Mont Kazbek

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Mont Kazbek
Vue du mont Kazbek.
Vue du mont Kazbek.
Géographie
Altitude 5 047 m[1]
Massif Chaîne de Khokh
(Grand Caucase)
Coordonnées 42° 41′ 49″ N 44° 31′ 07″ E / 42.69685, 44.5185342° 41′ 49″ Nord 44° 31′ 07″ Est / 42.69685, 44.51853  [1]
Administration
Pays Drapeau de la Géorgie Géorgie
Région Mtskheta-Mtianeti
Ascension
Première 1er juillet 1868 par Douglas William Freshfield, Adolphus Warburton Moore, Charles Comyns Tucker et le guide François Devouassoud
Voie la plus facile Versant méridional
Géologie
Roches Trachyte, andésite, dacite
Type Volcan gris
Activité Endormi
Dernière éruption VIIIe siècle av. J.-C.
Code 0104-02-

Géolocalisation sur la carte : Caucase

(Voir situation sur carte : Caucase)
Mont Kazbek

Géolocalisation sur la carte : Géorgie

(Voir situation sur carte : Géorgie)
Mont Kazbek

Le mont Kazbek (en géorgien : ყაზბეგი ; en ossète : Сæна) est un sommet et volcan endormi culminant à 5 047 mètres d'altitude en Géorgie, près de la frontière avec la Russie. C'est la quatrième plus haute montagne du Caucase et la deuxième de Géorgie. C'est un sommet couvert de glaciers et de difficulté moyenne. Il a été gravi pour la première fois le 1er juillet 1868 par Douglas William Freshfield, Adolphus Warburton Moore et Charles Comyns Tucker.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le Kazbek tient son nom du village géorgien de Kazbegi, à l'est du sommet, rebaptisé Stepantsminda depuis 2006. Le village avait lui-même été nommé d'après le prince et poète du XIXe siècle Aleksandr Kazbegi[2]. L'appellation géorgienne de la montagne est Mkinvartsveri, qui signifie « glacier » ou « montagne de glace », et celle en ossète est Urskhokh, la « montagne blanche », du fait de sa couverture neigeuse[2]. Les Nakhs l'appellent Bashlam[3],[4], c'est-à-dire le « mont fondu » en tchétchène[5].

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue de la végétation dans les environs du Kazbek, en arrière-plan.

Le Kazbek se situe dans le Nord de la Géorgie, très près de la frontière russe[6],[1] et de la république d'Ossétie-du-Nord-Alanie, dans la chaîne de Khokh, un massif du Nord du Grand Caucase parcouru par les gorges de l'Ardon et du Terek. Le sommet s'élève au bord de la faille de Borjomi-Kazbegi, qui est dans le prolongement de la faille anatolienne. La région est hautement sismique. Un complexe géothermique, avec la présence de sources chaudes, entoure la montagne. Le Kazbek est un volcan endormi, potentiellement actif, constitué de trachyte et recouvert de coulées de lave d'andésite et de dacite datées de 6 000 ans[6]. Il a la forme d'un double cône dont la base se trouve à 1 770 mètres d'altitude et le plus haut culmine à 5 047 mètres[1], ce qui en fait le plus élevé du groupe volcanique de Kazbegi, qui comprend également le mont Khabarjina (3 142 m), le deuxième plus haut de Géorgie et le quatrième du Caucase. La Route militaire géorgienne passe sur le versant oriental et franchit le col de Darial (2 378 m).

En raison de la forte inclinaison des versants, les glaciers du Kazbek sont peu larges. Leur superficie totale représente 135 km2. Le plus connu est le Dyevdorak, ou Devdaraki, qui s'épanche sur le versant nord-est dans la combe du même nom jusqu'à 2 295 mètres d'altitude. Les autres glaciers sont le Mna, le Denkara, le Gergeti, l'Abano et le Chata.

La montagne est entourée de forêts de hêtres et recouverte de prairies alpines et subalpines. De nombreuses plantes et plusieurs espèces animales sont endémiques de la région du Caucase.

Histoire[modifier | modifier le code]

La dernière éruption volcanique s'est produite vers le VIIIe siècle av. J.-C.[7] L'effondrement en 2002 du glacier de Kolka, situé dans une vallée entre le Djimara et le Kazbek, est attribué à une activité fumerollique au pied de la face nord.

L'un des tout premiers explorateurs du Caucase, Friedrich Parrot, entreprend en 1811 la première tentative d'ascension connue du mont Kazbek. Celui-ci est gravi pour la première fois le 1er juillet 1868 par les Britanniques Douglas William Freshfield, Adolphus Warburton Moore et Charles Comyns Tucker de l'Alpine Club de Londres. Partis la veille, ils sont accompagnés du guide chamoniard François Devouassoud et d'un[8] ou deux[9] chasseurs locaux. La première femme à atteindre le sommet est l'alpiniste russe Maria Preobrajenskaïa en 1900 ; elle réédite par la suite son exploit à huit reprises et construit même un observatoire météorologique[10].

Activités[modifier | modifier le code]

Ascension[modifier | modifier le code]

À partir de la Géorgie, le point de départ de l'ascension est la petite ville de Kazbegi, à environ 150 km de Tbilissi, la capitale. Depuis Kazbegi, en deux jours de marche par le col de Sabertse à 3 150 mètres d'altitude et le glacier de Gergeti, un refuge à 3 700 mètres d'altitude est atteint. De là, une longue montée sur neige et glace sur le versant méridional permet d'accéder au sommet.

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Le mont Kazbek et ses environs sont classés au sein d'une réserve naturelle depuis 1979.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Le mont Kazbek est associé dans le folklore géorgien à Aminari, l'équivalent local de Prométhée, Titan enchaîné sur la montagne pour avoir volé le feu au dieux et l'avoir donné aux mortels. L'emplacement supposé de cet emprisonnement, une grotte vers 4 000 mètres d'altitude appelée Betlemi (Bethléem), est devenu le site d'un ermitage de l'Église orthodoxe apostolique de Géorgie. Selon la légende, cette grotte a abrité de nombreuses reliques sacrées, notamment la tente d'Abraham et la crèche de l'enfant Jésus[11].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Douglas William Freshfield, Travels in the central Caucasus and Bashan : including visits to Ararat and Tabreez and ascents of Kazbek and Elbruz, Longmans, Green, & co.,‎ 1869 (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Kazbek, peakware.com
  2. a et b (en) Adrian Room, Placenames of the world, McFarland & Co Inc, 2de édition, 2005, p. 191 (ISBN 0786422483)
  3. (fr) Mariel Tsaroïeva, Anciennes croyances des Ingouches et des Tchétchènes : peuples du Caucase du nord, Maisonneuve et Larose, 2004, p. 91 (ISBN 2706817925)
  4. (en) Amjad M. Jaimoukha, The Chechens: a handbook, Routledge, coll. « Caucasus World: Peoples of the Caucasus », 2005, p. 18 (ISBN 0415323282)
  5. (en) Anna Zelkina, In Quest for God and Freedom: Sufi Naqshbandi Brotherhood of the North Caucasus, C Hurst & Co Publishers Ltd, 2000, p. 9 (ISBN 1850653844)
  6. a et b (en) Kasbek - Summary, Global Volcanism Program
  7. (en) Kasbek - Eruptive history, Global Volcanism Program
  8. (en) Leslie Stephen, Douglas William Freshfield, Sir William Martin Conway, et al., The Alpine journal, Volume 4, Alpine Club, Londres, 1868-1870, p. 160
  9. (fr) Karl Baedeker, La Russie : manuel du voyageur, 1902, p. 422.
  10. (en) John Frederick Baddeley, The rugged flanks of Caucasus, Volume 1, Oxford University Press, 1940, p. 179.
  11. (en) Roger Rosen, Jeffrey Jay Foxx, Georgia: A Sovereign Country of the Caucasus, Hong Kong, Odyssey Publications, 1999 (ISBN 9622177484)