Monnaie grecque antique

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Tétradrachme d'argent frappé par Athènes, vers 450 av. J.-C., revers : chouette à droite et tête de face, rameau d'olivier et croissant de lune, inscription ΑΘΕ.

Les monnaies grecques antiques sont un témoignage à la fois abondant et varié de la civilisation grecque. Apparue en Asie mineure à la fin du VIIe siècle av. J.-C., la frappe monétaire est rapidement adoptée par les Grecs et se développe dans l'ensemble de leur sphère d'influence, de l'Égypte à l'Espagne en passant par la mer Noire.

Techniques de fabrication[modifier | modifier le code]

Fabrication des flans[modifier | modifier le code]

La première étape de fabrication de la monnaie consiste à obtenir des métaux précieux. Le premier utilisé chronologiquement pour frapper monnaie est l'électrum, un alliage d'or et d'argent ; les monnaies d'or et d'argent apparaissent vers 550 av. J.-C. et celles de bronze, à la toute fin du Ve siècle av. J.-C.[1] Le métal doit être raffiné pour parvenir au titre requis. Aux époques archaïques et classiques, on utilise des métaux de très bon aloi, supérieur à 980/1000e[2]. À l'époque hellénistique, les métaux sont souvent adultérés ; ainsi, les monnaies d'argent des Séleucides et des Ptolémées atteignent jusqu'à 50 % de cuivre au Ier siècle apr. J.-C.[3].

Le métal est ensuite débité en flans, qui supporteront la frappe. Plusieurs techniques peuvent être utilisées pour ce faire. Les plus anciennes monnaies retrouvées sont de forme irrégulière et bombée ; ce sont probablement de grosses gouttes de métal en fusion versées sur une surface plane et laissées à refroidir[4]. Il est également possible, comme c'est le cas à Athènes, de découper en rondelles, avec des cisailles, une barre de métal préalablement façonnée au marteau ; le flan est ensuite aplati à coups de marteau. La forme rectangulaire de certains pièces indo-grecques s'explique probablement par une variante de cette méthode, consistant à découper le flan dans une tôle de métal[4]. La technique la plus répandue[2] consiste à fondre le métal dans des moules. On en a retrouvé des exemplaires en calcaire à Paphos, qui permettent de couler « en chapelet » : les cavités sont reliées par de petits canaux. Une fois le métal refroidi, il faut couper puis limer les bandes de métal qui relient une pièce à l'autre. Beaucoup de pièces présentent de petits défauts (tenons de coulée mal limés, barbes sur la tranche, bourrelets) qui permettent d'identifier la technique utilisée pour la production des flans.

Une fois le flan formé, il convient de le peser. Pour les monnaies d'or, et sans doute aussi d'argent, le contrôle se fait pièce par pièce ; les monnaies de bronze sont pesées en vrac : on vérifie simplement le nombre de pièces correspondant à un poids donné[5]. Les pièces trop lourdes sont rognées.

Les coins[modifier | modifier le code]

Revers d'un tétradrachme corinthien, vers 515 av. J.-C. : carré creux

La frappe recourt à des matrices gravées en creux, les coins, qui portent les types (motifs) monétaires. Pour chaque pièce, il en faut deux, l'un de droit (ou d’avers) et l'autre de revers. Quelques inventaires mentionnant les outils du monnayage montrent que le nombre de coins de revers est plus élevé que celui des coins de droit, parce que leur usure est plus importante[6]. Peu de coins ont été conservés à l'époque moderne : ils étaient détruits après usage pour éviter le faux monnayage, ou regravés pour réutilisation. En outre, il s'avère difficile de départager les exemplaires authentiques des faux antiques ou modernes, utilisés pour produire des imitations de pièces antiques. Au début du XXe siècle, le faussaire Constantin Christodoulos a ainsi réalisé plus de 500 types monétaires, dont une partie des coins, retrouvés en 1991, restent aujourd'hui dans des mains privées[6].

Les coins sont en bronze, en acier ou en fer. Leur gravure requiert un savoir-faire certain, puisqu'il s'agit de réaliser en creux, sur une surface réduite et sans outil de grossissement optique, un type monétaire parfois très complexe. Très peu d'artisans signent leur œuvre ; le principal cas connu est celui d'Euainétos, auteur d'un type de décadrachme d'argent représentant la tête de la nymphe Aréthuse entourée de dauphins. Le type monétaire choisi par le pouvoir émetteur est d'une grande stabilité à travers les époques et laisse peu de latitude d'expression au graveur. Les cités reprennent leur épisème (signe distinctif) : la chouette pour Athènes, la pomme (mēlos en grec) pour l'île de Mélos, Pégase pour Corinthe, l'épi de blé pour Métaponte, la tortue à Égine, etc. À l'origine, seul le coin de droit (dormant) est gravé. Le coin de revers (mobile) est un simple poinçon, destiné à bien maintenir le flan en place pendant la frappe[7] ; son empreinte est une sorte de carré creux, caractéristique des pièces archaïques. Une préoccupation similaire explique probablement l'apparition du grènetis (cordon de petit grains en relief qui entourent la pièce) sur le droit : il s'agit d'empêcher la fuite du métal sur les côtés[7].

En plus du type principal, beaucoup de monnaies portent de petites marques en creux. Les gris, inscrits ou gravés à la main, sont probablement des marques de propriété ajoutées par le propriétaire sur des pièces destinées à être thésaurisées[4]. En revanche, les estampilles sont imprimées d'un coup de poinçon ; les motifs varient de formes simples (croissant de lune, croix) à des éléments décoratifs élaborés (triskèles, têtes humaines, etc.). On ignore leur fonction exacte ; peut-être étaient-elles utilisées par des changeurs ou des comptables.

La frappe[modifier | modifier le code]

Nomos d'argent de Métaponte, vers 470-440 av. J.-C. ; droit : épi de blé en haut relief, revers incus.

Les monnaies grecques sont frappées, le moulage restant exceptionnel[7]. Le coin de droit (dit aussi coin dormant ou pile) est enchâssé dans une enclume. Le monnayeur tient dans la main gauche (s'il est droitier), le coin de revers (coin mobile ou trousseau), qui est de même diamètre que la pièce à produire, et dans la main droite un marteau. La frappe consiste donc à placer un flan sur le coin dormant, à positionner le trousseau sur l'autre face, puis à frapper. Dans quelques cas particuliers, surtout en Grande Grèce, les coins sont gravés en relief, ce qui produit des monnaies portant une empreinte en creux ; on parle de monnaies incuses. Plusieurs cités assez proches, Tarente, Métaponte ou Sybaris, ont ainsi produit des pièces présentant le même type sur les deux faces, l'un en relief et l'autre en creux.

L'opération requiert un certain soin de la part du monnayeur : d'abord, il faut bien aligner l'axe du coin de revers sur celui de droit. Ensuite, la frappe à proprement parler exige force et précision, d'autant qu'un seul coup est rarement suffisant pour obtenir une bonne empreinte. Si le flan ou le coin de revers glisse pendant la frappe, la monnaie porte deux empreintes (voire plus) légèrement décalées[8]. Si le coin de revers n'est pas bien vertical, la frappe risque de déplacer le coin de droit : le type est alors décentré. On dit qu'elle est tréflée. Il arrive aussi, mais plus rarement, qu'une pièce reste collée au coin de revers à l'insu du monnayeur et vienne poinçonner le flan suivant, qui se retrouve accidentellement incus[8].

L'époque archaïque[modifier | modifier le code]

En Asie mineure[modifier | modifier le code]

Statère d'électrum ionien, vers 600-580 av. J.-C., droit : tête de cheval

La monnaie de type grec naît en Asie mineure à la fin du VIIe siècle av. J.-C. Les Grecs eux-mêmes en attribuent souvent l'invention aux Lydiens[9], dont la capitale, Sardes, est traversée par le fleuve Pactole, qui charrie naturellement de l'électrum.

Les différentes campagnes de fouilles du temple d'Artémis à Éphèse ont permis de mettre au jour plusieurs monnaies différentes qui illustrent la naissance de la monnaie. Certaines, sans type, sont de simples globules en argent ou en électrum, sans marque, mais qui relèvent d'un système de poids précis ; d'autres, toujours sans type, portent simplement un carré creux ; les dernières sont striées au droit et portent un carré creux au revers. Ces « pré-monnaies » peuvent être datées du milieu du VIIe siècle av. J.-C.. L'Artémision a également livré de véritables monnaies en électrum, portant un type sur fond strié ou sur fond droit ; on a décompté en tout treize types : têtes de lion, de sanglier, de griffon ou de phoque, protomé de cerf, tête humaine, coqs affrontés, etc. Le type de la tête de lion peut se rattacher aux rois lydiens, celui de la tête de phoque à Phocée et celui du lion couché à Milet ; les autres attributions sont plus conjecturales. L'ensemble se rattache à deux étalons monétaires différents, l'un qu'on peut qualifier de lydo-milésien (un statère pèse 14,1 g) et l'autre phocaïque (un statère pèse 16,1 g). L'ensemble témoigne de l'aire d'influence de l'Artémision à l'époque, qui s'étend sur 70 km environ autour d'Éphèse. Un trésor provenant de la région de l'Hellespont a livré d'autres types de monnaies en électrum, de très petite taille (la plus lourde pèse un demi-gramme). Un autre, découvert à Samos en 1894, révèle un troisième étalon monétaire, où le statère pèse 17,4 g.

Ces pièces en électrum ont pour principal handicap d'être composées dans un alliage dont la composition varie, notamment parce qu'une partie est réalisée en électrum naturel. De fait, il est abandonné lors de la conquête perse et ne subsiste ensuite que dans quelques cités, Mytilène, Phocée, Lampsaque et Cyzique.

Créséide d'or légère, 561–546 av. J.-C.

Les premières monnaies en or et en argent portent au droit une tête de taureau et une tête de lion affrontées et au revers deux carrés creux accolés. On leur donne conventionnellement le nom de « créséides », dérivé de celui de Crésus, d'après l'expression « statère créséen » attestée chez Plutarque[10] et Pollux[11]. Les créséides d'or et d'argent pèsent le même poids (10,89 g) et portent le même type ; elles se déclinent en sixièmes, les hectés d'or, et en douzième, les hémihecta d'argent. Une créséide d'or vaut un statère lydo-milésien d'électrum et 13 créséides d'argent. On parle de créséide « lourde », car elle est ensuite remplacée, peut-être pour simplifier le change, par une créséide dite « légère » : une créséide légère d'or pèse 8,7 g, et vaut 20 créséides légères d'argent, lesquelles à leur tour valent un demi-statère d'électrum.

Sicle d'argent de Darius Ier, vers 500-490 av. J.-C., droit : le roi tirant à l'arc

Sous le règne de Darius Ier, sans doute un peu avant 500 av. J.-C.[12], ces monnaies sont remplacées par les dariques d'or et les sicles d'argent, qui reprennent d'abord le même étalon que les créséides légères. Le droit porte toujours une représentation du Grand Roi et le revers, un carré creux. On distingue plusieurs types de droit, chronologiquement :

  1. le Grand Roi à mi-corps portant un arc, uniquement en argent ;
  2. le Grand Roi tirant à l'arc, principalement sur des sicles ;
  3. le Grand Roi courant, tenant un arc et une lance ;
  4. le Grand Roi courant, tenant un arc et un, principalement sur des sicles.

À partir du type II, le darique passe à 8,35 g. Sicles et dariques sont frappés à Sardes et sont destinés à l'Ouest de l'Empire, c'est-à-dire l'Anatolie. Si les sicles circulent effectivement, les dariques sont plutôt considérés comme des réserves de métal et les Perses conservent longtemps l'habitude de peser des métaux précieux pour régler leurs transactions. Ainsi, les trésors achéménides comportent des monnaies découpées pour en ajuster le poids, ou cisaillées pour vérifier qu'il ne s'agit pas de monnaies fourrées (simplement recouvertes de métal précieux)[12].

Parallèlement au monnayage royal, les vassaux de l'Empire perse frappent également monnaie, peut-être dans le but de payer le tribut[12]. Celles de Lycie, portant au revers un triskèle ou un tétraskèle, attestent assez tôt de l'existence de dynastes locaux. Chypre et la Cyrénaïque émettent également des monnaies d'inspiration grecque. En revanche, la Pamphylie, la Cilicie et la Phénicie n'émettent pas de monnaies avant le milieu du Ve siècle av. J.-C. ; les monnayages de Carie sont rares et mal attestés avant Mausole. La Palestine et l'Égypte ne produisent pas non plus de frappes avant l'époque hellénistique.

Les cités grecques d'Asie mineure émettent également des monnaies d'argent. À partir de 495 av. J.-C., Chios produit des didrachmes au sphinx assis. À partir de 480, Samos émet des tétradrachmes à scalp de lion au droit et à la protomé de bœuf au revers et Lampsaque, des drachmes à la tête janiforme mâle et femelle au droit et à la tête d'Athéna au revers. L'île de Ténédos émet des dioboles à la têre janiforme ou à la double hache. L'île de Rhodes comprend pas moins de trois ateliers monétaires, chacun utilisant un étalon différent : Camiros (feuille de figuier), reprend l'étalon éginétique (un didrachme = 12,2 g), alors que le statère de Lindos (tête de lion) pèse 13,7-13,8 g et que celui de Ialysos (sanglier ailé/tête d'aigle) atteint 15 g.

En Grèce continentale et en Égée[modifier | modifier le code]

« Poulain » corinthien, vers 515 av. J.-C.

À Égine, les premières frappes monétaires attestées datent du troisième quart du VIe siècle av. J.-C.. Les monnaies sont majoritairement des statères (didrachmes) pesant 12,6 g et portent le type de la tortue marine avec en revers un carré creux en Union Jack ou en ailes de moulin[13]. Le trésor de Santorin (Théra) montre que cet étalon et ce style sont produits ailleurs en Égée[14].

À Athènes, les premières monnaies sont probablement frappées sous Pisistrate et ses fils, à la fin du VIe siècle av. J.-C.[15] Elles se décomposent en deux séries distinctes reposant sur un même étalon où la drachme de 4,3 g est, comme à Égine, divisée en six oboles – Athènes conservera cet étalon jusqu'au Ier siècle av. J.-C.[16]. La première recouvre des drachmes et didrachmes à types divers : amphore, chouette, tête de Gorgone, etc. On parle traditionnellement de Wappenmünzen ou « pièces à blason » : la première interprétation, abandonnée depuis, voyait dans ces types les blasons des grandes familles athéniennes[16]. Vers la fin de cette série apparaissent des monnaies de poids double, les tétradrachmes, portant au droit une tête de félin, sans doute de panthère. Un peu après, à une date qui reste sujette à débat, Athènes adopte son célèbre type portant une tête d'Athéna casquée au droit et une chouette avec la mention ΑΘΕ au revers, d'où leur surnom traditionnel de « chouettes ». Produites en abondance, ces monnaies sont réalisées en argent extrait des mines du Laurion[17].

En Eubée, le premier type est probablement celui des statères de Chalcis portant un quadrige, pesant 16,72 g et se divisant probablement en tiers et sixièmes[17]. Érétrie et Carystos produisent également un statère légèrement plus lourd portant tous deux une vache au droit. Vers 520 ou 510 av. J.-C., le revers en carré creux est remplacé par un poulpe pour Érétrie et un coq pour Carystos, alors que Chalcis frappe des monnaies avec un aigle au droit et une roue au revers.

Corinthe adopte d'emblée Pégase comme épisème, d'où le surnom de « poulains » donné à ces monnaies ; le cheval ailé est accompagné de la lettre archaïque qoppa (ϙ)[18]. Le revers comporte d'abord un carré creux comme à Égine, puis adopte un motif propre en swastika. Certains de ces monnaies sont des surfrappes : des didrachmes athéniens, en particulier des Wappenmünzen à la tête de Gorgone, servent de flan aux statères corinthiens à revers en swastika. Le type au gorgoneion étant parmi les plus récents des Wappenmünzen, il est possible que la frappe athénienne ait commencé un peu avant celle de Corinthe[18]. Inversement, des monnaies incuses de Métaponte et Crotone, en Grande Grèce, sont possiblement des surfrappes de « poulains » archaïques[18].

En Béotie, les monnaies, probablement inspirées par les « tortues » d'Égine, portent le plus souvent au droit le bouclier dit béotien, c'est-à-dire ovale, bombé, avec deux ouvertures latérales, symbole de la Confédération béotienne. Elles suivent le poids éginétique. Les plus anciennes sont anépigraphes et présentent au revers un carré creux en ailes de moulin.

En Grèce du Nord, les cités littorales issues de la colonisation émettent des monnaies à partir de 530-520 av. J.-C. Elles présentent des types complexes, d'inspiration orientale et bien réalisés techniquement, comme le lion attaquant le taureau sur des tétradrachmes de poids attique à Acanthe, ou le griffon sur des octodrachmes à Abdère. Les peuples de l'intérieur frappent également des monnaies de style grec dans un argent très pur. Les Bisaltes, Ichnai, Derrones, Orreskioi, Edones, Zaielioi, Pernaioi, Dionysioi et Laiai ne sont pas organisés en cités, mais leur fonctionnement politique est mal connu ; ils sont probablement gouvernés par des dynastes locaux et paient tribut à l'Empire achéménide. Leur monnayage, dit thraco-macédonien, comprend un grand nombre de types variés dont le rattachement géographique et l'interprétation demeurent peu clairs.

Sicile et Grande Grèce[modifier | modifier le code]

Statère incus de Poseidonia avec Poséidon au trident et légende ΠΟΜ en lettres rétrogrades, 530-510 av. J.-C., musée national archéologique de Naples

Sélinonte est le principal atelier monétaire en Sicile. Ses monnaies sont généralement qualifiées de didrachmes bien qu'aucune drachme ne semble avoir été frappée à l'époque[19]. Elles arborent le type parlant de la feuille trilobée de persil sauvage (ou de céleri), σέλινον / selinon en grec et pèsent 8,6 g environ, apparemment en référence à l'étalon corinthien. Les monnaies de Zankle (actuelle Messine) sont également parlantes : le droit représente son port en forme de faucille (en grec ζάγκλον / zanklon), à l'intérieur duquel s'inscrit un dauphin avec la légende DANKL en alphabet chalcidien. La cité est en effet une colonie de Chalcis, dont elle reprend l'étalon avec des drachmes de 5,8 g. Himère, elle-même colonie de Zankle, suit également cet étalon pour ses monnaies frappées du coq. La production monétaire de Naxos de Sicile est moindre, mais ses monnaies frappent par la qualité de leur exécution : ses drachmes de 5,8 g environ portent au droit une tête de Dionysos couronné de lierre et au revers une grappe de raisin entre deux feuilles de vigne avec la légende ΝΑΧΙΟΝ. Agrigente émet des didrachmes avec l'aigle au droit et le crabe au revers. Syracuse produit vers 500 av. J.-C. des monnaies complexes avec au droit un quadrige mené par un aurige et au revers la tête de la nymphe Aréthuse, personnification de la source de l'île voisine d'Ortygie.

En Grande Grèce, certaines cités se singularisent par l'émission de monnaies incuses, c'est-à-dire en relief au droit et en creux au revers, sur des flans larges et minces : il s'agit notamment de Tarente, Métaponte, Siris, Sybaris, Crotone, Caulonia et Rhégion sur la mer Ionienne et Poseidonia sur la mer Tyrrhénienne[20]. Les monnaies sont le plus souvent des tridrachmes pesant de 7,8 g à 8 g, portent le type et les premières lettres de l'ethnique de la cité, par exemple Poséidon au trident avec la légende ΠΟΜ en alphabet achéen pour Poseidonia. L'invention et le choix du procédé incus ont suscité diverses explications dont aucune ne recueille l'unanimité[20]. La Grande Grèce pratique également la surfrappe de monnaies étrangères, du continent comme de cités voisines[20].

L'époque classique[modifier | modifier le code]

Unités[modifier | modifier le code]

L'étalon attique à l'époque classique est le suivant :

Chalque (cuivre) Dichalque (cuivre) Obole Diobole Triobole
hémidrachme
Tétrobole Drachme Didrachme
double drachme
Tétradrachme
statère d'argent
Statère d'or Mine Talent d'argent Talent d'or
1/8 d'obole 1/4 d'obole 1/6 de drachme 1/3 de drachme 1/2 de drachme 2/3 de drachme 6 oboles 2 drachmes 4 drachmes 20 drachmes 100 drachmes 60 mines 10 talents

La mine et le talent sont des unités de poids, le talent équivalant à un pied cube d'eau ; aucune pièce n'a été frappée avec ces valeurs. L'étalon attique se fonde sur une drachme de 4,3 g. En comparaison, l'étalon éginétique compte 70 drachmes de 6,1 g dans une mine.

Notes[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Sources et références[modifier | modifier le code]

  • Dominique Gerin, Catherine Grandjean, Michel Amandry et François de Callataÿ, La Monnaie grecque, Paris, Armand Colin, coll. « U »,‎ 2001 (ISBN 2-7298-0846-9)
  • Hélène Nicolet-Pierre, Numismatique grecque, Paris, Armand Colin, coll. « U »,‎ 2002 (ISBN 2-200-21781-1)
  • François Rebuffat, La Monnaie dans l'Antiquité, Paris, Picard, coll. « Antiquités/Synthèses »,‎ 1996