Mori Ōgai

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Ōgai Mori
森 鷗外

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Ōgai Mori le 22 octobre 1911 (49 ans)

Naissance 17 février 1862
Flag of Japan.svg Tsuwano, Japon
Décès 8 juillet 1922 (à 60 ans)
Nationalité Japonais
Profession
Médecin, traducteur, romancier et poète
Buste d'Ōgai Mori à son ancien domicile.

Mori Ōgai (森 鴎外, Mori Ōgai?) est le pseudonyme de Rintarō Mori (1862-1922), célèbre écrivain japonais de l'ère Meiji. Ses œuvres sont nombreuses, autant pour ses romans que pour ses traductions d'œuvres occidentales, ses œuvres historiques, sa poésie, et ses pièces de théâtre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mori Ōgai est né à Tsuwano, dans la préfecture de Shimane au Japon en 1862 à la fin du shogunat des Tokugawa. Fils de médecin, il étudie très tôt les classiques chinois et le néerlandais. Plus tard, après la restauration de Meiji, il part apprendre l'allemand à Tōkyō avant d'entrer dans le département de médecine de la daiichidaigaku (maintenant Université de Tokyo) en 1873, suivant les traces de son père. Il en profite pour compléter son éducation par la lecture des œuvres japonaises et chinoises.

En 1884, il part pour l'Allemagne en tant que boursier du ministère des Armées. Là, il travaille pendant quatre ans dans les laboratoires réputés à Berlin où il poursuit ses recherches sur la prophylaxie. En même temps, il découvre la société occidentale et ses œuvres : Sophocle, Halévy, Dante, Hartmann, mais aussi la peinture et le théâtre.

En 1888, il retourne au Japon et, impressionné par son expérience, décide d'établir les bases d'une science japonaise moderne. Aussi, il crée des revues de médecine et se lance dans un débat houleux avec l'État pour son inertie politique. D'un autre côté, désireux d'introduire la littérature occidentale au Japon, il traduit et publie des auteurs tels que Calderón, Lessing, Daudet ou Hoffmann. Son activité ne s'arrête pas là puisqu'il publie Shōsetsuron (Du roman) en 1889, roman destiné à présenter les théories naturalistes de Émile Zola. Avec des amis, il publie des recueils de « poèmes traduits » (yakushi), Omokage, 1889 (Réminiscences).

Un an plus tard, il publie sous le pseudonyme Ōgai son premier roman en langue classique : Maihime (la Danseuse) où le héros décrit sa découverte de Berlin.

Pendant la guerre sino-japonaise (1904-1905) et la guerre russo-japonaise, Ōgai Mori subit les conséquences d'une politique de censure. Toutefois, il ne reste pas inactif car il en profite pour parfaire son style qui devient plus moderne, mais aussi étudie les œuvres de Clausewitz et Machiavel. En même temps, il traduit l' Improvisateur d'Andersen (Sokkyō shijin, 1892-1901) qui connaitra au Japon un grand succès. D'un autre côté, il s'interroge quant au développement de son pays, au malaise social naissant dû à la vague d'industrialisation accélérée et à la place de l'individu au sein de la société.

En 1890, il publie un nouveau journal littéraire qui s'oppose à ses idées anciennes sur le Naturalisme (au sens japonais du terme): Subaru (les Pléiades) puis publie en langage moderne jusqu'à 1912 de nombreux récits : Hannichi (Demi-journée), Vita sexualis, Seinen (le Jeune Homme), Fushinchū (En travaux), Hanako, Gan (l'Oie sauvage). Il écrit aussi des pièces de théâtre et traduit Strindberg, Schnitzler, mais surtout Henrik Ibsen.

Ōgai Mori en uniforme militaire.

Toutefois, une fois de plus, Ōgai Mori est menacé par la politique de censure car le gouvernement voit dans les idées occidentales la cause des problèmes du Japon. Les organisations socialistes naissantes sont réprimées. Ōgai Mori défendra alors la liberté de pensée, notamment en publiant Chinmoku no tō (la Tour du silence, 1910).

À partir de 1910, les écrits de Ōgai Mori deviennent philosophiques ou historiques : Mōsō, 1910 (Chimères), Ka no yō ni (Comme si, 1911), Okitsu Yagoemon no isho (le Testament d'Okitsu Yagoemon, 1912), Kanzan Jittoku (Hanshan et Shede, 1916). À la même époque, il continue son œuvre de traduction avec Faust, Macbeth, mais aussi Rilke et Dehmel.

Enfin, il termine par une série historique : Shibue Chūsai, Isawa Ranken, Hōjō Katei où il met en relief l'éthique de la population intellectuelle pendant la période Edo.

Les traductions[modifier | modifier le code]

  • Vita Sexualis ou l'Apprentissage amoureux du professeur Kanai Shizuka, (ヰタ・セクスアリス, 1909)
  • Le Jeune Homme (青年, 1910)
  • L'Oie sauvage (雁, 1911), POF
  • Le Testament d'Okitsu Yagoemon (興津弥五右衛門の遺書, 1912) dans Anthologie de nouvelles japonaises, tome I
  • L'Intendant Sanshô (山椒大夫, 1913 et 1915), Picquier
  • L'Incident de Sakai (堺事件, 1914), dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines tome I.
  • Le Takasebune (高瀬舟, 1916), dans Japon et Extrême-Orient n°11-12
  • Chao (混沌, 1909, 1914 et 1916), dans Cent ans de pensée au Japon tome I, Picquier

Références à Ōgai Mori[modifier | modifier le code]

Mori Ogaï est le personnage principal du 3e volume de la saga Au temps de Botchan, manga de Jiro Taniguchi sur un scénario de Natsuo Sekikawa (Édition du Seuil). Ce manga retrace la naissance d'un nouveau Japon sur les cendres de l'ère Meiji au travers de la vie des intellectuels de cette époque : Natsume Soseki (vol 1 & 5), Takuboku Ishikawa (vol 2), Mori Ogaï (vol 3) et Shusui Kotoku (vol 4) entre autres