Monte Bolca

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Mene rhombea
Archaeophis proavus, Massalongo, Musée des sciences naturelles (Berlin).

45° 35′ 43″ N 11° 12′ 36″ E / 45.59528, 11.21

Le Monte Bolca (alt. 900 m), près de Vérone, est l’un des tout premiers gisements de fossiles exploité par les chercheurs européens. Par le nombre et la qualité de conservation des spécimens, il demeure aujourd'hui l'une des plus importantes sources de fossiles de l’Éocène.

Géologie[modifier | modifier le code]

À strictement parler, Monte Bolca est un lieu-dit du village de Bolca en Italie, désigné familièrement comme la Pesciara (le « vivier ») du fait de l'extraordinaire qualité des fossiles de poissons de l'Éocène[1]. Pourtant, plusieurs autres secteurs de la commune sont tout aussi riches en fossiles : Monte Postale et Monte Vegroni par exemple ; mais on parle indifféremment du Monte Bolca pour désigner le gisement dans son ensemble.

Les calcaires marins de Monte Bolca ont subi une surrection au cours de l’orogenèse alpine, et cela en deux étapes : la première entre 30 et 50 millions d'années B.P., et la seconde il y a 24 millions d'années. Cette formation consiste en un banc de craie de 19 m d'épaisseur, où les fossiles sont partout présents, quoique les spécimens les plus beaux se trouvent dans les lagerstatten qui traversent cet horizon.

Dans ces couches, les poissons et les autres espèces sont si bien conservés qu'on peut même y retrouver l'empreinte fossilisée des organes, et même parfois remonter à la couleur de la peau de l'animal. La bioturbation, liée au mode de vie des animaux des fonds marins, est ici absente : on suppose que la vase était anaérobie, ce qui a empêché la putréfaction et l'action des nécrophages.

On connaissait les fossiles de Monte Bolca au moins depuis le XVIe siècle, mais ils n'ont fait l'objet d'études scientifiques qu'au XIXe siècle, lorsqu'on prit conscience que les fossiles étaient vraiment des vestiges d’animaux.

Les fossiles de Monte Bolca font l'objet d'un commerce toujours vivace ; leur réputation et la qualité des spécimens fait monter les prix à plusieurs centaines de dollars.

Parmi les spécimens les plus courants, on y trouve les perciformes Exellia velifer, Mene rhombea et Mene oblonga ; la raie Eoplatax papilio, un crocodile : Crocodilus vicetinus, et un serpent, Archaeophis bolcaensis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. DJ Bottjer, W Etter, J.W. Hagadorn, et C.M. Tang, Exceptional Fossil Preservation, Columbia University Press,‎ 2001

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir également[modifier | modifier le code]