Movaizhaleine

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Movaizhaleine est un groupe de Hip-Hop gabonais. Fondé au début de l'année 1992 par un groupe de collégiens, il est composé, de nos jours, de Maât Seigneur Lion et Lord Ekomy Ndong.

La création du groupe[modifier | modifier le code]

Le groupe naît à Libreville, au Gabon, au sein du Lycée National Léon Mba, un établissement secondaire regroupant un collège et un lycée.

Au cours de l'année 1992, alors qu'ils se trouvaient en salle de permanence car un de leurs cours avait été annulé, cinq collégiens qui s'ennuient décident de fonder un groupe de rap. La décision est d'abord prise de choisir un nom. Ils arrachent deux pages du milieu d'un cahier et une séance de brainstorming commence, au cours de laquelle on propose des noms divers. Puis, au bout d'une douzaine de propositions, un vote est mené. À l'unanimité, le nom de « Bad Breath » est sélectionné.

Le groupe est né.

Bad Breath, voulant dire mauvaise haleine en français, fait référence à la parole directe et franche, dénuée de toute édulcoration et pas toujours agréable à entendre, ce qui donnait le ton pour les thèmes de prédilection à venir du jeune groupe.

Au départ, le groupe est composé de cinq membres : Threat P (le futur Lord Ekomy Ndong), Tough G, Sky Powers, Evil Fancy et H2S.

Le prélude[modifier | modifier le code]

Au moment de la création du groupe, deux membres sont déjà plus ou moins expérimentés dans le rap : Sky Powers et Tough G.

Sky Powers a fait partie, quelques années plus tôt, d'un des premiers grands groupes de rap Librevillois[réf. nécessaire]. Il a l'expérience de la scène et s'est déjà produit à la télévision, dans l'émission télévisée d'Arcad consacrée au Hip Hop. Il possède déjà une certaine maturité artistique.

Tough G, lui, écrit des textes, les répète et les enregistre seul depuis 1990. Il ne s'est jamais produit en public.

Au début de l'année scolaire 1991-1992, nos cinq membres se retrouvent en 3eme M1. Ekomy Ndong et Tough G se retrouvent assis côte à côte au premier rang. Tough G, plutôt calme, studieux et discret, utilise avec Ekomy un procédé inventé l'année précédente pour canaliser les tentatives de conversation engagées par une camarade très bavarde : il pose une feuille de papier sur leur pupitre et répond aux phrases verbales de Lord Ekomy Ndong en lui écrivant. Ce dernier se prend vite au jeu et ainsi commence un mode de communication qui durera plusieurs années, Tough G et Ekomy se retrouvant dans la même classe de la 4e à la terminale.

Ce mode de conversation prend petit à petit plusieurs formes, dont, de temps en temps, celle de l’importunation (mot d'argot gabonais pour taquinerie réciproque, allant du plus léger au plus dur, débouchant parfois sur les pleurs d'un des protagonistes) en rimes, ou simplement des conversations en rimes. De quelques lignes au départ, ces séances d'expression en rimes deviennent des pages entières, et un respect mutuel naît de l'observation du talent l'un de l'autre.

Au fil de ces échanges, les deux jeunes gens se découvrent une passion commune pour le rap.

C'est donc au fil de quelques mois de réflexion que Tough G décide, en mars ou avril 1992, de proposer au futur Lord Ekomy Ndong d'allier leurs talents dans un cadre plus formel.

Les premiers pas et l'éclatement rapide de la cellule initiale[modifier | modifier le code]

Au début, le groupe se focalise sur son identité visuelle. À l'école, à partir de l'uniforme, se crée le look Bad Breath : chemisette ouverte jusqu'au nombril, poches de pantalon retournées et sorties, braguette ouverte avec un pan de la chemise en dépassant, lacets de chaussures défaits (l'établissement impose un uniforme, composé d'une pantalon bleu marine et d'une chemisette blanche pour les garçons, et d'une jupe bleu marine et d'une chemisette blanche pour les filles).

Puis les jeunes gens se choisissent des pseudonymes de rappeur. C'est ainsi que naissent Threat P (le futur Lord Ekomy Ndong), Tough G, Evil Fancy et H2S. Sky Powers garde son nom.

Ironiquement, la question de la musique elle-même ne se pose que quelques jours plus tard. Il est décidé, une fois les bases identitaires du groupe établies, de se mettre au travail et de créer des textes. Très vite, le groupe se rend compte que deux de ses membres ne savent ni rapper, ni écrire de textes. Naturellement, au cours des semaines et des mois suivants, ces deux membres participeront de moins en moins aux activités du groupe jusqu'à n'en plus faire partie.

De plus, pour des raisons pratiques dues à l'éloignement du lieu de résidence de Sky Powers, la grande majorité des activités de création de Bad Breath (mauvaise haleine, en francais) orbite autour de Threat P et Tough G, qui vivent à 15 minutes de marche l'un de l'autre. Ainsi, au mois de mai-juin 1992, le posse Bad Breath ne compte effectivement que deux membres.

L'entrée en orbite de Maât Seigneur Lion et le trio socle[modifier | modifier le code]

Depuis plusieurs années [réf. nécessaire], Lord Ekomy Ndong et Maât Seigneur Lion, alors étrangers au hip-hop et au groupe Bad Breath, sont amis et passent beaucoup de temps ensemble. Lord Ekomy Ndong et Maât Seigneur vivent alors à quelques minutes de marche l'un de l'autre, dans le même quartier.

À travers les activités de Bad Breath et pour des raisons pratiques liées à la proximité de leurs lieux de résidence, qu'ils rejoignent à pied à la fin des cours, Tough G se joint à ce binôme inséparable et commence, lui aussi à passer de plus en plus de temps avec eux. Ils se retrouvent vite à rentrer chez eux ensemble tous les jours, et à passer de nombreux après-midi ensemble à écouter du rap, essayer d'écrire des textes, rapper leurs essais de texte et à essayer de sélectionner des échantillons musicaux pouvant servir de support à leurs textes.

Au fil des semaines, dans cette ambiance d'amitié, de raillerie, d'émulation et de création artistique, de simple spectateur et sympathisant, Maât Seigneur Lion se retrouve happé dans l'aventure Bad Breath (mauvaise haleine, en francais). Il prend initialement le pseudonyme de Kriminel.

Le trio socle est né.

Les premiers textes[modifier | modifier le code]

Le groupe est composé d'adolescents, cherchant à exprimer les idées qui bouillonnent en eux.

Les premiers textes du groupe Bad Breath sont emprunts de cette jeunesse, de cette naïveté, de cette fougue et de cette rage d'exister.

Le trio décide de se pencher sur des thèmes de société : le racisme, l'alcoolisme, mais aussi sur des thèmes de l'histoire africaine, comme l'esclavage et la colonisation.

Le premier titre de Bad Breath (mauvaise haleine, en français) est "Racisme". Ce morceau, mélange de provocation, de radicalisme et d'ironie, évoque la ségrégation effective entre les Européens vivant au Gabon et les Gabonais, et la façon dont les jeunes Gabonais le ressentent. À travers des anecdotes réelles, les trois jeunes gens décrivent un mal qui a été amplifié et aggravé par les événements et le soulèvement populaire de 1990 (qui ont mené à l'ouverture du Gabon à la démocratie). Jusque-là, les enfants des expatriés européens fréquentaient les mêmes établissements secondaires que les jeunes locaux. À partir de 1990, un lycée français se crée et divise de façon durable et profonde le tissu de la coexistence entre expatriés européens et gabonais car, dès ce moment, ni les enfants[1], ni les adultes ne se fréquentent plus. Le morceau finit par un rappel à l'égalité des races, une main tendue vers l'harmonie entre les races, un défi aux contrevenants (les racistes) et une affirmation de la fierté d’être africain, qui restera un des thèmes principaux de Movaizhaleine au fil des années.

Les tout premiers textes de Bad Breath n'ont jamais été formellement enregistrés, car les auteurs avaient évolués et ne s'y reconnaissaient plus artistiquement.

La première scène[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année scolaire 1991-1992, la coopérative du Lycée National Léon Mba organise la fête du lycée, selon la tradition. Le spectacle se compose de numéros de théâtre, de danse et de chant, organisés et interprétés par les élèves. Il doit se dérouler à la cité de la Démocratie de Libreville, qui possède une grande salle de spectacle.

Lord Ekomy Ndong et Tough G se retrouvent dans les coulisses de l'organisation, par l'entremise du grand frère de Lord Ekomy Ndong, et sont conviés à participer à deux numéros sur scène. Le premier numero consiste en l'interprétation du morceau "We're all in the same gang", morceau à but humanitaire regroupant plusieurs stars du rap de la côte ouest des États-Unis, dont Ice-T, NWA et MC Hammer, entre autres. Le deuxième numéro est un "freestyle". Maât Seigneur Lion n'avait pas pu se joindre à la fête.

Une anecdote amusante : le jour du spectacle, dans un chaos propre à la jeunesse, Lord Ekomy Ndong et Tough G se retrouvent embarqués dans des véhicules de la coopérative du lycée vers midi, en direction la cité de la Démocratie, avec la conviction que tous les artistes y resteraient tout l'après-midi pour se préparer et pour répéter. Apres une heure, soudain, tout le monde s'en va, et Lord Ekomy Ndong et Tough G, ne s'étant pas organisés autrement, restent tout l'après-midi et le début de la soirée seuls dans la grande salle de spectacle de la cité de la démocratie. Ils passent des heures la faim au ventre. Ils tuent le temps en discutant et en s'amusant avec la console du DJ laissée sur place. Un gardien se plaindra en début de soirée aux organisateurs qu'il a entendu quelqu'un jouer avec le matériel. Silence complice de Lord Ekomy Ndong et Tough G.

Le soir venu, le trac les tenaillant, Lord Ekomy Ndong et Tough G font leur première apparition sur scène.

Autre anecdote amusante : une douzaine de personnes participaient aux deux numéros de rap auxquels se joignaient les deux jeunes de Bad Breath. Vu que tout le monde ne connaissait pas forcément le texte des autres, il avait été décidé, pour le numéro freestyle, de prononcer les mots "wo ta beuleu" (pour une raison encore inconnue et à jamais mystérieuse) à la fin de sa prestation, pour que le suivant sache que c'était son tour. Au moment de prononcer le mot de passe, impossible de s'en souvenir.

Ce fut la première apparition sur scène de ces deux membres de Bad Breath. À partir de ce moment, une passion profonde et durable de la scène naît en eux, ainsi que la conviction qu'ils ont trouvé leur voie.

Été 1992, le groupe commence à se faire la main[modifier | modifier le code]

Durant toutes les vacances scolaires de l'été 1992, Lord Ekomy Ndong (appelé alors Threat P), Maât Seigneur (appelé alors Kriminel) Lion et Tough G écrivent des textes, s'entraînent à rapper leurs textes et font des enregistrements "artisanaux". Ils participent aussi à quelques concours de rap[réf. nécessaire].

Peu après la création du groupe, Lord Ekomy Ndong, le plus technique des trois, développe une méthode d'echantillonnage d'extraits instrumentaux. La technique est la suivante : à l'aide d'un double lecteur de cassette magnétique, une cassette de chanson existante est placé dans un des compartiments. Une cassette vierge est placée dans l'autre compartiment.

La cassette avec la chanson est arrêtée juste avant une séquence plus ou moins longue, ne comportant pas de voix. Le bouton « pause » est pressé juste au moment de la grosse caisse (Toum ta, toum ta, donc sur le "toum"). Du côté de la cassette vierge, on presse d'abord le bouton « pause », puis « REC ». L'enregistrement peut alors commencer et est lancé lorsque les deux boutons "pause" sont pressés puis lâchés simultanément. La séquence purement instrumentale est alors enregistrée jusqu'à l'apparition de nouvelles voix, ou jusqu'à la fin de la chanson. On ré-écoute alors la partie enregistrée et on presse "pause" au moment de la dernière grosse caisse exploitable. Et on recommence, en mettant bout à bout cet échantillon plusieurs dizaines, voire centaines de fois.

Plusieurs séquences de 5 à 7 minutes ont ainsi été enregistrées, et ont permis à Bad Breath de s'entraîner à rapper, et aussi de s'enregistrer. Peu à peu, Tough G apprend à maîtriser la technique et, ainsi, Lord Ekomy Ndong et lui joueront un rôle de fournisseur de "beat" pendant des années. Des échantillons de Public Enemy, NWA, Naughty By Nature ont servi de base aux « instrumentaux ».

Pour les séances d'enregistrement de voix, un magnétophone enregistreur était placé devant un autre magnétophone ou devant une chaine Hi-Fi. Un instrumental était joué et les rappeurs posaient leurs voix sur la cassette de l'enregistreur.

Les séances d'écriture, souvent chaotiques, pleines de railleries et d'humour, jouaient sur l'émulation entre les différents membres pour améliorer les compétences d'auteur et les techniques d'élocution.

En parallèle, Threat P (Lord Ekomy Ndong) se procure une petite "beat box" et le trio s'entraîne à créer des "beats", qu'ils enregistrent sur cassette.

À peu près à la même période, Threat P (le futur Lord Ekomy Ndong) change de pseudonyme et devient M16.

À la fin de l'été 1992, le groupe Bad Breath avait progressé en compétences artistiques et techniques.

L'année scolaire 1992-1993 et la fièvre de créativité[modifier | modifier le code]

Après un été 1992 riche en expérimentations, les collégiens reprennent les cours dans une ambiance survoltée. Le train de la créativité est en effet lancé, et plus rien ne l'arrêtera. De nouveaux textes sont écrits, ré-écrits, testés, modifiés tous les jours, que ce soit en classe, à la récréation, dans la rue, à la maison.

Le trio, fort de la confiance acquise pendant l'été, commence à s'afficher un peu plus et à faire sa publicité dans son entourage, et notamment dans le lycée. De petits concerts sont improvisés dans les salles, des défis sont lancés à des rappeurs aspirants, tel que TBS, et à des rappeurs confirmés, tels que Sky Powers et Mystério.

Tough G et Lord Ekomy Ndong sont dans la même classe, la 2nde S2, où règne une excellente ambiance et un esprit de groupe soudé. Bad Breath va s'appuyer sur le soutien de cette classe pour asseoir sa notoriété dans le lycée, à travers le bouche à oreille et les prestations clandestines dans les salles de classe.

La production d'instrumentaux s'accroît considérablement, l'utilisation de la beat box de Lord Ekomy Ndong permet la création de beats variés. Comme pour des partitions, une méthode d'écriture des beats est inventée par Ekomy, ce qui lui permet littéralement de consigner sur papier les rythmiques qu'il imagine en attendant d'avoir les moyens de les réaliser. Le trio, se retrouvant à la sortie des cours (Maât Seigneur Lion fréquentant le même établissement mais pas la même classe), récite sans cesse les textes, pratique l'improvisation en rimes, fait des projets.

C'est l'époque où Bad Breath commence à fréquenter régulièrement les concours de rap organisés par des établissements secondaires.

La production de textes se multiplie et s'affine dans le style, le débit et la diction.

C'est aussi la période pendant laquelle le groupe commence à fréquenter les antennes de radio : l'émission de Dread Pol sur Africa Numéro 1, l'émission de Mangley sur Radio 2. Leur musique et leur style évoluent au contact des artistes qu'ils croisent lors de ces émissions, tels que Raboon et les Two Suns, entre autres.

À la fin de l'année scolaire le trio a fortement gagné en confiance et est prêt à se lancer à la conquête de Libreville.

De Bad Breath à Movaizhaleine[modifier | modifier le code]

Entre 1992 et 1993, à force d'essuyer les trous de mémoire des DJs, d'entendre le nom de leur groupe écorché et déformé, et face à la question sempiternelle ça veut dire quoi ?, le groupe décide de traduire son nom.

Bad Breath devient Movaizhaleine, bien plus intriguant, percutant, imagé et facile à retenir pour une audience francophone.

L'été 1993 - la montée en puissance de Movaizhaleine[modifier | modifier le code]

L'été 1993 est marqué par une ambiance et des événements importants pour le groupe.

Movaizhaleine augmente la cadence de ses participations aux concours de rap : dans les fêtes de quartier, Sound systems, événements organisés par des sponsors, etc.

La participation aux émissions de radio devient plus systématique. Le studio de Dread Pol à Africa Numéro 1 devient le rendez-vous du samedi soir, par exemple. Le groupe y côtoie le milieu rasta (Ras Bob Ley, Two Suns, Ras Murima, Last Disciple Of Jah) et à ainsi l'occasion de s'exprimer à chaque session de l'émission Black Feeling de la radio panafricaine.

Le groupe constate de façon croissante son succès auprès d'un vrai public et se sent encouragé par la portée de ses prestations. Ces apparitions sur scène permettent aussi au trio de se mesurer à d'autres groupes et de se positionner par rapport à ses concurrents dans la hiérarchie du hip hop gabonais.

Au parc d'exposition de Libreville, plus connu à l'époque sous l'appellation de "foire", sont organisés tout l'été des événements musicaux. Le centre culturel français, représenté par Stowell D., organise un concours de rap. C'est le centre culturel qui produisait déjà, à l'époque, un des groupes de rap les plus prestigieux du Gabon, le CIA Posse X, ou Siya Posse X.

À gagner, un contrat de production d'un album par le centre culturel français. C'est la chance dont rêvent depuis longtemps M16 (aujourd'hui Lord Ekomy Ndong), Kriminel (aujourd'hui Maât Seigneur Lion) et Tough G.

Movaizhaleine finit 2ème au concours, dans des circonstances controversées (ils avaient en fait eu la 1ère place)[réf. nécessaire], et gagne ainsi le droit à la production d'un de leurs albums. Comme partie de cet accord, Movaizhaleine est censé bénéficier d'un soutien logistique, technique et publicitaire et participer ainsi à des concerts organisés par Stowell D.

En rejoignant Stowell Dipakwet, Movaizhaleine entre aussi dans une famille musicale des protégés du centre. Parmi ses membres, CIA Posse X, Strombo, Sky Powers[réf. nécessaire], S One, John Rambo, Dex. Une bulle de créativité, de concurrence et d'émulation qui contribuera à la croissance artistique du groupe.

Pendant tout l'été 1993, plusieurs fois par semaine, Movaizhaleine se produit les après-midi sur la scène de la "foire".

La venue du King Daddy Yod (interprète de la célèbre chanson "Faut pas taper la doudou") à Libreville cet été-là, accompagnant l'implantation de RFI en onde courtes à Libreville, en partenariat avec le centre culturel francais, représente une opportunité pour Movaizhaleine de se frotter à plus grand encore.

Movaizhaleine participera, avec tous les rappeurs produits par le CCF, à un concert en direct sur RFI sur le parking de l'hôtel Rapontchombo et fera la fermeture du concert de Daddy Yod à la "foire". Un événement marquant pour les jeunes artistes.

Ce même été, dans des circonstances floues, Tough G fait l'ouverture (non prévue) a capella du concert du chanteur gabonais François Ngoua, devant près de 5 000 spectateurs, à la "foire" de Libreville.

Pendant la même période, Maât Seigneur Lion, appelé alors "Kriminel", change son pseudonyme pour "Mat", qui deviendra plus tard Maât.

À la fin de l'été 1993, la notoriété du groupe commence à gagner Libreville et Movaizhaleine commence à figurer parmi les groupes incontournables de la capitale.

Le centre culturel français et Stowell[modifier | modifier le code]

Le posse Movaizhaleine, au sens large du terme[modifier | modifier le code]

Article connexe : Lexique du hip-hop.

Dans cette période de montée en puissance, plusieurs talents viennent se frotter à Movaizhaleine. On peut citer Sir Jinx. Il y a aussi TBS (The Brother Speaker, décédé en 199? [réf. nécessaire]).

Chef Keza fait aussi des débuts timides mais déjà prometteurs dans l'orbite de Movaizhaleine.

Deux cousins de Tough G, Didier et Régis E., danseurs, viennent parfois s'ajouter au groupe et agrémentent d'un élément chorégraphique quelques prestations du groupe sur scène.

Movaizhaleine lancé sur un tremplin[modifier | modifier le code]

Le détachement de Tough G - le trio devient un duo[modifier | modifier le code]

Au cours de l'année scolaire 1993-1994, Tough G connaît des difficultés personnelles et scolaires. De plus, depuis plusieurs mois, son chemin et son évolution artistiques le mènent de plus en plus vers un mariage de hip hop et de reggae. Ses expérimentations musicales lui font faire ses premiers pas, parfois très maladroits, dans le chant. Certains de ses textes, surtout dans le chant, s'adoucissent de façon significative. Le rebelle est toujours vivant, mais des envies nouvelles lui viennent.

Lord Ekomy Ndong et Maât Seigneur Lion, quant à eux, commencent à adopter un discours très politique.

Il devient aussi difficile de concilier les emplois du temps des trois membres de Movaizhaleine, et Tough G se retrouve à faire de nombreuses apparitions sur scène et à la radio seul, toujours comme un membre de Movaizhaleine. De même pour Lord Ekomy Ndong et Maât Seigneur Lion, qui se produisent de plus souvent en duo sur scène ou à la radio, sous la bannière de Movaizhaleine.

Déchiré entre l'envie de pousser plus loin l'aventure Movaizhaleine, ses résultats scolaires à redresser, la pression familiale, les activités du groupe prenant de plus en plus de temps sur ses études, l'impatience de l'opportunité d'album qui tarde à venir, des divergences artistiques avec le CCF et l'échec par rapport à ses tentatives visant à structurer ses comparses[2], Tough G se fait rare dans les activités de Movaizhaleine et décide tacitement de se concentrer sur ses études.

À l'été 1994, le trio Movaizhaleine devient, dans les faits, un duo : Mâat Seigneur Lion et Lord Ekomy Ndong.

La sélection naturelle a mené à la survie des vrais artistes, ceux pour qui Movaizhaleine était une vocation irrépressible, pas un choix.

Le binôme mythique est lancé.

Les premiers albums[modifier | modifier le code]

La machine est lancée - deux artistes accomplis en pleine maturité[modifier | modifier le code]

Le contrat avec Sony Music[modifier | modifier le code]

Movaizhaleine en orbite planétaire - collaboration avec R. Kelly[modifier | modifier le code]

Collaboration avec la superstar américaine R. Kelly en 2011 dans le titre « Hands across the world ».

Discographie[modifier | modifier le code]

  • La loi du talion (1994)
  • Nyabinghi (1997)
  • Mission à Mbeng (1999)
  • Mission akomplie" (2001)
  • Il était une fois le seigneur Lion (2003) Album solo de Maat
  • L'Afrikain (2003) Album solo de lord Ekomy Ndong
  • On détient la harpe sacrée tome I (2005)
  • On détient la harpe sacrée tome II (2007)

Vidéo clips[modifier | modifier le code]

  • Mos za len (2008) réalisé par Charly @Paris/France
  • Nous (2007) réalisé par John Gabriel Biggs@Libreville/Gabon
  • Est-ce qu'ils savent (2007) réalisé par Wally @Libreville/Gabon
  • Est-ce qu'ils savent (2007) réalisé par H Charpentier @Oyem/Gabon
  • Elle m'appelait Senghor (2006) réalisé par Audrey gallet & lord Ekomy @Libreville/Gabon Paris/France
  • Conscientiser (2005) réalisé par Général Hannibal @Libreville/Gabon
  • La CIA Wanda (2005) réalisé par Général Hannibal @Libreville/Gabon
  • Mupal na mukat (2004) réalisé par Movaizhaleine @Dakar/Sénégal
  • Enlève moi le name (2004) réalisé par lord Ekomy & Maat @Ouagadougou/Burkina
  • Exilé (2005) réalisé par Lord Ekomy Ndong & Sam @Nantes/France "O lord" (2005) réalisé par Yann Tchandy @Libreville/Gabon
  • Mission akomplie (2005) réalisé par Didier Ping @Libreville/Gabon "Évite le boukan" (2001) réalisé par Sam Ali @Nantes/France
  • Hey yah (2005) réalisé par lord Ekomy & Maat @Libreville/Gabon
  • Aux choses du pays (2001) réalisé par lord Ekomy & Maat @Libreville/Gabon
  • Mission à Mbeng (1999) réalisé par Général Hannibal @Nantes/France
  • Nyabinghi (1998) réalisé par Téléafrica @Libreville/Gabon
  • Racisme (1993) réalisé par M.Sauthon @Libreville/Gabon

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À part une élite gabonaise fortunée.
  2. Lord Ekomy Ndong et Maât Seigneur Lion, comme beaucoup d'artistes et de créatifs, sont de pures boules d'énergie, de créativité et de génie. Tough G, lui, désirait discipliner, structurer et canaliser tout ce talent pour lui donner son impact maximum. Sa vision prenait la forme de répétitions méthodiques, de chorégraphies vocales et physiques, de meilleure préparation et de plus grande sophistication dans la production de supports instrumentaux, de stratégie de communication etc. Ces tentatives de structuration auraient peut-être bridé leur talent en pleine ébullition.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]