Morton Sobell

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Morton Sobell

Morton Sobell (né le 11 avril 1917) est un ingénieur américain qui a reconnu avoir fait de l’espionnage industriel pour le compte de l'Union soviétique alors qu'il travaillait pour General Electric et Reeves Electronics dans le cadre de contrats gouvernementaux et militaires. Il fut déclaré coupable aux côtés d'Ethel et Julius Rosenberg lors de leur procès en 1951 et fut condamné à une peine de trente ans de prison. Il fut relâché en 1969 après 19 ans passés dans la prison d'Alcatraz.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans la ville de New York, il épousa Helen Levitov (1918-2002) [1]. Après avoir été accusé d'espionnage, il s'enfuit avec sa famille au Mexique le 22 juin 1950. Il essaya ensuite de rejoindre l'Europe mais faute d'avoir en sa possession les papiers appropriés, il ne put s'y rendre. Le 16 août 1950, des hommes armés l'enlevèrent lui et sa famille, les emmenèrent jusqu'à la frontière où ils furent remis au FBI[1]. L'agence américaine mit en état d'arrestation Sobell, l'accusant, ainsi que Julius Rosenberg, de conspiration et d'avoir violé les lois relatives à l'espionnage. Il fut, de même que les Rosenberg, déclaré coupable et condamné à trente années de prison ferme. Il purgea 17 ans et 9 mois de sa peine à Alcatraz et fut relâché en 1969[2].

Sobell a admis avoir espionné pour les soviétiques, impliquant au passage Julius Rosenberg, dans une interview donnée au New York Times publiée le 11 septembre 2008[3].

Combat politique pour la reconnaissance de l'innocence de Sobell[modifier | modifier le code]

La supposée innocence de Sobell devint l'objet d'un combat politique mené par certains intellectuels progressistes qui organisèrent un comité de soutien dénommé Committee to Secure Justice for Morton Sobell[4],[5],[6],[5],[6]. En 1978, la Corporation for Public Broadcasting réalisa une émission spéciale soutenant la thèse de l'innocence de Sobell[7]. Le Monthly Review affirma que le gouvernement n'avait présenté « absolument aucune preuve » de la culpabilité de Soebell mais avait seulement tenté « de donner l'impression qu'un important cercle d'espion était actif »[8]. Bertrand Russell fit campagne pour l'annulation du jugement, déclarant que sa condamnation à de la prison ferme constituait une grave erreur judiciaire touchant un homme innocent[9],[10].

En 2001, Sobell publia un ouvrage nommé On Doing Time où il clamait son innocence et soutenait que sa condamnation était le résultat de pressions politiques[11],[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Helen L. Sobell, 84, Leader Of Effort to Spare Rosenbergs », New York Times,‎ 27 avril 2002 (lire en ligne) — Helen Levitov Sobell, a voice in the struggle to spare Julius and Ethel Rosenberg and free their co-defendant, Morton Sobell, her husband, died on April 15 in Redwood City, Calif. She was 84. She had long been in declining health, suffering from Alzheimer's disease, said her daughter, Sydney Gurewitz Clemens.
  2. (en) « Morton Sobell Free As Spy Term Ends », New York Times,‎ 15 janvier 1969 (lire en ligne) — Morton Sobell, sentenced to 30 years for a wartime espionage conspiracy to deliver vital national secrets to the Soviet Union, was released from prison yesterday after serving 17 years and 9 months.
  3. (en) « For First Time, Figure in Rosenberg Case Admits Spying for Soviets », New York Times,‎ 11 septembre 2008 (lire en ligne) — In an interview on Thursday, Mr. Sobell, who served nearly 19 years in Alcatraz and other federal prisons, admitted for the first time that he had been a Soviet spy.
  4. (en) David J. Langum, William M. Kunstler: The Most Hated Lawyer in America,‎ 1999, p. 383
  5. a et b (en) Sydney E. Zion, « New Questions On Rosenberg Case », New York Times,‎ 28 août 1966
  6. a et b (en) « Did Morton Sobell Get a Bum Deal? », Hartford Courant,‎ 3 juin 1968
  7. (en) John J. O'Conner, « TV: 'Rosenberg-Sobell Revisited' offers new thinking on spy case », New York Times,‎ 19 juin 1978
  8. a et b (en) Lawrence Kaplan, « Refusing to Cooperate », Monthly Review
  9. (en) Bertrand Russell, Kenneth Blackwell et Harry Ruja, A Bibliography of Bertrand Russell,‎ 1994, p. 504
  10. (en) Barry Feinberg, Bertrand Russell et Ronald Kasrils, Bertrand Russell's America,‎ 1974, p. 199
  11. (en) Morton Sobell, On doing Time,‎ 2001

Source originale[modifier | modifier le code]