Mouvement du Pakistan pour la Justice

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Mouvement du Pakistan pour la Justice

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Logo officiel

Présentation
Fondation 25 avril 1996
Fondateur Imran Khan
Dirigeant Imran Khan
Secrétaire-général Pervez Khattak
Président Javed Hashmi
Représentation
Députés
35 / 342
Sénateurs
0 / 104
Représentation régionale
Députés du Penjab
28 / 371
Députés du Sind
4 / 168
Députés de Khyber Pakhtunkhwa
46 / 124
Députés du Balouchistan
0 / 65
Orientations
Idéologie Nationalisme pakistanais, centrisme, réformisme
Couleurs vert et rouge
Informations
Siège Islamabad, Pakistan
Site web www.insaf.pk/

Le Mouvement du Pakistan pour la Justice ou Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) (en ourdou : پاکستان تحريک انصاف) est un parti politique du Pakistan fondé par Imran Khan en 1996.

Fondé le 25 avril 1996, le parti est longtemps resté marginal, mais devient avec les élections législatives de 2013 l'une des principales forces du pays, rivalisant avec les principaux partis. Le parti est proche du nationalisme pakistanais et entend avoir une position centrale sur l’échiquier politique. Il est très critique envers les deux principaux partis, la Ligue musulmane et le Parti du peuple pakistanais. Son discours se centre souvent autour de la lutte contre la corruption et la souveraineté du pays. Son slogan est « Justice, Humanité et Estime de soi ».

Le parti a réalisé des performances négligeables lors des élections législatives de 1997 et de 2002 où il n'a jamais remporté plus d'un siège. Il commence à émerger en prenant part au mouvement des avocats en 2007 mais boycotte les élections législatives de 2008 pour protester contre les mesures prises par le président Pervez Musharraf. À partir 2011, il émerge soudainement en réunissant des foules importantes à ses rassemblements politiques et en obtenant le ralliement de nombreux hommes politiques venant de tous les grands partis. Après les élections législatives de 2013, le parti devient la troisième force de l'Assemblée nationale et prend le contrôle du gouvernement local de la province de Khyber Pakhtunkhwa.

Idéologie et politique[modifier | modifier le code]

Le PTI soutient la fin de la guerre contre les groupes islamistes qui agissent dans le nord-ouest du pays en établissant un accord de paix. Selon lui, cette guerre est menée sous la pression internationale et a conduit à aggraver le terrorisme et l'extrémisme dans le pays. Il propose que le Pakistan mène la lutte contre le terrorisme selon son propre calendrier et dans le respect de la souveraineté du pays. Ainsi, le PTI s'oppose aux attaques de drones américains dans les régions tribales.

Historique[modifier | modifier le code]

Un poster du PTI avec Imran Khan.

Fondation et élections de 1997[modifier | modifier le code]

Le parti est fondé le 25 avril 1996 par Imran Khan, un ancien joueur de cricket très populaire au Pakistan. Son manifeste contient notamment : « Le programme du PTI de la résurgence exprime les aspirations longtemps négligées de notre peuple et énonce la vision d'une République islamique moderne qui prône la tolérance, la modération et la liberté de pratiquer la religion de son choix ». Ainsi que : « Un peuple dont les diversités ethniques et culturelles se mélangent autour de buts communs et de l'aspiration pour une société juste fondée sur une culture démocratique et l’État de droit. »[1]. Parmi ses objectifs, on trouve le renforcement de l'indépendance de la justice, la promotion de l'éducation pour tous, la protection des minorités et des femmes ainsi que leur meilleure représentativité. Dans le même temps, la liste des objectifs contient le renforcement des dispositions religieuses dans la Constitution sur des « bases non-sectaires »[2].

Moins d'un an après sa création, il participe aux élections législatives de 1997 où il ne remporte aucun siège malgré avoir réuni 1,7 % des voix et 314 820 votes populaires.

Élections de 2002 et boycott de 2008[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives de 2002, le parti remporte un siège, détenu par Imran Khan, et réalise 0,8 % des voix au niveau national, soit environ 230 000 votes populaires. Cette unique circonscription gagnée se situe dans le district de Mianwali, dans le nord-ouest de la province du Pendjab.

À partir de 2007, le PTI participe au mouvement des avocats pour protester contre la révocation par le président Pervez Musharraf de nombreux juges, dont notamment le président de la Cour suprême Iftikhar Muhammad Chaudhry

Le PTI a boycotté les élections législatives de 2008 en estimant que le maintien de Pervez Musharraf au poste de président menaçait la régularité du scrutin.

Émergence du parti et campagne pour 2013[modifier | modifier le code]

Rassemblement politique du PTI à Abbottabad le 8 avril 2012.

Le 30 octobre 2011, le parti crée la surprise en réunissant environ 100 000 partisans lors d'un rassemblement politique à Lahore, le fief électoral de la Ligue musulmane du Pakistan (N), alors principal parti d'opposition. Imran Khan critique le gouvernement comme la Ligue et les accuse de corruption. Le 25 décembre, un rassemblement à Karachi du PTI réunit entre 100 000 et 150 000 personnes selon la police[3].

L'année 2011 est aussi marquée par l'adhésion croissante d'hommes politiques au PTI. La plus importante a lieu le 27 novembre : Shah Mehmood Qureshi, ministre des affaires étrangères jusqu'en février 2011 rejoint le PTI après avoir quitté le Parti du peuple pakistanais juste deux semaines plus tôt et dont il était un membre important. De nombreux membres de la Ligue musulmane du Pakistan (Q) ont aussi rejoint le PTI[4], comme Khurshid Mahmood Kasuri. Le 24 décembre, un membre important de la Ligue musulmane du Pakistan (N), Javed Hashmi quitte son parti pour le PTI.

Le PTI est soupçonné d'avoir le soutien de l'armée pakistanaise[5]. Toutefois, au cours de l'affaire du mémorandum de l'ambassade du Pakistan aux États-Unis et de la crise politique qu'elle provoque, Imran Khan indique qu'il ne supporterait pas d'action anti-constitutionnelle de la part de l'armée, en référence à des rumeurs de coup d'État[6].

Dans une étude conduite début 2012 par l'International Republican Institute, le PTI est le parti le plus populaire du pays, avec 31 % contre 27 % pour la Ligue musulmane du Pakistan (N) et 16 % pour le parti au pouvoir, le Parti du peuple pakistanais. Il arrive en tête dans la province de Khyber Pakhtunkhwa et du Baloutchistan avec respectivement 49 % et 35 %, et en seconde place dans le Pendjab et le Sind avec 33 % et 15 %[7]. Toutefois, les sondages publiés postérieurement montrent une érosion des intentions de votes pour le mouvement, en faveur de la Ligue.

Formation majeure de l'opposition[modifier | modifier le code]

Rassemblement politique à Karachi en juin 2012.

Lors des élections législatives du 11 mai 2013, le parti arrive deuxième en termes de votes populaires avec près de 7,7 millions de voix et 16,9 % de l'électorat, mais il ne devient que la troisième force de l'Assemblée nationale avec 35 députés contre 42 pour le Parti du peuple pakistanais.

Le parti arrive toutefois en tête dans la province de Khyber Pakhtunkhwa avec près de 50 députés sur 124 et mène un gouvernement local de 15 ministres en coalition avec le Parti Qaumi Watan, la Jamaat-e-Islami et l'Awami Jamhuri Ittehad Pakistan[8],[9]. Le 31 mai, Pervez Khattak est investi ministre en chef de la province. Le parti a également réalisé de bonnes performances en arrivant second dans la province du Pendjab et à Karachi. Dans cette dernière ville, des milliers de partisans du mouvement manifestent pour protester contre des fraudes électorales alléguées en faveur du parti local, le Muttahida Qaumi Movement[10]. C'est dans ce contexte que Zahra Shahid, vice-présidente du parti, est assassinée le 19 mai à Karachi, à lui suite de quoi Imran Khan accuse le MQM et Altaf Hussain d'en être responsables.

En novembre 2013, le mouvement entre en conflit avec le Parti Qaumi Watan, son partenaire dans le gouvernement de Khyber Pakhtunkhwa. Pervez Khattak, sous la pression d'Imran Khan, expulse d'abord deux des trois ministres du parti, les accusant de corruption et indiquant leur avoir déjà donné un avertissement pour leurs pratiques. Le mouvement met ensuite fin à cette alliance, alors que les dirigeants du Qaumi Watan démentent et accusent en échange son ancien allié de pratiques illégales. Cela dit, une enquête interne demandée par la direction du PTI aurait conclu que 11 ministres ont été impliqués dans des faits de corruptions, et seuls trois ont été expulsés, dont un ministre du PTI rendu inéligible par la Cour suprême pour mensonge sur ses diplômes[11]. D'un autre coté, des analystes ont noté que les deux partis connaissaient des désaccords politiques de fonds, par exemple concernant les négociations de paix avec les talibans, le blocage des ravitaillements de l'OTAN ou les programmes scolaires[12].

Membres importants[modifier | modifier le code]

Tableau récapitulatif des scrutins[modifier | modifier le code]

Élections % de suffrages
(échelle nationale)
Votes populaires Nombre de sièges à
l’Assemblée nationale
% des sièges Position
Législatives de 1997 1,7 % 314 820 0 / 207 0 % Opposition
Législatives de 2002 0,8 % 238 635 1 / 342 0,3 % Opposition
Législatives de 2008 - - - - Boycott
Législatives de 2013 16,9 % 7 679 954 35 / 342 10,2 % Opposition

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) MANIFESTO AN AGENDA FOR RESURGENCE sur Insaf.pf, le site officiel du PTI.
  2. (en) Constitution sur Insaf.pf, le site officiel du PTI.
  3. (fr) 100 000 personnes manifestent à Karachi contre le gouvernement Le Monde, le 26 décembre 2011.
  4. (en) Q forward bloc divided over PTI option, sur The News International, le 1er décembre 2011.
  5. (fr) Au Pakistan, une ancienne star du cricket appelle à un grand rassemblement politique sur Radio France internationale, le 25 décembre 2011.
  6. (en) PTI will not support any unconstitutional step by army: Imran Khan sur The Expres Tribune, le 11 janvier 2012.
  7. (en) IRI Survey: Tehreek-e-Insaf Number One Party sur Awami Politics.
  8. (en) KP budget on 17th sur The News International, le 13 juin 2013.
  9. (en) PTI, QWP, JI agree to make Pervez Khattak next KP CM sur The News International, le 17 mai 2013.
  10. (en) Day 2 of dharnas: Protesters defy ban to voice their anger sur The Express Tribune, le 14 mai 2013.
  11. (en) PTI expels QWP from KPK coalition over ‘corruption’ sur The Nation, le 14 novembre 2013
  12. (en) KP coalition falls apart sur The Friday Times, le 22 novembre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]