Monument aux morts pacifiste

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le monument aux morts de Gentioux: « Maudite soit la guerre ».

Certains monuments aux morts sont qualifiés de « pacifistes » car ils expriment clairement une opinion opposée à la guerre, ils contrastent avec les monuments centrés sur la glorification des héros morts pour leur patrie. Ces « monuments aux morts pacifistes » apparaissent essentiellement à l'issue de la Première Guerre mondiale qui se déroula principalement en Europe de 1914 à 1918.

Cette guerre a mis en jeu plus de soldats, provoqué plus de morts et causé plus de destructions matérielles que toute guerre antérieure. Plus de 60 millions de soldats y ont pris part[1],[2]. Pendant cette guerre, environ 9 millions de personnes sont mortes et environ 8 millions sont devenues invalides[3],[4].

Définitions d'un monument aux morts pacifiste[modifier | modifier le code]

Concernant l'historiographie de la Grande Guerre, le journaliste Jean Birnbaum indique qu'il existe deux points de vue différents avec une même interrogation :

« dans la boue, sous les obus, comment diable les soldats ont-ils tenu ?  ».

Selon les historiens proches de l'Historial de la Grande Guerre, « le sacrifice avait valeur d'évidence » pour la majorité des soldats, les poilus étaient globalement consentants, c'est le concept du consentement patriotique. « Trèves et mutineries ont été marginales. Tout le mystère est là : massivement, la chair à canon a accepté d'être de la chair à canon » indique l'historienne Annette Becker, fille de Jean-Jacques Becker qui dirige l'Historial de la Grande Guerre de Péronne avec Stéphane Audoin-Rouzeau[5].

Selon Annette Becker les monuments pacifistes sont rares, elle en estime le nombre à cinq ou six et en cite trois : le monument aux morts de Gentioux, dans la Creuse, celui d'Equeurdreville dans la Manche et le monument aux morts de Saint-Martin-d'Estréaux dans la Loire[6]. Annette Becker indique :

« La mémoire du conflit telle qu’elle s’incarne dans les monuments aux morts est symptomatique du prolongement de la culture de guerre dans l’après-guerre – patriotisme et esprit de sacrifice y sont toujours aussi présents – et de la nouveauté due au deuil immense : le pacifisme[7]. »

Un groupe d'historiens attaché notamment à nuancer la thèse du consentement patriotique a vu le jour en 2005 sous le nom de CRID 14-18. Il est présidé par Frédéric Rousseau et compte notamment comme membres Rémy Cazals, Nicolas Offenstadt, Denis Rolland, et Nicolas Mariot.

Pierre Roy, membre de la commission de la Fédération nationale de la libre pensée et coauteur de Autour des monuments aux morts pacifistes en France considère que les monuments peuvent se classer en 5 catégories «  les triomphalistes, les doloristes (femmes ou enfants en pleurs), les explicatifs, les pacifistes, les problématiques. Par «problématique», il faut entendre qu'il renvoie un message de paix, un poème par exemple, mais en même temps on voit un poilu le fusil à la main»[8].

Présentation de monuments aux morts pacifistes[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Au cours de la Première Guerre mondiale, la France a été sévèrement touchée avec 1 357 800 de tués et de disparus, soit 10 % de la population active masculine et 18 % des appelés et 4 266 000 blessés. Le nombre moyen de tués par jour chez les soldats français est de 900 (1 500 pour l'armée allemande). À la suite de cette hécatombe, quelques communes élevèrent des monuments aux morts condamnant explicitement la guerre.

Région Alsace[modifier | modifier le code]

Strasbourg, cérémonie du 11 novembre 2012
  • Le monument aux morts de Strasbourg, inauguré en 1937 par le président de la République Albert Lebrun, porte comme seule inscription « À nos morts » sans mentionner la patrie pour laquelle les soldats sont tombés. En effet, la région a été au gré des guerres tantôt allemande, tantôt française, et des Alsaciens sont tombés au combat des deux côtés. Pour honorer ces morts, il a été élevé une sculpture représentant une mère (symbolisant la ville de Strasbourg) tenant sur ses genoux ses deux enfants mourants, l'un Allemand et l'autre Français, ne portant plus d'uniformes pour les distinguer. Ils se sont combattus et devant la mort enfin ils se rapprochent. La sculpture a été réalisée par Léon-Ernest Drivier[9].

Région Auvergne[modifier | modifier le code]

  • Le monument aux morts de Riom situé dans le département du Puy-de-Dôme est dédié à la mémoire des poilus fusillés pour l'exemple. À l'aube du 4 décembre 1914, six soldats furent passés par les armes pour avoir simplement exécuté, sur ordre de leurs chefs, un repli tactique, qui avait permis d'économiser des vies humaines, sans faciliter l'avance des troupes allemandes. C'est aux six martyrs de Vingré et à ceux de Flirey, Fleury, Fontenoy, Montauville et Souain qu'est dédié le monument de Riom. Situé à proximité du carré militaire au sein du cimetière des Charmettes, il est inauguré le 11 novembre 1922. Il est inscrit sur le monument : « Aux victimes innocentes des conseils de guerre 1914 - 1918 et à celles de la Milice et de la Gestapo 1939 - 1944 ». Le monument est simple, de type obélisque, avec des inscriptions gravées en lettre d’or,mais sans aucun élément décoratif.
  • À Rocles dans l'Allier, sous la sculpture d'un visage d'enfant, il est inscrit « Apprenons à supprimer la guerre[10] »
  • À Meillard (Allier), une plaque est apposée sur le monument aux morts sur laquelle est gravée la phrase : « Maudite soit la guerre et ses auteurs »[11].
  • Sur celui de Lezoux, située dans le département du Puy-de-Dôme. Il est inscrit « Aux enfants de Lezoux, victimes de la guerre, à ceux qui ont combattu pour l'abolir ».
  • Le monument aux morts de Commentry situé dans le département de l'Allier, a été réalisé par le sculpteur Félix-Alexandre Desruelles. Il représente un paysan découvrant dans son champ, la tombe d’un soldat. L'homme se recueille, appuyé sur une faux. Il est inscrit sur le monument La ville de Commentry à ses enfants victimes de la guerre[12]. Ce monument peut être considéré comme un monument aux morts pacifiste[13].

Région Aquitaine[modifier | modifier le code]

Détail du monument aux morts d'Arcachon.
  • À Biron en Dordogne, le sculpteur allemand Jochen Gerz a réhabilité le monument aux morts, inauguré le 13 juillet 1996. « Qu'est-ce qui est, selon vous, assez important pour risquer votre vie ? » est la question posée aux habitants du village. Les réponses sont retranscrites sur des plaques fixées sur le monument. Les messages parlent d'amour, de peur, de paix[15]...

Région Basse-Normandie[modifier | modifier le code]

Monument aux morts d'Equeurdreville
  • Le monument aux morts d'Équeurdreville-Hainneville situé dans le département de la Manche. On retrouve cette même inscription « Que maudite soit la guerre » sur le monument en pierre qui représente la douleur et la souffrance d'une veuve de guerre et de ses deux enfants, orphelins. Le monument a été sculpté par Émilie Rolez à la demande du maire d'alors, Hippolyte Mars[18].

Région Bourgogne[modifier | modifier le code]

  • Sur celui de Gy-l'Évêque dans l'Yonne, on retrouve les inscriptions « Guerre à la guerre » et « Paix entre tous les peuples ». Le préfet fait traduire le maire devant le tribunal cantonal de Coulanges-la-Vineuse. Un jugement est rendu le 9 décembre 1923, le maire doit retirer la plaque. Le Conseil municipal fait alors graver les inscriptions pacifistes sur le socle[19].
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Région Bretagne[modifier | modifier le code]

  • Le monument aux morts de Tréguier dans les Côtes-d'Armor, est appelé « La Pleureuse ». Il a été réalisé par le sculpteur Francis Renaud. C'est Marie-Louise Le Put qui servit de modèle : elle a perdu sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale ses trois fils et son mari. Une autre pleureuse se trouve près du monument érigé au bourg de Penmarc'h (Finistère), à côté de l'église Saint-Nonnat.
  • Le monument de Pontrieux dans les Côtes-d'Armor montre une femme baissant la tete et le regard, tenant une brassée de fleurs. Il porte l'inscription "Pierre Lenoir".
  • René Quillivic (1879-1969) est un sculpteur breton qui réalisa en particulier dans le Finistère des monuments aux morts d'inspiration pacifiste. Ces modèles étaient souvent des habitants du village ayant perdu plusieurs enfants. Par exemple à Plozévet le vieil homme du monument est Sébastien Le Gouill, digne, mais anéanti par la perte de trois fils et deux gendres ; à Fouesnant le modèle est Marie Jeanne Nézet qui a perdu ses trois fils. Sa propre mère a souvent aussi servi de modèle comme pour le monument de Plouhinec (Finistère)[20].

Région Centre[modifier | modifier le code]

  • À Vierzon dans le Cher, un jardin Art déco, abrite le monument aux morts d'inspiration pacifiste inauguré en 1933 et œuvre du statuaire angevin Eugène-Henry Karcher[21]. Ce jardin est ceinturé par les grilles de la paix, ferronnerie représentant notamment des colombes. Cet aménagement porte le nom de jardin de l'abbaye ou Square Lucien Beaufrère, maire de Vierzon de 1929 à 1935, il est classé au titre des monuments historiques depuis 1996[22].

Région Champagne-Ardenne[modifier | modifier le code]

Monument de Balnot-sur-Laignes.
  • Pour Balnot-sur-Laignes située dans le département de l'Aube et la région Champagne-Ardenne, sur le monument aux morts on retrouve l'inscription de Gentioux « Maudite soit la guerre ».
  • Le 1er décembre 2007 a été inauguré à Suippes, située dans le département de la Marne, un monument à la mémoire des caporaux de Souain, soldats fusillés pour l'exemple le 17 mars 1915 à Suippes. La réalisation du monument a été confiée au sculpteur Denis Mellinger dit Melden. Il s'est inspiré d'un dessin de Jacqueline Laisné[23].
  • Le Monument aux morts de Sainte-Savine dans l'Aube a été inauguré le 12 novembre 1922 et recense tous les morts de la commune et de sa voisine La Rivière-de-Corps. En haut de sa face Sud a été gravée dans la pierre l'inscription "Guerre à la Guerre[24]".

Région Île-de-France[modifier | modifier le code]

  • À Levallois-Perret située dans le département des Hauts-de-Seine, proche banlieue de Paris, le monument aux pacifistes se trouve à l’intérieur du cimetière de Levallois ; « un combattant blessé agonise, un autre est agenouillé et, sur le socle, un jeune ouvrier rompt une épée ».
  • À Méréville en Essonne, un monument Art nouveau daté de 1921 en calcaire de Paris, représente une jeune femme debout, le front baissé, serrant sur sa poitrine, un casque de poilu. Le sculpteur est le toulousain Léo Laporte-Blairsy.

Région Languedoc-Roussillon[modifier | modifier le code]

  • Le monument d’Aniane dans l’Hérault où il y a une phrase en occitan : « La guerra qu’on vougut es la guerra a la guerra / Son morts per nostra terra et per touta la terra ». Soit : « la guerre qu’ils ont voulue est la guerre à la guerre / ils sont morts pour notre terre et pour toute la terre », c’est-à-dire pour toute l’humanité.
  • Le monument aux morts de Lodève située dans le département de l'Hérault de Paul Dardé. Quatre femmes symbolisent, grâce à leurs vêtements, les saisons (printemps, été, automne, hiver) mais aussi différentes classes sociales, au chevet d'un poilu mort, avec une femme effondrée sur sa dépouille et deux enfants.

Région du Limousin[modifier | modifier le code]

 La "pleureuse" à cape limousine, statue du monument aux morts classico-pacifiste de Châlus
La "pleureuse" de Châlus
  • Le monument de La Forêt-du-Temple, située dans le département de la Creuse, représente une femme. C'est un monument traditionnel sur la place du village. Son originalité se situe sur la face cachée de la stèle où figure le nom d'Emma Bujardet suivi de l’épitaphe « morte de chagrin ». C'est Alexandre Bujardet son mari qui finança en partie ce monument à condition que les noms de ses trois fils et celui de son épouse Emma Marie Antonia Bujardet, morte de chagrin après la perte de ses trois fils, soient inscrits sur ce monument.
  • Le monument aux morts de la commune de Gentioux est situé dans le département de la Creuse. Sur une stèle sont gravés les noms des 58 soldats morts pendant la guerre. En bas du monument, un écriteau indique : « Maudite soit la guerre ». Un orphelin au visage triste, habillé avec la blouse de l’écolier lève le poing en regardant les 58 noms gravés[26].
  • Le monument aux morts de Châlus, de style classico-pacifiste et sculpté par Henri Coutheillas, représente une "pleureuse" à cape limousine.

Région Midi-Pyrénées[modifier | modifier le code]

Le monument de Cazaril-Laspènes
  • Dans le département de Haute-Garonne le monument de Cazaril-Laspènes porte la mention « Maudite soit la guerre ».
  • Dans le Lot à Lavercantière le monument aux morts, situé au cœur du village, a été érigé en 1924. Ce monument a été réalisé par le sculpteur lotois Émile Mompart (1898-1972). Le sculpteur a représenté une humble femme, le visage baissé, les mains jointes dans une attitude de recueillement. Sur la base, deux faces sont sculptées et représentent des militaires. Il y est inscrit « Pauvres drôles » (de l'occitan drôlle, qui signifie enfant).

Région Nord-Pas-de-Calais[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Lille
  • Le monument d'Avion dans le département du Pas-de-Calais a été élevé pour sa partie centrale en 1924, puis les deux ailes latérales en 1948. Il y est inscrit : « La ville d’Avion à ses enfants, victimes civiles et militaires. Tu ne tueras point ». Le haut-relief est une représentation de la guerre sous les traits de Damia. L’inscription « Tu ne tueras point » est inspirée du décalogue.
  • À Auchel, dans le Pas-de-Calais, le sculpteur Félix-Alexandre Desruelles a réalisé un monument pour « Flétrir la guerre, chanter la paix » selon ses termes. Le monument se décompose en deux scènes : « La paix en pays noir » représentant la sérénité d'une famille de mineur et « L'humanité en deuil » symbolisant la barbarie de la guerre. Le monument a été inauguré en 1928[27].
  • Félix-Alexandre Desruelles réalisa aussi en 1930, le monument aux morts d'Arras, où une femme, symbole de paix, domine le monument.
  • À Esquerchin, dans le Nord, le monument aux morts représente une femme et son jeune fils. Du doigt, elle indique un nom sur l'obélisque. Aux pieds de l'enfant, une gerbe de fleurs qu'il est venu déposer.
  • À Lille, dans le Nord, le monument aux morts, inauguré devant le Palais Rihour le 22 mai 1927, consiste en un haut pan de mur portant trois tableaux : les Captifs, la Relève et la Paix. Il porte l'inscription suivante : « Aux lillois soldats et civils la cité a élevé ce monument afin de rappeler au cours des siècles l'héroïsme et les souffrances de ses enfants morts pour la paix ». L'architecte du projet est Jacques Alleman et le sculpteur Edgar Boutry[28].

Région PACA[modifier | modifier le code]

Monument aux morts de Mazaugues avec la phrase de Marx que citait Anatole France.
  • Deux monuments aux morts près de Nice : celui de Clans où il est inscrit « Maudits soient les responsables de la guerre et honneur à ceux qui ont travaillé pour la paix » et celui de Peille qui reprend le sixième commandement « Tu ne tueras pas ».
  • Il existe aussi le monument de Mazaugues dans le Var où est inscrit : « L’Union des Travailleurs fera la paix dans le monde / L’Humanité est maudite si, pour faire preuve de courage, elle est condamnée à tuer éternellement ». La première citation est de Marx, qu'Anatole France citait souvent, et la deuxième est de Jean Jaurès.
  • Sur le monument aux morts de Château-Arnoux situé dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, on retrouve l'inscription pacifiste « Pax, Vox Populi », titre du poème du maire Victorin Maurel gravé sur le monument. Ce monument représente un homme qui brise son glaive sur son genou, derrière lui une femme pleure. Au sommet, un globe terrestre est entouré d’un rameau.
PAX... VOX POPULI
Passant incline-toi devant ce monument !...

Vois cette femme en deuil montrant les hécatombes
Ses yeux taris de pleurs, scrutent au loin les tombes
Où dorment tant de preux, victimes du moment !...
Ils firent ces héros le solennel serment
De fermer à jamais les noires catacombes
Arrière, disent-ils, les obus et les bombes
Et sois bénie, ô paix, sœur du désarmement !...
Passant, incline-toi ! Regarde cette mère !...
Elle clame à son fils : « la gloire est bien amère
La gloire, ô mon enfant, est là, chez nos grands morts
Mais, sache désormais, que la guerre est un crime
Qu’elle laisse après elle, à de cuisants remords,
Ceux qui firent sombrer les peuples dans l’abîme.

    Victorin Maurel, maire de Château-Arnoux (1868-1935), instituteur.

Région Pays-de-la-Loire[modifier | modifier le code]

Région Picardie[modifier | modifier le code]

  • Sur le monument de Péronne, on trouve la célèbre Picarde maudissant la guerre réalisée par le sculpteur Paul Auban. D'esprit pacifiste, c'est une femme de pierre penchée sur un cadavre et qui tend son poing vengeur en direction d'invisibles responsables. Il fut inauguré le 20 juin 1926.
Monument de Haïm Kern
  • Le monument de Creil dans l'Oise avec une sculpture de Georges Armand Vérez, représentation allégorique de La Paix avec une inscription : « La paix se révélant à l'humanité[32] ».

Région Rhône-Alpes[modifier | modifier le code]

Dardilly : Contre la guerre.
  • À Saint-Appolinaire dans le Rhône se trouve la phrase connue de Paul Valéry : « La guerre est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui, eux, se connaissent mais ne se massacrent pas ».
  • Le monument aux morts de Saint-Martin-d'Estréaux situé dans le département de la Loire comporte trois panneaux avec une colonne. Une liste présente les morts de la guerre avec leur photo. Au milieu de ces noms, une pleureuse a été sculptée en bas-relief. Sur l'autre face du monument, trois panneaux résolument pacifistes. Un panneau affirme : « Si vis pacem, para pacem », soit « si tu veux la paix, prépare la paix ». Un second panneau se termine par « Maudite soit la guerre et ses auteurs ». Le troisième panneau dresse un bilan de la guerre, en détaillant les morts (12 millions) et les souffrances des peuples. Enfin avec l'inscription : « les Innocents au poteau d'exécution », il y est dénoncé le drame des soldats fusillés pour l'exemple. Afin de respecter le deuil des familles et celui de la patrie, le monument ne fut inauguré qu'en 1947. Ce texte fut l'objet, dans les années 1930, de dégradations dont furent accusés les membres de l'Action française[33].
  • À Dardilly située dans le département du Rhône, il est inscrit sur le monument : « Contre la guerre, à ses victimes, à la fraternité des Peuples » et « Que l'avenir console la douleur ».
  • À Termignon située dans le département de la Savoie : « La Pleureuse », œuvre du sculpteur genevois Luc Jaggi (1887-1976)[34],[26].
  • Le monument aux morts de Joyeuse en Ardèche où la sculpture est intitulée : Ce qu'il nous reste, elle est constituée d'un couple de paysans symbolisant la douleur après la perte d'un fils dont il ne leur reste que le casque [35].
  • Monument aux morts de Nyons dans la Drôme ; une allégorie de la Justice terrasse (ou seulement surplombe?) un soldat couché (ou blessé?) avec l'inscription : "le Droit prime la force".

Photographies de monuments aux morts français d'inspiration pacifiste[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Allemagne[modifier | modifier le code]

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, vu le débat politique et le pacifisme d'après-guerre, la plupart des monuments ont été dédiés à toutes les victimes de la guerre et non seulement aux soldats.

Détail du monument anti-guerre Mahnmal Bittermark, à Dortmund

Un monument de Dortmund, le Mahnmal Bittermark (de), a été inauguré en 1960. Il est considéré comme un lieu de mémoire central pour les Français morts en déportation ou aux travaux forcés. Un artiste français, Léon Zack, a conçu la présentation de la crypte.

Monument aux morts de Strümpfelbach (détail)

Dans le village de Strümpfelbach (commune de Weinstadt, près de Stuttgart), le monument dressé après la Première Guerre mondiale comportait l'inscription « Nie wieder Krieg ! » (« Plus jamais la guerre ! »). À l'époque national-socialiste, elle fut effacée. Puis après la Seconde Guerre mondiale, les autorités firent graver à nouveau le même texte.

Belgique[modifier | modifier le code]

Japon[modifier | modifier le code]

  • Au Japon, les villes martyres de Nagasaki et Hiroshima présentent de nombreux parcs et monuments pour la paix.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Autres pays[modifier | modifier le code]

  • A l'orée de l'an 2 000, année internationale de la Culture et de la Paix, proclamée par l'UNESCO, certaines communes se sont dotées d'un Monument de la Paix.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Danielle Roy, Pierre Roy, Autour de monuments aux morts pacifistes en France : histoire et présentation d'édifices de la mémoire pacifiste et laïque et évocation de leur actualité : rassemblements de commémoration et d'action contre la guerre, Suresnes, Fédération nationale laïque des Associations des amis des monuments pacifistes, républicains et anticléricaux,‎ 1999, 150 p. (ISBN 2951367422)
  • Danielle Roy, Pierre Roy, Maudite soit la guerre et ses auteurs : Saint-Martin d'Estreaux, Loire : les inscriptions pacifistes contemporaines du monument aux morts érigé en 1922 et leur initiateur Pierre Monot, maire de la commune : l'activité pacifiste laïque internationale d'aujourd'hui, Suresnes, Fédération nationale laïque des Associations des amis des monuments pacifistes, républicains et anticléricaux,‎ 2005, 240 p. (ISBN 2951886780)
    Nouvelle édition enrichie de l'ouvrage de 1999. (OCLC 123483814)
  • Philippe Coëpel, Que maudite soit la guerre ! Enquête sur un monument aux morts pacifiste, Bricqueboscq, Les Editions Des Champs,‎ 1997, 208 p. (ISBN 2910138089)
    Concerne Equeurdreville
  • Nicolas Offenstadt, Les fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective, 1914-1999, éditions Odile Jacob,‎ 1999

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Julián Casanova, « The Treaty of Versailles and its Consequences »,‎ 16 décembre 2002 (consulté en 23 décembre 2008)
  2. (en) Klaus J. Bade et Allison Brown, Migration in European History, Blackwell,‎ 2003, 167 p. (ISBN 0631189394)
  3. Encyclopédie de la Grande Guerre 1914-1918, Paris, Bayard,‎ 2004 (ISBN 2-227-13945-5)
  4. (en) Michael Duffy, « Military Casualties of World War One »,‎ 2 mars 2006 (consulté en 23 décembre 2008)
  5. Jean Birnbaum - 1914-1918, guerre de tranchées entre historiens Le Monde 10 mars 2006
  6. Annette Becker Les Monuments aux morts : patrimoine et mémoires de la grande guerre, Paris, Ed. Errance, 1988.
  7. Histoire par l'image : Les monuments aux morts de la Grande Guerre
  8. Didier Latapie, Decazeville. Un monument aux morts pacifiste d'une réelle valeur La Dépèche, 22 septembre 2012
  9. Jean Daltroff, Henry Lévy, Initiateur du Monument aux morts place de la République à Strasbourg Extrait de l'Almanach du KKL-Strasbourg, 2005
  10. Détail du monument de Rocles
  11. Hervé Moisan, 1914-1918 : Dans l’Allier, plusieurs monuments aux morts peuvent être considérés comme pacifistes La Montagne, 13 novembre 2011
  12. Le monument aux morts de Commentry
  13. 1914-1918 : Dans l’Allier, plusieurs monuments aux morts peuvent être considérés comme pacifistes La Montagne, 13 novembre 2011
  14. (fr) Ernest Gabard, Carnet de guerre
  15. (fr) « Jochen Gerz : Le Monument vivant de Biron », sur www.farm.de (consulté le 25 juin 2010)
  16. (fr) Le monument aux morts de Quinsac
  17. Le monument d'Arcachon
  18. (fr) Le monument aux morts d'Équeurdreville
  19. "Guerre à la guerre", le monument aux morts à caractère pacifiste de Gy l’Evêque à Gy-l'Évêque (89) Numéro du petit patrimoine : 89199_3
  20. Le patrimoine des communes du Finistère, éditions Flohic 1998, tome 2, p. 1172-1173
  21. (fr) Le Square Lucien Beaufrère
  22. Week end : Square Lucien Beaufrère, Vierzon, promenade France Tv.fr
  23. Le souvenir de la 1ère GM en Champagne-Ardenne - Le monument des caporaux de Souain à Suippes présenté par Jean-Pierre Husson
  24. (fr) Petit journal du patrimoine réalisé par la classe de 6e2 du Collège Paul Langevin à Sainte-Savine
  25. (fr) Monuments aux morts pacifistes : Paul Dardé, sculpteur des monuments de Lodève et Clermont-l'Hérault en Languedoc-Roussillon .
  26. a et b Le groupe Ardéchois "L'espoir Williams" met ce monument aux morts à l'honneur dans le titre "Gentioux et Termignon" tiré de l'album "Les Rongeurs" (2010).
  27. Les monuments aux morts. France -Belgique
  28. Les monuments aux morts lillois La Voix du Nord, 15 décembre 2008
  29. Les monuments aux morts sculptés en France, monument de 1924, sculpteur Raoul Josset, architectes Jean Charavel, Robert Enault, Marcel Melendes. Le soldat mort représente François de Robien, fils du maire de la commune, le comte André de Robien.
  30. Paul Landowski La pierre d'éternité. L'ouvrage a été publié en 2004 à l'occasion de l'exposition «  Paul Landowski La pierre d'éternité  » présentée à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne dans la Somme. Pages 13 à 23
  31. (fr) Le discours intégral du Premier ministre en 1998
  32. Source : archivesdépartementales 2 O 3279
  33. Gérard Corneloup, Mais oui, il existe des monuments aux morts pacifistes Le Progrès, 11 novembre 2012.
  34. (fr) Page officielle de Termignon
  35. (fr) Monument aux morts de Joyeuse (Ardèche)— Histoire de ce monument pacifiste, biographie de chaque victime, histoire des régiments...
  36. Musée royal de l'Armée et d'histoire militaire, Mémoire et monuments. Quand les pierres racontent l'histoire. Dossier pédagogique, Bruxelles, s.d.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Monument aux morts pacifiste.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]