Morsure d'araignée

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Morsure d'araignée
Classification et ressources externes
Black Wishbone.jpg
Chélicère d'Aname atra
CIM-10 T14.1, T63.3
W57 (non-venimeuse)
X21 (venimeuse)
CIM-9 989.5, E905.1, E906.4
DiseasesDB 12299
MedlinePlus 002858
eMedicine article/772484 
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

Une morsure d'araignée (ou communément piqûre d'araignée) est une blessure causée par la morsure des araignées ou autres espèces d'arachnides. Très peu d'espèces d'araignées mordent l'homme, et leur venin est rarement dangereux. Ainsi, environ 98 % des morsures infligées par ces espèces sont inoffensives[1].

L'Aranéisme ou arachnidisme est l'état médical induit par une morsure d'araignée, souvent difficile à diagnostiquer quand l'animal n'a pas été vu en train de mordre[2]. On parle de Latrodectisme pour décrire le syndrome induit par la piqure d'araignées du genre Latrodectus[3],[4].

Les araignées considérées comme dangereuses possèdent un venin potentiellement toxique pour les humains, dont plusieurs quantités peuvent être transmises en seulement une morsure. Le venin est destiné à paralyser et tuer de petites proies, mais aussi à prédigérer (Lyse des cellules, par des enzymes digestives) les organes internes de la proie, d'où l'apparition de phénomène nécrotiques lors de certaines morsures[5].

Il n'y a aucune preuve scientifique pour appuyer le fait qu'une araignée puisse transmettre des maladies infectieuses[6].

Espèces susceptibles de mordre[modifier | modifier le code]

Les araignées sont des prédateurs actifs et dépendent fortement de leurs morsures pour paralyser et tuer leur proie avant de les consommer.

Elles mordent également pour se défendre contre une menace (la morsure est un mécanisme de défense naturel). Bien que certaines araignées ne mordent pas les animaux plus grands qu'elles, préférant fuir ou simuler la mort, certaines partageraient plutôt un comportement agressif et feront de même si aucune menace réelle n'existe théoriquement.

Seule une petite minorité d'espèces d'araignée possède une chélicère assez forte pour pénétrer la peau humaine[7].

La plupart des araignées européennes ne peuvent pas percer l'épiderme humain et elles adoptent en général un comportement de fuite face à l'être humain. En Europe, très peu d'espèces peuvent donc mordre l'homme, et aucune de celles présentes dans les habitations. Parmi les espèces venimeuses européennes se trouve la malmignatte, visible notamment dans le sud de la France et en Corse, avec un syndrome essentiellement neurologique (le latrodectisme induit par la morsure des veuves du genre Latrodectus, et le loxoscelisme (symptomatologie cutanéo-viscérale).

D'autres espèces se rencontrent rarement, du fait de leur habitat, qui est peu parcouru par l'homme, comme la chiracanthe d'automne, la dolomède des marais, la ségestrie florentine, Amaurobius ferox, d'argiope frelon,et l'argyronète, une araignée aquatique[8].

En plus d'espèces déjà citées, des morsures d'Amaurobius similis, de Dysdera crocata, de Nuctenea umbratica, de Steatoda grossa, de Scotophaeus blackwalli, d'épeire diadème, de Drassodes lapidosus, de Clubiona corticalis, de Trochosa ruricola, de Leptorhoptrum robustum et de Steatoda nobilis ont été répertoriées au Royaume-Uni. Ces onze espèces forment une très petite minorité parmi les 700 espèces environ qui vivent dans le pays.

Des morsures d'espèces exotiques, apportées involontairement par le transport de marchandises, ont aussi été signalées : Cheiracanthium, le babouk, la veuve noire et Steatoda paykulliana[9].

Lycosa tarantula, qui peut se rencontrer dans les pays méditerranéens, peut mordre l'homme, mais son venin n'est pas mortel[10]. Les mygales sont elles aussi capables de mordre, mais une seule a un venin mortel, Atrax robustus, qui vit en Australie. Les mygales mordent rarement, et leur venin n'est généralement pas dangereux. Pour se défendre, elles utilisent plutôt les poils de leur abdomen qu'elles projettent en se frottant avec leurs pattes arrières vers l'agresseur[11].

Hors d'Europe[modifier | modifier le code]

Chez les mygalomorphes, des espèces australiennes causent un atraxisme (symptomatologie neurologique) grave, souvent mortel ;les mygales d'amerique centrale ont un venin bien moins puissant en general que celui des especes afriquaines ou asiatiques

Signes et symptômes[modifier | modifier le code]

Un Brésilien 31 heures après avoir été piqué à la face par une araignée du genre Loxosceles.
Cicatrice d'une morsure d'araignée recluse (après 4 mois)

Douleurs de morsures d'araignée non vénéneuses dure en moyenne 5 à 60 minutes, tandis que la douleur d'une morsure d'araignée vénéneuse dure plus de 24 heures[12]. Le Taux de infeection bactériologique due à une morsure d'araignée est bas (0.9%)[12].

Conséquences d'une morsure de Loxosceles laeta, espèce présente en Amérique du Sud.

En Europe, les morsures d'araignées sont très rares. Seulement quelques dizaines voire quelques centaines de cas sont ainsi recensés chaque année au Royaume-Uni. En général, ce qui est considéré comme une morsure d'araignée est en fait une piqûre d'insecte ou de plante. Les araignées mordent très rarement plusieurs fois de suite et une succession de boutons doit plutôt faire penser à des piqûres d'insectes comme la punaise de lit[13].

La douleur ressentie lors d'une morsure d'araignée est généralement semblable à celle d'une piqûre de guêpe. L'effet du venin varie selon l'espèce. Ainsi, pour les espèces les moins dangereuses, les symptômes se limitent à des enflures, une inflammation ou des démangeaisons[14].

La veuve noire, présente en Amérique, est une des araignées les plus dangereuses. Son venin attaque le système nerveux. Certaines personnes mordues peuvent toutefois ne ressentir aucun symptôme, alors que d'autres peuvent avoir des crampes, des nausées, une hypertension artérielle, etc. La morsure peut entraîner la mort chez les enfants et les personnes âgées[15]. La Steatoda nobilis et d'autres espèces de steatodas, qui ressemblent visuellement à la veuve noire, ont un venin assez puissant, qui peut occasionner une douleur intense, de la fièvre et un état faible[16].

La morsure de la recluse brune, qui vit dans le sud des États-Unis, est souvent indolore, mais elle entraîne rapidement des démangeaisons et la formation d'un cercle blanc bleuté autour de la plaie. Certains sujets guérissent spontanément au bout de deux ou trois jours, tandis que chez d'autres, le venin détruit les globules rouges et entraîne une nécrose de la peau et des tissus, avec la formation d'une croûte, des nausées, de la fièvre, des maux de tête, etc[17].

Une nécrose, faisant penser à une envenimation nécrosante, ou loxoscelisme, due à une morsure de recluse brune ou autre araignée de ce genre, peut en Europe avoir d'autres causes statistiquement plus probables.

Soins[modifier | modifier le code]

Selon Pline et la médecine de l'antiquité, pour soigner une morsure d'araignée, il fallait y appliquer une décoction d'araignée[18]. Le sang et tous les extraits tissulaires non-chauffés de la plupart des araignées sont eux-mêmes toxiques, voire très toxiques (effets hémolytiques voire protéolytiques, mais d'une toxicité qui diffère de celle du venin. Chez certaines espèces le sang semble contenir des molécules pouvant atténuer les effets du venin (parfois plus encore quand on l'a chauffé). De nombreux auteurs ont étudié les capacité des araignées à résister à leur propre venin ou à celui d'autres espèces (via des anticorps spécifiques par exemple)[18], ou la possibilité de produire des antidotes.

En Corse, les paysans enfermaient autrefois les personnes piquées par une araignée Latrodecte dans un four à pain encore chaud, pratique qui pourrait aussi selon certains auteurs revêtir un aspect symbolique, en lien avec le symbolisme de l'araignée[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Spider bite » (voir la liste des auteurs)

  1. (en) « Premier soin des morsures d'araignées », sur firstaidkits.org (consulté le 23 août 2007)
  2. De Haro L (2010) Aranéismes en dermatologie: de nombreuses difficultés diagnostiques. In Annales de dermatologie et de vénéréologie (Vol. 137, Décembre 2010, no 12, p. 765-767). Elsevier Masson.
  3. El Jouadi H (2012) Les infections aux arthropodes chez l’enfant: épidémiologoe-traitement (Thèse de doctorat).
  4. Raveloson N, Ramialiharisoa A & Fidison A. (2004). A propos de latrodectisme a Madagascar. Médecine d'Afrique noire, 51(3), 164-166.
  5. Abboud, A., Essahbi, I., Kidar, A., Kourda, M., Bedoui, S., Tlijani, S., ... & Denguezli, M. (2012, December). Nécrose cutanée secondaire à des piqûres d’araignée: étude sur 22 cas. In Annales de Dermatologie et de Vénéréologie (Vol. 139, No. 12, pp. B237-B238). Elsevier Masson
  6. « Bug Life - Spider Bites » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-09-29
  7. Les araignées mordent-elles l'Homme ? La Hulotte
  8. Les araignées mordent-elles l'Homme ? La Hulotte
  9. Natural History Museum - UK Spider Bites
  10. La tarentule - Bestioles.ca
  11. Morsures d'araignées - Canoë.ca
  12. a et b « Global Family Doctor - Wonca Online | Item search »
  13. Natural History Museum - UK Spider Bites
  14. Morsures d'araignées - Canoë.ca
  15. Morsures d'araignées - Canoë.ca
  16. Natural History Museum - UK Spider Bites
  17. Morsures d'araignées - Canoë.ca
  18. a et b Vellard J (1954) Immunité des Araignées a leur Propre Venin. Travaux de l'IFEA (Institut français d'études andines) 4, 1954, Lima, 187-196 ; PDF, 11 pages
  19. Caisson M (1976) Le four et l'araignée: Essai sur l'enfournement thérapeutique en Corse. Ethnologie française, 365-380.(résumé et extrait)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]


Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kaouadji, K., Kaker, N., & Vallet, B. (2004). Morsures, griffures et envenimations: conduite à tenir en urgence. EMC-Médecine, 1(4), 337-351 (résumé).
  • Lemay T (2000) Les araignées venimeuses : prévention et traitement des morsures (Doctoral dissertation).
  • Petite J (2007) Espoirs dans le traitement des morsures de serpents et autres animaux venimeux. Revue Medicale Suisse, 138, 2919.
  • Pommier P, Rollard C & de Haro L (2005) Morsures d’araignées: les aranéismes d’importance médicale. La Presse Médicale, 34(1), 49-56.