Formation en ligne ouverte à tous

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Logo de massive open online course (MOOC).
Schéma présentant huit concepts-clé d'un MOOC connectiviste, concernant la relation pédagogique (en beige) et le cadre techno-organisationnels et éthiques (en bleu). La dimension collaborative s'appuiera par exemple sur des wikis permettant aux apprenants et enseignants d'améliorer chaque année les ressources et supports pédagogiques à disposition de tous, par exemple sur les grands wikis de la Wikimedia Foundation.
Poster anglophone titré « MOOC, every letter is negotiable », (« MOOC, chaque lettre est négociable »), explorant le sens de chaque lettre de l'acronyme MOOC.

Une formation en ligne ouverte à tous (FLOT), aussi appelée cours en ligne ouvert et massif[1],[2] (CLOM[3]), cours en ligne ouvert à tous, cours en ligne (termes officiels recommandés par la Commission générale de terminologie[3]) ou cours en ligne ouvert aux masses[4] (en anglais : massive open online course, MOOC), constitue un exemple de formation ouverte et à distance en télé-enseignement.

Les participants aux cours, enseignants et élèves, sont dispersés géographiquement et communiquent uniquement par Internet. Des ressources éducatives libres sont souvent utilisées. Le qualificatif « massif » quant à lui, est lié au grand nombre de participants : dans le monde anglophone, il peut arriver que plus de 100 000 personnes soient réunies pour un cours[5].

Éléments de définition[modifier | modifier le code]

Il existe deux grands types[6] de cours en ligne ouverts et massifs : les xMOOC qui visent à valider les compétences acquises en délivrant un certificat de réussite et les cMOOC dont les objectifs d’apprentissage sont ouverts et dont les participants créent dans une large mesure le contenu[7]. Ces cMOOC sont fondés sur la théorie de la connectivité et sur une pédagogie ouverte, qui s'appuient sur des réseaux de contenus et d'individus.

Types[modifier | modifier le code]

En juillet 2012, une typologie des MOOC a été proposée par Stephen Downes[8] reprise par George Siemens dans un papier[9]. Pour reprendre ses termes, les xMOOC se concentrent sur la transmission de savoirs déjà existants tandis que les cMOOC, connectivistes, reposent sur la génération du savoir par les apprenants. Dans les plates-formes comme Coursera ou edX, les xMOOC sont prédominants, tandis que le Venture Lab héberge essentiellement des cMOOC. Les xMOOC et les cMOOC sont les héritières respectivement du mouvement OpenCourseWare et des MOOC de George Siemens et Stephen Downes. Ces termes sont cependant à utiliser avec prudence, compte tenu de la mixité des approches au sein d’un même cours, il s’agit davantage d’un gradient que d’une classification tranchée.

Par ailleurs, certaines analyses associent une plate-forme nommée Khan Academy[10] aux MOOC, en insistant sur le fait que cette plate-forme a joué un rôle précurseur dans le mouvement. La Khan Academy[11], et d'autres plates-formes équivalentes comme Tareasplus[12], proposent un certain nombre de ressources sous forme de vidéos courtes, souvent accompagnées d'exercices corrigés de manière automatique. Les vidéos étaient à l'origine centrées sur les mathématiques, au niveau primaire et secondaire. Il existe désormais des cours de niveau universitaire, et de nombreuses disciplines sont traitées, de l'histoire à la biologie. Leur modèle pédagogique est proche de celui de Udacity, tant du point de vue de la forme des cours magistraux que des modalités d'évaluation. La différence réside essentiellement dans le fait que l’étudiant est libre dans son parcours. Il navigue au sein d'une bibliothèque de ressources, dont il dispose à volonté. Quand bien même ces ressources sont organisées en ensembles cohérents au sein du site, elles ne forment pas à proprement parler des cours de format xMOOC. Dans un MOOC, les ressources pédagogiques sont présentées dans un ordre précis, suivant le modèle pédagogique de l'enseignant qui a la responsabilité du cours. Les étudiants n'ont pas à prendre entièrement la responsabilité de leur propre formation, et en ce sens ils ne sont pas à proprement parler autodidactes. Cela illustre la différence entre une bibliothèque de ressources et un xMOOC. Dans un xMOOC, c’est le professeur en charge qui fixe les objectifs pédagogiques.

Tableau comparatif issu de la classification de Stephen Downes[13]
xMOOC : issu des cours traditionnels cMOOC : issu de l'approche connectiviste
Modèle pédagogique Classique : Cours - exercices – contrôle des connaissances acquises Connectivisme
Connaissance Préparée avant le cours – déclarée Distribuée – générée
Cohérence Donnée par l'enseignant Construite par les participants
Objectifs d'apprentissage Défini par l'enseignant et le programme Défini par chaque participant pour lui-même
Apprendre Suivre le cours Navigation, établir des connexions
Ressources Définies dans le cours Agrégées par les participants, abondance
Importance de l'échange entre pairs faible à moyenne fondamentale
Interactions Forum sur le site du cours Distribué, partant d'un portail, chaque participant peut utiliser Twitter, son blog
Synchronisation par Déroulé du cours et instructeur Interactions entre participants, thème de la semaine, point de rencontres (vidéoconférence en direct)
Résonance Entre pairs
Encourager autonomie et auto régulation Maîtrise de e-compétences
Domaine d'apprentissage Disciplinaire, lié à un cours universitaire Thématique centrale, mais ouvert et interdisciplinaire
Évaluation du succès Délivrance d'un certificat de réussite Auto-évaluation de l'apprentissage

D'autres typologies ont été proposées, par exemple pour ajouter un troisième type de MOOC tourné vers un projet par équipes et par projet[14]. On a alors trois catégories de MOOC, selon qu'ils mettent en avant : le réseau des apprenants (Network-based), le travail d'équipe (Task-based) ou le contenu (Content-based).

Plates-formes logicielles[modifier | modifier le code]

Début 2013, trois catégories de plates-formes logicielles hébergeant des MOOC existent :

  1. celles qui ont directement été conçues pour être des MOOC et sont portées par des entreprises ou des fondations Coursera, Udacity (en), edX, FutureLearn (en)[15]. Ces plates-formes sont réservées aux universités les plus connues ;
  2. celles qui sont portées par des entreprises proposant au départ des LMS aux institutions d'enseignement, comme Canvas Network et CourseSites by Blackboard et qui les ont adaptées pour passer au « massif ». Au contraire des précédentes, leur stratégie est de mettre les MOOC à la portée de toutes les universités, afin de permettre l'émergence d'une offre plus large et ainsi aux meilleurs cours d'émerger sur la base du mérite[16] ;
  3. les plates-formes de logiciels libres, qu'il faut installer soi-même : Moodle[17], Course Builder de Google, qui utilise Google Apps, Sakai CLE, développée par la fondation Apereo et utilisée par les MOOC UvA[18] et Edulib[19], OpenMooc[20] animé par UNED Abierta (en), l'université ouverte espagnole, Class2Go[21] ou la version open source de Canvas. Le code-source d'EdX a également été libéré en juin 2013[22].Claroline Connect[23] dont l'originalité est de fournir aux enseignants comme aux apprenants les mêmes outils, permettant de développer des Moocs sur tout le spectre connu, du xMooc au cMooc.

Historique[modifier | modifier le code]

Précurseurs du mouvement[modifier | modifier le code]

Mouvement OpenCourseWare[modifier | modifier le code]

De nombreuses universités américaines sont impliquées dès le début des années 2000 dans des programmes d’enseignement en ligne. Ainsi, le MIT lance en 2001 le MIT OpenCourseWare (MIT OCW)[24], site qui propose des ressources, issues de cours, sous licence Creative Commons dans des disciplines aussi variées que l’architecture, les biotechnologies ou la linguistique. On y retrouve en général les cours magistraux en vidéo, mais aussi les examens, les devoirs, et les prises de notes des étudiants. Plusieurs centaines d’établissements font de même et le MIT OCW devient rapidement la tête de pont d’un mouvement qui prend le nom d’OpenCourseWare Consortium[25]. À une échelle moindre que le MIT, Stanford a mis dès 2008 à disposition du public quelques cours de programmation et de sciences de l’ingénieur à travers son programme Stanford Engineering Everywhere[26].

C’est de ce programme que viennent les premiers cours de Coursera, plate-forme qui devient fin 2012 leader en termes d'apprenants. Il faut noter que nombre des universités qui jouent un rôle dans le mouvement actuel, comme Harvard, Stanford ou Yale, étaient et demeurent plus ou moins impliquées dans des programmes de ce type[27]. L’étudiant y est cependant anonyme ou presque, et les interactions avec l’équipe pédagogique ou les autres étudiants y sont faibles ; par ailleurs les cours magistraux que l’on y trouve durent souvent plus d’une heure, ce qui constitue un facteur de découragement. Du fait de l'anonymat des étudiants, il est relativement difficile d'estimer l'ampleur du phénomène. L’importance de l’encadrement et des interactions entre étudiants va conduire, parallèlement à la multiplication de ces ressources libres, à l’essor d’une théorie de l'apprentissage basée sur l’apprentissage collaboratif et qui va prendre le nom de connectivisme.

Apparition des premiers MOOC connectivistes[modifier | modifier le code]

Le sigle MOOC apparaît en 2008 pour désigner un cours nommé Connectivism and Connective Knowledge, ou CCK08[28], organisé par George Siemens[29] de l’université d’Athabasca et Stephen Downes[30] du National Research Council. Ce cours, dispensé à 25 étudiants de l’Université du Manitoba est également ouvert en ligne et 2 300 participants supplémentaires y ont pris part gratuitement. Les étudiants sont libres de participer et d’enrichir le cours avec les outils de leur choix. Dans la lignée de cette expérience, de nombreux MOOC vont se mettre en place dans différents établissements.

Plusieurs tentatives infructueuses présentant des similitudes avec le mouvement actuel sont lancées dans le courant des années 2000. AllLearn pour Alliance for Lifelong Learning est une initiative menée dès 2001 par des établissements de premier rang, Yale, Oxford et Stanford[31]. Les cours, payants, sont dispensés sur Internet et durent de cinq à dix semaines, mais ils ne donnent pas accès à des crédits universitaires. Ils traitent de sujets variés, de la sociologie à l’histoire en passant par l’architecture. Les frais d’inscription évoluent entre 200 et 250 dollars, la création d’un cours pouvant coûter de 10 à 150 000 dollars. Les cours sont initialement réservés aux anciens élèves de ces universités, mais il s’ouvrent au public dès la rentrée 2002, touchent, à travers plus d’une centaine de sessions, environ 10 000 étudiants sur l’espace de cinq ans. Du fait du faible intérêt que suscite l’initiative, le projet rencontre rapidement des problèmes financiers, avec plus de 700 000 dollars de déficit en 2005. Cela conduit à son arrêt complet en 2006, soulignant l’importance de la dimension économique dans la viabilité des programmes d’enseignement en ligne[32]. Certaines universités, comme les universités de Phoenix et du Michigan, sont dans le courant des années 2000 particulièrement actives dans le domaine de l'enseignement en ligne. C’est finalement en 2012 que les MOOC et les plates-formes associées commencent à proliférer.

En France[modifier | modifier le code]

Certains sites, tels que netprof.fr, depuis 2005 (son slogan : « Le partage du savoir en vidéo ») et le Site du Zéro, créé en 1999 et renommé OpenClassrooms en 2013[33], ont proposé depuis plusieurs années des tutoriels en vidéos (netprof sur des sujets scolaires et généralistes et OpenClassrooms sur des sujets autour de l'informatique en général). Néanmoins, il ne s'agit pas de MOOCS, même si depuis début 2014 OpenClassrooms a commencé à proposer de "vrais" MOOCS.

Les premiers MOOCs français apparaissent en 2012, et depuis on constate une augmentation régulière du nombre de formations proposées. Trois profils se distinguent : ceux qui proposent leurs cours sur Coursera, ceux qui vont vers France Université Numérique et les indépendants.

En octobre 2013, le gouvernement français a annoncé la mise en place de France Université Numérique (FUN)[34], une plate-forme encadrée par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. En janvier 2014, les premiers MOOCs sont disponibles (une vingtaine au lancement). Depuis, l'offre a triplé[35] avec une soixantaine de cours.

Cours français sur Coursera[modifier | modifier le code]

Dès septembre 2013, l'École polytechnique a mis en place plusieurs cours sur Coursera. Il y a un cours d'introduction aux probabilités[36], un sur la conception et mise en œuvre d'algorithmes[37], et un autre sur la théorie des distributions[38].

En janvier 2014, HEC Paris propose sur Coursera un MOOC sur l'Union européenne, permettant à chacun de connaître les fondements de l'UE en vue des élections européennes de 2014[39].

Intitulé « l’avenir de la décision : connaitre et agir en complexité », l'ESSEC a lancé son premier MOOC en septembre 2014 en collaboration avec le philosophe Edgar Morin[40].

Cours proposés sur FUN[modifier | modifier le code]

En janvier 2014, Télécom Bretagne et l'Institut Mines-Télécom proposent leurs premiers MOOCs sur FUN. Il y a un cours sur la fabrication numérique (impression 3D, Arduino)[41], un autre sur les réseaux de données[42], et un cours d'introduction aux réseaux cellulaires (réseaux mobiles GSM, 3G, LTE)[43]. Il est à noter que ce dernier cours avait été déjà présenté à deux reprises (avril et septembre 2013) sur une plate-forme dédiée de Télécom Bretagne[44].

L'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a proposé plusieurs cours sur différents aspects du droit, notamment un sur le droit des entreprises.

En mars 2014, le Groupe INSA[45] a proposé son premier MOOC, une introduction à HTML5 (centrée sur l'animation et les jeux)[46]. Il était assuré principalement par Jean-Yves Plantec de l'INSA Toulouse.

Le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) a proposé plusieurs cours sur FUN. L'un d'eux, un cours de management de Cécile Dejoux, a été suivi par 36 000 personnes, ce qui en fait le MOOC français le plus suivi[47].

Solutions indépendantes[modifier | modifier le code]

En septembre 2012, « Internet, tout y est Pour Apprendre » (ITyPA)[48] a été le tout premier MOOC français, sur l'apprentissage collaboratif. Il s'agit d'un MOOC connectiviste qui n'a pas délivré de certificat.

Le MOOC « ABC de la gestion de projet » de l'École centrale de Lille créé par Rémi Bachelet et une équipe de bénévoles est le premier MOOC en France à délivrer un certificat en cas de réussite. Il y a en fait trois MOOC avec des parcours et des certificats différents : classique, avancé, par équipe. Il regroupe 3 500 inscrits à son démarrage en avril 2013, pour des taux de réussite de 50 à 78 %, selon les certificats[49].

  • Une deuxième session ouvre le 16 septembre 2013, avec pour la première fois la mise en place d'une validation universitaire, par le biais d'ECTS, avec des examens surveillés via webcam ou passés dans des centres en Afrique sur les campus de l'AUFetc., elle dépasse les 10 000 inscriptions. Elle permet également d'obtenir des Badges ouverts Mozilla pour la reconnaissance spécifique de chaque partie du cours.
  • Une troisième session en mars 2014 introduit une autre première : un système modulaire avec sept cours au choix en plus du tronc commun, portant le total des formations thématiques accessibles sur le MOOC GdP à 12. On y trouve par exemple : Analyse stratégique des projets, Créativité et brainstorming, Analyse fonctionnelle et cahier des charges, Gestion des risques, Méthodologie de résolution de problème, Évaluation d’impact des projets, Entrepreneuriat.
  • La quatrième session d'une durée de 6 semaines[50] rassemble 19 000 inscrits dont 8 100 apprenants actifs dans le parcours classique et 1 000 apprenants dans le parcours avancé[51]. Elle inaugure des partenariats avec 19 établissements d'enseignement : 1 500 étudiants sont inscrits en parallèle de leur cursus, chiffre et récompense la qualité de l'évaluation par les pairs[52], améliore l'accessibilité grâce au sous-titrage des formations, permet l'autoévaluation des devoirs et introduit un module de formation aux cartes conceptuelles[53].
  • Une cinquième session d'une durée de 6 semaines[50] est ouverte aux inscriptions pour un démarrage en mars 2015.

En mai et juin 2013, France Télévisions propose un MOOC sur la philosophie sur le site Francetv éducation. Il s'agit du premier MOOC français à destination des élèves du secondaire, pour réviser les notions au programme de philosophie du baccalauréat 2013[54],[55].

L'Université Lille 1 a proposé un MOOC Arithmétique : en route pour la cryptographie en octobre-novembre 2013 sur la plate-forme Canvas.

En novembre 2013, l'EMLYON a lancé la première édition de son MOOC sur l'effectuation.

En mai 2014, la France Business School a organisée son premier MOOC consacré à la pensée design (Design Thinking), hébergé sur une plate-forme dédiée : « MOOC Pensée Design »[56],[57].

De mai à juillet 2014, Grenoble École de management propose un MOOC intitulé «Penser Global»[58] sur le thème de la géopolitique, une des spécialités de l'école, sur la plate-forme Unow.

Au Québec[modifier | modifier le code]

En 2013, HEC Montréal lance la plate-forme EDUlib[19], créée pour mettre en place des CLOMs en français. En mai 2013, le premier cours de cette plate-forme est lancé. Il s'agit de Problèmes et politiques économiques : les outils essentiels d'analyse, d'une durée de 6 semaines[59].

En Suisse[modifier | modifier le code]

  • En octobre 2013 le MOOC Calvin - histoire et réception d'une Réforme est proposé par l'Université de Genève, Faculté autonome de théologie protestante sur Coursera, par Christophe Chalamet et plusieurs collaborateurs, et d'une durée de 5 semaines (cours en français, sous-titres anglais, 3 à 4 heures par semaine)[60].
  • Début 2013, l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) propose un cours intitulé Analyse Numérique pour Ingénieurs[61], d'une durée de 7 semaines. Le cours démarra le 18 février 2013 (4 à 6 heures par semaine).

En septembre 2013, l'école proposa également le cours Introduction à la programmation orientée objet sur Coursera[62]. Les cinq premiers MOOC sont identiques pour les étudiants EPFL et l'audience en ligne. Il se conclut par un mini-projet d'algorithme imitant PageRank de Google.

En Israël[modifier | modifier le code]

En février 2014, le président de l'État d'Israël Shimon Peres a donné un cours en ligne ouvert et massif portant sur l'éducation civique avec une audience de 6 500 participants répartis dans 215 écoles, record homologué par le livre Guinness des records[63].

Plates-formes techniques[modifier | modifier le code]

Plates-formes issues des universités américaines[modifier | modifier le code]

Udacity[modifier | modifier le code]

L’essor des MOOC commence à partir d’un cours d’intelligence artificielle dispensé sur le site de Stanford en novembre 2011[64]. L’enseignant en charge, Sebastian Thrun, est un professeur de robotique d’origine allemande, il travaille aussi chez Google sur les voitures automatisées. Le cours attire 160 000 étudiants alors qu’environ 10 000 étaient attendus, environ 23 000 terminent le cours.

À la suite de ce succès, Sebastian Thrun abandonne son poste de professeur à Stanford et fonde Udacity (en) en février 2012[65]. Deux cours sont lancés : un cours de programmation, le CS 101: Building a Search Engine et un cours d’intelligence artificielle, le CS 373: Programming a Robotic Car. Sebastian Thrun investit 300 000 dollars de fonds propres dans le projet, plusieurs millions de dollars sont par la suite investis par des fonds de capital-risque[66]. Le nombre de cours dispensés augmente tout au long de l’année 2012. En décembre, la plate-forme propose quinze cours, en majorité centrés sur la programmation, l’algorithmique et sur Internet, mais on y trouve également des cours de physique, de statistiques et d'entrepreneuriat. Les intervenants qui créent ces cours sont d’origines diverses, on retrouve ainsi le serial entrepreneur Steve Blank (en), qui dispense le cours « How to Build a Startup: The Lean LaunchPad »[67], des collègues de Sebastian Thrun à Google comme Peter Norvig, ou des professeurs issus d’autres établissements comme David Evans, de l’Université de Virginie. La plate-forme a dépassé les 400 000 inscrits en octobre 2012. À la suite du succès immédiat de Udacity, les créations de MOOC vont se multiplier rapidement.

Coursera[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Coursera.

La première plate-forme de MOOC à emboîter le pas à Udacity est Coursera, en avril 2012. Coursera présente de nombreux points communs avec Udacity. Les fondateurs Andrew Ng et Daphne Koller sont professeurs en intelligence artificielle à Stanford, et décident de suivre l’exemple de Sebastian Thrun en mettant sur Coursera un cours d’intelligence artificielle auparavant dispensé sur le site de l’université[68]. Le premier cours de Coursera est un cours d'apprentissage automatique (Machine Learning) découpé en modules d'environ dix minutes, chacun ou presque contenant un test d'attention simple pour vérifier que l'étudiant n'a pas décroché en route et lui donner confiance dans ses nouvelles connaissances. Cette formule beaucoup plus modulaire permet le visionnage et la révision en toutes circonstances, y compris sur une tablette tactile dans les transports en commun ou même chez soi au lit. L'interactivité aide à soutenir l'attention de l'étudiant.

Coursera lève dès avril 2012 seize millions de dollars grâce à un fonds de capital-risque, embauche une vingtaine d’employés et construit rapidement une plate-forme fonctionnelle[69]. La stratégie adoptée par Coursera diffère considérablement de celle adoptée par Udacity. Alors qu'Udacity se focalise sur quelques cours et produit lui-même son contenu, Coursera ne produit pas lui-même ses cours, et noue dès ses débuts des partenariats avec des universités (pour qui une présence sur Coursera constitue une vitrine mondiale), au début, américaines, puis étendues à l'étranger. La plate-forme avait ainsi mis en place douze partenariats en juillet 2012, le nombre s’est élevé à trente-trois en septembre[70]. L’essentiel des universités se rattache encore au milieu anglo-saxon, comme l’université de Toronto au Canada ou celle de Melbourne en Australie, mais Coursera héberge aussi des cours de l’université de Hong Kong ou de l’École fédérale polytechnique de Lausanne, dont un premier cours de programmation en français. De même, alors qu'Udacity se centre sur l’informatique, Coursera accueille des cours de toutes les disciplines : sciences humaines (philosophie, arts, littérature) comme sciences dures (mathématiques, physique, biologie, etc.). On y trouve ainsi des cours d’histoire, de sociologie, de philosophie, de création musicale, de composition de chansons ou encore de poésie. Dès septembre 2012, plus de 200 cours sont annoncés ou en cours de déroulement. La diversité des sujets traités attire une foule croissante d’étudiants, et plus de deux millions d’internautes se sont inscrits à au moins un cours entre avril et décembre 2012[réf. souhaitée].

edX[modifier | modifier le code]

Contrairement à d’autres universités prestigieuses comme Duke ou Princeton, le MIT ne rejoint pas Coursera. À partir de l’un de ses projets de partage de cours en ligne, le MITx qui fonctionne dès décembre 2011, l'établissement s’associe avec Harvard pour former en avril 2012 la plate-forme edX[71]. Les deux institutions apportent chacun 30 millions de dollars pour le lancement du projet. Contrairement à Coursera et Udacity, edX est une association à but non lucratif, dont le code est libre. La volonté de ne pas laisser le monopole de l’enseignement en ligne à des institutions privées constitue l’une des raisons avancées pour expliquer la création de edX. Berkeley rejoint le consortium courant juillet 2012[72], suivie des neuf universités de l’University of Texas Systems, et les annonces de partenariats se multiplient, plus de deux cent institutions d’envergure internationale ont exprimé leur intérêt pour une collaboration avec la plate-forme. Pour l’heure, seuls le MIT et Harvard financent la plate-forme, les autres universités se contentant de fournir le contenu pédagogique. Fin décembre 2012, on y trouve une quinzaine de cours centrés sur l’informatique et les disciplines scientifiques[73]. On y retrouve les cours d’intelligence artificielle et d’introduction à la programmation, désormais classiques au sein des MOOC. Le nombre d’internautes inscrits, avoisinant les 400 000, est fin 2012 notablement plus bas que Coursera.

Autres initiatives des universités américaines[modifier | modifier le code]

Udacity, Coursera et edX ont tous trois marqué les esprits au point de devenir associés à l’acronyme MOOC, mais le phénomène ne se limite pas à ces trois plates-formes. Un certain nombre d’universités américaines partenaires de Coursera proposent des MOOC sur leur propre site, car il n’y a pas d’exclusivité des universités vis-à-vis de la plate-forme. Stanford Online héberge par exemple deux plates-formes open source, le Venture Lab[74] et Class2go[75]. Le premier, Venture Lab, a débuté en octobre 2012 avec entre autres des cours sur la création de nouveaux environnements d’apprentissage ou sur le lancement de start-up. Les cours dispensés par le Venture Lab reposent essentiellement sur le travail en équipe. Le second, Class2go, rassemble des cours plus proches du format dispensé sur Coursera. D’autres universités, comme le Caltech Institute[76] ou la Brown University[77] offrent sur leurs propres sites des cours respectivement sur le Machine Learning et la programmation. Ces initiatives prouvent que l’organisation de MOOC n’implique pas nécessairement de rejoindre Coursera ou edX, quand bien même ces dernières permettent d’acquérir une plus grande visibilité.

Alternatives[modifier | modifier le code]

Le succès des MOOC a conduit au lancement de programmes nationaux proposant une alternative à la dualité Coursera/edX, en particulier en Espagne et en Inde. Un outil open source[20] est par exemple employé par l’université à distance espagnole[78] pour fournir les premiers MOOC en espagnol, tandis que les Indian Institute of Technologies et l’Indian Institute of Science quant à eux proposent en janvier 2013 leurs premiers cours sur la plate-forme NPTEL, pour National Programme on Technology Enhanced Learning[79].

En Allemagne, la plate-forme Iversity est ouverte en octobre 2013 avec le soutien d'institutions fédérales et régionales, mais aussi de T-Venture, le fonds de capital-risque de la compagnie Deutsche Telekom et d'autres investisseurs. Elle dispense des cours en allemand et en anglais[80],[81].

Certains projets reviennent aux origines du terme, en se plaçant dans la continuité des MOOC lancés par George Siemens et Stephen Downes en 2008. C’est notamment le cas en France du cours ITyPA[48], pour « Internet Tout y est Pour Apprendre », premier cours francophone qui s'est achevé fin 2012 et qui a réuni près de mille étudiants[réf. souhaitée]. Il faut noter que le site Class Central[82] répertorie la majorité des cours passés, en déroulement et à venir, et permet de suivre en temps réel l’évolution du phénomène. La Commission européenne a annoncé le lancement d'une plate-forme.

Initiative européenne OpenUpEd[modifier | modifier le code]

La Commission européenne soutient le projet OpenUpEd porté par l’European Association of Distance Teaching Universities[83] avec l’Open University[84].

Plates-formes privées et cours en ligne payants[modifier | modifier le code]

Les systèmes de gestion de l’apprentissage, ou Learning Management Systems (LMS) pour les anglo-saxons, servent aussi de base à la création de MOOC. Les LMS Canvas de Instructure[85], Udemy[86], et Course Sites[87] de Blackboard sont ainsi impliqués dans le mouvement. Le premier sert de base à la création de Canvas.net[88]. Comme dans Coursera, on y trouve des cours académiques limités dans le temps, dispensés par des professeurs d’établissements reconnus, mais aussi des cours moins académiques, par exemple un cours portant sur l’entraînement au marathon dispensé par un entraîneur. Udemy propose une plate-forme similaire à Canvas, elle offre aux enseignants la possibilité de faire payer aux étudiants les MOOCs qu'ils mettent au point. Enfin, Course Sites a été utilisé pour mettre en ligne des MOOC individuels, comme le premier cours de langue se revendiquant du mouvement MOOC. Ce cours d’espagnol, baptisé spanishmooc illustre qu’il est possible pour un professeur de mettre en place à moindres frais son propre cours, ouvrant de nombreuses perspectives quant à l’avenir de cette méthode d’enseignement. La vision de l'apprentissage associée à ces plates-formes est dans une certaine mesure celle de la place de marché. Elles permettent de mettre à disposition des cours souvent payants, et parfois redondants avec des cours gratuits proposés sur les plates-formes comme Coursera. Le site Skilled up[89], qui répertorie l'ensemble de ces cours payants ou gratuits, constitue un observatoire de ce marché émergent.

Certification et problématiques économiques[modifier | modifier le code]

Certificats de complétion[modifier | modifier le code]

La reconnaissance de la valeur des MOOC par un certificat constitue la clef de voûte de leur modèle économique ; tous les autres modes de rétribution des plates-formes en découlent. Il est possible dans un certain nombre de cas d'obtenir un certificat de complétion virtuel après avoir suivi un cours jusqu'à son terme[90]. Dans le cas de cours ouverts en permanence comme dans Udacity, passer à tout moment les tests automatisés avec succès suffit pour obtenir ce certificat. Dans le cas de Coursera, les tests, même automatisés, doivent être passés avant une date limite. Quoique la décision en revienne finalement à l'équipe pédagogique du cours, le non-respect des dates limites entraîne souvent l'impossibilité d'obtenir la certification, comme c'est le cas pour Coursera et le Venture Lab. Il faut noter que le processus d'évaluation par les pairs peut faire partie des tâches requises pour obtenir cette certification, qui n'est donc pas liée aux seuls examens. Dans le cas de Coursera, environ 10 % des étudiants d’un cours obtiennent la certification, bien qu'il y ait des exceptions notables[91] ce qui constitue finalement un faible taux de réussite malgré le nombre important d'étudiants inscrits. Une autre étude réalisée par le MIT et Harvard indique que 5 % seulement des inscrits vont jusqu'au bout de la formation et la valident ; 9 % suivent plus de la moitié du cours, il y a donc un important décrochage qui survient surtout sur les deux premières semaines du cours et se stabilise par la suite[92]. Perte d'assiduité au cours, envie des participants de prendre connaissance du cours ou de certains modules spécifiques sans participer à son évaluation sont des raisons parmi d'autres pouvant expliquer le faible taux de réussite par rapport à un cursus classique en présentiel. Enfin, il existe pour un certain nombre de cours, de Udacity, de Coursera ou du Venture Lab une échelle dans le niveau de certification.

La première critique contre la valeur de ces certifications vient du fait que, par sa nature même, rien ne garantit que la personne qui passe l'examen en ligne est bien la personne dont le nom est inscrit sur le certificat. Pour répondre à cette critique, Coursera a annoncé le 10 janvier 2013 le lancement d'un système de certification sécurisé, le Signature Track qui permet via une association avec les photos d'identité une assurance plus importante de l'identité de la personne ayant obtenu le certificat. Les examens sous forme de tests automatisés ne se faisant pas de manière synchrone, ils sont souvent discutés sur les forums associés au cours alors même que de nombreux étudiants ne l'ont pas encore passé, les étudiants qui discutent de ces tests peuvent se voir menacés d'exclusion du cours. Dans certains cours où l'évaluation automatisée domine, l'équipe pédagogique doit donc suivre en permanence les forums pour éliminer ce type de discussion. Cependant, il est évidemment toujours possible de tricher via des médias qui ne seraient pas sous le contrôle de Coursera. Ces problèmes étant intrinsèquement liés au relatif anonymat d'Internet et au caractère asynchrone des MOOC, la solution crédible qui s'impose est la collaboration entre les plates-formes et des organismes de certification reconnus internationalement comme Pearson VUE[93]. Cette entreprise, présente dans 170 pays avec près de 4 000 centres d'examens, permet de passer les tests informatisés en présence d'examinateurs, et constitue donc une garantie d'authenticité pour d'éventuels futurs employeurs. Les plates-formes edX et Udacity ont d'ores et déjà annoncé la mise en place d'un partenariat avec Pearson VUE[94]. La situation est plus complexe pour Coursera, qui n'est pas de même nature que les deux autres plates-formes. Ainsi, tous les cours dispensés à Coursera ne donnent pas lieu à une certification, même virtuelle. Il faut rappeler ici qu'edX et Udacity produisent eux-mêmes leurs cours en plus de développer la plate-forme alors que Coursera ne fournit que la plate-forme et laisse la responsabilité de l'organisation des cours aux universités, ce qui conduit à davantage d'hétérogénéité dans le processus de certification.

Outre la question de la fiabilité de la certification, se pose celle de sa reconnaissance, d’une part dans le monde académique, et d’autre part dans celui de l’entreprise. Il faut noter que les étudiants du MIT ou d’Harvard n’obtiennent pas à ce jour de crédits via les certificats obtenus sur la plate-forme commune aux deux universités, edX. Cependant, quelques universités ont commencé à reconnaître la validité des crédits obtenus sur les plates-formes Coursera ou Udacity[95] ; Coursera collabore depuis novembre 2012 avec l’American Council of Education sur la reconnaissance des crédits au sein du système universitaire américain, la situation est donc en rapide évolution.

Cette reconnaissance des crédits universitaires rentre également en conflit avec le modèle économique de certaines plate-formes MOOC. Par exemple, le contrat utilisateur de Coursera interdit à l'étudiant d'utiliser son certificat dans le cadre des études dans une université, comme on l'a constaté dans une expérience à l'École Centrale de Lille[96], ce qui conduit à poser la question de la manière dont un MOOC peut être pris en compte dans un cursus : soit en payant Coursera, soit en intégrant le MOOC de manière indirecte.

Enfin, se pose la question de la reconnaissance des certifications par les entreprises. La question est particulièrement importante pour Coursera et Udacity qui sont des organisations à but lucratif, et dont l’une des sources potentielles de revenus est la mise en lien des étudiants avec de futurs employeurs. Pour le moment, les deux entreprises se concentrent sur les compétences en informatique. Le Coursera Careers Service[97] travaille sur la mise en relation des meilleurs étudiants avec de potentiels employeurs, et Udacity collabore avec une vingtaine d’entreprises centrées sur les technologies numériques comme Google, Facebook ou Twitter[98]. Le phénomène est encore cependant trop récent pour que l’on puisse en tirer des conclusions.

Modèle économique des plates-formes[modifier | modifier le code]

On peut noter que le modèle économique des différentes plates-formes n'est pas encore stable en janvier 2013. Les plates-formes à visée lucrative que sont Coursera et Udacity ont des sources de revenus réduites ou nulles, les cours étant totalement gratuits si l'on ne souhaite pas avoir de certification via la Signature Track. Compte tenu de leur coût de fonctionnement et des investissements conséquents qui ont été réalisés dans ces plates-formes, il est probable que leur modèle économique soit amené à évoluer rapidement. La récente publication du contrat[99] entre Coursera et l’université du Michigan a permis de mettre à jour les différentes pistes envisagées[100]. Coursera a annoncé que les contrats que la plate-forme avait signés avec les autres universités étaient de nature similaire. En cas de rentabilisation des cours, les universités ne recevraient qu’entre 6 et 15 % des revenus, en fonction de la durée du cours, le reste revenant à la plate-forme. Les enseignants en charge ne sont pour le moment pas directement rétribués par Coursera, il leur est cependant possible d’y faire la publicité de livres sur lesquels ils touchent des droits d’auteurs. On retrouve dans ce contrat plusieurs solutions envisagées pour rentabiliser les plates-formes, les universités se réservant le droit d’interdire certaines de ces approches pour des cours donnés ; les modalités de rétribution sont donc loin d’être fixées :

  • la certification, en ligne ou en présentiel, et la vente de bases de données comprenant les données sur les étudiants à des employeurs potentiels[101] sont les pistes privilégiées car elles permettent de maintenir une gratuité du cours ;
  • rendre les cours partiellement payants sur le modèle de Udemy, en particulier pour ceux qui fournissent des compétences recherchées sur le marché du travail. Les compétences en informatique en sont l’exemple le plus représentatif ;
  • la mise en place d’un système de tutorat et de notation par des personnes compétentes au sein d’un cours est également une approche envisagée. La plate-forme prendrait une commission sur les sommes versées au tuteur par l’étudiant ;
  • l’utilisation de Coursera comme plate-forme pour évaluer des étudiants ou employés prospectifs ou même pour la formation des employés au sein des entreprises ;
  • le freemium qui permet de conserver des cours en ligne gratuits mais monétiser l’obtention d’une certification, passée dans des centres d’examen agréés[102] ;
  • enfin, les cours peuvent être sponsorisés par des entreprises tierces.

Pour ce qui est de edX, le modèle est légèrement différent dans la mesure où c’est une organisation à but non lucratif, Harvard et le MIT finançant la plate-forme, et les autres universités contribuant aux cours. Ce n’est pas incompatible avec les modes de rétribution décrits précédemment. Le cours de statistiques PH207X de edX utilisait par exemple le logiciel de la société Statacorp, gratuit pour les étudiants pour la durée du cours, mais payant par ailleurs.

Naissance d'un écosystème[modifier | modifier le code]

Les bénéfices financiers que les établissements d’enseignement supérieur peuvent espérer tirer de Coursera sont nuls fin 2012 et seront dans le meilleur des cas faibles au vu des clauses du contrat. Certains professeurs vont jusqu'à lever des fonds sur des plates-formes de crowdfunding comme Kickstarter pour pouvoir financer l'hébergement de leur MOOC sur un serveur[103]. À vrai dire, l’enjeu pour les universités se situe davantage au niveau de leur future influence au sein des plates-formes, et partant de cela, de leur réputation au niveau international. Cela signifie potentiellement un investissement substantiel de la part des universités qui souhaitent s’imposer sur la scène de l’enseignement supérieur en ligne. La création à l’automne 2012 d’un poste de Director of Digital Learning[104] chargé de superviser la transformation des cours traditionnels du MIT en MOOC et le recrutement de statisticiens pour analyser les données issues des MOOC sont probablement des signes annonciateurs de cette dynamique. Par ailleurs, d’autres bénéficiaires potentiels de l’essor de ce mouvement sont les entreprises spécialisées dans l'éducation. Outre le tutorat qui peut se développer autour d'un cours, des start-up basées sur les technologies éducatives ont commencé à bénéficier du mouvement MOOC. Ceci tient au fait que les plates-formes ne peuvent pas développer seules l'ensemble des outils utiles à l'apprentissage. Les enseignants font souvent appel pour le travail collaboratif à des technologies extérieures aux plates-formes comme Google Hangout, ou des sites facilitant les rencontres dans la vie réelle, comme Meet up[105], qui recense plus de 1 500 communautés Coursera à travers le monde. Cependant, de nouveaux outils de travail collaboratif liés aux plates-formes MOOC apparaissent, comme Studyroom[106] qui propose une classe virtuelle pour faciliter les interactions entre étudiants d’un même cours, ou Colrn[107] qui a vocation à faciliter les rencontres d'étudiants d'un même cours dans la vie réelle. D'autres start-ups, avec le soutien d'incubateurs dédiés aux edtech startups comme Imagine K12[108], sont actuellement en cours de développement. C'est notamment le cas de Knewton[109], une start-up basée sur l'apprentissage adaptatif, qui a levé plusieurs dizaines de millions de dollars et qui pourrait d'ici peu jouer un rôle majeur dans le monde de la formation en ligne et peut-être des MOOC. Comme le souligne George Siemens, un univers d'applications, semblable à celui qui s’est mis en place pour Facebook et d’autres sites similaires, est en train de se développer pour les MOOC, que l'on pourrait appeler les MOOC Apps.

Critiques de ce type d'enseignement[modifier | modifier le code]

Les MOOC qui ont connu un grand essor en France en 2013 et dont le développement est fortement encouragé par la Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso[110] n'ont pas suscité uniquement une vague d'adhésion. Des critiques se font entendre dans les milieux universitaires et syndicaux. Les MOOC tiendraient plus du marketing académique que de la pédagogie numérique selon le sociologue Jérôme Valluy pour qui participer à un cours en ligne ouvert et massif d'une grande école ou université n'est qu'un « ersatz de prestations pédagogiques » et est loin d'avoir le même prestige qu'une formation en présentiel dans ces écoles : « Les certifications qu’elles délivrent ne valent pas, au regard des employeurs, les diplômes délivrés sur la base de formations principales ». L'objectif de réduction des coûts par la diffusion en ligne est également pointée et ne doit pas être le seul objectif au détriment de la qualité du contenu[111].

Certains craignent que le modèle économique des MOOC qui n'est pas encore abouti et rentable entraîne une privatisation partielle des cours et que la généralisation des cours en ligne (publics ou privés) aboutissent à une mise en concurrence exacerbée des facultés dans un contexte de restrictions budgétaires et d'autonomisation des universités[112]. L'accès différencié au numérique et à l'équipement informatique, l'appauvrissement de l'offre et de la qualité des cours, les problèmes pédagogiques ainsi que l'isolement des étudiants sont autant de sources d'inquiétudes souvent partagés par les détracteurs des MOOC[111],[113]. Ainsi, l’université de Cambridge estime qu’elle est très loin de considérer les MOOC comme des concurrents et pour l'université d'Oxford, les MOOC ne les poussent pas à changer quoi que ce soit, ajoutant que ces plateformes n’ont rien de révolutionnaire[114].

Annie Vinokur, Professeur émérite de sciences économique à l'Université de Paris-Ouest-Nanterre, indique que le développement des MOOC dans les années 2010 est concomitant de la hausse des frais de scolarité dans les universités américaines qui perdent ainsi des étudiants, et par extension de l'argent, au profit des universités publiques (+ 53 % en 2011). Annie Vinokur précise par ailleurs à propos du modèle économique : « Le modèle financier est du type « à deux versants » : d’un côté la gratuité du produit d’appel et de l’autre la promesse de ressources qui proviendraient des premiums (comme la certification payante ou des services annexes), des contrats avec les fournisseurs de manuels en ligne, de la publicité, de la vente aux entreprises d'information sur les participants, du placement des étudiants, etc.). Pour les universités qui souhaitent confier leurs cours à une plate-forme le coût d’entrée est élevé (le coût moyen d’hébergement sur une plate-forme for profit américaine était en 2012 de 50 000 $ par cours), contre la promesse d’une fraction des revenus nets (20 % en moyenne chez Coursera à la même date). »[115].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Daïd et Pascal Nguyên, Guide pratique des Mooc, Eyrolles, novembre 2014, broché, 186 p. (ISBN 978-2-212-56040-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Travaux de synthèse
Sites anglophones
  • (en) Le plus important portail d'annonce de MOOC est Class Central, qui se présente comme un « agrégateur de MOOC ».
  • (en) Pour le travail collectif, des groupes d'apprenants peuvent travailler ensemble à distance sur StudyRoom.
  • (en) Mooctivity est un comparateur de MOOC qui propose également une plate-forme sociale pour les étudiants.
  • (en) CourseTalk pour évaluer les MOOC.
  • (en) European MOOCs Scoreboard : Open Education Europa (Commission européenne).