Mouvement d'unification islamique

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Le Mouvement d'unification islamique (arabe : حركة التوحيد الإسلامي, Harakat al-Islami al-Tawhid) est un parti politique libanais, essentiellement implanté à Tripoli, fondée en 1982 par le cheikh sunnite Saïd Chaaban, un ancien chef de file de la Jamaa Islamiya. Il est aussi connu sous le nom de mouvement Tawhid.

Saïd Chaaban a formé le mouvement pendant la guerre civile libanaise suite à sa séparation avec la Jamaa Islamiya. Influencé par la révolution islamique iranienne, Saïd Chaaban estimait que la révolution est une bonne solution dans la vie politique, tandis que les dirigeants de la Jamaa Islamiya jugeaient préférable d'opter pour un règlement pacifique de la vie politique. Toutefois, les deux parties ont toujours maintenu des liens, surtout avec le cheikh Fathi Yakan, fondateur de la Jamaa Islamiya. Le mouvement Tawhid a travaillé en tant que milice sunnite au cours de la guerre civile libanaise, et surtout combattu la présence syrienne dans le nord du Liban et la milice alaouite pro-syrien du Parti démocratique arabe à Tripoli. Dans sa lutte contre l’armée syrienne le Tahwid c’est allié au Fatah de Yasser Arafat.

Pour fonder le mouvement Tawhid, Saïd Chaaban s’allie avec des groupes libanais de gauche passé à l’islamisme après la révolution iranienne de 1979, comme la Résistance populaire de Khalil Akkaoui et le Mouvement du Liban arabe d’Ismat Mrad. Les combattants du Tawhid ont pris le contrôle de Tripoli en 1983-1984 en éliminant leurs concurrents. Mais, en 1985, l’union réalisée au sein du mouvement éclate lorsque Khalil Akkaoui ou Kanaan Naji quitte le Tawhid pour organiser leur propre mouvement. A l’automne 1985, l'armée syrienne entre de Tripoli et écrase le mouvement d’unification islamique. Mais l’intervention syrienne permet à Saïd Chaaban de se maintenir à la tête de son mouvement qui est maintenant désarmé. Par la suite, en dehors de quelques rares cas de légère critique, il restera prudent et ne s'opposera pas aux autorités syriennes. Said Chaaban parle favorablement de la présence militaire syrienne au Liban, en tant que cadre pour unifier l'action armée contre Israël.

La défaite de 1985 n'empêche pas la résurgence du mouvement à Beyrouth, Sidon, et dans le sud du Liban. En 1988, les forces du Tawhid rejoignent la « Résistance islamique », dirigée par le Hezbollah pour lutter contre l'Armée du Liban Sud, d’Antoine Lahad et les forces d’occupation israéliennes.

Le secrétaire général actuel du mouvement est le cheikh Hashem Minqara.

Le mouvement d'unification islamique appartient à l'Alliance Mars 8 et est un allié du Hezbollah. Après le décès de Said Chaaban en 1998 son fils Bilal Chaaban a pris les rènes du mouvement.

En 2005, le mouvement a rejoint le Front islamique du travail, une alliance entre plusieurs partis et de personnalités islamiques sunnites du Liban, dirigé par Fathi Yakan. Le 27 novembre 2007, le fils de Said Chaaban, Oussama Chaaban, a été blessé au cours d'affrontements entre militants sunnites liés à l’opposition et des jeunes tripolitains liés à la majorité, dans le quartier d'Abou Samra à Tripoli.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Idéologiquement, Said Chaaban appartient de l'aile radicale des Frères musulmans, proche des idées de Sayyid Qutb. Il conteste la légitimité d’un gouvernement ne reposant pas sur l’application de la charia.

Fortement influencé par la révolution islamique iranienne de 1979, Said Chaaban a tissé d'étroites relations politiques avec l'Iran lors de visites à Téhéran. Il aussi tissé des liens avec le Hezbollah. Il jugel la révolution iranienne valable et il souligne que le chemin initié par l’ayatollah Khomeiny devrait être suivie par tous les musulmans aussi bien chiites que sunnites. Said Chaaban cherche à unir sunnites et chiites en suggérant que le Coran et la vie de Mahomet pourrait fournir les fondements sur lesquels tous les groupes musulmans pourrait s'unir.

Au lieu de la représentation confessionnelle au parlement libanais, il demande que les musulmans revendiquent l’application de la loi islamique fondé sur la charia. Saïd Chaaban rejette le nationalisme laïc, le confessionnalisme et le pluralisme démocratique en faveur de l’application d'une règle islamique qui "absorbe et dissout toutes les différences sociales et les unissant dans un creuset."

Source[modifier | modifier le code]