Monument à Balzac (Rodin)

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Monument à Balzac
Image illustrative de l'article Monument à Balzac (Rodin)
Monument à Balzac, musée Rodin, jardin de l'hôtel Biron, Paris.
Artiste Auguste Rodin
Date 1897
Type Bronze
Technique Sculpture
Dimensions (H × L) 2,70 m × 1,20 m
Localisation Musée Rodin, Paris()

Le Monument à Balzac (aussi intitulé le Balzac de Rodin) est une statue de bronze réalisée par Auguste Rodin entre 1891 et 1897 qui représente l'écrivain Honoré de Balzac. L'autre version en bronze de l'œuvre est visible depuis 1939 sur le boulevard Raspail à Paris, légèrement avant le croisement avec le boulevard du Montparnasse[1].

La commande[modifier | modifier le code]

Le premier à lancer l'idée d'un monument à Balzac est Alexandre Dumas père, immédiatement après la mort de Balzac[2]. Le projet abandonné n'est relancé qu'en 1885 sur l'intervention d'Émile Zola, sollicité par Norbert Gœneutte et Champfleury, la Société des gens de lettres dont Zola est président commande un monument à Balzac au sculpteur Henri Chapu, qui n'aura pas le temps d'exécuter son œuvre : il meurt en 1891[3]. Le projet prévoyait une statue de trois mètres de hauteur, livrable en 1893. Zola charge Rodin de reprendre le projet qu'il accepte avec enthousiasme.

Recherches et études pour le Balzac[modifier | modifier le code]

Rodin se livre à des études et à des recherches iconographique sur tout ce qui concerne les représentations de Balzac. Il trouve en bibliothèque des lithographies, et voit au musée de Tours le portrait au pastel de Joseph-Désiré Court et celui de Louis Boulanger. Le photographe Nadar lui confie un daguerréotype de Balzac pris par Bisson en 1842. Rodin va à Bruxelles pour observer la main de Balzac moulée d'après nature[4]. Il voudrait faire un Balzac vêtu d'une robe de moine semblable à sa robe de chambre[5]. Il se lance tout d'abord dans des études de nu de Balzac pour lequel il fera une trentaine d'essais et dont un exemplaire se trouve au Musée d'Orsay[3]. Ces études sont la cause du retard que prend le travail de Rodin. En 1893, le Comité des gens de lettres est choqué par l'aspect inachevé de ces études et par le retard de Rodin. En 1897, le même comité le met en demeure de livrer la statue de Balzac. Ce qu'il fait finalement : il l'expose au salon de 1898[3].

Le scandale en pleine affaire Dreyfus[modifier | modifier le code]

Le scandale est retentissant. Jean Aicard, le nouveau président de la Société des gens de lettres refuse la statue. Le collectionneur français Auguste Pellerin, et l'avocat belge Edmond Picard proposent d'acheter l'œuvre. Les amis et les admirateurs de Rodin ouvrent une souscription, Cézanne fait partie des souscripteurs pour montrer qu'il n'y a pas que des dreyfusards dans les amis de Rodin[6]. En effet, la polémique sur le monument à Balzac de Rodin a éclaté un mois avant la condamnation de Dreyfus. Elle est qualifiée par Serge Gérard de « seconde affaire Dreyfus »[7]. Et comme Rodin est un ami de Zola, certains esprits s'échauffent non plus sur l'œuvre d'art, mais sur une portée politique qu'ils y voient : il n'y aurait que des dreyfusards parmi les souscripteurs[6]. Et inversement, Georges Clemenceau se retire de la liste des souscripteurs parce que Rodin a fait maladroitement remarquer qu'il craignait qu'il n'y eût que des dreyfusards parmi ses soutiens financiers[6].

Rodin et Falguière[modifier | modifier le code]

Auguste Rodin par Alexandre Falguière à gauche, et Falguière par Rodin à droite, Glyptothèque Ny Carlsberg (Copenhague).

Rodin refuse de se laisser enfermer dans des querelles politiques. Il rembourse les sommes perçues et se retire à Meudon. La statue de Balzac est alors commandée à Alexandre Falguière, ami proche de Rodin, qui, lorsque le Balzac de Rodin sera de nouveau présenté au salon de 1899, lancera un défi aux mauvais esprits : il exécute un buste de Rodin cependant que Rodin fait un buste de Falguière. Ceci pour bien montrer que la querelle autour du Balzac de Rodin n'a pas entamé leur amitié[6]. Alexandre Falguière avait déjà pris la défense de Rodin à Bruxelles lorsque celui-ci avait été accusé injustement de vil moulage au sujet d'une autre œuvre[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site du Musée Rodin, Consulté le 30 mars 2011.
  2. Gérard 2004, p. 65
  3. a, b et c Monneret 1987, p. 775
  4. Hélène Pinet, Rodin les mains du génie p. 66
  5. Monneret 1987, p. 774
  6. a, b, c et d Monneret 1987, p. 776
  7. Gérard 2004, p. 65
  8. Noël et Houmon 2006, p. 139

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]