Mouvement d'envoi des zhiqing à la campagne

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Le mouvement d’envoi des zhiqing à la campagne (chinois simplifié : 上山下乡运动 ; chinois traditionnel : 上山下乡運動 ; pinyin : Shàngshān xiàxiāng yùndòng) est une politique menée en République populaire de Chine par Mao à l’issue de la révolution culturelle. De 1968 jusqu’à la fin des années 1970, près de 17 millions de jeunes chinois des villes sont envoyés autoritairement à la campagne, victimes d’un des mouvements les plus radicaux lancé par la République populaire de Chine. Il s’agit d’un phénomène unique, à l’exception peut-être de la déportation organisée par le régime khmer rouge au Cambodge (où ce fut l’intégralité de la population qui fut déplacée à la campagne, avec des conséquences dramatiques). En Chine, le Parti voulait transformer ces jeunes citadins en paysans pour le reste de leurs jours. On appellera ces jeunes les zhiqing, ou « jeunes instruits » en français.

Cette expression et sa traduction peuvent sembler étranges. Elle fut consacrée par l’usage qu’en ont fait les Éditions en langues étrangères de Pékin, et désigne les élèves des collèges, lycées, et parfois les étudiants, qui ont été envoyés à la campagne pour y travailler et compléter leur formation politique auprès des paysans. Ces jeunes venaient de tous les milieux, aussi bien des « Cinq Espèces rouges » (fils d’ouvriers, de paysans pauvres, de martyrs, de cadres et soldats révolutionnaires) que des « Noirs » (enfants des ennemis du régime, de toutes natures).

Environ la moitié de la génération de jeunes urbains durant cette période fut concernée. Le caractère massif de cette déportation et la nature irréductible de l’expérience qu’ils ont vécue dans les campagnes chinoises ont fait de cette génération une génération à part. Elle est devenue emblématique de la crise de la société traversée à l’issue de la révolution culturelle jusqu’à la fin des années 1970. Surtout, une véritable conscience de génération entre ses membres s’est constituée, et il est admis en Chine qu’il s’agit d’une génération originale, une entité collective, avec un mode de pensée et d’action commun.

On dit souvent d’elle qu’il s’agit d’une « génération perdue ». Outre l’amertume d’avoir été envoyés à la campagne pendant plusieurs années dans des conditions généralement pénibles, loin de leur famille, les zhiqing ont eu les plus grandes peines à se réinsérer en ville à leur retour. Ceux qui étaient revenus en ville illégalement furent souvent réduits au travail clandestin, aux trafics ou à la délinquance. Pour les autres qui rentrèrent régulièrement, leur scolarité avait été prématurément interrompue et bien peu arrivèrent à réintégrer le système éducatif. Ils se retrouvèrent sans formation, et souvent sans travail. Cette situation difficile qu’ils partagent ne fit que renforcer leur sentiment d’être à part.

Enfin, leur désillusion totale sur la nature du régime fera d'eux les partisans les plus résolus du Mouvement démocratique chinois qui fera surface à partir de la fin des années 1970.

L'origine du mouvement[modifier | modifier le code]

1967-1969 : naissance d’une génération façonnée par le maoïsme

Le contexte historique[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Garde rouge (Chine) et Révolution culturelle.

La jeunesse urbaine au cœur de la tourmente de la révolution culturelle

La génération qui avait entre 15 et 20 ans était pour Mao la première génération « pure ». Elle n'avait pas connu la Chine nationaliste et la corruption capitaliste, et avait été idéologiquement entièrement façonnée par le nouveau régime. Certes elle n'avait pas participé à la révolution et devait faire ses preuves mais elle était restée préservée de l'embourgeoisement, du « révisionnisme » qui selon Mao avait frappé le Parti. Loin de l'institutionnalisation rampante de la révolution qui s'éloignait peu à peu de ses idéaux, s'attachait à son confort, cette jeune génération était encore disponible pour donner un nouvel élan à la révolution, enthousiaste, audacieuse, prête à briser le carcan du vieux monde qui se réformait.

Plus concrètement, cette génération était encore la seule à pouvoir être mobilisée politiquement par Mao dans le cadre de sa stratégie de reconquête du pouvoir dans la première moitié des années 1960 : ni les intellectuels, échaudés par l'expérience des Cent Fleurs, ni les paysans victimes du Grand Bond en avant, ni en général les hommes et les femmes qui avaient connu les péripéties et les déceptions que le régime sous la férule de Mao leur avait infligées ces dernières années n'étaient prêts à répondre à un appel du Grand Timonier. C'est donc la jeune génération que Mao va soulever et qui fournira les membres des célèbres Garde rouge de la révolution culturelle.

Les motivations de Mao[modifier | modifier le code]

Mao avait trois différents motivations en lançant le mouvement d'envoi des zhiqing à la campagne :

  • Motivation idéologique

Mao veut réformer la mentalité des jeunes urbains pour en faire les successeurs des fondateurs du régime, et éliminer les divisions qui se font jour au sein de la société. L'objectif est un objectif de « rééducation ». Selon le Grand Timonier, la jeunesse urbaine serait en effet de plus en plus élitiste et coupée des masses. C'est d'abord la première génération qui n’a pas connu la révolution. Mais cette conviction est également un effet de l’« anti intellectualisme » de Mao : le Rouge doit primer sur l'expert, la foi révolutionnaire sur la connaissance (les intellectuels sont qualifiés de « puants de la neuvième catégorie » par Mao), la vertu révolutionnaire sur la sélection par les examens.

Mao craint aussi l'institutionnalisation des valeurs révolutionnaire, dans le cadre quasiment messianique (communisme) et charismatique. Les jeunes des villes doivent réapprendre les vraies valeurs, des valeurs quasi religieuses : goût de l’effort et de l’endurance, goûts simples, mode de vie spartiate. L'envoi à la campagne est considéré comme une revivification de la Révolution, une façon de retourner aux sources, c'est-à-dire à la campagne, puisque la révolution a été faite d'abord par les paysans. Le mouvement a souvent a pris la forme d’une nouvelle Longue Marche.

  • Politique (restaurer l’ordre et renforcer le pouvoir charismatique de Mao)

Envoi en masse fin 1968 (reprise de la tradition impériale, et d’une pratique qui avait repris dès 1949) Le mouvement permet un renforcement du pouvoir de Mao, qui vient à peine de s'en ressaisir grâce à la Révolution culturelle., car renforcement idéologique : primauté de l’objectif idéologique sur les considérations socio économiques

  • Déroutinisation

Selon Hannah Arendt, « les formations totalitaires ne restent au pouvoir qu’aussi longtemps qu’elles demeurent en mouvement et mettent en mouvement ce qui les entoure »[1]. L'envoi à la campagne est un prolongement du désordre de la Révolution culturelle alors que la remise en ordre sur le plan politique est à l’ordre du jour.

Mais ils firent aussi l'expérience d'une liberté de parole extraordinaire durant cette période. Lu Yaoke, un étudiant, peut ainsi s’insurger contre l'aspect féodal du régime (hérédité de classe) Ils jouissent d'une liberté d'expression et d'action inouïes, puisqu'il leur est reconnu le droit de critiquer, si ce n'est renverser, toutes les autorités établies.

  • Socio-économiques : développer les campagnes et régions frontalières, mais aussi limiter la croissance démographique et le chômage dans les villes

Le premier n'est pas très crédible (campagne surpeuplée, zhiqing envoyés là où elle l’est le plus, pas très efficaces) même si quelques exceptions (fonctions d’enseignement, quelques boulots, médecins aux pieds nus), et si certaines régions véritable but de contrôle ethnique (Xinjiang) Le deuxième dans la pure lignée du contrôle des populations urbaines depuis 1949 (système du hukou, enregistrement de la résidence)... mais absurde dans ce cas.

Extrême diversité des conditions de départ, mais qui se sont faites globalement au fur et à mesure de plus en plus autoritaires

L’expérience commune d'une génération[modifier | modifier le code]

Le début du mouvement[modifier | modifier le code]

En octobre 1967, alors que la Chine, plongée dans le chaos, est au bord de la guerre civile, une circulaire ordonne l'organisation du départ des nouveaux diplômés à la campagne.

Ce mouvement s'appelle le xiaxiang (« descendre à la campagne »). Loin d'être une nouveauté, il avait été employé par les communistes chinois dès 1942 dans le Yan’an. On avait alors organisé l'envoi temporaire d’intellectuels et de jeunes cadres dans les villages. La même idée avait été reprise à partir de 1955. Mais ces envois n'avaient concerné qu'un nombre très restreint d'individus. En 1967, on change complètement d'échelle.

On envoie d’abord les « Trois promotions » de 66, 67 et 68 qui n’ont pas été diplômées à cause de la Révolution culturelle. La mesure est étendue ensuite aux « Six promotions » (les deux cycles de l’enseignement secondaire), qu'on appellera les laosanjie, qui formeront un groupe distinct parmi les zhiqing. Les circonstances de leur départ et sa dimension massive, et souvent brutale, participeront à la formation d'une forte conscience collective. Ils formeront en quelque sorte le « cœur » de la population zhiqing.

Les chiffres : au niveau national, 2 millions de départ en 67-68, 2,5 millions en 69

On peut dresser une chronologie globale du mouvement :

  • 70-72 : creux de la vague, essentiellement par lassitude des cadres
  • 73-76 : reprise sous la pression de l’offensive des radicaux
  • 77-79 : persistance
  • 80 : arrêt définitif

1969-1976 : une génération désillusionnée au centre de la lutte pour le pouvoir

À la campagne, découverte et désillusion[modifier | modifier le code]

Vers les fermes ou les villages (différences d’organisation) Vers différentes régions, notamment centre ou périphérie, souvent on change de région selon les années, et on a un certain choix au départ, on part parfois en groupes d’amis

Découverte de la campagne : arriération des paysans, lenteur des progrès, mais aussi projection dans un autre temps et autre temporalité, traditions, temps « long » de l’histoire..

On s’interroge sur les réalisations du régime On rencontre les paysans, très hostiles au mouvement d’étude du Dazhai et regrets du marché libre sous Liu Shaoqi Rencontre des droitiers en rééducation, souvent de simples citoyens courageux qui ont exprimé des doutes Découverte de la réalité de la gestion par les cadres du Parti

Les plus conscients se sont mis à douter du régime La « découverte » du complot de Lin Biao renforce encore les doutes

Victimes des brimades, violences des cadres ruraux et paysans : un groupe vulnérable

L’expérience douloureuse du retour[modifier | modifier le code]

Le manque d'expérience de ces jeunes les relie à ces trois catégories: ni intellectuels, ni ouvriers, ni vraiment paysans. Ce sont des jeunes, issus de toutes les classes urbaines, que l’envoi à la campagne a transformé en déclassés privés d’avenir. Ils ont interrompu leurs études et ne valent plus rien à leur retour. Le régime ne leur prépare aucun avenir et cela les pousse à exprimer leur mécontentement. On les qualifie de génération « perdue ». Ils sont rejetés de la ville où ils sont souvent discriminés.

Cette génération est cependant fondamentalement politique. Elle jouera un rôle particulier dans le mouvement pour la démocratie à la fin des années 70 et tout au long des années 80.

L'apprentissage de la liberté[modifier | modifier le code]

Ils sont moins contrôlés socialement : solidarité de groupe, plus grande mobilité

  • L’activité favorite est la veillée, où toutes les opinions peuvent s’exprimer
  • La pauvreté culturelle : un certain nombre de zhiqing lit des ouvrages interdits en cachette, écrit des journaux intimes, et même poésie, romans

La littérature clandestine se diffuse par copie Cf. évidemment « Balzac et la petite tailleuse chinoise » de Dai Sijie Et plus tard continuera pendant Printemps de Pékin…

Cela a pu déboucher sur un refus de la tyrannie, ou le défi au pouvoir

  • le célèbre dazibao des Li Yizhé, « De la démocratie et de la légalité sous le socialisme » en 74, groupuscule quasi exclusivement composé de zhiqing
  • Incident aussi en 74 du Mont Bayun, près de Canton

Les zhiqings, spectateurs engagés de la défaite des radicaux

La fin du mouvement[modifier | modifier le code]

La défaite des radicaux

Autre cadre, car on se trouve dans le cadre d’une lutte de faction – aiguë – au sein du système du pouvoir, qui se termine logiquement par un coup d’État (arrestation de la Bande des Quatre en octobre 1976) C’est différent de la Révolution culturelle stricto sensu, ou une certaine spontanéité de la rébellion en fait plus qu’une lutte de faction, même si elle est très largement manipulée par Mao

De nouveau les zhiqings sont spectateurs, ou « outils » au service d’une politique Mais justement la situation va changer progressivement, vers la politique d’une génération

Les radicaux essayeront encore de « soulever » les zhiqings pour soutenir leur ligne, notamment en 76. Ce qui est remarquable est leur caractère très minoritaire, et la colère et le mépris qu’ils suscitent chez les autres zhiqings Domaine ultra sensible et politique, dont Mao s’est occupé jusqu’au bout.

Prise de conscience culmine avec l’« incident de Tian’anmen » le 5 avril 1976 : la plus importante manifestation non organisée depuis la prise de pouvoir du Parti Célébration spontanée de la mémoire de Zhou Enlai à l’occasion de la Fête des morts Devient la manifestation d’hostilité à la ligne gauchiste de Mao et le soutien à Deng Xiaoping Plusieurs dizaines de milliers de personnes sur la place, dont un grand nombre de « jeunes instruits » Ne remet pas en cause la nature du régime, mais se range du côté des pragmatistes dont on pouvait deviner la lutte depuis 1970. C’est le moment de cristallisation sociale du soutien dont jouira Deng Xiaoping durant toutes les années 1980

Novembre 78 – septembre 79 : l’implication dans le Printemps de Pékin Les dazibao fleurissent sur les murs de la démocratie, dans les grandes villes, animant le Mouvement pour la démocratie Jeunes instruits très présents, et aussi dans le shangfang, mouvement plaignants, qui demande réparation au pouvoir pour les persécutions C’est surtout à Shanghai que le mouvement pour la démocratie et le mouvement des jeunes instruits en 79 sont très imbriqués. Ils affichent le premier dazibao en novembre 1978 du Mouvement démocratique. Et grèves, grèves de la faim, sit in… Idem à Pékin, avec un rôle plus modeste

Les dazibaos des jeunes instruits spécialement « agressifs », mettant nommément Mao en cause. Globalement, les zhiqing détestent Mao qu’ils tiennent pour responsable. D’où leur alliance avec ses ennemis, les pragmatistes

Les grands animateurs sont souvent des fils de cadres persécutés, comme Wei Jingsheng, ou de catégories noires. Wei est le plus connu, et réclame la cinquième modernisation (la démocratie)

Les groupes les plus connus sont essentiellement composés de jeunes instruits : Exploration, Printemps de Pékin Dans les provinces aussi, les jeunes instruits et anciens gardes rouges sont actifs, notamment la Société des Lumières

Aussi, la résistance massive à la fin du mouvement, en 78-79 : tout se délite à la suite des mouvements de protestation, notamment Xishuangbanna (Yunnan) en décembre 78, à l’issue d’une lettre adressée à Deng Xiaoping (qui n’avait pas encore définitivement gagné)

Même période : floraison des œuvres contestataires ébauchées à la campagne Par exemple, Zheng Yi, auteur de Feng, dénonçant l’absurdité du régime On exprime son mal de vivre, sa rancœur, Circulent clandestinement Ainsi très célèbre Jintian (Aujourd’hui), revue d’un petit groupe de zhiqing pendant Printemps de Pékin, collectant les écrits de zhiqing écrits durant la période

Et avant : Wang Xizhe, ancien Garde rouge, zhiqing, puis dissident à Canton, qui écrira le pamphlet «À propos de la démocratie et de la légalité sous le socialisme» qui en 1974 servira de discours fondateur à la dissidence chinoise.

La condamnation en octobre 79 de Wei Jingshen, l’un des porte-parole les plus radicaux du mouvement démocratique, à 15 ans de prison, marque le début d’une répression sévère Et Wang Fuchen, jeune instruit, qui avait déployé une banderole contre Mao

La naissance d'une génération[modifier | modifier le code]

Conclusion : vers la politique d’une génération ?

Le rôle particulier joué par cette génération dans le mouvement pour la démocratie[modifier | modifier le code]

1/3 de ce qui est publié dans les revues littéraires Grande influence dans les sciences sociales Poursuite d’une certaine solidarité

Elles ont vécu dans des conditions épouvantables, contraintes à des travaux durs et dégradants. Quand elles sont rentrées, certaines d'entre elles ont pourtant eu le courage de reprendre des études et sont devenues écrivaines.» Ainsi de Zhang Kangkang (née en 1950) qui va passer huit ans dans le nord de la Mandchourie. Issue d'une famille d'intellectuels communistes, elle essuie désillusions sur désillusions. Après avoir publié un roman et des nouvelles dans la ligne du Parti, elle finit par écrire «L'impitoyable» et «Tempêtes» (in L'impitoyable, Bleu de Chine), deux textes qui retracent l'expérience cauchemardesque des «jeunes instruits» et leur quotidien dans la Chine actuelle. Le premier roman de Dai Sijie, Balzac et la petite tailleuse chinoise, s’inscrit aussi parfaitement bien dans le courant de la littérature des « jeunes instruits »,

Seront très présents dans les « salons », réformateurs, alors que le mouvement pour la démocratie a été brisé

La tentation de l'apolitisme et du repli[modifier | modifier le code]

  • Cynisme

Une certaine littérature « Chine éternelle », apolitique

  • Individualisme, amertume

En 1980, il y avait 5,41 millions de chômeurs enregistrés, dont 70,6 % (soient 3,82 millions) étaient les « jeunes instruits ».

La Révolution culturelle se soldera par une hécatombe qui verra l'anéantissement du monde des lettres et pendant laquelle les écrivains seront persécutés. À sa sortie, dans les années 1970, la littérature renaît ; qualifiée de « littérature des cicatrices », elle en explorera les conséquences en visant à réhabiliter une génération bafouée. Puis en réaction à un modernisme occidentalisé, émerge la « quête des racines » qui veut revaloriser le patrimoine national. Évocation d'une Chine profonde découverte lors des séjours des jeunes instruits parmi les paysans.

Cette littérature a été décrite à ses débuts comme celle de la " quête des racines " : ses premiers représentants, souvent d'anciens " jeunes instruits " (lycéens ou étudiants envoyés en masse s'établir à la campagne pendant la Révolution culturelle), ont vu leur création profondément marquée par la découverte de l'immense corps de la Chine rurale. Se rapprochant souvent du " réalisme magique " sud-américain, ils peignent un monde sensuel et baroque, oscillant à son égard, suivant les cas, entre tendresse et haine. Ayant commencé à écrire pendant les années 1980, des auteurs comme A Cheng, Han Shaogong, Mo Yan ou Jia Pingwa font désormais quasiment figure de vétérans.

  • Chen Jiangong, 1949-, 9 rue de la manivelle, 1981 ; Chercher un divertissement, 1984.
  • Ya Ding, 1956-, Le sorgho rouge, 1987 ; Les héritiers des sept royaumes 1988 ; Le cercle du Petit Ciel, 1992 ; La jeune fille Tong, 1994.
  • A Cheng, 1949-, Les Trois rois, 1984 ; Perdre son chemin ; La prostituée innocente.
  • Mo Yan, 1956-, Le clan du Sorgho, 1986, mis en film par Zhang Yimou sou le titre Le Sorgho rouge.
  • Jia Pingwa, 1952-, Le porteur de jeunes mariées, 1995 ; La montagne sauvage, 1990.
  • Tie Ning est une écrivain chinoise née en 1957 à Pekin en Chine. Son œuvre inclut de petites histoires

En 1975, à l'issue de ses études secondaires, Tie Ning est envoyée à la campagne dans le cadre du mouvement de réhabilitation des Jeunes instruits, vers la fin de la Révolution Culturelle. Elle connaît rapidement un grand succès, grâce à son exploration de la vie intérieure des gens du peuple, thème qu'elle abandonnera au profit de tableaux plus réalistes et partant, plus cruels, de la vie chinoise.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marie-Claire Bergère, La Chine de 1949 à nos jours, Paris, Armand Colin, 2000
  • Jean-Luc Domenach et Philippe Richer, La Chine 1949-1985, Paris, Éditions du Seuil, 1995
  • Simon Leys, Les habits neufs du Président Mao, Paris, Champ libre, 1972
  • Jean-Philippe Béja, À la recherche d’une ombre chinoise : le mouvement pour la démocratie en Chine, Paris, Éditions du Seuil, 2004
  • Michel Bonnin, Génération perdue : le mouvement d’envoi des jeunes instruits à la campagne en Chine, 1968-1980, Paris, Éditions de l’EHESS, 2004

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Système totalitaire

Liens externes[modifier | modifier le code]