Morales sur Job

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Commentaire du Livre de Job de Grégoire de Tours

Les Morales sur Job sont un commentaire du Livre de Job de Grégoire Ier dit le Grand ou le Dialogue (532604), qui devint pape en 590.

Origines[modifier | modifier le code]

Le pape Benoît Ier avait ordonné Grégoire et sept autres religieux comme diacres de Rome (regionarii) et l'avait envoyé comme apocrisiaire (apocrisiarius) à Constantinople, mission reconduite par Pélage II, le successeur de Benoît, en 579. De 579 à 581 environ, où il œuvrera à deux tâches importantes : La controverse avec Eutychius, le patriarche de Constantinople, sur la nature des corps après la résurrection*, et la rédaction des Morales.

C'est en officiant à Constantinople que Grégoire prêcha une série de sermons à propos du Livre de Job. Ces sermons ont d'abord été notés et retranscrits de manière abrégée sur des tablettes de cire. Puis, ce nouveau texte a été retranscrit, sur des rouleaux de papyrus et les tablettes de cire ont été lissées pour être réutilisées. Trente cinq rouleaux de papyrus ont été employés pour ces Morales (correspondant à 35 chapitres).

C'est vers 583 que Grégoire alla offrir ses Morales à Léandre de Séville. Dans la dédicace de son œuvre, Grégoire se reprochera d’avoir trop attendu pour suivre sa vocation de moine, qu’il sentait posséder depuis longtemps. Grégoire ne fut pourtant réellement moine que de 575 à 579, ce qui ne l'empêcha pas de vivre à Constantinople de manière presque conventuelle en compagnie d'un bon nombre de ses frères qu'il fit venir du Cælius, pour qui il fit transcrire son œuvre en premier.

Après que Grégoire est devenu pape en 590, le texte a été retranscrit encore une fois, cette fois sur parchemin, six en tout, écrit en onciales.

Les manuscrits[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Morales sur Job de Cîteaux.

On admire parfois les miniatures des Morales de Cîteaux, leurs scènes violentes (guerres, combats), sauvages (luttes d'animaux) ou celles, plus apaisées, de la vie quotidienne des moines (moisson, bûcheronnage, etc.) ou, plus généralement, de la vie féodale de l'époque, sans vraiment comprendre leur profonde signification. Pourtant, c'était chose courante de manier l'allégorie pour éclairer les choses spirituelles, par nature incompréhensible de l'entendement seul, pense t-on. De plus, les Morales ne sont pas la seule œuvre où Grégoire met en scène des animaux jouant pour le lecteur la lutte du bien et du mal : Grégoire appliqua aussi l'interprétation topologique aux animaux de ses Dialogi (Dialogues). Par ailleurs, il ne faut jamais oublier le contexte historique et le message que peut vouloir faire passer celui qui dirige le travail du manuscrit.

Le manuscrit est en partie palimpseste, mais non le folio présenté : le texte qu'on devine en arrière (quand on grossit l'image) est celui de la page suivante, le parchemin étant trop fin pour recevoir un texte recto-verso. Ce codex fut probablement copié à Luxeuil : il est en effet écrit avec la minuscule dite de Luxeuil. Le scriptorium de Luxeuil a fait connaître un autre écrit de Grégoire, le Commentaire d’Ézéchiel, copié vers 650-700.

Un exemplaire est conservé au British Library, MS 31031 du VIIIe siècle, contenant les livres I à V. Il y manque le dernier folio et se termine par les mots "et singuli tota". Il est écrit en scripte mérovingienne sur vélin, et comporte 145 folios. Au XVe siècle, le manuscrit a appartenu au monastère de Ottobeuren, en Bavière.

Liens externes[modifier | modifier le code]