Mortagne-du-Nord

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Mortagne-du-Nord
Mairie
Mairie
Blason de Mortagne-du-Nord
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Nord
Arrondissement Valenciennes
Canton Saint-Amand-les-Eaux-Rive droite
Intercommunalité Communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut
Maire
Mandat
Michel Quiévy
2014-2020
Code postal 59158
Code commune 59418
Démographie
Gentilé Mortagnais, Mortagnaises[1]
Population
municipale
1 612 hab. (2011)
Densité 739 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 30′ 18″ N 3° 27′ 19″ E / 50.505, 3.45527777778 ()50° 30′ 18″ Nord 3° 27′ 19″ Est / 50.505, 3.45527777778 ()  
Altitude Min. 14 m – Max. 65 m
Superficie 2,18 km2
Localisation

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Mortagne-du-Nord est une commune française, située dans le département du Nord (59) en région Nord-Pas-de-Calais.

Géographie[modifier | modifier le code]

confluence Scarpe-Escaut

Située à la confluence de la Scarpe et de l'Escaut, son nom vient de Mauritanius [Fundus], légionnaire romain du Bas Empire et originaire d'Afrique du Nord.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Mortagne-du-Nord
Flines-lès-Mortagne
Maulde Mortagne-du-Nord
Thun-Saint-Amand Château-l'Abbaye

Histoire[modifier | modifier le code]

Mortagne était au Xe siècle une place forte importante de l'Ostrevent. Située au confluent de la Scarpe et de l'Escaut, elle ouvrait la porte du Tournaisis. Roger II de Laon en est investi avec ses frères, mais en 931 Arnoul Ier de Flandre réussit à les déloger de cette place[2]. Le comte de Flandre y installa alors un châtelain.

Peu après 1071, Évrard dit Radou, neveu de l'évêque de Noyon Rabod réussit à expulser Hugues, châtelain de Mortagne[3].

Philippe d'Alsace obtint en 1186 que le châtelain Évrard III relevât de lui son château de Mortagne, alors que cette place était située en Hainaut (mais c'était un alleu)[4].

Le châtelain Baudouin, fils d'Évrard III, fit hommage à Philippe Auguste pour le château de Mortagne, mais après la mort de Philippe d'Alsace, le traité de Vernon (1195) consacra la renonciation du roi à cette place (confirmée en 1200 à Péronne). Dans la suite, le châtelain de Mortagne demeura l'un des plus fidèles vassaux des comtes de Flandre-Hainaut[5]. Évrard Radou III aida ainsi Ferrand de Portugal à prendre Tournai.

Lors du « transport de Flandre » (1312), Mortagne passa à la couronne de France[6].

Philippe le Bel prononça en effet l'annexion de Mortagne en 1314, après la mort de la châtelaine Marie, que déjà, en 1297, il avait obligée de relever de lui les droits qu'elles tenait auparavant du comte. Robert de Béthune protesta énergiquement et non sans raison contre ce nouvel abus de force[7].

Lors des combats de 1918, l’usine métallurgique est détruite.
Les incendies et envols de poussières polluent le sol et les environs, c'est une des séquelles de guerre que la commune, située en zone rouge aura à traiter.

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune a abrité durant près d'un siècle une zinguerie. Celle-ci a été créée en 1901 en raison de la proximité de la Scarpe canalisée et de la ressource en charbon, mais a néanmoins fait faillite en 1903.
Elle est ensuite reprise et agrandie par la Compagnie métallurgique franco-belge de Mortagne (sous contrôle de l'armée allemande durant de la Première Guerre mondiale) (de 1905 à 1919). Le zinc est utilisé pour la fabrication de munitions (alliage cuivre-zinc ou laiton). Elle est finalement pilonnée et brûle à la fin de la Première Guerre mondiale.

Après la guerre, en 1919, une société belge Compagnie royale asturienne des Mines (CRAM) investit dans la région et rachète le site. Elle décide d'en restaurer et moderniser les installations. Dès 1920, la zinguerie est reconstruite, avec une unité de désulfuration construite à Thun.
Une autre partie (dite « usine à plomb ») entame sa production à partir de 1924 et jusqu'à 1930.
L’usine de zinc, moins compétitive que celles d'Auby (même propriétaire) ou de Courcelles-les-lens (devenu Métaleurop-Nord), fermera en 1963 et l’usine chimique 5 ans plus tard (en 1968).

En 1987, la friche industrielle fait l'objet d'un traitement paysager et d'une requalification sommaire : les parties bâties à l'abandon (hormis les bureaux) sont rasés et les zones nues, gravement polluées, sont recouvertes de terre agricole enrichie en calcaire (car les métaux circulent mieux dans les sols acides et moins dans les sols "basiques"). Le sol est ensuite végétalisé. Une boulaie (bois de bouleaux) s’est ensuite installée spontanément sur le site.

À proximité de l’ancien terril de scories métallurgiques et de cendres de l'usine (de l’autre côté de la Scarpe) persiste une pelouse métallicole où presque toutes les plantes sont mortes à cause des teneurs très élevées du sol en zinc, plomb et cadmium (le cadmium est un déchet de fabrication du zinc). Seules quelques espèces (ou sous-espèce) dites "métallophytes" ou métallotolérantes ont survécu. Ce sont essentiellement ;

Paradoxalement, il est apparu intéressant de protéger cette pelouse, car outre que ces plantes sont rares dans cette région, la pelouse épaisse qu'elles ont constituée contribue à efficacement fixer l'essentiel des polluants dans le sol en empêchant les envols et leur lessivage (la pelouse a néanmoins brûlé une année sèche, et des animaux qui se nourrissent sur le site peuvent être intoxiqués et contribuer à diffuser des métaux aux environs (phénomène dit de bioturbation). Ainsi le site bien que parmi les plus pollués de France, est-il classé ZNIEFF pour son intérêt floristique.

En 1989, un collège (le collège Fernig) a été construit sur l’ancien crassier. Des analyses faites dans les environs montrent que les métaux lourds n'ont pas contaminé le collège, mais que par contre certains jardins sont assez pollués pour qu'il soit fortement recommandé de ne rien y cultiver de comestible[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

  • En 1893, la commune de Mortagne devient Mortagne-du-Nord
  • Le Beffroi du Travail:
Article détaillé : Beffroi du Travail.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de la ville de Mortagne-du-Nord (59) Nord-France.svg

Les armes de Mortagne-du-Nord se blasonnent ainsi : "D'or à la croix de gueules."

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Michel Quiévy non inscrit  
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 612 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
1 888 1 290 1 303 1 318 1 220 1 185 1 198 1 152 1 064
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 104 1 112 1 208 1 181 1 273 1 246 1 173 1 225 1 216
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 364 1 576 1 179 1 564 1 635 1 527 1 313 1 516 1 768
1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011
1 664 1 573 1 589 1 594 1 580 1 633 1 663 1 623 1 612
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Mortagne-du-Nord en 2007 en pourcentage[11].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,1 
90 ans ou +
0,9 
3,9 
75 à 89 ans
9,1 
10,1 
60 à 74 ans
11,5 
17,0 
45 à 59 ans
18,9 
23,6 
30 à 44 ans
19,2 
22,3 
15 à 29 ans
18,8 
23,0 
0 à 14 ans
21,7 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage[12].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 

Santé[modifier | modifier le code]

Suite à la suspicion puis aux preuves de contamination (Contamination mesurée de 50 à 2300 ppm de plomb, 60 à 10 800 ppm de zinc et 8 à 80 ppm de cadmium), plusieurs études ont été faites sur la pollution et les risques pour la santé sur le site et autour de celui-ci[13],[14],[15],[16],[17],[18],[19].

La dernière étude faite sur la pollution des sols et basée sur une analyse rétrospective des rejets a conclu[20] que «  que les rejets atmosphériques (poussières déposées sur les sols dont le réenvol est possible), les rejets solides (scories) enfouis dans le sol, et les rejets liquides (provoquant la contamination des sédiments de la Scarpe) sont susceptibles de contribuer à l’exposition de la population par contact direct, ou par consommation de produits végétaux ou animaux qui ont déjà montré des signes de contamination : bovins empoisonnés et cas de saturnisme chez des canards[21] »

L'étude a également conclu que certains enfants habitant la zone centrale de contamination pourraient avoir une plombémie dépassant 100 μg/L (probabilité de dépasser 100 μg/L varie entre 0,8 % et 6,3 % selon la biodisponibilité présumée du plomb). Ce risque selon l'étude ne justifie pas un dépistage systématique de la plombémie « dont l’efficacité serait très limitée » mais « justifie d’informer et de sensibiliser les médecins généralistes et les pédiatres du secteur sur ces facteurs spécifiques du risque saturnin, afin qu’ils évaluent pour chaque enfant de 0 à 6 ans et les femmes enceintes de leur clientèle la pertinence de prescrire un dépistage individuel. Cette recommandation rejoint le "Guide pratique de l’intoxication au plomb chez l’enfant et la femme enceinte" qui conseille de rechercher les facteurs de risque à l’occasion des visites médicales». « La population doit également être informée du risque potentiel[22] d’intoxication au plomb des enfants et des femmes enceintes. En particulier, elle devrait être informée du risque de contamination importante des jardins comme cela a pu être mis en évidence pour certains jardins »

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charte ou Pais de Mortagne, précieux monument de la langue du XIIe siècle, dans le ms. 249 de la bibliothéque de Valenciennes[26].
  • Gallo-Flandria de Sanderus, à la Bibliothèque royale de Bruxelles

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.habitants.fr/habitants_mortagne-du-nord_59418.html
  2. Léon Vanderkindere, La Formation territoriale des principautés belges au Moyen Âge, vol. I, Bruxelles, H. Lamertin,‎ 1902 (réimpr. 1981) (lire en ligne), p. 57-58
  3. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 127-128.
  4. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 180.
  5. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 182.
  6. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 244-245.
  7. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 260.
  8. INVS ; C. Heyman, S. Haeghebaert, C. Farvacques, N. Kalache Pertinence d’un dépistage du saturnisme et de mesures de l’imprégnation de la population en cadmium sur le secteur de Mortagne-du-Nord Rapport final
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  11. « Évolution et structure de la population à Mortagne-du-Nord en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 30 juillet 2010)
  12. « Résultats du recensement de la population du Nord en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 30 juillet 2010)
  13. Cambier P. Synthèse de travaux portant sur la pollution environnementale autour de la friche industrielle de Mortagne-du-Nord. INRA ; 2001.
  14. Mereau M. Traitement de la friche industrielle de la Compagnie Royale Asturienne des Mines, Étude exploratoire. CETE ; 1987 Dec.
  15. Thiry M, Huet-Taillandier S, Maturel B, Raulo A, Forette N, Van Oort F. Diagnostic de la pollution de la friche industrielle de Mortagne-du-Nord; I. Travaux de reconnaissance et résultats préliminaires. 1997 Jul
  16. Thiry M, Huet-Taillandier S., Schmitt JM. La friche industrielle de Mortagne-du-nord (59) - I -prospection du site, composition des scories, hydrochimie, hydrologie et estimation des flux. Bull Soc géol France 2002;(4):369-81.
  17. BRGM ; Étude du site de l’ancienne usine de la CRAM à Mortagne-du-Nord. 1984
  18. Douay F, Roussel H, Fourrier H. Investigation aux alentours de la friche industrielle de Mortagne-du-Nord. 2006.
  19. Caulier P, Guilbault L. Friches et terrains environnants l’ancienne usine de la Compagnie Royale Asturienne des Mines à Mortagne-du-Nord, Flines-les-Mortagne, Château-l’Abbaye, Thun-Saint-Amand, Maulde; Recherche des éléments plomb, zinc, cadmium dans le sol. BRGM ; 1982 Dec.
  20. (page 10 du rapport)
  21. [Cambier P. Mise au point de méthodes d’évaluation des risques liés à la contamination de terrains par des éléments toxiques. Inra ; 1998], cité par l'étude INVS, page 10
  22. Il est ici rappelé qu’un risque ne peut être potentiel : ou il existe, ou il n’existe pas
  23. Techener, Bulletin du Bibliophile et du Bibliothécaire - Libraireie Giraud-Badin - 1836-1837 - IIe série- Pge 152 - Archive de l'université d'Harvard
  24. Statistisque Archéologique du Département du Nord - page 427 - 1867 - seconde partie - Libraire Quarré à Lille et Libraire Leleu à Lille - archive de Harvard College Library - numérisé par Google Books en accès libre et complet
  25. Statistisque Archéologique du Département du Nord - 1867 - seconde partie - Libraire Quarré à lille et Libraire Leleu à Lille - archive de Harvard College Library - numérisé par Google Books en accès libre et complet
  26. Bulletin de la commission historique du département du Nord - Tome VIII - page 60 - Imprimerie de L. Danel à Lille - archive de Harvard College Library - numérisé par Google Books en accès libre et complet