Mosquée Lala Mustapha Pacha

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Mosquée Lala Mustapha Pacha
Façade de la mosquée Lala Mustapha Pacha
Façade de la mosquée Lala Mustapha Pacha
Présentation
Nom local Lala Mustafa Paşa Camii
Période ou style gothique classique
Date de construction début du XIVe siècle
Destination initiale cathédrale
Destination actuelle mosquée
Géographie
Pays République turque de Chypre du Nord
district Famagouste
Localité Famagouste
Localisation
Coordonnées 35° 07′ 29″ N 33° 56′ 33″ E / 35.12472, 33.942535° 07′ 29″ Nord 33° 56′ 33″ Est / 35.12472, 33.9425  

La mosquée Lala Mustapha Pacha (turc : Lala Mustafa Paşa Camii) antérieurement connue sous le nom de cathédrale Saint-Nicolas est l'édifice médiéval le plus important de Famagouste en Chypre du Nord. Construite au début du XIVe siècle dans un style gothique classique alors que l'île est sous la domination de la Maison de Lusignan, une famille d'origine française, la cathédrale est transformée en mosquée après la capture de Famagouste par l'Empire ottoman en 1571, fonction qu'elle a encore de nos jours. Elle porte le nom de Lala Mustafa Pacha, le conquérant de l'île.

Description[modifier | modifier le code]

Il apparaît que la principale source d'inspiration des bâtisseurs de la cathédrale est la cathédrale Notre-Dame de Reims (1211-1275) ce qui s'explique par le fait que c'est le lieu de couronnement des rois de France alors que St Nicolas est destinée à accueillir la cérémonie de couronnement des Lusignan en tant que rois de Jérusalem[1]. Certains détails, particulièrement le chevet rappellent aussi la basilique Saint-Urbain de Troyes (1265) qui est un exemple de style gothique plus avancé et gracieux[1]. La façade ouest est typique du gothique français. L'ensemble de l'édifice a un style très uniforme à l'exception de quatre chapelles ajoutées le long des bas-côtés à une époque postérieure[1] et du minaret construit sur l'une des tours après la transformation de l'édifice en mosquée. Toutes les représentations humaines interdites par l'islam ont été détruites[1].

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Histoire[modifier | modifier le code]

Sur la tour nord, le minaret rajouté après la transformation de l'édifice en mosquée

La dynastie française des Lusignan qui règne sur Chypre entre 1190 et 1489 y diffuse l'architecture gothique de style français.

Il semble que la construction de la cathédrale ait débuté vers 1300 à l'instigation d'Isabelle de Lusignan qui fait une donation de cinq besants à cet effet[1]. Une inscription datée de 1311 gravée dans un contrefort à proximité de la porte sud portant la signature de l'évêque Baldwin Lambert indique que les fonds alloués à la construction ont été épuisés et que le chantier a repris sous ses ordres. Selon l'inscription, les chapelles absidiales sont terminées ainsi que deux travées des bas-côtés mais que ni la nef, ni le chœur ne sont couverts[2],[1]. La construction s'achève durant la première moitié du XIVe siècle comme le confirme l'unité du style gothique caractéristique de cette période marquant l'édifice[3]. Saint Nicolas sert au couronnement des Lusignan en tant que rois de Jérusalem, au fil du temps il est touché par plusieurs tremblements de terre[2].

En 1570, les deux tours sont endommagées durant les bombardements des forces ottomanes lors du Siège de Famagouste, la cathédrale devient mosquée en 1571 après la victoire ottomane. En raison de la tradition iconoclaste de l'islam sunnite, les représentations humaines ornant l'édifice sont détruites. Plus tard, la mosquée est surmontée d'un minaret[4]. À partir de cette époque, et jusqu'à la prise de possession de Chypre par les Britanniques en 1878, l'entrée de l'édifice est interdite aux chrétiens[1].

Durant la Seconde Guerre mondiale, les constructions de Famagouste sont touchées par les vibrations causées par l'explosion de grenades anti-sous-marine et par des tirs de lutte antiaérienne mais l'édifice tient bon[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Kenneth M. Setton, Harry W. Hazard, A History of the Crusades, Volume IV: The Art and Architecture of the Crusader States, Univ of Wisconsin Press,‎ 1977, 448 p. (ISBN 0299068242, lire en ligne), p. 172
  2. a et b Adrian J. Boas, Crusader archaeology: the material culture of the Latin East, Routledge,‎ 1999, 267 p. (ISBN 0415173612, lire en ligne), p. 130
  3. Jonathan Riley-Smith, The Oxford History of the Crusades, Oxford University Press,‎ 2002, 457 p. (ISBN 0192803123, lire en ligne), p. 172
  4. Andrew Petersen, Dictionary of Islamic Architecture, Routledge,‎ 1999, 352 p. (ISBN 0415213320, lire en ligne), p. 58