Mossi (peuple)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Mossis)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mossi.

Mossis

Description de cette image, également commentée ci-après

Chef traditionnel Mossi (Burkina Faso)

Populations significatives par région
Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso 6 200 000
Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 1 200 000
Drapeau du Ghana Ghana 160 140
Autres
Religions

Islam (65%)[réf. nécessaire]
Christianisme (15%)[réf. nécessaire]
(Catholicisme et Protestantisme)

Religions traditionnelles[1] (20%)[réf. nécessaire]

Les Mossis sont un peuple d'Afrique de l'Ouest, établi principalement au Burkina Faso, ainsi que dans certaines régions limitrophes de pays environnants (Ghana en particulier).

Plus de six millions de personnes se considèrent comme mossi. L'appartenance à cette communauté ethnique est principalement fondée sur l'usage de la langue moré (moore), et la pratique d'un certain nombre de traditions familiales et communautaires, dont les relations de parenté basées sur un système complexe d'alliances matrimoniales[2].

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources et le contexte, on observe de multiples variantes : Moaaga, Moaga, Molé, Mooga, Mooré, Moose, Moosi, Moré, Mose, Moshi, Mosi, Mosse, Mosses, Mossis, Moussei[3].

La dénomination « mossi » a été imposée et utilisée depuis la période coloniale, mais l'ethnonyme exact utilisé par la population est moagha (ou moaaga) au singulier et moose au pluriel.

Langue[modifier | modifier le code]

Leur langue est le moré, une langue voltaïque dont le nombre total de locuteurs a été estimé à plus de cinq millions, principalement au Burkina Faso où le moré a le statut de langue nationale[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

L'histoire des sociétés et des royaumes moose est connue par de nombreuses études sur les traditions orales (Leo Frobenius, Michel Izard, Junzō Kawada). La chronologie des formations sociales et politiques moose est donc le produit de recoupement de récits et de chroniques dynastiques. La mythologie et l'histoire permettent d'avancer une origine ghanéenne des moose de la catégorie guerrière et conquérante des Nakomsé. Elle s'illustre par la légende aujourd'hui populaire de Yennenga, princesse du royaume Dagomba, qui après s'être dirigée vers les contrées situées au Nord, dans la vallée de la Nakambé (Volta blanche), où elle se serait alliée à un chasseur autochtone nommé Rialé. De cette union serait né l'ancêtre de tous les moose de patronyme Ouedraogo, en particulier les Nakomsé, conquérants et fondateurs de royaumes.

Les royaumes (à partir du XVe siècle)[modifier | modifier le code]

Les moose constituèrent en effet, au XVe siècle et plus certainement au XVIe siècle, des royaumes dont les deux principaux étaient ceux du Yatenga, dont la capitale était Ouahigouya, et de Ouagadougou. Ces royaumes dominèrent l'intérieur de la Boucle du Niger et leur histoire se fonde sur les relations qu'ils entretenaient, à diverses périodes, avec l'empire du Ghana, l'empire du Mali, l'empire songhaï, le royaume bambara de Ségou et l'empire peul du Maasina.

Cavaliers mossi (gravure de 1890)

Période coloniale française (1897-1960)[modifier | modifier le code]

La conquête coloniale française du pays mossi a été réalisée par Paul Voulet en 1897[5].

Si les moose sont restés longtemps réfractaires à la religion musulmane, longtemps représentée dans les cours royales et les grandes chefferies par la catégories des commerçants dits Yarcé (terme équivalent pour désigner les commerçants Dyulas du Mali et de la Côte d'Ivoire), ils se sont massivement convertis à l'islam durant la période coloniale française. Durant cette même période coloniale, les Mossi ont fourni une main d'œuvre importante au grands travaux d'aménagement routiers et au développement des plantations au Mali, en Côte d'Ivoire et au Ghana. Si, de nos jours, une forte communauté mossi réside en Côte d'Ivoire, depuis la crise ivoirienne qui a commencé en 2001, beaucoup d'entre eux sont revenus s'installer au Burkina Faso.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

La troupe de danse de Andemtenga en action lors de la cérémonie Nakoobo du Naaba Zomb Wobgo à Andemtenga, province Kouritenga, Burkina Faso
Masque mossi (milieu du XXe siècle)

Les anciens Roi Mossi reposent à Gourcy (à 40 km de Ouahigouya). Aujourd'hui encore, lorsqu'un roi Mossi est couronné, il doit le faire à Gourcy.

Société et politique[modifier | modifier le code]

Le souverain du royaume mossi de Ouagadougou est le Mogho Naba, qui réside toujours dans son palais de Ouagadougou et bénéficie d'une certaine reconnaissance officielle par l'État moderne du Burkina Faso. La cérémonie publique hebdomadaire du moogh-naab-yisgu (dite "faux-départ" du roi de Ouagadougou) témoigne de la valeur patrimoniale de cette royauté dans le contexte burkinabé contemporain. Dans les villages, la structure politique traditionnelle mossi est encore très présente. Dans la vie quotidienne, les chefs traditionnels (les naaba) jouent un rôle important d'administration et de justice au sein de leurs communautés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ou parfois musulmans ou chrétiens avec des emprunts des religions traditionnelles.
  2. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/jafr_0037-9166_1966_num_36_1_1406
  3. Source RAMEAU, BnF [1]
  4. (en) Fiche langue sur le site Ethnologue.com
  5. Paul Voulet et Julien Chanoine, Dans la boucle du Niger au mossi et au gourounsi : la jonction du Soudan au Dahomey, Société de géographie de Lille, 1897, 33 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Benoît, Oiseaux de mil : les Mossi du Bwamu (Haute-Volta), ORSTOM, 1982, 116 p.(ISBN 9782709906265)
  • Doris Bonnet, Le proverbe chez les Mossi du Yatenga, Haute-Volta, Peeters Publishers, 1982, 192 p. (ISBN 9782852971387)
  • Raymond Deniel, De la savane à la ville : essai sur la migration des Mossi vers Abidjan et sa région, Aubier-Montaigne, 1968, 224 p.
  • A. A. Dim Delobsom, L'empire du mogho-naba: coutumes des Mossi de la Haute-Volta, Les éditions Domat-Montchrestien, 1932, 303 p.
  • Pierre Ilboudo, Croyances et pratiques religieuses traditionnelles des Mossi, Franz Steiner, 1990, 156 p. (ISBN 9783515056977)
  • Michel Izard, « Bibliographie générale des Mossi », Etudes voltaïques, nouvelle série, n° 3, 1962, p. 103-111
  • Junzō Kawada, Genèse et dynamique de la royauté : les Mosi méridionaux, Burkina Faso, L'Harmattan, 2002, 396 p. (ISBN 9782747535625)
  • Jean-Paul Lahuec et Jean-Yves Marchal, La mobilité du peuplement bissa et mossi, ORSTOM, 1979, 149 p.
  • Lucien Marc, Le pays Mossi, É. Larose, 1909, 187 p.
  • Robert Pageard, Le droit privé des Mossi : traditions et évolution, CNRS, 1969, 488 p.
  • Yamba Tiendrebéogo et Robert Pageard, Histoire et coutumes royales des Mossi de Ouagadougou, Larhallé Naba, 1964, 208 p.
  • Bernard Zongo, Parlons Mooré, L'Harmattan, 2004, 216 p. (ISBN 2747568024)

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Burkina Faso : Bisa, Gan, Lobi, Mossi (enregistrements réunis et commentés par Charles Duvelle), Universal Division Mercury, Collection Prophet, vol. 9, 1999, 1 CD (47' 13") + 1 brochure (15 p.)
  • Mossi du Burkina Faso : musiques de cour et de village (enregistrements réunis et commentés par Charles Duvelle), Universal Division Mercury, Collection Prophet, vol. 27, 2002, 1 CD (56' 7") + 1 brochure (15 p.)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Mossi, Burkina Faso, film documentaire de Gilbert Loreaux, IRD Audiovisuel, Bondy, 2007, 26’
  • Moro Naba, film documentaire de Jean Rouch, CNRS,1957,26'

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :