 2003.
  2. « Le Mur pour la paix vandalisé à Paris », Libération, 2 juillet 2005.
  3. Géraldine Doutriaux, « Le Mur pour la paix à nouveau vandalisé », Le Parisien, 13 juillet 2005.
  4. Yann Leon, « Le Mur pour la Paix dégradé pour la quatrième fois », sur Rue89,‎ 21 avril 2008.
  5. « Qui en veut au Mur pour la paix ? », Le Parisien,‎ 7 janvier 2009 (lire en ligne).
  6. a et b « La guerre se rallume autour du Mur pour la paix », Le Parisien,‎ 28 août 2010 (lire en ligne).
  7. « Le Mur pour la paix à nouveau dégradé », Le Parisien,‎ 12 février 2011 (lire en ligne).
  8. Vincent Michelon, « Des tags antisémites sur le Mur pour la paix », Métro,‎ 6 janvier 2014 (lire en ligne).
  9. « Le Mur pour la Paix encore vandalisé », Le Parisien,‎ 25 mars 2014 (lire en ligne).
  10. a et b Philippe Romain, « À Paris, le Mur pour la paix continue de diviser », sur Le Figaro.fr,‎ 19 octobre 2011.
  11. Florence Pacaud, « Le Mur de la discorde », sur France Culture,‎ 29 mars 2011.
  12. « Notre position sur le Mur pour la Paix », Les Amis du Champs-de-Mars, mars 2013.
  13. Gérard Roubichou, Une concession à perpétuité ? : L'affaire du Mur pour la paix 2000, 1999-2008, Aubin,‎ 2009, 95 p. (ISBN 978-2-910576-95-0).
  14. « Rachida Dati veut faire tomber le Mur pour la paix », Le Parisien,‎ 13 janvier 2011 (lire en ligne).
  15. Julien Michelon, « Rachida Dati en guerre contre le Mur pour la Paix », Métro,‎ 19 avril 2011 (lire en ligne).
  16. « La colère de Marek Halter », Le Parisien,‎ 23 juin 2009 (lire en ligne).
  17. Christel Brigaudeau, « Rachida Dati condamnée pour diffamation », Le Parisien,‎ 23 novembre 2011 (lire en ligne).
  18. Évelyne Pieiller, « Le mur de la discorde », Le Monde diplomatique,‎ avril 2012 (lire en ligne).
  19. « Les 49 langues », sur le site officiel.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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