Montferrand (quartier)

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Montferrand

Montferrand était du XIIe siècle à 1630 une cité comtale. Montferrand est aujourd'hui un quartier de la ville de Clermont-Ferrand.

La cité de Montferrand[modifier | modifier le code]

La porte des centaures, Hôtel d'Albiat.

La cité de Montferrand, ancienne bastide[1], était une cité comtale d'Auvergne, rivale pendant plusieurs siècles de la ville de Clermont, cité des évêques, et unie à cette dernière le 15 avril 1630 par l'édit de Troyes (premier édit d'Union). Cette union fut confirmée et rendue effective en 1731 par Louis XV avec le deuxième édit d'union. Désireuse de garder son indépendance, la ville de Montferrand fera trois demandes d'indépendance en 1789, 1848 et 1863.

Les habitants du quartier de Montferrand sont appelés les Montferrandais et se surnomment les Mulets Blancs.

Histoire[modifier | modifier le code]

La création et l'essor, XIIe - XIVe siècles[modifier | modifier le code]

Créée au XIIe siècle par les comtes d'Auvergne, face au pouvoir de Clermont, ville de l'évêque, Montferrand va connaitre un quadruple essor :

  • Cité Franche, avec la Charte des libertés donnée par la Comtesse G. vers 1195, qui lui permet de s'administrer elle-même par des consuls élus chaque année ;
  • Place forte militaire avec des remparts lui permettant de se défendre face à Clermont, à l'insécurité engendrée par les "routiers" ou par les guerres civiles ou religieuses (Fronde, Ligue, ...)
  • Centre commercial avec le commerce, les foires et marchés, l'activité agricole et viticole (moulins, vignobles, ...)

La ville royale, XVe - XVIIe siècles[modifier | modifier le code]

La constante fidélité au Roi permet à Montferrand d'exercer des pouvoirs royaux (Bailliage) ou fiscaux (Cour des Aides). Cette activité attire de nombreux hommes de loi qui font construire les magnifiques demeures que l'on peut encore admirer aujourd'hui.

Autour d'eux, on voit se développer les écoles et les congrégations religieuses : Récollets, Jésuites, Ursulines, Visitandines, Cordeliers ...

Montferrand est considérée l'égale de Clermont, la ville de l'évêque ou de Riom, la ville du duc.

Le Quartier de Montferrand[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

De l'union avec Clermont (1630-1731) jusqu'au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Édit d'union des villes de Clermont et de Montferrand

Le Roi est sollicité pour regrouper à Clermont les institutions de prestige dont bénéficiait Montferrand. Par deux édits en 1630 et 1731, l'« union » entre les deux villes est décidée :

  • La Cour des Aides est transférée à Clermont, les Jésuites suivent.
  • Montferrand se replie sur ses activités économiques traditionnelles qu'elle remet en valeur : agriculture et productions agroalimentaires (fruits confits), viticulture (les caves et les cuvages sont remis à l'honneur). Elle obtient toutefois, à partir de 1750, l'hébergement de deux régiments de cavalerie, ce qui lui procure des chantiers et des ressources dont Clermont tentera de la déposséder.
  • L'industrie s'implante (Pâtes alimentaires Capitan, usines Michelin) et le quartier devient un centre important de logements ouvriers.

Des évolutions urbanistiques récentes[modifier | modifier le code]

Après avoir longtemps oublié Montferrand, la ville de Clermont-Ferrand repense aujourd'hui son urbanisme autour d'un nouveau centre : l'avenue de la République et l'entre deux villes.

En décidant un Plan de sauvegarde et de mise en valeur ainsi qu'une Opération programmée d'amélioration de l'habitat, elle tend à redonner à Montferrand, avec un nouveau lustre, une mission de pôle historique, culturel, touristique et économique. Outre la présence restaurée des prestigieux témoins du passé que nous avons évoqués, elle va mettre en valeur les atouts que constituent le Musée d'art Roger-Quilliot, l'église Notre-Dame, ce joyau gothique méridional recherché pour son acoustique remarquable, les remparts, plus longs que ceux de Carcassonne, que l'on s'attache à mettre en valeur[2].

L'avenue de la République fait l'objet d'un ambitieux programme d'urbanisme qui, avec le tramway et l'implantation dans le secteur d'Estaing d'un Hôpital de la mère et de l'enfant, entouré de logements et d'écoles paramédicales, va promouvoir un nouveau centre de gravité de l'agglomération clermontoise.

Administration[modifier | modifier le code]

Le quartier de Montferrand a conservé une identité forte et différente du reste de la ville. Les autorités politiques ont ainsi créé, dans le courant des années 1970, un canton : le canton de Montferrand qui se distingue de tous les autres qui sont nommés en fonction de leur localisation (canton de Clermont-Ferrand-Sud-Ouest, etc.).

Jusqu'au cours du XXe siècle, les habitants du quartier disposaient d'une section électorale pour élire leurs propres conseillers municipaux. À présent, ce quartier dispose d'une mairie décentralisée et d'un adjoint au maire spécifique de la commune de Clermont-Ferrand, qui est actuellement Pascal Genet.

Sport[modifier | modifier le code]

La tribune Auvergne du stade Marcel-Michelin

Les dirigeants des usines Michelin, dont une grande partie des installations se trouvent dans le quartier de Montferrand, ont indirectement favorisé le maintien d'une identité montferrandaise, par la création, en 1911, de l'association sportive Michelin, devenue en 1922 l'Association sportive montferrandaise (ASM), qui s'est notamment illustrée depuis lors dans le domaine du rugby à XV. En 2002, l'ASM Rugby devient une société anonyme sportive professionnelle. En juillet 2004, elle prend le nom d’ASM Clermont Auvergne.

Personnalités[modifier | modifier le code]

le buste de Auguste Ricard de Montferrand dans la Cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Inventaire sommaire des archives communales antérieures à 1790 : ville de Clermont-Ferrand, Fonds de Montferrand par Emmanuel TEILHARD de CHARDIN, Clermont-Ferrand, 2 vol., 1902 et 1922.
  • Vieux Montferrand par Michel PROSLIER, édition S.A.E.P., Colmar-Ingersheim, 1974.
  • Les Vieilles Pierres de Montferrand par Henry et Emmanuel du RANQUET, Clermont-Ferrand 1936, réédition 1971.
  • Clermont-Ferrand par André-Georges MANRY, éditions des Volcans, Cermont-Ferrand, 1975.
  • Grandes étapes de l'histoire de Montferrand, Fiche historique n° 9, éditée par Montferrand Renaissance, 2e trimestre 2005.
  • Montferrand par Marcel TICHIT Editions "Créer" à Nonette Edition Octobre 2005.
  • La Maison de l'Éléphant par Yves Morvan, in Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne, vol. 92, n° 683, 1984.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.lexpress.fr/region/montferrand-a-la-reconquete-de-la-bastide-medievale_767978.html
  2. Les remparts font l'objet d'un programme de restauration et de sauvegarde mené par la commune de Clermont-Ferrand pour mettre en valeur ce patrimoine. Montferrand Rempart, déclaration de projet, Demain Clermont-Ferrand (revue éditée par la ville de Clermont-Ferrand), n°236, novembre 2007 page 7.