Mouvements d'escalade

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Lors de la pratique de l'escalade, le grimpeur est amené à utiliser une grande variété de mouvements d'escalade avec ses mains, ses pieds, son corps.

Principes[modifier | modifier le code]

L'usage de la technique d'opposition donne au pied droit du grimpeur l'adhérence nécessaire à l'utilisation d'une prise du pan de droite du dièdre. Le maintien du bassin du grimpeur proche de la paroi lui permet d'être en équilibre sur les seules prises de pied sans avoir à solliciter ses bras.

Les mouvements d'escalade reposent sur quatre principes[1] :

  • l'emploi privilégiée de la force des jambes plutôt que celle des bras ;
  • la nécessité de ne pas garder le corps collé à la paroi ;
  • l'existence de parties du corps devant rester fixes pendant le mouvement ;
  • l'utilisation de l'adhérence pour exploiter les prises d'escalade.

Les jambes, à la différence des bras, ont naturellement la force nécessaire pour porter durablement le poids du corps et le faire progresser vers le haut. Aussi l'un des principes de l'escalade est de privilégier l'effort des jambes chaque fois que possible, quel qu'en soit le terrain, les bras servant d'abord à assurer l'équilibre et à garder le contact avec la paroi. Ce principe peut apparaître comme une évidence mais ne l'est pas sur le terrain pour le débutant et peut être difficile à mettre en pratique lorsque la paroi est verticale, voire surplombante[1].

La grimpeuse garde le bassin proche du mur d'escalade afin que son poids porte principalement sur ses jambes mais elle garde le buste décollé de la paroi pour économiser ses bras en les gardant tendus et pour pouvoir observer la suite de la voie et les prises disponibles.

Garder le corps collé à la paroi rocheuse ne permet pas de voir les prises, qu'il s'agisse des prises de pied comme des prises de main. De plus, décoller le corps de la paroi rocheuse facilite les mouvements d'escalade, en permettant notamment la flexion de la jambe[1].

Au cours d'un mouvement d'escalade, certaines parties du corps restent fixes et permettent de conserver l'équilibre, c'est en particulier le cas des points d'appui qui doivent garder le contact avec le rocher. Ces points d'appui peuvent aussi être des centres de rotation, telle l'extrémité avant du chausson d'escalade lorsque le grimpeur s'élève[1].

Dès lors que les prises disponibles ne permettent pas un appui vertical, l'adhérence devient un élément essentiel de l'utilisation de ces prises. L'adhérence concerne les prises de pied d'abord mais aussi les prises de main ou de toute partie du corps. L'adhérence à une prise est augmentée d'une part par la surface de contact et d'autre part par la pression exercée sur la prise. L'augmentation de la pression sur une prise peut être obtenue par la technique d'opposition, le grimpeur « poussant » sur deux parois d'un dièdre ou d'une cheminée ou encore, le long des fissures, lorsque le grimpeur « tire » horizontalement sur les prises de main et « pousse » dans le sens opposé sur les prises de pied (méthode de Dülfer)[1].

Entre deux mouvements, la bonne position consiste donc à garder le centre de gravité au-dessus des appuis, le bassin le plus près possible de la paroi, afin de conserver un maximum de poids du corps sur les jambes, mais en gardant le buste en retrait pour favoriser la vision des prises. Pour permettre le mouvement, le bassin devra alors être légèrement éloigné de la paroi, autorisant la flexion de la jambe et augmentant généralement l'adhérence du pied en appui. Pour garder son équilibre la règle des « trois points » est une solution simple, elle consiste à garder en permanence au moins trois points d'appui lors de la progression, c'est-à-dire les deux pieds et une main ou les deux mains et un pied[2]. Si la plupart des mouvements s'effectuent en statique, où au moins une prise est toujours maintenue durant la progression, les mouvements dynamiques, comme les jetés, ne sont pas exclus, obligeant le grimpeur à lâcher toutes les prises et points d'appuis afin de réussir son mouvement[2] ; la réussite de ces mouvements dynamiques suppose une bonne maîtrise des appuis statiques[1].

Préhension des membres supérieurs[modifier | modifier le code]

Les préhensions dépendent du type de prise que peut présenter le rocher : bosses, plats, fissures, trous, réglettes…

Techniques de doigts[modifier | modifier le code]

Bac 
Très grosse prise où la main tient entièrement et qui permet de progresser facilement.
Tendu 
Forme de préhension qui respecte le mieux l'architecture de la main, la moins traumatisante. S'utilise notamment sur les plats pour faire jouer l'adhérence de la peau. Dans ce cas, l'effort peut être traumatisant au niveau du poignet, qui est arqué à la place de la main.
Arqué 
Du bout des doigts, plus efficace sur les petites prises mais plus traumatisant car la dernière phalange se plie dans un sens contre nature. Main fermée, le pouce se verrouille sur l'index. S'utilise sur les réglettes, prises de moins d'une phalange d'épaisseur.
Verrou 
La main fermée en poing se coince dans une fissure ou un trou; économe en énergie, cela s'avère douloureux.
Pince 
En jouant sur l’opposition entre le pouce et les autres doigts, il faut serrer comme une mâchoire la prise, souvent en forme de colonnette. La pincette concerne de petites aspérités.

Positionnement de la main et du bras[modifier | modifier le code]

Inversée 
Utilisation d'une prise basse pour forcer sur les pieds, en tirant vers le haut avec la main.
Appui de paume 
La paume de la main vient se plaquer contre la roche, en adhérence, et souvent doigts vers le bas, afin de se pousser vers le haut.
Compression 
Paume ouverte vers l'intérieur, main à plat, utilisé en vérin dans les angles et en bloc.
Épaule 
Le bras est fermé et la paume de la main dirigée vers l'extérieur. Ce mouvement d'une main peut s'accompagner d'une compression de l'autre main pour amorcer le déplacement.
Pied-main 
Mouvement parfois acrobatique mais accessible physiquement consistant à poser le pied à l'endroit même où la main tient une prise, lui permettant ainsi de se libérer pour saisir une autre prise tout en maintenant l'équilibre de manière permanente.

Préhensions des membres inférieurs[modifier | modifier le code]

Contrairement aux idées reçues, l'escalade se joue principalement au niveau des pieds, les muscles des membres inférieurs étant nettement plus puissants que ceux des bras. L'utilisation des pieds est donc essentielle, exploitant une énergie beaucoup plus importante que celle disponible au niveaux des bras.

Pose du pied[modifier | modifier le code]

Bossette 
Valorise un plat ou une bossette en utilisant l'adhérence de la semelle, pied perpendiculaire à l'appui, talon tiré vers le bas pour plus d'efficacité.
Réglette 
Pour « gratonner » (s'appuyer sur des formes très petites) du bout des orteils, souvent du gros orteil seulement, généralement le talon monte légèrement pour augmenter la pression sur l'appui.

Mouvement des jambes[modifier | modifier le code]

Carre 
Même technique que la réglette mais en tournant le pied (et le bassin) pour que le bout des orteils soit parallèle à la paroi. Ainsi c'est la carre externe ou interne du pied (plus rigide) qui appuie.
Drapeau 
Consiste à s'équilibrer avec une jambe tendue lorsque les prises sont plus ou moins alignées horizontalement. La jambe servant d'équilibre passe généralement derrière l'autre jambe.
Lolotte 
Lorsque la prise des pieds est très haute, par exemple au niveau du bassin, le genou est tourné vers le bas.
Crochetage 
Un crochet de talon.
  • Crochetage de talon :
    Utilisation de l'enrobage arrière du chausson en levant la jambe. Utile pour passer les dévers, ce crochetage permet de soulager les bras de l'appel de la pesanteur au prix d'une certaine souplesse.
  • Crochetage de pointe :
    En progression horizontale (toit), le pied s'accroche pour ne pas tomber et ainsi rester contre la paroi.
  • Crochet contre crochet :
    Les deux pieds sont en crochet de pointes mais poussent et tractent dans des directions opposées. Le but est toujours de ne pas décrocher dans un relief très déversant.

Mouvements particuliers[modifier | modifier le code]

Opposition en dièdre 
On appelle dièdre une partie du rocher qui s'ouvre en deux pans plus ou moins opposés (comme deux pages d'un livre entre-ouvert), il s'agit de progresser en s'appuyant sur ces deux pans de la roche (en général : main et pied gauche sur la face de gauche, main et pied droit sur la face de droite), plus ou moins perpendiculaires, notamment à l'aide de lolottes pour les pieds (le pied est en opposition sur la paroi perpendiculaire) ou d'appuis sur la paume des mains.
Jeté 
Mouvement d'impulsion en vue d'atteindre une prise qui n'aurait pu être atteinte normalement. Le jeté est très utilisé en escalade de bloc. Il doit plutôt s'effectuer sur de bonnes prises à la fois pour les pieds ou les mains. Il consiste à regrouper les mains avec les pieds le plus haut possible puis donner une impulsion avec les pieds en même temps que les bras tractent afin d'atteindre une prise trop éloignée. Au cours de ce mouvement, soit les deux mains décrochent des prises, soit une reste accrochée tandis que l'autre atteint la prise voulue. Lorsque les deux mains décrochent, les pieds peuvent être amenés à se décoller des prises.
No-foot 
Provient de l'anglais signifiant « pas de pied ». Cela consiste dans une voie très déversante à ne pas utiliser les pieds en les laissant pendus. Ce mouvement peut être soit volontaire afin d'économiser une part d'énergie, soit arriver suite à un glissement des pieds non souhaité. Ce mouvement nécessite d'une part une force importante et une très bonne coordination de l'ensemble du corps pour maîtriser le balancement de celui-ci.
Utilisation de la méthode Dülfer : l'adhérence sur les prises, tant des mains que des pieds, est obtenue par la technique d'opposition
Dülfer 
Les deux mains et les deux pieds se trouvent alignés sur un même axe, d'un côté et le bassin de l'autre, le corps étant de ce fait de profil. Les mains sont légèrement plus hautes que les pieds, on tire avec les mains en poussant avec les pieds. Assez physique mais pratique pour passer de grandes fissures. Ce mouvement provient du nom de son « inventeur » Hans Dülfer, un alpiniste célèbre mort durant la Première Guerre mondiale.
Yaniro 
Ce mouvement consiste dans une voie fortement déversante à placer sa jambe par dessus son bras opposé (par exemple jambe gauche sur bras droit) afin soit de se reposer, soit d'atteindre une prise de main éloignée. Lors de ce mouvement, la face antérieure du genou vient se placer dans le creux du coude afin de se stabiliser. C'est un mouvement particulièrement périlleux et peu usité. Il provient du nom de son « inventeur » Toni Yaniro dans les années 1980.
Grenouille 
Position en dalle popularisée dans les années 1980. Le grimpeur regroupe ses deux pieds sur une même prise placée dans l'axe de son bassin en fléchissant les jambes[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Vocabulaire de l'escalade et de l'alpinisme

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Grande encyclopédie de la montagne, t. 4, Atlas, Paris, 1982, p. 989 à 996 (article « Escalade »)
  2. a et b Fred Labreveux et Philipe Poulet, Toute l'escalade, Mission Spéciale Productions,‎ 2009, p. 77-81
  3. « Lexique de l'escalade » (consulté le 29 novembre 2012)