Mouvement national pour la libération de l'Azawad
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| Mouvement national de libération de l'Azawad MNLA |
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Devise : Unité-Justice-Liberté |
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| Idéologie | Nationalisme azawadien, Sécularisme |
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| Objectifs | Autodétermination de l'Azawad |
| Statut | Actif |
| Fondation | |
| Pays d'origine | |
| Actions | |
| Mode opératoire | Lutte armée, guérilla |
| Zone d'opération | Azawad |
| Période d'activité | Octobre 2011 - auj. |
| Organisation | |
| Chefs principaux | Bilal Ag Acherif Mahmoud Ag Aghaly Mohamed Ag Najem Moussa Ag Acharatoumane |
| Membres | 3 000 - 10 000[1] |
| Sanctuaire | Kidal |
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Le Mouvement national de libération de l'Azawad (en Touareg: ⵜⴰⵏⴾⵔⴰ ⵏ ⵜⵓⵎⴰⵙⵜ ⵉ ⴰⵙⵏⵍⴰⵍⵓ ⵏ ⴰⵣⴰⵓⴷ) ou MNLA est une organisation politique et militaire touarègue active au Nord-Mali. Ses objectifs sont l'autodétermination et l'indépendance du territoire de l'Azawad[2]. La zone revendiquée couvre intégralement la région de Tombouctou, la région de Kidal et la région de Gao. Les touaregs ne sont toutefois majoritaires que dans la portion située au nord du fleuve Niger, plus précisément au nord-est d'une ligne en arc de cercle passant par Taoudeni (région de Taoudénit), Araouane, Bourem et Ménaka, bien que nombre d'entre eux vivent à proximité du fleuve.
Sommaire |
Histoire [modifier]
Le Mouvement national de l'Azawad (MNA), créé en novembre 2010 et qui se définit comme « une organisation politique de l’Azawad qui défend et valorise la politique pacifique pour atteindre les objectifs légitimes pour recouvrer tous les droits historiques spoliés du peuple de l’Azawad »[3], et le Mouvement touareg du Nord-Mali (MTNM), mouvement responsable de rébellions de 2006 à 2009, fusionnent le 16 octobre 2011 pour créer le MNLA. Plusieurs groupes d'ex-rebelles touaregs ayant fui le Mali dans les années 1990 pour s'engager dans l'armée libyenne de Mouammar Kadhafi se sont joints au mouvement suite à la chute du régime libyen en 2011. Ils ont apporté avec eux un grand nombre d'armes, réactivant le conflit pour l’autodétermination de l'Azawad[4]. Le MNLA est allié au Mouvement populaire de l’Azawad (MPA), un groupe salafiste[5].
Revendications [modifier]
Le MNLA lutte pour le droit à l'autodétermination de l'Azawad[6].
Le 19 janvier 2012, Mossa Ag Attaher, chargé de communication du MNLA déclare [7] :
« Nous tenons à clarifier que le Mouvement National pour la Libération de l'Azawad se démarque totalement de tout mouvement islamiste, de tout groupuscule radical dont l'idéologie est basée sur une quelconque vision religieuse. Nous tenons à dire également que nous n'avons pas besoin d'Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) ou d'un quelconque mouvement religieux pour pratiquer une religion quelconque. Nous nous situons dans un contexte de laïcité conformément à notre histoire, à nos traditions, et à nos cultures. Nous n'avons aucun rapport, ni politique, ni militaire, avec Al Qaeda au Maghreb Islamique. Un de nos combats, c'est aussi dire à tous ceux qui viennent occuper ce territoire avec des ambitions religieuses, des ambitions mafieuses, qu'ils n'ont plus leur place et qu'ils doivent incessamment quitter ce territoire là parce que ça fait partie aussi des missions du MNLA. Il faut que désormais ça soit clair que la politique et la démarche du MNLA est diamétralement opposée à l'idéal que soutient le groupuscule tel qu'AQMI. Notre logique reste très claire, le Mouvement National pour la Libération de l'Azawad a pour objectif l'autodétermination et l'avènement de la république de l'Azawad. Il n'y a pas de relation entre nous et un quelconque mouvement islamiste, pas seulement le mouvement Ansar Adine, mais tout mouvement dont le fondement, la philosophie est basée sur la religion. Aujourd'hui notre préoccupation n'est pas la religion. Notre préoccupation est une préoccupation de survie, [mettre fin] à plus de 50 ans de domination. On ne peut pas avoir de telles ambitions et perdre de temps sur des missions religieuses qui datent de combien d'années lumières. Notre mission est claire, et nous allons y aller sans être distraits par quiconque. »
Par ailleurs, le MNLA se revendique être un « mouvement politico-militaire pour l'ensemble du peuple de l'Azawad »[8], alors que le gouvernement malien, comme celui de la France, considère qu'il ne représente qu'une partie de la population du territoire concerné[9].
Le 13 février 2013, dans un communiqué, le MNLA affirme « ne pas remettre en cause les frontières internationalement reconnues du Mali tout en rappelant clairement l’existence de l’Azawad en tant qu’entité » [10]. Ceci marque un changement de position sur le statut souhaité de l'Azawad. Auparavant, il ne voulait que l'indépendance vis à vis du Mali. Aujourd'hui, le MNLA fait une concession, il laisse sous entendre une simple autonomie, autogestion du Nord Mali, mais toujours intégré dans le territoire malien. Par ailleurs, pour permettre le processus de négociation, il exige la nomination « d'un négociateur neutre, internationalement reconnu » et agréé par le pouvoir central et lui-même. Dans le même temps, il appelle l’État malien par le biais de concertations, à « fixer les conditions d’exercice de l’autorité, de l’administration et du développement de l’Azawad» . De plus, apparaissant comme soucieux et préoccupé à propos de la situation de la population de l'Azawad, il demande des avancées rapides, en matière d'accès à la santé, à l'eau, à l'électricité, à l'alimentation et à l'éducation. Enfin, il réclame aussi « l’ouverture d’une enquête internationale indépendante pour faire la lumière sur tous les crimes commis par l’armée malienne de 1963 à nos jours sur les populations de l’Azawad ». Pour cela, il « appuie la demande de Human Rights Watch de mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante »[11].
Contexte historique : les « rébellions touarègues » [modifier]
Le conflit mené depuis début 2012 par le MNLA s'inscrit dans une suite d'insurrections généralement baptisées « rébellions touarègues », qui ont opposé certains membres du peuple touareg aux gouvernements du Mali et du Niger.
Depuis 1916, on compte plusieurs conflits principaux :
- La révolte de Kaocen (1916-1917), au Niger ;
- La rébellion touarègue de 1962-1963 au Mali, généralement appelée « première rébellion touareg », qui fut très durement réprimée par l'armée malienne. Le mouvement fut également très affaibli par les sécheresses des années 1970.
- La rébellion touareg de 1990-1995 au Mali et au Niger. Elle débuta en 1990, deux ans après la création du Mouvement populaire de libération de l'Azawad. Au Mali, une première période de conflit (octobre-décembre 1990) aboutit à la signature des Accords de Tamanrasset en 1991 et du Pacte national en 1992[12], mais qui ne marqua pas la fin définitive des hostilités. Des conflits réapparurent en 1994-1995 et la paix fut finalement scellée le 27 mars 1996 à Tombouctou lors de la cérémonie de la Flamme de la Paix, durant laquelle les rebelles touaregs brûlèrent 3 000 armes utilisées durant la rébellion ;
- Le soulèvement touarègue du 23 mai 2006 au Mali, aboutissant aux accords d'Alger (signés le 4 juillet 2006) ;
- La Rébellion touarègue de 2007-2009, au Niger et au Mali ;
- L'insurrection menée par le MNLA initiée début 2012 au Mali.
Le MNLA dans le conflit malien de 2012-2013 et les conséquences engendrées [modifier]
Le 17 janvier 2012, le mouvement prend l'initiative de l'insurrection touarègue au Nord-Mali, et contrôle la région de Kidal très rapidement, dès le mois de mars[13]. Les insurgés contrôlent par la suite, des portions de territoires, des régions de Gao et de Tombouctou situées au nord du fleuve Niger[14].
Parallèlement, le MNLA annonce en février 2012[15], la formation d’un Conseil exécutif composé de[16]:
- Bilal Ag Acherif : secrétaire général du MNLA reçu à Paris par plusieurs diplomates français[17] pour demander un soutien matériel pour lutter contre les islamistes d'AQMI et du MUJAO[18],[19],[20].
- Mohamed Ag Tahado : président du conseil consultatif du MNLA
- Mahmoud Ag Ghali : président du bureau politique
- Hamma Ag Sid’Ahmed : porte-parole chargé des relations extérieures
- Mohamed Ag Najem : chef d’état major, ancien colonel de l’armée libyenne, et qui dispose d’un matériel de pointe[21]
- Moussa Ag Achar Touman : responsable des droits de l’homme
- Bekay Ag Hamed : chargé de communication
- Nina Walet Entalou : chargée de l’éducation et de la formation
- L'écrivain et acteur touareg Moussa Ag Assarid adhère au MNLA[22] comme porte-parole[23].
Un mois plus tard, l’État malien est en perdition, il annonce l'abandon de la ville de Gao aux rebelles le 31 mars 2012[24]. Tombouctou, la dernière ville sous contrôle malien au nord du fleuve, tombera à son tour le 1er avril 2012 [25].
Le 2 avril 2012, le bureau politique tente de rassurer les pays voisins du Mali en ces termes : « Nous rassurons les États voisins, les populations de la sous-région et la Communauté internationale que la libération de l’Azawad contribuera à renforcer la sécurité, le développement et la paix pour une meilleure intégration des peuples, des cultures et une meilleure stabilité dans la zone saharo-sahélienne[26]. ».
Après la prise des trois villes principales au Nord, le MNLA déclare un cessez-le-feu le jeudi 5 avril 2012[27], soit un jour avant la déclaration d'indépendance de l'Azawad, le 6 avril 2012. Cette déclaration d'indépendance est rejetée unanimement par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et toute la communauté internationale (y compris la France et les États-Unis) le même jour[28].
Le 27 mai 2012, le MNLA et Ansar Dine annoncent qu'ils ont fusionné pour former un « Conseil transitoire de l’État islamique ». Cette union laisse perplexe et suppose quelques interrogations, puisque les deux organisations ont des objectifs distincts : l'une est pour un état laïc et indépendant, l'autre est pour l'application de la loi coranique et la domination de la population par l'islam instrumentalisé. Cette association est surement une alliance de circonstance, qui profite au groupe Ansar Dine, car selon Philippe Hugon, directeur de recherche, à l’Institut Des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), « Le MNLA est bien plus faible, bien moins riche et organisé qu’Ansar Dine ». Par conséquent, la stratégie d'Ansar Dine consiste à gagner du temps et du terrain, pour pouvoir par la suite évincer le MNLA[29].
Le 28 et 29 juin 2012, la CEDEAO se réunit en Côte d'Ivoire, pour prévoir un déploiement de force d'intervention militaire de 3 000 hommes, en cas d'échec des négociations avec les groupes armés. L'objectif étant l'arrêt des hostilités afin de rétablir l'intégrité territoriale du Mali et de lui permettre une transition politique[30],[31].
Fin juin 2012, le MNLA n'est plus en position de force, il perd le contrôle total de ses territoires conquis, au profit de mouvements Salafistes tels que Ansar Dine, AQMI ou le MUJAO [32],[33].
En décembre 2012, le MNLA évincé par ses anciens alliés, commence des négociations de paix avec Bamako. Il souhaite désormais l'autonomie de l'Azawad et non plus l'indépendance vis à vis du Mali[34].
Le 14 janvier 2013, soit 4 jours après le début de l'opération Serval, le MNLA déclare être prêt à apporter son soutien à l'armée française, en accomplissant « le travail au sol » . Il affirme qu'il dispose d'hommes, d'armes, et qu'il a « par dessus tout, le désir de libérer l’Azawad ». Par ailleurs, cette aide du MNLA apparaît comme utile et non négligeable selon Philippe Hugon, car il pense que « Leur soutien et leur connaissance du terrain sont indispensables à l’armée malienne et à la force internationale »[35].
Le 28 janvier 2013, le MNLA annonce avoir repris la ville de Kidal ainsi que sa région, qui étaient aux mains des islamistes[36].
Fin janvier 2013, suite à la création du mouvement islamique de l'Azawad, le MNLA éprouve certaines réticences envers ce nouveau mouvement. Il estime que celui-ci regroupe la « plupart des ex-dirigeants d'Ansar Dine, à l'exception de son fondateur Iyad ag Ghali ». Par conséquent, il se demande si cette organisation a réellement « bien renoncé à la charia » et à ses objectifs initiaux. Le MNLA souhaite, dans le conflit malien de 2012-2013, être le seul rempart contre les « groupes intégristes », et par conséquent être un interlocuteur fiable et convainquant, pour les futures négociations avec le pouvoir central de Bamako[37].
Le 4 février 2013, le MNLA arrête deux personnes influentes proche de la frontière algérienne. La première est Mohamed Moussa Ag Mouhamed (Ansar Dine) et la deuxième est Oumeïni Ould Baba Akhmed (MUJAO). Puis, celui-ci les a remis aux forces françaises[38]. Cette capture souligne l'engagement du MNLA à combattre les groupes islamistes ainsi que la coopération avec l'armée française, mais pas uniquement. Dans le même temps, il cherche à reconstruire sa crédibilité et sa fiabilité au niveau international car personne n'a oublié son alliance éphémère avec le groupe Ansar Dine en mai 2012[39].
Le 8 février 2013, le procureur de la république du Mali, Daniel Tessogué, lance des mandats d'arrêt contre les chefs des groupes islamistes (AQMI, MUJAO et Ansar Dine ) mais aussi contre des membres du MNLA. Ils sont accusés de « terrorisme, sédition, crimes portant atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat, à l'intégrité du territoire national par la guerre, l'emploi illégal de la force armée, la dévastation et le pillage publics, crimes et délits à caractère racial, régionaliste et religieux, trafic international de drogue ». Ces mandats d'arrêt, plus précisément envers le MNLA, montrent que Bamako n'exprime plus la volonté de dialoguer avec ce mouvement. Pourtant, le 31 janvier 2013, la position du pouvoir central était différente. Néanmoins, depuis que le MNLA a repris des villes du nord Mali, comme Kidal ou Tessalit, tout en excluant que l'armée malienne puisse y stationner ; les autorités ont subi des pressions non seulement populaire mais également politique et militaire[40],[41].
Le 27 et 28 février 2013, la CEDEAO se tient à Yamoussoukro et souhaite le désarmement du MNLA afin qu'il puisse y avoir un « dialogue inter-malien ». Cependant, le MNLA refuse de se désarmer immédiatement, et prétend qu'il le fera dès lors qu'il y aura un dialogue avec Bamako et qu'une « feuille de route » soit signée entre eux[42],[43].
Le 6 mars 2013, dans un communiqué, le MNLA explique pourquoi il refuse de se désarmer. Il craint que l'armée malienne puisse commettre de « multiples exactions » et des « crimes massifs », sur les populations civiles de l'Azawad. C'est pour cela qu'il prétend que « ce sont ses seules forces armées qui protègent et sécurisent les populations de l’Azawad partout où elles sont présentes »[44]. Dans cette optique, le MNLA tente d'interpeller la communauté internationale sur le sort des touaregs au sein du Mali, qui pourraient être assimilés à des islamistes, des terroristes, et qui pourraient dans ces cas, être victimes d'exactions et d'exécutions sommaires[45]. Par conséquent, dans les villes qu'il contrôle avec les forces françaises et tchadiennes, telle que Kidal ou Tessalit, le MNLA refuse la présence de l'armée malienne car ces villes sont composées majoritairement de touaregs et donc pourraient faire l'objet d'exactions. Cependant, en ne permettant pas à l'armée malienne de s'y installer, le MNLA a érigé un obstacle de taille, qui ne permet pas la réconciliation entre la communauté touareg et le pouvoir central de Bamako. Ceci constitue alors un problème qui devra être résolu, pour pouvoir à terme, restaurer l'intégrité territoriale du Mali[46].
Le 27 mars 2013, le MNLA annonce la nomination d'un gouverneur à Kidal afin de « réorganiser cette région sur le plan administratif » et « garantir davantage la continuité du fonctionnement de l’administration ». Cette ville qui est sous son contrôle, fait l'objet de tension avec le pouvoir central de Bamako. En outre, le gouvernement malien en place affirme que cette nomination n'a pas de fondement légal car selon le porte parole du gouvernement, Manga Dembélé, « Les gouverneurs au Mali sont nommés par arrêtés pris en conseil des ministres » et que « Toute autre nomination,[...] qui prétend nommer un gouverneur, [...] est totalement incompétente pour le faire »[47].
Le 4 avril 2013, deux touaregs, supposés proche du MNLA, ont été arrêté par des policiers et gendarmes maliens à Ménaka. Depuis que les troupes françaises se sont retirées de cette ville, pour aller plus au nord du mali, celle-ci est désormais sous contrôle de l'armée malienne et de soldats nigériens. Cette arrestation n'aurait été organisée que par les troupes maliennes. Cet acte des agents de sécurité maliens témoigne du climat de tension qui subsiste entre le gouvernement de Bamako et le MNLA[48].
Le 24 avril 2013, le MNLA tient une conférence de presse à Paris. Celle-ci témoigne de la persistance du MNLA à rejeter son désarmement, et il récuse la tenue des élections présidentielles, prévues en juillet 2013. Les autorités françaises qui soutiennent le MNLA, dans le but de chasser les islamistes du nord-Mali et de favoriser son intégration dans le jeu politique, lui ont pourtant demandé de se désarmer et d'accepter les élections, pour permettre un dialogue inter-malien. La France semble alors se trouver dans une impasse car elle paraît à première vue, ne pas disposer de réels moyens de pressions sur le MNLA. Quant au MNLA, pour sa défense, il estime qu'il n'y a pas eut de négociations avec les représentants du gouvernement de Bamako et avec la communauté internationale pour lui apporter des garanties suffisantes. Par ailleurs, il met en évidence une autre condition ; il souhaite que les réfugiés reviennent sur le territoire[49].
Pour l'instant, le MNLA contrôle la ville de Kidal avec les soldats français, tchadiens et des membres du MIA, (Mouvement islamique de l'Azawad). Mais, les soldats vont être appelés à quitter la zone. Dès lors, le MNLA et le MIA avec leurs armes, seront les seuls sur place et l'armée malienne voudra à tout prix récupérer la ville, pour permettre la restauration de l'intégrité territoriale du Mali. C'est pourquoi, le MNLA estime qu'il est « en état de belligérance » avec le pouvoir central de Bamako. Alors, ce climat conflictuel, va peut être conduire à une guerre entre les rebelles touaregs et l'armée malienne[49].
Réactions à l'encontre du MNLA [modifier]
Le gouvernement malien a accusé le MNLA de s’être allié à des éléments d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) pour attaquer Aguel'hoc, information démentie plus tard par le MNLA qui affirme qu'il « rejette le terrorisme et l'extrémisme sous toutes ses formes, qu'il provienne d'un groupe ou d'un État » [8].
Le 13 février 2012, le ministre français de la Coopération Henri de Raincourt a affirmé que des exécutions sommaires avaient eu lieu lors de l’attaque des rebelles touaregs à Aguel'hoc « exécutions sommaires, des soldats, des personnes – on parle d'une centaine – qui ont été capturées et ont été froidement exécutées »[50],[51]. Le ministre français n’a pas précisé les responsables du massacre mais a répondu que « certains prétendent que la méthode utilisée pour l'exécution s'apparente à celle utilisée par Al-Qaida », les victimes ayant été « peut être égorgées pour certaines. D’autres, une balle dans la tête ». Le gouvernement malien a confirmé ces massacres, les attribuant au MNLA [50]. Un site Internet malien a publié des photos du massacre[52].
Le 16 février 2012, Serge Daniel, correspondant de Radio France internationale et de l'Agence France-Presse à Bamako depuis vingt ans, déclare au quotidien français Libération, qu'il était convaincu que le MNLA et des membres d'AQMI « ont combattu côte à côte à Aguelhoc, où des exécutions sommaires de soldats ont eu lieu fin janvier » [53].
Le 17 février 2012, Amnesty International demande que soit menée « une enquête indépendante et impartiale » sur les faits qui se sont produits au nord Mali »[54].
Le 21 février 2012, la commission spéciale chargée d'enquêter sur les exécutions sommaires commises à Aguel'hoc, composée de 7 membres, tous officiers supérieurs des forces armées et de sécurité, et présidée par Alioune Badara Diamouténé, inspecteur général de police, a remis au président Amadou Toumani Touré son rapport après avoir passé 10 jours à Aguel'hoc et rencontré des témoins des évènements[55]. D'après les conclusions de ce rapport, des éléments d'AQMI alliés au MNLA ont participé aux attaques du 18 au 24 janvier et ont exécuté des militaires maliens, allégations très vite démenties par le MNLA qui affirmait « n’a commis aucun acte, n’a égorgé personne et n’a tiré sur aucun militaire désarmé »[56]. Elle déclare détenir « des preuves et témoignages des rescapés militaires et civils soutenus par des images qui attestent que des combattants de l’armée malienne désarmés ont été bien arrêtés, ligotés les mains au dos avant d’être abattus ». Par ailleurs, elle informe que « des élèves et enseignants de l’Institut de formation des maîtres (IFM) d’Aguelhoc ont été utilisés comme boucliers humains par les assaillants en difficulté lors de l’attaque du 18 janvier 2012 »[57].
Le 31 janvier 2013, le président malien par intérim, Dioncounda Traoré soutient que le MNLA reste le seul interlocuteur, avec lequel le dialogue est possible, dans le but de permettre des négociations politiques, à condition que celui-ci refuse « ses prétentions territoriales ». Cette déclaration du président malien écarte donc toute alliance avec la scission du groupe Ansar Dine, le mouvement islamique de l'Azawad[58].
Le 3 février 2013, le président de la République du Niger, Mahamadou Issoufou, déclare sur Radio France internationale que le « MNLA n’est pas représentatif du peuple touareg » du fait de l’immensité de la communauté touareg. Par conséquent, il juge que ce mouvement est minoritaire. De plus, il doit selon lui, abandonner les armes pour permettre « la restauration de l'intégrité du Mali »[59].
Notes et références [modifier]
- France 24 : Images et témoignage exclusifs du nord du Mali : un colonel du MNLA dévoile son arsenal militaire
- Dans le nord du Mali, les Touaregs du MNLA lancent un nouveau défi armé à l’État
- Déclaration fondatrice Mouvement National de l’Azawad, tunisie.berbere.com, 1er novembre 2010. Consulté le 13 février 2012
- La nouvelle géopolitique post-Kadhafi explique les problèmes actuels au Mali
- Slate Afrique, « La France, alliée des rebelles touareg? », Slate Afrique, 4 février 2012. Consulté le 13 février 2012
- http://www.azawadactu.com/fr/presses-ecrites/presses-regionales/presses-algeriennes/1319-bilal-ag-acherif-reclame-le-droit-a-l-autodetermination-de-l-azawad
- http://toumastpress.com/actualites/actualite/273-que-s-est-il-passe-aguelhoc.html
- MNLA, « Une semaine dans l'Azawad », Site officiel du MNLA, 27 janvier 2012. Consulté le 13 février 2012
- « Le MNLA ne représente pas loin s’en faut la totalité de population de la partie nord du Mali, il y a d’autres organisations touaregs, il y a des arabes, encore il y a d’autre ethnies, d’ailleurs les gens avec qui nous avons parlé nous disent s’il y a consultation de la population, on sait pertinemment que l’immense majorité de population ne s’engagerait pas dans la séparation », Henri de Raincourt, ministre français de la coopération, sur RFI le 13 janvier 2012
- http://www.mnlamov.net/index.php?start=12
- http://www.mnlamov.net/index.php?start=12
- « Pacte national conclu entre le gouvernement de la République du Mali et les mouvements et fronts unifiés de l'Azawad consacrant le statut particulier du Nord du Mali », Journal officiel de la République du Mali, Secrétariat général du Gouvernement, Koulouba, 1992
- http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-de-la-lutte-pour-l-independance-des-touaregs-a-l-intervention-francaise_1209397.html
- Le Point - Mali: Les rebelles touaregs dans Gao, une force ouest-africaine en alerte - 31-03-2012
- http://fr.allafrica.com/stories/201202030625.html>
- Mali-Rebellion touaregue : le MNLA annonce la formation de son Conseil exécutif
- Bilal Ag Acherif sur RFI: «Aqmi ne constitue pas une organisation avec qui on peut négocier»
- Bilal Ag Acherif, président du Mouvement National pour la Libération de l'Azawad
- Interview de Bilal Ag Acherif, secretaire général du MNLA, France 24, novembre 2012
- Bilal Ag Acherif réclame le droit à l'autodétermination de l'Azawad
- Le Mali, première victime « collatérale » de l’intervention occidentale en Libye
- http://www.slateafrique.com/82223/mali-bamako-azawad-france-alliee-touareg
- http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2012/02/120206_mali_touareg_negociation.shtml
- Le Parisien - Mali, les rebelles prennent Gao, la junte au pouvoir acculée
- http://www.mnlamov.net/index.php?view=article&id=163:liberation-complete-de-la-region-de-tinbouctou&tmpl=component&print=1&layout=default&page=
- http://www.mnlamov.net/index.php?view=article&catid=34:actualites&id=164:declaration-du-bureau-politique-&tmpl=component&print=1&layout=default&page=
- http://www.afrik.com/article25254.html
- http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/04/06/mali-les-rebelles-touareg-du-mnla-proclament-l-independance-du-nord-du-pays_1681483_3212.html
- http://www.france24.com/fr/20120528-union-touareg-mnla-islamistes-ansar-dine-mali-bamako-cedeao-etat-islamique-charia-politique-crise
- http://www.africanaute.com/depeches/2095-cedeao-envoie-3000-hommes-au-mali
- http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120629162444/
- http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-le-tumultueux-parcours-des-rebelles-touaregs-du-mnla_1218010.html
- http://www.afp.com/fr/node/306077
- http://www.france24.com/fr/20130114-mali-mnla-touareg-soutien-aide-intervention-france-nord-combat-djihadistes-islamiste-ansar-dine
- http://www.france24.com/fr/20130114-mali-mnla-touareg-soutien-aide-intervention-france-nord-combat-djihadistes-islamiste-ansar-dine
- http://www.lefigaro.fr/international/2013/01/28/01003-20130128ARTFIG00523-mali-les-touaregs-laiques-disent-avoir-repris-kidal.php
- http://www.rfi.fr/afrique/20130125-mali-mnla-mia-scission-ansar-dine-touareg
- http://www.france24.com/fr/20130204-responsables-ansar-dine-mujao-arrete-kidal-mali
- http://www.france24.com/fr/20130204-mali-touareg-mnla-crise-islamistes-terrorisme-bamako
- http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202554991330-en-direct-mali-premiere-percee-au-nord-de-kidal-536670.php#comments
- http://www.rfi.fr/afrique/20130209-mali-mandats-arrets-chefs-groupes-armes-iyad-agh-ghali-ansar-dine-mujao-mnla
- http://www.diplomatie.gouv.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=324:yamoussoukro-cote-divoire-27-a-28-fevrier-2013-quarante-deuxieme-session-ordinaire-de-la-conference-des-chefs-detat-et-de-gouvernement-de-la-cedeao&catid=51:organismes-internationaux
- http://www.rfi.fr/afrique/20130302-mali-cedeao-souhaite-desarmement-mnla-mouvement-liberation-azawad-france-onu
- http://www.mnlamov.net/index.php?start=4
- http://www.rfi.fr/afrique/20130216-mali-kidal-obstacle-voie-reconciliation-mnla
- http://www.rfi.fr/afrique/20130216-mali-kidal-obstacle-voie-reconciliation-mnla
- http://www.lavoixdelamerique.com/content/article/1629983.html
- http://www.rfi.fr/afrique/20130406-mali-touaregs-mnla-menaka-arrestation-gao-medecins-monde
- MNLA rejet : "Le MNLA refuse de se désarmer et aussi les élections"
- AFP, « Mali : « exécutions sommaires » de militaires dans le Nord, selon Paris et Bamako », Libération, 13 février 2012. Consulté le 15 février 2012
- Mali : une centaine « d'exécutions sommaires », Métrofrance, 13 février 2012. Consulté le 15 février 2012
- Crise au Nord : Les photos du massacre d’Aguelhock
- « «Aqmi : des jihadistes et des voyous» », Libération, 16 février 2012 [texte intégral]
- http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Armes-et-conflits-armes/Actualites/Mali-risque-de-chaos-dans-le-nord-si-les-combats-continuent-4691
- http://maliactu.net/crimes-daguelhoc-liste-des-membres-de-la-commission-speciale-denquete/
- Christophe Boisbouvier, « Mali : les rebelles touaregs nient toute alliance avec AQMI », afrik.com, 15 février 2012
- http://www.maliweb.net/news/insecurite/2012/02/23/article,49929.html
- http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/01/31/le-president-malien-juge-le-mnla-seul-interlocuteur-possible_1825086_3212.html
- http://www.rfi.fr/afrique/20130203-mahamadou-issoufou-rfi-mnla-est-pas-representatif-peuple-touareg-mali-niger
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Azawad
- Insurrection malienne de 2012
- Accords d'Alger
- Alliance démocratique du 23 mai pour le changement