Monte San Giorgio

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Monte San Giorgio
Le pont-digue de Melide et au fond à gauche le Monte San Giorgio.
Le pont-digue de Melide et au fond à gauche le Monte San Giorgio.
Géographie
Altitude 1 097 m
Massif Alpes lépontines
Coordonnées 45° 54′ 49″ N 8° 56′ 59″ E / 45.91361, 8.9497245° 54′ 49″ Nord 8° 56′ 59″ Est / 45.91361, 8.94972  
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Tessin
Districts Mendrisio, Lugano

Géolocalisation sur la carte : canton du Tessin

(Voir situation sur carte : canton du Tessin)
Monte San Giorgio

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Monte San Giorgio

Le Monte San Giorgio est une montagne boisée de forme pyramidale au sud du canton du Tessin en Suisse. Il culmine à une hauteur de 1 097 mètres. Il est entouré de deux bras du lac de Ceresio (lac de Lugano, altitude 271 mètres), proche de la frontière avec l'Italie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon une légende, un ermite, Saint Manfred aurait vécu au sommet du Monte San Giorgio. Cette personne, originaire de noble famille, aurait vécu au XIIIe siècle. Des miracles sont attribués à ce saint, dont le corps est conservé dans une église voisine. Des peintures de cette église évoquent ces miracles[1].

Site classé[modifier | modifier le code]

Sud du Tessin, les différents sites classés IFP apparaissent en vert foncé. Les sites classés du Monte San Giorgio apparaissent en vert foncé (IFP) et vert clair (UNESCO).

Autour du Monte San Giorgio, deux sites sont classés, l'un par les autorités suisses de par ses paysages et l'autre, plus petit, par l'UNESCO de par la présence de fossiles datés du Trias.

Pour les autorités tessinoises, le Plan de développement cantonal (PDC) identifie ce territoire comme une Zone de paysage protégé (ZPP)[2]. Le site est également classé par l'UNESCO en tant que site naturel au patrimoine mondial. Cette classification, datant de 2003, repose sur les importantes ressources fossiles datant du Trias (230 à 245 millions d'années) présentent sur le face nord[3].

Géologie[modifier | modifier le code]

Profil lithostratigraphique du Monte San Giorgio

La lithostratigraphie du Monte San Giorgio comprend différentes couches rocheuses qui se subdivisent en deux groupes distincts, le socle cristallin et la couverture sédimentaire. En se déplaçant vers la cime du Mont, on rencontre des formations rocheuses plus récentes.

Le soubassement cristallin est constitué d'une roche métamorphique, qui remonte à la période précarbonifère. Il est constitué de gneiss d'origine sédimentaire (paragneiss) et magmatique (ortogneiss). Cette unité n'est, de toute façon, pas visible, parce qu'elle affleure uniquement à un niveau assez bas, rencontrant la topographie sous le niveau du lac Ceresio.

La période triassique est marquée par l'apparition de nombreuses fractures à l'intérieur du supercontinent Pangée. Entre le continent africain au sud et le continent aurasiatique au nord s'est formé un bassin dans lequel s'est infiltré un bras de mer nommé Tetide. Le bassin du Tetide a ensuite continué à s'élargir jusqu'à ce qu'il atteigne sa grandeur maximale pendant le Jurassique. Cela explique le passage dans la séquence lithostratigraphique du Monte San Giorgio des roches de magma volcaniques (du soubassement) à celle du recouvrement sédimentaire dans lesquelles l'on peut voir les strates originelles et de nombreux fossiles.

Le Pachypleurosaurus, un fossile, qui a été trouvé au Monte San Giorgio.

La succession de roches fossilifères affleure, en Suisse, sur le Monte San Giorgio mais aussi dans la zone italienne immédiatement adjacente, dans la région de Besano.

À l'époque du Trias moyen, sous un climat subtropical, un lagon d'une centaine de mètres de profondeur s'est développé à l'abri et partiellement séparé de la haute mer par un récif.

La montagne a conservé dans ses strates des milliers de fossiles minéralisés qui ont été découverts au XIXe siècle déjà. Les recherches des universités de Zurich et de Milan ont montré qu'il s'agissait d'un site d'une richesse tout à fait exceptionnelle.

Jusqu'à présent, on y a trouvé plus de 10 000 exemplaires parmi lesquels 30 espèces de reptiles (marins pour la plupart, certains atteignant une longueur de six mètres), 80 espèces de poissons et environ 100 espèces d'invertébrés (dont des insectes très rares) ainsi que de nombreux micro fossiles. Ce sont aussi bien des fossiles qui témoignent de la vie d’origine marine que terrestre car le lagon était proche de la terre.

Certains sont uniques et on leur a attribué des noms qui rappellent des lieux locaux comme Serpiano, Meride ou Ceresio: Daonella serpianensis, Serpianosaurus mirigiolensis, Tanystropheus meridensis, Ceresiosaurus, etc.

On peut admirer quelques-uns des plus intéressants spécimens dans les musées suivants[4] :

Accès[modifier | modifier le code]

  1. On accède à la montagne par Mendrisio en suivant la route qui mène à Serpiano (commune de Meride).
  2. Un autre accès par Riva San Vitale, longe le lac de Ceresio jusqu'à Brusino Arsizio, d'où un téléphérique monte à Serpiano (650 m).
  3. Un sentier part de Ceresio, il faut 2 heures pour rejoindre le sommet à pied.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de Saint-Manfred, consulté le 8 octobre 2008.
  2. [PDF]UICN, Candidature au patrimoine mondial - Évaluation technique de l'UCIN, Partie 4.2. Statut légal second paragraphe, consulté le 8 octobre 2008.
  3. Candidature au patrimoine mondial - Évaluation technique de l'UCIN, Partie 2. Résumé des caractéristiques naturelles, consulté le 8 octobre 2008.
  4. (it) Museo di Meride: i musei con esposti i fossili del Monte San Giorgio

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]