Morganella morganii

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
TABLEAU
Morganella morganii

Retrouvé dans le tractus digestif de divers animaux, Morganella morganii se présente sous la forme de bacilles flagellés ou non, de 0,6 à 1 μm de diamètre, sur 1 à 3 μm de longueur. Elle appartient à la famille des entérobactéries, et possède les caractéristiques suivantes : Gram négative, non exigeante, oxydase négative, nitrate réductase positive, aéro-anaérobie facultative, et fermentant le glucose.

Historique[modifier | modifier le code]

Isolé pour la première fois par Morgan en 1906, son nom est alors « Bacillus morganii ». Par la suite d’autres études décriront cette bactérie et lui octroieront des noms différents. Comme par exemple désignée par Ewing en 1962 sous le nom de Proteus morganii. Cette bactérie a été renommée en 1978 Morganella morganii suite aux travaux de Brenner et al.. Ces derniers ont montré qu’avec un pourcentage GC de 50 %, cette espèce microbienne ne pouvait être rattachée au genre Proteus pour lequel cette valeur était comprise entre 38 et 41 %. Ils ont donc proposé la création d’un nouveau genre bactérien: Morganella[1].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Une étude réalisée par Jensen et al. en 1992 sur 62 souches de Morganella morganii, a montré que ces dernières pouvaient être divisées en différents groupes, selon des caractères phénotypiques et génomiques. En effet, ces expériences ont permis de différencier deux groupes selon la fermentation du tréhalose :

2 sous-espèces :

  • morganii (tréhalose négatif)
  • sibonii (tréhalose positif)

Des tests génétiques d’hybridation ADN-ADN ont été effectués sur ces mêmes 62 souches de Morganella morganii et ont révélé l’existence de 3 groupes génomiques :

3 génogroupes :

  • sous-espèce morganii : génogroupe 1,
  • sous-espèce sibonii : génogroupe 2 et génogroupe 3

De plus, en se fondant sur la présence des activités lysine décarboxylase(LDC) et d'une ornithine décarboxylase(ODC), ces trois génogroupes sont eux mêmes subdivisés en plusieurs biogroupes :

7 biogroupes :

  • génogroupe 1 : biogroupes A,B,C,D
  • génogroupe 2 : biogroupes E,F,G1(G1 représentant une partie des souches du biogroupe G se distinguant des souches G2 sur la base de caractères biochimiques)
  • génogroupe 3 : Biogroupe G2 (le reste des souches du biogroupe G)[2][réf. insuffisante]

Habitat[modifier | modifier le code]

Cette bactérie est commensale du tractus digestif de divers animaux. En effet, Morganella morganii a été isolée de l’intestin des mammifères (notamment de l’homme et du chien), des oiseaux et des reptiles.

Elle est aussi également très répandue dans divers autres environnements, tels que : les sols et les eaux d’égout, où elle contribue à la dégradation de la matière organique grâce à son activité protéolytique[1].

Pouvoir pathogène[modifier | modifier le code]

Morganella morganii, et plus particulièrement les souches du biogroupe A, représentant environ 80 % des souches isolées en clinique, sont responsables d’infections opportunistes retrouvées essentiellement chez des sujets immunodéprimés :

  • infections urinaires ;
  • infections extra intestinales c’est-à-dire infections des plaies, des abcès, etc.
  • infections materno-fœtales ;
  • intoxication alimentaire à l’histamine (molécule produite par la bactérie)[3][réf. insuffisante].

Sensibilité aux antibiotiques[modifier | modifier le code]

Elle est résistante aux Béta lactamines comme la pénicilline et l’ampicilline et elle est sensible aux aminosides et aux chloramphénicols[3].

M. morganii est aussi sensible à de nombreux agents antimicrobiens actuellement utilisés, y compris la ceftazidime, céfépime, l'aztréonam, imipénème, tazobactam, la ciprofloxacine, la tobramycine, et gentamicine. Les nouvelles souches sont souvent résistantes aux céphalosporines, y compris cefprozil, le céfuroxime, loracarbef, cefdinir, et cefetam et peuvent aussi être résistantes à la céfazoline, céfixime, cefpodoxime[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques

  • « Classification, Identification, and Clinical significanceof Ptoteus,Providencia and Morganella », volume 13 no 4, O’Hara.2000
  • « Manuel de bactèriologie clinique », volume 2, 2e édition, collection option bio, par Bernard W.Jansen et C.Bollet Paris 1994, 1053-1128
  • « The identity of bacterium columbensis castellani » de MacDonald Fulton

Livres

  • « Activité technologique en microbiologie et bactériologie systématique » de H.Brossard, G.Leyral et O.Terry

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c O’Hara 2000 Classification, Identification, and Clinical Significance of Proteus, providencia, and Morganella
  2. Jensen et al. 1992
  3. a et b (en) Martin Dworkin et Stanley Falkow « The Prokaryotes: Proteobacteria: gamma subclass »