Le Monument vivant de Biron

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Le Monument vivant de Biron
Artiste Jochen Gerz
Date 1996
Type Monument aux Morts
Technique Work in progress
Localisation Biron (France)
Coordonnées 44° 36′ 01″ N 0° 53′ 43″ E / 44.60039, 0.895195 ()44° 36′ 01″ N 0° 53′ 43″ E / 44.60039, 0.895195 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Le Monument vivant de Biron

Le Monument vivant de Biron est une œuvre de Jochen Gerz, inaugurée le 13 juillet 1996, situé dans la commune de Biron, dans le Périgord, en Dordogne. C'est une rénovation de l'ancien monument aux morts du village.

Commande publique[modifier | modifier le code]

En 1992, le maire de Biron, Marc Materra, constate que l'ancien monument aux morts (obélisque édifié en 1922 avec les noms des morts de la Première et Seconde Guerres mondiales) est délabré et que plus personne n'y fait attention. Il lance alors un appel d'offre[1] relayé par le ministère de la Culture, et c'est l'artiste Jochen Gerz, né en 1940 et installé à Paris depuis 1966, qui est choisi pour restaurer le monument et qui mène le projet, avec l'aide des étudiants des Beaux-Arts de Bordeaux[2].

Conception[modifier | modifier le code]

Interviews et réalisation[modifier | modifier le code]

Jochen Gerz fait passer un entretien à chaque habitant du village[3]. Il glisse une question secrète dans l’interview : « Qu'est ce qui serait assez important, selon vous, pour risquer votre vie ? ». En vérité, on ignore la question, mais c'est une déduction à la suite de la lecture des réponses. Puis il grave les réponses[4] sur des plaques en fer émaillé qui sont disposées de façon aléatoire et anonyme sur le monument restauré. Toute cette démarche ainsi que la diversité, la spontanéité et la sincérité des réponses constituent l’œuvre[1].

Comme Jochen Gerz le confie dans une interview[1], les gens l'ont vu écrire, ligne après ligne, page après page dans un cahier essayant de les suivre, leur demandant parfois de s'arrêter. Ils ont vu ce qu'il écrivait et comment il écrivait. « Parfois c'était un dialogue plutôt qu'une interview ». Il ôtait huit heures par jour au moins chez les gens, pendant les deux semaines.

Partage de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Ce monument s'adresse à deux publics : les touristes et les habitants du village. Il incite à réfléchir, à l'échange des points de vues entre les habitants de Biron, à la réflexion des touristes.

Ainsi l'ancien monument aux morts ne cessera de changer car Gerz a confié la question à un vieux couple qui est chargé de la poser aux nouveaux habitants et aux habitants du village qui ont dix-huit ans[5]. C'est le principe du Work in Progress. S'il n'y a plus de place, les nouvelles plaques seront disposées par terre. Ce monument aux vivants permet de ne pas oublier les horreurs de la guerre et les soldats morts au combat. Il diffère des monuments classiques, ce qui attire l'œil, entraîne la discussion, et finalement empêche l'oubli.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jochen Gerz : Le Monument vivant de Biron, interview de Guillaume Hillairet, Jan Kopp et Véronique Loock.
  2. Le Monument vivant de Biron.
  3. À l'époque, il y en avait 127, donc il y avait 127 réponses quand le Monument vivant a été inauguré.
  4. Les 127 réponses plaquées sur le monument à l'époque.
  5. « La question se réfère à un vécu, il faut pouvoir se retourner sur le passé. C'est pour cela qu'elle a été posé à des majeurs », confie J. Gerz lors d'une interview.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]