Monte là-d'ssus

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Monte là-d'ssus

Titre original The Absent-Minded Professor
Réalisation Robert Stevenson
Scénario Bill Walsh
Samuel W. Taylor
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 1961
Durée 97 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Monte là-d'ssus (The Absent-Minded Professor) est un film américain réalisé par Robert Stevenson, sorti en 1961, basé sur la nouvelle A Situation of Gravity de Samuel W. Taylor.

Le film a donné lieu à une suite intitulée Après lui, le déluge (1963), et deux remakes. Le premier est un téléfilm de Walt Disney Television Monte là-d'ssus (1988) puis Flubber (1997), sorti au cinéma.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Ned Brainard, professeur de sciences au lycée de Metfield, est un chercheur et inventeur acharné. Ses recherches pour inventer une nouvelle matière l'absorbent tellement qu'il oublie de se rendre à son propre mariage pour la troisième fois, ce qui exaspère sa fiancée Betsy Carlisle.

Après l'explosion de son laboratoire, dont il ressort indemne, il se rend compte qu'il a développé une nouvelle substance : Le plaxmol (traduit de l'anglais Flubber). Cette matière a la propriété fantastique de gagner en énergie et en mouvement au moindre contact avec une surface solide.

Ravi de son invention, Brainard va la mettre à profit afin de résoudre tous les problèmes qu'il rencontre, entre autres :

  • Redorer le blason de l'équipe de basketball de Metfield, dans un match "toonesque" où le terme "chaussures à ressorts" prend tout son sens.
  • Voler dans les airs avec sa vieille Ford T pour se débarrasser de son rival amoureux et reconquérir sa fiancée.
  • Déjouer les plans de Alonzo P. Hawk, industriel cherchant à voler le plaxmol pour son profit personnel et dont le fils Biff a été recalé par Brainard à son examen de sciences.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources suivantes : Dave Smith[1], Leonard Maltin[2], John West[3] et IMDb[4]

Distribution[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources suivantes : Dave Smith[1], Leonard Maltin[2], John West[3] et IMDb[4]

Sorties cinéma[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les informations suivantes sont issues de l'Internet Movie Database[5].

Origine et production[modifier | modifier le code]

L'origine du film remonte à la Seconde Guerre mondiale quand Walt Disney achète plusieurs histoires courtes publiées dans l'hebdomadaire Liberty[3]. Bill Walsh évoque plusieurs histoires dont une sur la caoutchouc, une autre sur les voitures volantes et une troisième sur le lait[3]. Walsh explique que faire valider ses scénarios, il ajoutait des facettes de la personnalité de son patron dans ses personnages principaux pour forcer un peu la main à Walt Disney comme le père dans Quelle vie de chien ! (1958) ou le professeur dans Monte là-d'ssus[6]. Fred MacMurray et Forrest Lewis, déjà à l'affiche de Quelle vie de chien !, ont été réengagé par le studio Disney suite aux bons résultats de ce film devenu une recette déclinée dans plusieurs productions du studio[7]. Les acteurs et sont presque tous les mêmes que dans Quelle vie de chien ! et le scénario est assez simple malgré quelques rebondissements[8].

D'après Ward Kimball, Walt Disney appréciait les films en prise de vue réel dans lesquels on pouvait produire des effets de dessin animé tels qu'une voiture volante ou des basketteurs bondissants[9]. Don DaGradi a imaginé les prises de vue, depuis les angles de caméras aux axes de développement des personnages, pour la scène principale du film, le match de basket[10]. Cette scène a failli ne jamais être tournée pour des raisons techniques et le réalisateur Robert Stevenson la jugeait inutile[11]. Bill Walsh n'était pas d'accord et demande alors à Arthur J. Vitarelli de prendre en charge les scènes avec des effets spéciaux[11]. Techniquement les effets spéciaux reposent sur des câbles suspendant les acteurs ou les voitures, des miniatures, des décors peints et des procédés au montage[1],[9]. Cette solution est issue du passé de Vitarelli qui était danseur sur glace dans sa jeunesse et réalisait une scène en hauteur avec un filin de sécurité[11]. C'est en se remémorant être resté suspendu à son filin lors d'une chute de ses partenaires que l'idée lui est venue[11]. La première solution conçue par Robert A. Mattey consiste à renforcer un pantalon en jeans avec du cuir et un harnais en métal[11] auquel est attaché deux câbles pour une meilleure stabilité[12]. Selon les producteurs, l'utilisation de câbles obligeait le tournage en noir et blanc, choix reproduit avec Après lui, le déluge (1963) mais comme l'atteste Mary Poppins (1964), un tournage en couleur était possible quelques années après[8]. L'une des scènes les plus impressionnantes au niveau technique est celle de Keenan Wynn bondissant en extérieur[8]. Le film a donc été tourné en noir et blanc afin de pouvoir être diffusé à la télévision alors sans couleur[13]. Le film utilise aussi la technique de la vapeur de sodium[1].

Pour les sauts des trampolines et des cascadeurs sont utilisés et pour avoir une continuité dans l'action les scènes sont tournées à différentes cadences[12]. Vitarelli explique que l'usage des storyboards en vigueur dans le studio Disney a permis de concevoir les prises de vue de ces scènes digne de chorégraphie[14]. La pré-production de cette scène a nécessité plus de deux mois mais seulement deux semaines a tourné[14]. L'équipe des Rudlands est en réalité celle des Trojans d'USC tandis que des danseurs professionnels incarnent l'équipe locale de Medfield[14]. Le même système de filin a été utilisé pour faire décoller puis voler la Ford T du professeur Brainard mais en ayant quatre câbles attachés à une plateforme suspendue à une grue[14].

L'entrée du campus de Medfield College est en réalité celui du Pomona College à Claremont en Californie où d'autres scènes en extérieur du film ont été tournées[11]. L'acteur Keenan Wynn a développé son personnage de méchant Alonzo P. Hawk dans ce film mais l'a aussi repris dans la suite Après lui, le déluge (1963) et dans Un nouvel amour de Coccinelle (1974)[15].

La chanson Medfield Fight Song a été écrite par Richard M. Sherman et Robert B. Sherman, première du duo des frères Sherman pour un long métrage Disney[16], toutefois un téléfilm a été composé avant The Horsemasters[17].

Sortie et Accueil[modifier | modifier le code]

Avant la sortie du film, l'ensemble du studio Disney a commercialisé le film. Une affiche publicitaire montre Nancy Olson et Fred MacMurray volant dans une Ford T au-dessus des studios de Disney à Burbank[2]. Une rediffusion de l'émission Man in Flight (1957) le 26 mars 1961 donne l'occasion au studio de présenter une partie du tournage du film[18]. Comme c'est la tradition du studio, le film est adapté en bande dessinée dans un one-shot publié en avril 1961, avec un scénario remanié par Eric Freiwald et Robert Schaefer et des dessins de John Ushler[19].

Robert A. Mattey et Eustace Lycett ont été sélectionnés pour recevoir l'oscar des meilleurs effets spéciaux[1]. Monte là-d'ssus fait partie des nombreux films scénarisés par Bill Walsh qui ont été des succès commerciaux profitables et populaires pour le studio dans les années 1960 au coté de Quelle vie de chien ! (1959), Après lui, le déluge (1963), Mary Poppins (1964), L'Espion aux pattes de velours (1965) et Lieutenant Robinson Crusoé (1966)[20].

Les critiques sont assez bonnes comme le Time qui évoque « la comédie de science-fiction la plus agréable de la saison » ou le New York Times qui parle d'un « divertissement remarquablement bondissant[8]. » Le magazine Variety est plus acerbe et écrit que Monte là-d'ssus est une « comédie fantastique d'une infectieuse absurdité, suite naturelle de Quelle vie de chien ![8]. »

Le film est passé sur NBC le 11 janvier 1975 avec Hurricane Hannah, puis en deux parties en septembre 1979 dans Disney's Wonderful World[18], le 9 et le 16 septembre[21]. Le film a été édité en cassette vidéo en noir et blanc en 1981 et en 1993 mais aussi en couleur en 1986 suite à la diffusion sur Disney Channel en mars[16],[13] grâce à l'informatique[8]. C'est la première colorisation d'un film Disney[16]. Un remake en téléfilm, Monte là-d'ssus a été réalisé en 1988 avec en vedette Harry Anderson[16].

Analyse[modifier | modifier le code]

D'après Leonard Maltin, le film a été conçu pour faire rire le public et y parvient, en faisant non pas l'un des meilleurs films de Disney mais l'un des plus plaisants pour le public[9]. La scène la plus marquante du film est selon John West celle du match de basket-ball[3]. Pour Steven Watts, Monte là-d'ssus fait partie des comédies à budget modéré attirant le public avec de l'humour et souvent les mêmes acteurs produits après le succès de Quelle vie de chien ! (1959)[22]. Critiqué pour une caricature du colporteur juif dans Les Trois Petits Cochons (1933), le studio Disney a toutefois présenté de nombreux personnages adorables de juif typique tel que l'Oncle Albert dans Mary Poppins, le chef des pompiers dans Monte là-d'ssus (1961), le juge du concours agricole dans Après lui, le déluge (1963) ou le fabricant de jouer dans Babes in Toyland (1961) interprété par Ed Wynn[23].

Ce film n'est ni le premier ni le dernier de Disney à s'amuser au détriment du gouvernement mais certains y voient un parallèle entre l'aversion du professeur Brainard et la carrière de Walt Disney[8]. Watts écrit que Monte là-d'ssus et sa suite Après lui, le déluge présentent le gouvernement américain comme une collection de bouffons mesquins qui sous-estime et harcèle l'inventeur excentrique[24]. Un pilote dans la Lune (1962) présente une variation de ce thème sur les forces militaires, le FBI et les agents secrets américains et britanniques[24].

Le magazine Time révèle dans son édition la recette du flubber fournie par le service des effets spéciaux[8] : « pour une livre d'eau salée fondante, ajouter une cuillère à café de mousse de polyuréthane, une levure pour gâteau à émietter. Mélanger jusqu'à ce que soit lisse et commencer à gonfler. Versez alors dans une casserole avec une tasse de riz croustillant mélangé avec une tasse d'eau. Ajoutez la garniture de mélasse. Porter à ébullition jusqu'à ce qu'il soulève le couvercle et dise Glurp. »

Adaptations et produits dérivés[modifier | modifier le code]

Le film a été adapté en bande dessiné et publié dans un livre dédié, un one-shot, publié en avril 1961[19]. L'histoire de 32 pages a été reproduite dans plusieurs publications et a même été l'objet d'un remake français sous le nom Le professeur volant publié à partir du 19 novembre 1961 dans Le Journal de Mickey avec un scénario de Pierre Fallot et des dessins de Robert Bressy[25].

Le studio Disney n'avait jamais envisagé la production d'une suite à l'un de ses longs métrages, sauf sous la forme de téléfilms mais avec le succès de Monte là-d'ssus (1961) change la donne[26]. Une suite nommée Après lui, le déluge sort dès 1963.

Par la suite deux remakes ont été produits

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 1
  2. a, b et c (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 185.
  3. a, b, c, d et e (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 93.
  4. a et b (en) Monte là-d'ssus sur l’Internet Movie Database
  5. (en) Quelle vie de chien! - Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  6. (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 382
  7. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 159.
  8. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 187.
  9. a, b et c (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 186.
  10. (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 142.
  11. a, b, c, d, e et f (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 94.
  12. a et b (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 95.
  13. a et b (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 110
  14. a, b, c et d (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 96.
  15. (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 97.
  16. a, b, c et d (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 2
  17. (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 117.
  18. a et b (en) Bill Cotter, The Wonderful World of Disney Television - A Complete History, p. 7
  19. a et b (en) Base I.N.D.U.C.K.S : W OS 1199-02 The Absent-Minded Professor
  20. (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 380
  21. (en) The Wonderful World of Disney - Episode List - Season 26 sur l’Internet Movie Database
  22. (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 406
  23. (en) Douglas Brode, Multiculturalism and the Mouse, p. 103.
  24. a et b (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 441
  25. (en) Base I.N.D.U.C.K.S : F JM 61102 Le professeur volant
  26. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 207.

Lien externe[modifier | modifier le code]