Montureux-et-Prantigny

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Montureux-et-Prantigny
Pont de Prantigny
Pont de Prantigny
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Département Haute-Saône
Arrondissement Vesoul
Canton Autrey-lès-Gray
Intercommunalité Communauté de communes des quatre rivières
Maire
Mandat
Guy Chevillot
2014-2020
Code postal 70100
Code commune 70371
Démographie
Population
municipale
203 hab. (2011)
Densité 17 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 30′ 14″ N 5° 38′ 20″ E / 47.5038888889, 5.6388888888947° 30′ 14″ Nord 5° 38′ 20″ Est / 47.5038888889, 5.63888888889  
Altitude Min. 190 m – Max. 246 m
Superficie 12,18 km2
Localisation

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Montureux-et-Prantigny est une commune française, située dans le département de la Haute-Saône en région Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Montureux-et-Prantigny
Oyrières Vereux
Chargey-lès-Gray Montureux-et-Prantigny Beaujeu-Saint-Vallier-Pierrejux-et-Quitteur
Rigny

Histoire[modifier | modifier le code]

Sa position sur un promontoire domine la vallée de la Saône, à 8 km au nord de l'ancienne ville fortifiée de Gray (Haute-Saône), et en a fait un point stratégique important au cours de différentes époques.

Époque romaine[modifier | modifier le code]

L'implantation dès l'Antiquité de population sur la hauteur de Montureux et dans ses environs a été constatée par un objet trouvé à la carrière du chemin de Chargey, par Monsieur J.F. Pothiat en 1885 et représentant un buste d'homme grossièrement taillé en calcaire. Sur la carte romaine de la Franche-comté, l'emplacement actuel du village est identifiable sous le nom de mons turris « mont de la tour ». Le lieu aurait été occupé successivement par les Gaulois, les Romains, les Burgondes puis les Francs. À l'époque gallo-romaine, des laboureurs construisirent des maisons dans le bas de la Côte, à proximité des sources qui se trouvent à cet endroit, la Duy, la Grande Fontaine, la source Saint-Martin (fontaine du Quart), la fontaine Laillet.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

À l'époque du partage du pays par les Burgondes, vers 450, ceux-ci se seraient établis directement au-dessus et vis-à-vis du nouveau village dans la partie haute actuelle. Un sarcophage a été trouvé dans le lieu-dit de la Vigne de l'Etang au bas du Cras en 1858.

Selon l'Abbé Mouton (« Histoire d'Autrey »), Montureux ainsi qu'une grande partie des villages voisins, Autrey, Montot, Fouvent, appartenait à la famille des « Preux de Vergy ». Ces seigneurs y avaient bâti un château fort dans la partie haute du village à un kilomètre environ de l'ancien fort romain. Montureux fut un fief tenu par le sire de Vergy jusqu'en 1418. La famille des De Mandre qui devinrent leurs vassaux, furent chargés de l'administration de leur seigneurie. Le premier de cette maison que mentionne l’histoire de Franche-Comté, est Jean de Mandre, écuyer, qui, soutenu par Guyot d’Aurain, fit la guerre à Jean de Chauvirey, vers 1356.

Famille très ancienne, les De Mandre possédaient un domaine féodal important autour de Montureux, incluant les communes actuelles de Véreux, de Prantigny, de Chauvirey, d’Autel, de Montarlot, de la Tour-du-Bois et de l’Aigle. Noblesse d'épée, ses membres sont cités dès les années 1111 et 1115 parmi les membres de la confrérie de Saint Georges et dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ils sont souvent qualifiés « hauts et puissants seigneurs », dans les titres anciens et dans les épitaphes, comme on peut le voir sur leurs pierres tombales qui subsistent dans la nef de l'église de Montureux.

Renaissance[modifier | modifier le code]

Les seigneurs de Montureux ont occupé diverses fonctions à l'époque des ducs de Bourgogne. En 1476, Claude de Mandre est cité dans l'armée de Charles le Téméraire, lors de sa campagne militaire contre les cantons suisses. Au début du XVIe siècle, la Franche-Comté devient partie intégrante des possessions de l'empereur Charles Quint et la maison des De Mandre se met au service des Habsbourg. Jean de Mandre, est cité comme Prévôt de Langres en 1402. Le fils de Claude de Mandre, le célèbre Guillaume de Mandre[1], fut fait chevalier de la main de Charles Quint et il est cité dans sa suite lors de son couronnement à Bologne en 1511. Il fit restaurer le château de Montureux en 1560, et y mourut neuf ans après. Lors de la démolition de l'ancienne église de Montureux en 1848, on a relevé sa tombe et on y a retrouvé son épée. Cette épée a été donnée par le Curé Denomey au Baron Eugène de Villate de Vereux. Humbert Ier, cité comme chevalier de Saint-Georges en 1569, fut capitaine de la garnison de Besançon, comme lieutenant de François de Vergy, gouverneur de la province sous le règne de Philippe II d'Espagne. Il mourut en 1585. Lors des guerres de religion de la seconde moitié du XVIe siècle, Montureux a été pillé par des mercenaires allemands luthériens.

XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Montureux passa sous domination française en 1674 lorsque Louis XIV vint faire le siège de la ville fortifiée de Gray à 8 km au sud. Les De Mandre ayant pris le parti de l'Espagne et la province étant au bord de la guerre civile entre loyalistes et pro-français, Louis XIV fit raser le château médiéval de Montureux, exila les De Mandre et confisqua leurs terres par décret du parlement (3 mai 1681). Les ruines du château subsistèrent jusqu'au début du siècle suivant, mais il existe encore des vestiges de cave et un puits. Un manoir plus tardif, construit en 1707 par Valentin Raclot et remanié vers 1880, fut érigé à la place, dominant la place à l'entrée du bourg. Il appartient toujours aux descendants des Raclot : la famille Poirier-Lauvin. Quant à la seigneurie de Montureux, elle fut adjugée au cours des années 1680 à un magistrat de Gray, pro-français, Antoine Jobelot[2]. Les Jobelot se firent édifier au XVIIIe siècle un autre château, plus proche de la Saône, dans lequel Voltaire serait venu séjourner à plusieurs reprises lors de ses trajets entre Paris et sa résidence de Ferney. L'édifice a aujourd'hui disparu. Il n'en reste que le pigeonnier et la grille d'entrée.

La guerre franco-allemande (1870-1871)[modifier | modifier le code]

L'abbé Pierre Joseph Denomey, curé de Montureux de 1842 à 1895 a été témoin du déferlement de troupes allemandes sur Montureux-et-Prantigny[3]:

« Le 26 octobre 1870, par suite de la guerre si malheureusement déclaré par le gouvernement de Napoléon III à la Prusse, le département de la Haute-Saône ayant été envahi par cette puissance, les maisons de Montureux ont été remplies de militaires, ainsi que le 27. La cure, en deux jours, a logé 25 chevaux et 13 hommes. Ce jour-là et les suivants, on a pris toute l'avoine qu'on a trouvée dans les maisons. Les voitures et les chevaux des cultivateurs ont été requis pour la conduite de l'avoine et des militaires. Le dimanche 30 octobre, nous avons vu remonter en direction de Jussey des milliers de soldats. Le défilé dure de 9 heures à 11 heures 15 et de 1 heure à 3 heures du soir. On a estimé ces différents passages de 15 à 20 000 hommes. Nous n'avons célébré la sainte messe qu'à 11 heures et demie en présence de 6 personnes. L'armée prussienne est redescendue en direction de Gray, le lendemain 31 octobre et le jour des Morts. Depuis ce moment, nous avons vu passer les soldats tous les jours en petit nombre. Ils venaient faire des réquisitions de chevaux, voitures, pain, vin, paille... La dernière semaine de 1870, tous les jours, ils sont remontés en si grand nombre qu'on a estimé les passages de la semaine à 48 000 hommes. Un jour, Montureux a logé 2700 hommes. Le dernier jour de l'année a été désolant. Une colonne de 6000 hommes est arrivé de Gray à Montureux vers 3 heures, a cerné le village, lui a demandé 25 900 Francs à fournir en 2 heures, sans quoi il serait pillé ou brûlé, alléguant qu'on avait coupé un poteau du télégraphe sur le territoire de la commune (c'étaient les soldats qui l'avaient coupé). Aussitôt, ces barbares se sont mis à leur œuvre inhumaine et injuste. Pendant que les uns faisaient sortir le bétail des écuries, les autres parcouraient les maisons, la baïonnette à la main, soutirant tout l'argent qu'ils pouvaient. Ils ont enlevé 1100 Francs et 37 bœufs qu'ils ont emmenés au milieu de leur colonne avec [en otage] Monsieur Chapuis et Monsieur Nicolas Raclot, maire. Ceux-ci ont été renvoyés le lendemain depuis Dampierre, grâce à l'intervention de Messieurs Couyba, Pratbernon et Dornier qui ont intercédé directement en leur faveur auprès du général Werder. 12 jours après, Monsieur Chapuis mourait d'apoplexie. Monsieur Raclot succombait également le 28 juillet 1871 des suites de son arrestation [à son retour de captivité]. Le 19 janvier 1871, les Prussiens ont encore pris 8 pièces de bétail, 36 sacs d'avoine et beaucoup de pain. Déjà à leurs passages des 26 et 27 octobre, ils avaient pris 11 bœufs ».

En mai 1871, une épidémie de typhus frappa également le village.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
avant 2005 réélu en 2008[4] Guy Chevillot    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune de Montureux-et-Prantigny comptait 203 habitants. À partir du XXIe siècle siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Les autres « recensements » sont des estimations.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
406 459 492 458 612 619 616 599 575
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
545 559 518 482 445 446 372 414 380
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
366 328 324 292 298 284 243 226 249
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
208 214 186 216 203 207 238 245 209
2011 - - - - - - - -
203 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Montureux comporte des monuments historiques dont son lavoir, datant du XVIIe siècle et son église datant de la seconde moitié du XIXe siècle, construite à l'emplacement d'un édifice religieux plus ancien. L'église, caractérisée par son clocher carré couvert en flèche, son portail flamboyant surmonté d'une vierge en Piéta, de trois nefs et de trois travées voûtées d'ogives sur piliers orthogonaux, comme la décrit le dictionnaire des communes de Haute-Saône, fut construite de 1849 à 1852. Le mécanisme de l'horloge date de 1855 comme l'atteste une plaque de cuivre sur l'appareil « Exécuté par Mr Swilgue auteur de l'horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg, M. Nicolat Raclot étant maire ». Le conseil municipal par décision du 17 octobre 1959 a décidé l'électrification des cloches ce qui a été réalisé au premier trimestre 1960. La toiture du clocher, décorée de tuiles de couleur vernies, selon la tradition franc-comtoise a été rénové en 1997. Les vitraux ont été restaurés en 2003.

Sur le côté droit de l'église, un calvaire très ancien est à remarquer puisque les figures qui y sont sculptées ont perdu leur tête à la Révolution. Quatre croix furent construites en 1858 aux quatre coins du village pour préserver Montureux des épidémies de choléra. Ces croix étaient appelées « croix blanches ».

L'ancien château de style Renaissance ayant appartenu à la famille des De Mandre a été détruit sur l'ordre de Louis XIV. Un manoir plus tardif datant de 1707 et remanié vers 1880 est érigé à la place, dominant la place à l'entrée du bourg. Il existait au XVIIIe siècle un autre château, plus proche de la Saône, appartenant à la famille des Jobelot. L'édifice aujourd'hui disparu était situé au milieu d'un parc de 6  ha Il n'en subsiste que le pigeonnier et la grille d'entrée, classée sur l'inventaire des monuments historiques, comme étant l'œuvre de maîtres de forges, savoir-faire typiquement franc-comtois aux XVIIIe et XIXe siècles.

Le haut-fourneau a été créé vers 1690 par la famille Jobelot. C'est à cette occasion que le cours de la DUY a été détourné de son tracé naturel et que la raie du fourneau a été construite. En 1774, le haut-fourneau appartenait toujours à la famille Jobelot. Vers 1850, le fourneau produisait 3 200 quintaux de fonte par jour.

La tuilerie, appartenant à la famille Janicot, produisait environ 150 000 tuiles par an. Les tuiles et les briques avaient une renommée très étendue. La tuilerie fut établie en 1821 par François Bardet, le séchoir dans la même année et l'atelier vers 1830.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Abbé Coudriet et Abbé Chatelet, « Histoire de Jonvelle - De Mandre », sur Wikisource (consulté le 29 février 2012)
  2. MM. GATIN et BESSON, Histoire de Gray, p. 231
  3. Abbé Pierre Joseph Denomey, curé de Montureux de 1842 à 1895, « Témoignage de l'abbé PJ Denomey sur la guerre franco-allemande de 1870-1871 », sur Histoire de Montureux-et-Prantigny (consulté le 1er mars 2012)
  4. Préfecture de Haute-Saône, Liste des communes de Haute-Saône, publiée le 23 janvier 2013, consultée le 18 juillet 2013
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]