Monnaie byzantine

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La devise byzantine, monnaie utilisée dans l'Empire romain d'Orient après la chute de l'Ouest, consistait principalement en deux types de pièces: le solidus d'or ou nomisma et une variété de pièces de bronze clairement évaluées.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Solidus de Justinien II, second règne, après 705

Les premières pièces byzantines s'inscrivent dans les conventions romaines tardives: sur l'avers de la pièce, l'empereur est représenté de face plutôt que de profil, et sur le revers, généralement un symbole chrétien tel qu'une croix, une allégorie de la Victoire, ou un ange (les deux derniers tendant à ne former plus qu'un).

Les pièces d'or de Justinien II se démarquèrent de de ces conventions en introduisant un buste du Christ sur l'avers, et un demi portrait ou entier de l'empereur sur le revers. Ces innovations eurent aussi l'effet d'amener le calife Abd al-Malik, qui avait auparavant copié le style byzantin en remplaçant les symboles chrétiens par leur équivalent islamiques, à developper un style propre à l'Islam, sans portrait ou représentations sur chaque côté. Ce style fut adopté sur pratiquement tous les pièces musulmanes jusqu'à l'époque moderne. Le style de Justinien II fut repris après la fin de l'Iconoclasme, et, bien qu'il subit quelques modifications, il resta la norme jusqu'à la fin de l'empire.

Les pièces byzantines suivirent jusqu'à l'extrême la tendance voulant que les pièces de métaux précieux deviennent plus large et plus fine au fur et à mesure que le temps passe. Les dernières pièces d'or pouvaient être pliées à la main. La monnaie byzantine avait un prestige qui dura jusqu'à la fin de l'empire, à peu près. Les souverains européens, une fois qu'ils pouvaient frapper leurs propres pièces, suivirent une version simplifiée du modèle byzantin, avec leur portrait de face.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Le début de ce que l'on appelle "monnaie byzantine" commence avec la réforme monétaire d'Anastase Ier en 498, qui mit un terme au système monétaire de l'Empire romain tardif, et qui consistait en pièces d'or - le solidus - et de bronze - les nummi. Le nummus était une très petite pièce de 8 à 10 mm peu pratique car il en fallait un grand nombre, même pour les transactions de faible importance. Les nouvelles pièces de bronze furent établies en tant que multiples du nummus: 40 nummi, 20 nummi, 10 nummi, 5 nummi. Sur l'avers était représenté l'empereur avec un portrait très stylisé tandis que le revers indiquait la valeur de la pièce selon la numération grecque (M=40, K=20, I=10, E=5).

Miliarésion de Romain III Argyre .

Les pièces d'argent étaient rarement émises et la seule à être régulièrement émise était le miliaresion, dont la finesse était variable et dont le poids se situait généralement entre 7,5g et 8,5g. Le miliaresion fut frappé pour la première fois au début du VIe siècle, mais il semble plus commun du VIIe au IXe siècle de notre ère. Durant cette période, les petites transactions étaient menées avec des pièces de bronze. Au début du IXe siècle, le tétartéron, pesant les trois quarts d'un solidus (soit 4,13g au lieu de 4,5g), fut frappé en parallèle avec le solidus, les deux conservant le titre standard, dans le but de faire accepter au marché leur valeur égale, permettant ainsi une économie d'or. Le tétartéron devint impopulaire dès sa mise en circulation et ne fut réémis que sporadiquement au cours du Xe siècle. Le solidus inchangé, aussi connu sous le nom de nomisma, fut appelé histaménon.

Histaménon de Constantin VIII.

Le solidus resta un standard du commerce international avec un titre variant entre 955/1000e et 980/1000e jusqu'au XIe siècle où il fut déprécié sous plusieurs empereurs successifs à partir de Constantin Monomaque jusqu'à ne plus contenir que 15 % d'or sous Romain Diogène.

Alexis Ier Comnène réforma intégralement les dénominations et instaura l' hyperpère en 1092, légèrement plus léger que l' hystaménon (4,48g au lieu de 4,5) et avec un titre de 21 carats. Il resta en circulation jusqu'à la fin de l'Empire, bien qu'il eût, lui aussi, été déprécié à partir de la seconde moitié du XIVe siècle.

Les pièces qualifiées de scyphates étaient concaves et généralement faites d'electrum et de billon. Bien que la raison exacte de la fabrication de telles pièces soit inconnue, on pense qu'elles étaient ainsi pour faciliter leur empilage.

À la fin de l'Empire, la plupart des pièces en circulation étaient vénitiennes, preuve de sa dépendance vis-à-vis de son ancienne vassale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]