Monument à la République

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Monument à la République
Image illustrative de l'article Monument à la République
Vue générale du monument en 2011.
Artiste
Date 1883
Type Bronze, pierre
Technique Sculpture
Dimensions (H) 25 m ; 13 m de diamètre
Localisation Place de la République, Paris (France)
Coordonnées 48° 52′ 03″ N 2° 21′ 50″ E / 48.8675, 2.363848° 52′ 03″ N 2° 21′ 50″ E / 48.8675, 2.3638  

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Monument à la République

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Monument à la République

Le Monument à la République, dit aussi Statue de la République, est un ensemble statuaire monumental, œuvre de Léopold Morice. Inaugurée en 1883 sur la place de la République à Paris, en France, elle représente une allégorie de la République.

Description[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Le monument s'élève au centre de la place de la République, exactement au point de rencontre des 3e, 10e et 11e arrondissements, à peu près dans le prolongement de la rue du Temple (au sud-ouest) et de la rue du Faubourg-du-Temple (au nord-est).

L'œuvre est constituée d'une allégorie de la République en bronze de 9,5 m de hauteur, érigée sur un piédestal en pierre de 15,5 m de haut et environ 13 m de diamètre au niveau du sol[1]. Le piédestal comporte trois statues en pierre, allégories de La Liberté, de L'Égalité et de La Fraternité. Sous ces statues, tout autour du piédestal, un ensemble de douze hauts-reliefs en bronze représentent des dates marquantes de la République française. Une statue de lion en bronze, symbolisant Le Suffrage universel, est placée au pied de la statue, sur quelques marches.

Au niveau du sol, le monument est entouré d'un bassin cylindrique, d'environ 1 m de large, ajouté en 2013.

Statue de la République[modifier | modifier le code]

Le sommet du piédestal est occupé par une statue en bronze, haute de 9,5 m, symbolisant la République ou Marianne. Elle est représentée debout, vêtue d'une toge et ceinte d'un baudrier sur lequel est fixée une épée. Elle est coiffée à la fois du bonnet phrygien, symbole de liberté, et d'une couronne végétale.

Dans sa main droite, la statue porte un rameau d'olivier, symbole de paix. Sa main gauche repose sur une tablette portant l'inscription « Droits de l'Homme ».

Piédestal[modifier | modifier le code]

Le socle sur lequel repose la République, en pierre, mesure 15,5 m de hauteur. Il est l'œuvre de l'architecte Charles Morice, le frère de Léopold, et est constitué de deux parties cylindriques distinctes : une partie inférieure, d'environ 4 m de haut et plus large, et une partie supérieure, plus étroite mais plus haute. Cette colonne, qui sert directement de piédestal à la République, est ornée sous les pieds de celle-ci, successivement, d'une guirlande de bronze qui en fait le tour, des armoiries de Paris et de l'inscription « À la gloire de la République Française - La ville de Paris - 1883 ».

La colonne sert de dossier à trois statues en pierre, chacune allégorie d'un terme de la devise Liberté, Égalité, Fraternité :

  • La Liberté est assise à la gauche de La République. Elle porte un flambeau dans la main gauche, tandis que sa main droite est posée sur son genou, tenant une chaîne brisée[2]. En arrière-plan, un chêne est sculpté en relief dans la colonne.
  • L'Égalité tient dans sa main droite le drapeau de la République, dont la hampe est marquée des initiales « R.F. », et dans la gauche un niveau de charpentier, symbole d'égalité.
  • La Fraternité est un groupe statuaire, orienté dans la direction opposée à la République. La Fraternité est représentée par une femme posant son regard bienveillant sur deux enfants en train de lire un livre. Une gerbe de blé et un bouquet évoquent l'abondance.

Deux médaillons marqués « Labor » (le travail) et « Pax » (la paix), ornés de faisceaux de licteur, se trouvent respectivement entre La Liberté et La Fraternité, et entre La Fraternité et L'Égalité.

Hauts-reliefs[modifier | modifier le code]

Le piédestal de pierre est ceint de douze hauts-reliefs en bronze[3], reliés par des rosaces, disposés à la hauteur du regard des passants. Ils constituent une chronologie d'événements marquant l'histoire de la République française, entre 1789 et 1880 :

Lion[modifier | modifier le code]

Le Lion.

Au niveau du sol, un lion en bronze de 3 m de hauteur ajoute sa force à celle du suffrage universel représenté par une urne en bronze.

Historique[modifier | modifier le code]

Alfred Roll, Le 14 juillet 1880, inauguration du Monument à la République (1882), Paris, Petit Palais.

Avant son ouverture, la place de la République correspond au bastion de la porte du Temple dans l'enceinte de Charles V. Elle prend sa forme actuelle au cours du XIXe siècle, particulièrement suite aux travaux d'urbanisme d'Haussmann sous le Second Empire. En 1811, elle est ornée de la fontaine du Château d'eau, œuvre de Pierre-Simon Girard, et prend le nom de place du Château-d'Eau. Cette fontaine est déplacée à La Villette en 1875 (sur l'actuelle place de la Fontaine-aux-Lions) et remplacée par une deuxième fontaine du Château d'eau, plus grande et réalisée par Gabriel Davioud.

En 1878, le conseil de Paris, à majorité radicale, propose l'érection d'un monument à la République dans l'est parisien ; la commande est effectuée en 1879. Quelques années après la Commune, l'administration de Paris est essentiellement du ressort du préfet de la Seine, nommé par le gouvernement français ; le conseil de Paris tente de marquer son indépendance en demandant une République munie d'un bonnet phrygien, malgré l'interdiction officielle d'une telle représentation[4]. Le concours est remporté par les frères Morice, Léopold pour la statuaire et Charles pour le socle. Le projet de Jules Dalou, arrivé second, est néanmoins commandé par la Ville de Paris pour la réalisation d'un monument érigé sur l'actuelle place de la Nation, Le Triomphe de la République, inauguré en 1899[5].

La nouvelle statue remplace la fontaine de Davioud, réinstallée place Félix-Éboué. Le 14 juillet 1880, un modèle en plâtre du monument est inauguré sur la place. Un tableau d'Alfred Roll, achevé en 1882, commémore cette inauguration[6]. Le monument définitif en bronze est inauguré trois ans plus tard, le 14 juillet 1883.

En 1889, six ans après l'inauguration, la place est renommée place de la République. La statue alors entourée par quatre grands porte-oriflammes de 25 m de haut au socle en bronze, retirés en 1988, car risquant de s'effondrer en cas de fortes tempêtes[7]. La rénovation de la place, en 2013, entoure le socle du monument d'un bassin cylindrique.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « La République se dévoile », Mairie du 3earrondissement de Paris
  2. C'est une représentation inverse de celle de la statue de la Liberté d'Auguste Bartholdi, contemporaine, qui tient son flambeau dans la main droite et qui foule la chaîne brisée de ses pieds.
  3. Œuvres de Léopold Morice, ils sont parfois attribués par erreur à Jules Dalou.
  4. Neil McWilliam, Lieux de mémoire, sites de contestation. Le monument public comme enjeu politique de 1880 à 1914, Éditions du Patrimoine,‎ 2004
  5. « Le Triomphe de la République », Petit Palais
  6. « Le 14 juillet 1880, inauguration du monument à la République », Petit Palais
  7. « Histoire de la place de la République », Place de la République 2013