Monte Melkonian

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Monte Melkonian
Մոնթէ Մելքոնեան
Buste de Monte Melkonian à Erevan.
Buste de Monte Melkonian à Erevan.

Surnom Avo
Naissance 25 novembre 1957
Visalia, Californie Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès 12 juin 1993 (à 35 ans)
Merzuli, Drapeau du Haut-Karabagh Haut-Karabagh
Mort au combat
Origine Drapeau de l'Arménie Arménie
Allégeance Drapeau du Haut-Karabagh Haut-Karabagh
Drapeau de l'Arménie Arménie
Grade Lieutenant-colonel
Conflits Guerre du Haut-Karabagh
Distinctions Héros national de l'Arménie
Famille Seta Kbranian (épouse)
Markar Melkonian (frère)

Monte Melkonian (en arménien : Մոնթէ Մելքոնեան), né le 25 novembre 1957 à Visalia en Californie aux États-Unis et mort le 12 juin 1993 en Azerbaïdjan, est un activiste politique puis un chef militaire arménien.

À la tête du détachement armé du Martouni, il s'est particulièrement illustré durant la guerre du Haut-Karabagh.

Au cours de ce conflit, il est tué par des militaires azerbaïdjanais ; son corps est rapatrié en Arménie pour y être enterré au cimetière militaire d'Erablur à Erevan.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Monte Melkonian, né le 25 novembre 1957 à Visalia en Californie est le troisième enfant (parmi quatre) de Charles et Zabel Melkonian, respectivement ébéniste et institutrice[1].

À l'âge de 12 ans, en 1969, Monte Melkonian a l'occasion de voyager avec sa famille en Europe puis en Turquie ; il visite ainsi la ville de Merzifon d'où sa famille maternelle est originaire.

En 1978, il est diplômé en histoire de l'université de Californie à Berkeley.

L'activiste[modifier | modifier le code]

De 1978 et son arrivée en Iran, à 1989 et sa sortie de la centrale de Poissy en France, l'activisme politique de Monte Melkonian va trouver trois terrains d'actions directes successifs : la Révolution iranienne, la Guerre civile libanaise et enfin, son implication au sein de l'Asala.

La révolution iranienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolution iranienne.

Arrivé en Iran en 1978, Monte Melkonian y enseigne l'anglais dans une école. Sensibilisé à la volonté populaire de renverser le shah Mohammad Reza Pahlavi, il organise une grève dans l'école dans laquelle il enseigne. Au cours d'évènements tel que le vendredi noir, il assiste à une très violente répression des opposants. Son expérience iranienne semble avoir constitué un premier pas, vers un réel activisme politique.

La guerre civile au Liban[modifier | modifier le code]

Beyrouth, 1978.
Article détaillé : Guerre du Liban.

Fin 1978, Melkonian quitte l'Iran pour se rendre à Beyrouth au Liban, pays alors en prise à la guerre civile. Il participe alors activement, et pendant deux ans, aux actions d'auto-défense du quartier arménien de Beyrouth ; ce quartier, le Bourj Hammoud, est alors menacé par la mouvance extrémiste des phalanges libanaises et plus généralement par des milices maronites. Durant cette période, il se rapproche du groupe armé marxiste-léniniste, issu de la diaspora arménienne, l'Asala, pour finalement en devenir un membre actif, dès 1980.

C'est au Liban, qu'il rencontre sa future épouse, Seta Kbranian.

L'Asala[modifier | modifier le code]

Très présent au Liban, l'Asala se rapproche au début des années 1980 de l'OLP possédant également certaines de ses bases arrières dans ce même pays. Après le rapprochement de Yasser Arafat avec la Turquie, l'Asala se rapproche du FPLP ou encore du FDLP. Il est donc probable qu'une partie de l'enseignement terroriste que reçut Monte Melkonian lui fut administré en partie par des organisations « partenaires ». Dès 1981, Monte Melkonian met à profit cette expérience, pour participer largement à l'organisation de l'Opération Van, l'attaque de l'ambassade turque de Paris, du 24 septembre 1981. Cette prise d'otages constitue le point d'orgue d'une participation active de Melkonian aux actes terroristes de l'Asala, entre 1980 et 1983.

En 1983, deux visions de la lutte armée s'opposent au sein de l'Asala : d'une part le chef historique de l'Asala, Hagop Hagopian, d'autre part quelques membres actifs de l'organisation, dont Monte Melkonian.

Cette rupture au sein de l'organisation explique en partie le départ de Melkonian pour la France, où il est arrêté en novembre 1985, puis jugé notamment pour port d'arme illégal et finalement condamné à six ans de prison par la justice française.

En détention en France, d'abord à la maison d'arrêt de Fresnes puis à la centrale de Poissy, il est libéré en 1989.

Il semble qu'à sa sortie de prison, il passe un certain temps au Yémen du sud (où il retrouve Seta Kbranian) puis en Europe de l'Est.

Le chef militaire[modifier | modifier le code]

Court répit avant la guerre[modifier | modifier le code]

il « réapparaît » le 6 octobre 1990 en Arménie soviétique.

Ses premiers mois en Arménie sont consacrés à la rédaction d'une monographie consacrée au royaume d'Urartu ; en effet, Melkonian a une formation d'historien.

En août 1991, il se marie avec Seta Kbranian, sa compagne rencontrée au Liban.

La guerre du Haut-Karabagh[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre du Haut-Karabagh.

Dès 1991, Monte Melkonian se met au service des forces armées du Haut-Karabagh naissantes ; en septembre 1991, il va combattre dans la région du Chahoumian où il participe à la conquête des villages d'Erkej, Manashid ou encore de Buzlukh.

En février 1992, il se rend à Martouni ; il devient rapidement le chef du détachement armé du Martouni.

En avril 1993, il est l'un des principaux stratèges arméniens de la conquête de Karvachar, la capitale de la région de Chahoumian.

Monte Melkonian est tué le 12 juin 1993[2]. Il est inhumé le 19 juin 1993, avec les honneurs militaires, au cimetière d'Erablur à Erevan, en présence de Levon Ter-Petrossian, alors président de la République d'Arménie.

Hommages[modifier | modifier le code]

La distinction de Héros national de l'Arménie, la plus haute décoration remise par la République d'Arménie, lui est attribuée à titre posthume, le 20 septembre 1996[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Markar Melkonian, My Brother's Road: An American's Fateful Journey to Armenia, éd. Tauris, 2005 (ISBN 1-85043-635-5).

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Monte Melkonian » (voir la liste des auteurs)

  1. (en) Markar Melkonian, My Brother's Road: An American's Fateful Journey to Armenia, éd. Tauris, 2005 (ISBN 1-85043-635-5), p. 4.
  2. (en) Thomas de Waal, Black Garden: Armenia and Azerbaijan Through Peace and War, New York University Press, 2003 (ISBN 0-8147-1945-7), p. 208.
  3. (en) « The official site of President of the Republic of Armenia » (consulté le 9 février 2011).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]