Mur d'escalade

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Schéma fléchant différents reliefs sur un mur
Les différents types de reliefs
  • 1 : dièdre
  • 2 : dalle
  • 3 : vertical
  • 4 : dévers
  • 5 : bordure
  • 6 : surplomb
  • 7 : traversée

Un mur d'escalade, ou une structure artificielle d'escalade (SAE), est un mur bâti, avec des prises pour les mains et les pieds, utilisé pour la pratique de l'escalade. Certains sont des constructions en briques ou en bois, mais sur la plupart des murs modernes, le matériau utilisé pour le mur est une fine plaque de contreplaqué avec des trous percés à des intervalles réguliers. Ils ont généralement un emplacement pour attacher la corde d'assurance, mais ils peuvent aussi être utilisés pour grimper en tête.

Chaque trou contient une cheville en métal pour permettre à des prises variées d'être vissées sur le mur. La face grimpable du mur peut être recouverte avec divers produits texturant, dont le béton, la peinture et/ou le polyuréthane avec du sable. En plus de ce revêtement structuré, le mur peut contenir des formes additionnelles telles que des petites échancrures et protubérances, ou prendre la forme de surplomb, fissure, etc.

Certaines prises sont spécialement moulées pour imiter les sensations du vrai rocher, dont certaines démesurées et pouvant avoir d'autres prises boulonnées à l'intérieur.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine lointaine parait remonter aux débuts du scoutisme: il y avait ainsi à Cappy une falaise aménagée avec des prises pour les mains et les pieds, un treuil de rappel, etc.

Comme pour l'escalade en extérieur, le concert de structure artificielle d'escalade a commencé au Royaume-Uni. Le premier mur a été construit à la fin des années 1960 à l'université de Leeds par des grimpeurs attachant des morceaux de rocher sur un mur de couloir. Depuis ces débuts modestes, le premier mur commercial a été construit à Sheffield, un centre traditionnel pour l'escalade en Angleterre en raison de sa proximité de Peak District.

Une grimpeuse sur un mur d'escalade

En France, la FSGT installe en 1955 une première tour d'escalade au cœur de la Fête de l'Humanité[1]. En 1978, l'assemblée nationale montagne de la FSGT entérine les SAE comme un des vecteurs principaux pour rendre l'activité populaire et démocratiser le rapport à la pratique (de l'escalade)[2]. Le début des années 1980, voit apparaître les blocs d'escalade conçus par Gilles Rotillon et Jean-Marc Blanche. En 1982, les enseignants et élèves de l'association sportive du Lycée de Corbeil construisent dans leur gymnase un mur de 300 m2 pour 9 m de haut [3]. « Certains d'entre nous étant militant de la FSGT, (la construction du mur) était un moyen d'apporter notre petite impulsion au mouvement qui va vers le sport populaire… »[4],[5].

Il faut attendre l'initiative de quelques grimpeurs belges, Pierre D’haenens et Marc Bott, pour qu'en 1986 naisse l'idée d'un mur d'escalade en multiplex perforé avec prises en résine[6]. Pierre D’haenens, Michel Van Slijpe et Lambert Martin créent alors la société « Alpi-in » et construisent un premier mur d'escalade mobile de 6 mètres de haut sur 3 mètres de large. Grâce à un système de manivelle, il était possible de l’incliner jusqu’à 35 °. Marc Bott, Isabelle Dorsimond et Pierre D’haenens (Alpi-in) développent ensuite leur invention à l'intérieur d'une ancienne usine de chaussures ; le concept de la salle d'escalade moderne fut inventé en janvier 1987 à Bruxelles en Belgique.

Peu après, dès 1988, la société Top Rock gérée par Michel Lévêque se lança dans la construction de salles d'escalade avec la collaboration de l'architecte Lambert Martin. En Belgique, ils créèrent de nombreuses salles telles que New Rock à Bruxelles, Top Rock à Liège, Top Rock Sippelberg, Entre Terre et Ciel à Louvain-la-Neuve, la salle d'escalade du centre sportif des deux Oûtres à Engreux, la salle d'escalade El Cap à Nantes et la salle d'escalade Mont Blanc escalade à Chamonix, ainsi que plusieurs salle au Luxembourg. La société Top Rock a également construit de nombreux murs plus petits pour des écoles.

La première salle privée d'escalade, comme l'attestent les magazines spécialisés et journaux à cette époque, a été créée et ouverte au public en septembre 1992 par Hugo Alvarado, grimpeur de haut niveau et moniteur d'escalade. Il s'agit du Centre Européen d'Escalade (aujourd'hui rebaptisée Roc & Résine à Thiais, Val de Marne). Elle comporte alors tous les profils nécessaires à la pratique (820 m2 grimpables - 100 voies de 3 à 8a), dont 200 m2 de dalles inclinées (une première) et des zones déversantes jusqu'à 8m d'avancée[7]. Elle comporte également un parcours d'escalade en bloc. Le parcours est composé de 3 blocs sur roulettes pouvant être déplacés dans la salle. La première salle de pans commerciale française ouverte au public est née de la collaboration de Vincent Albrand (grimpeur de l'équipe de France) et Christophe Daconceicao, alors sportifs de haut niveau. Sous le nom de salle « Grimper[8] », ils veulent alors proposer un service sportif innovant, à la disposition d’un large public et de spécialistes. Une véritable salle de sport spécialisée dans la pratique de l’escalade. Ce concept sportif né ainsi en France en 1995 à Aix-en-Provence. C’est alors la première salle d’escalade française sur « pan ». À noter, la création originale à Vaulx-en-Velin (Rhône) en 1990 d'un mur d'escalade adossé à un immeuble d'habitation d'une hauteur de 47 m ; ce mur, unique en son genre, est protégé des intempéries par une bâche, permettant une utilisation tout au long de l'année, bâche qui est abaissée par beau temps, amenant ainsi les sensations de falaises dans la ville. La gestion de cette installation municipale a été confiée à l'association CPEAVV, club d'escalade affilié à la FFME.

Types de murs[modifier | modifier le code]

Compétition de vitesse en parallèle sur mur d'escalade, championnats du monde minimes, cadets, juniors à Valence (Drôme), août 2009

L'escalade se pratique sur murs avec cordes (hauteur variables et élevé) ou sur pan (hauteur faible).

Surface[modifier | modifier le code]

La surface grimpable de « pan » est constituée d'une structures de bois, d’une hauteur maximale de 4 mètres, sur laquelle sont insérées des prises de couleurs. Chaque pan de mur est sécurisé par des matelas de réceptions. Dans les deux cas l’activité consiste à réaliser des passages d’escalades balisés (les voies ou les blocs) grâce à des codes de couleurs. Les aspects gestuels, physiques et techniques de l’escalade sont retranscrits.

Les murs différent par les prises et le revêtement. La forme la plus simple est la construction en contreplaqué, avec des prises boulonnées ou vissées. Les prises boulonnées sont fixées au mur par au moins un boulon en métal, inséré dans l'emplacement prévu pour cela dans la prise, et vissé dans une cheville du mur. Les prises vissées, par contraste, sont plus petites en raison de la nature de leur fixation. Ces prises sont reliées au mur par une ou plusieurs vis, directement vissées dans le mur.

D'autres murs peuvent être en dalles de granite apportées sur le site, ou en fibres de verre texturées.

Un mur d'escalade en salle au Royaume-Uni, faisant apparaître des formes moulées et des marqueurs de voie colorés.

Hauteur[modifier | modifier le code]

En France, on distingue 4 catégories de murs en fonction de leur hauteur[9] :

  • Niveau départemental à partir de 9 mètres
  • Niveau régional à partir de 11 mètres
  • Niveau national à partir de 13 mètres
  • Niveau international à partir de 16 mètres

Voies et cotations[modifier | modifier le code]

Les prises existent en différentes couleurs. Celles de même couleur sont souvent utilisées pour dénoter une voie, permettant à différentes voies de différents niveaux de se recouvrir sur une même surface de mur. Du ruban adhésif coloré placé sous les prises constitue une autre manière de différencier les voies. Lorsqu'il réalise une voie donné, un grimpeur est seulement autorisé à utiliser les prises de la couleur choisie, mais il est généralement permis d'utiliser en plus pour les pieds les structures et textures du mur.

La cotation (difficulté) d'une voie est généralement déterminée par un consensus entre la personne qui a créé la voie et les premières personnes la parcourant en escalade.

Beaucoup de murs d'escalade en salle ont des personnes désignées pour mettre en place ces différentes voies. Ces personnes sont appelées des « ouvreurs ».

Normes de sécurité[modifier | modifier le code]

Un mur d'escalade sur le navire Adventure of the Seas

Dans l'Union européenne, les structures artificielles d’escalade font l'objet de la norme EN 12572, relative aux points d'assurage, exigences de stabilité et méthodes d'essai.

La France a élaboré une seconde norme, à titre expérimental en 2005 : la norme expérimentale XP P 90-312, qui définit les exigences de sécurité et méthodes d'essai applicables aux matériels de réception pour structures artificielles d'escalade.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]