Mosasauridae

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Mosasauridae

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Reconstitution graphique d'un
Mosasaure du genre Mosasaurus

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Sauropsida
Ordre Squamata
Sous-ordre Sauria

Famille

Mosasauridae
Gervais, 1853

Des découvertes récentes sur les queues ont été faites : les dessins de la page sont faux[1]
Mosasaurus hoffmanni

Les Mosasauridae sont une famille éteinte de reptiles marins géants apparentés aux lézards et aux serpents (mais en aucune façon aux dinosaures, aux plésiosaures ou aux ichtyosaures) et regroupant différents genres comme le Mosasaurus. La famille tire son nom de la première espèce décrite, le mosasaure (littéralement « lézard de la Meuse », ainsi nommé du fait de sa découverte en 1780 à proximité de Maastricht, ville traversée par la Meuse).

Le taxon apparaît au crétacé inférieur (-146 à -100 millions d'années) et disparait en même temps que les dinosaures et de nombreuses autres espèces lors de l'extinction Crétacé-Tertiaire, vers -65 millions d'années.

D'une longueur comprise entre 3,5 et 18 mètres, les Mosasauridae pouvaient posséder jusqu'à 150 vertèbres. Comme les baleines et les dauphins actuels, les mosasaures étaient des animaux d'origine terrestre réadaptés à la vie marine.

Les mosasaures ont longtemps été vus comme de proches parents des varanidés actuels, donc comme relevant du sous-groupe des sauria au sein des squamates (ces derniers regroupant lézards, Gecko et serpents). Mais certains auteurs penchent plutôt pour un apparentement avec les serpents, à un stade très ancien, puisque des pattes sont toujours présentes chez les Mosasauridae :

« La question de savoir où les Mosasauridae s'inscrivent chez les Squamates reste un sujet chaudement débattu [...]. L'étroite relation avec les serpents des Mosasauridae reste incertaine, mais la relation de parenté entre varanidés et Mosasauridae a été mal étayée par les plus récentes études »

— Dutchak 2005

Leurs grandes dents en forme de poignards semblent indiquer qu'il s'agissait de prédateurs opportunistes, se nourrissant surtout de gros poissons, de calmars, et même d'autres reptiles marins.

Découverte dans les grottes de Maastricht du crâne de Mosasaure, premier reptile fossile identifié

Historique de la découverte[modifier | modifier le code]

Dès sa découverte, voici plus de deux siècles, ce crâne monstrueux suscita la curiosité et la convoitise. Les ouvriers qui avaient exhumé l'étrange squelette dans les carrières souterraines de la Montagne Saint-Pierre l'avaient confié au docteur Hoffman, un chirurgien local, collectionneur de fossiles. Le chanoine Godding fit valoir qu'il était propriétaire du terrain où la trouvaille avait été effectuée et saisit les tribunaux qui lui donnèrent gain de cause.

Une vingtaine d'années plus tard, les troupes révolutionnaires françaises firent le siège de Maastricht puis occupèrent la ville. Le général chargé des opérations donna à ses artilleurs l'instruction d'éviter soigneusement de bombarder le quartier et la maison du chanoine où le crâne était conservé. L'ecclésiastique tenta en vain de cacher l'énorme tête dans un endroit sûr. La légende parle d'une récompense de 600 flacons de vin… Le fossile fut retrouvé et amené à Paris. Classé patrimoine national, ce crâne de mosasaure est conservé au Muséum national d'histoire naturelle.

Les plus belles et vastes collections de mosasaures sont probablement celles conservées à l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, à Bruxelles.

Le paléontologue amateur Robert Garcet en découvrit encore deux spécimens en 1950 et en 1959 dans les carrières d’Herouille et du Pach-Lowe, à Eben-Emael. Le musée de Visé en Belgique possède un œil de Mosasaure et le musée Teyler à Haarlem aux Pays-Bas en possède une mâchoire.

De nombreux restes de mosasaures ont été trouvés en Europe, mais aussi en Amérique du Sud (Pérou) et du Nord (États-Unis et Canada), en Afrique (Angola et Maroc), ainsi qu'en Australie, Nouvelle-Zélande et Antarctique.

Taxonomie et histoire évolutive[modifier | modifier le code]

Histoire évolutive[modifier | modifier le code]

La mer intérieure nord-américaine, une des mers où se développent les Mosasauridae au début du Crétacé supérieur.

Les Mosasauridae proviennent sans doute des Aigialosauridae, une famille de squamates fossiles du crétacé inférieur. Ces animaux étaient semi-aquatiques, et montrent des spécialisations qui semblent annoncer les Mosasauridae. Cependant, certains auteurs restent réservés sur cet apparentement (qui rapproche les Mosasauridae des Varanidés), et défendent plutôt un apparentement à des squamates primitifs plus proches des serpents[2].

Apparu, il y plus de 100 millions d'années, c'est un peu plus tard que les Mosasauridae connaissent leur développement, tant en taille qu'en nombre d'espèces.

« Pendant l'intervalle Cénomanien-Turonien [environ -94 millions d'années] les squamates marins connaissent une radiation spectaculaire, en particulier sur les marges de la Téthys méditerranéenne, et dans une moindre mesure dans la mer intérieure nord-américaine. [...] Les Mosasauridae présentent une remarquable augmentation de la taille, et se développent à partir du milieu du Turonien [vers -91 millions d'années] en tant que grands prédateurs cosmopolites et hautement diversifiés de la fin du Crétacé[3] ».

Classification[modifier | modifier le code]

Cette classification est susceptible d'être révisée en fonction des recherches en cours.

Mosasaurus hoffmani
Dessins de Williston (1898) montrant les squelettes de trois espèces de mosasaures du Kansas : Clidastes propython, Platecarpus tympaniticus and Tylosaurus proriger

Position taxonomique incertaine

Phylogénie[modifier | modifier le code]

Cladogramme des mosasaures et des taxon apparentés[4]

Mosasauroidea 
 Aigialosauridae 

Aigialosaurus dalmaticus



 Mosasauridae 
 Mosasaurinae

Dallasaurus turneri





Clidastes KU-liodontus



Clidastes YP-liodontus





Clidastes moorevillensis




Clidastes novum sp.




Clidastes propython






Globidens alabamaensis



Globidens dakotensis





Prognathodon overtoni




Plesiotylosaurus crassidens



Prognathodon rapax







Mosasaurus conodon




Mosasaurus missouriensis





Mosasaurus indet.



Mosasaurus maximus





Plotosaurus bensoni



Plotosaurus tuckeri














Haasiasaurus gittelmani



 Halisauromorpha 

Trieste aigialosaur





Halisaurus novum sp.



Halisaurus platyspondylus





Halisaurus sternbergi



Halosaurus cf. sternbergi





 Russellosaurina 




Ectenosaurus clidastoides



Ectenosaurus YPcomposit





Platecarpus planifrons




Angolasaurus bocagei




Platecarpus 600tympaniticus




Platecarpus 8769tympaniticus




Plioplatecarpus AMNH sp.



Plioplatecarpus RMM sp.










Tylosaurus novum sp.




Tylosaurus nepaeolicus



Tylosaurus proriger







Tethysaurus nopcsai




Yaguarasaurus columbianus



Russellosaurus coheni









Liste des genres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.futura-sciences.com/magazines/terre/infos/actu/d/paleontologie-mosasaures-avaient-queue-comme-celle-requins-48895/
  2. Dutchak 2005
  3. « The Cenomanian-Turonian (late Cretaceous) radiation of marine squamates (Reptilia): the role of the Mediterranean Tethys », article publié en novembre 2008 par la Société géologique de France, Paris, pages 605-622, par Nathalie Bardet, Alexandra Houssaye, Jean-Claude Rage et Xabier Pereda Suberbiola.
  4. Bell et Polcyn, « Dallasaurus turneri, a new primitive mosasauroid from the Middle Turonian of Texas and comments on the phylogeny of Mosasauridae (Squamata) », Netherlands Journal of Geosciences — Geologie en Mijnbouw, volume 84, issue 3, 2005, p. 77–194.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) A.R. Dutchak, « A review of the taxonomy and systematics of aigialosaurs », Netherlands Journal of Geosciences — Geologie en Mijnbouw, vol. 84, no 3,‎ 2005 (lire en ligne)