Moneyball: The Art of Winning an Unfair Game

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le livre de Michael Lewis. Pour le film de Bennett Miller qui en est adapté, voir Le Stratège.
Moneyball: The Art of Winning an Unfair Game
Auteur Michael Lewis
Version originale
Titre original Moneyball: The Art of Winning an Unfair Game
Éditeur original W.W. Norton & Company Inc.
Langue originale Anglais américain
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Date de parution originale 2003
ISBN original 0-393-05765-8
Version française
Chronologie
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Moneyball: The Art of Winning an Unfair Game est un ouvrage américain de Michael Lewis publié en 2003. Il décrit l'approche moderne analytique, dite sabermetrics, mise en place par Billy Beane, manager général des Athletics d'Oakland, pour monter une équipe compétitive en Ligue majeure malgré la situation financière défavorable de la franchise.

Le Stratège, un film basé sur cet ouvrage sort le 23 septembre 2011 au Québec et le 9 novembre 2011 en France. Brad Pitt joue le rôle principal.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Moneyball part de l'idée que la connaissance collective des professionnels du baseball (joueurs, managers, entraineurs, recruteurs et dirigeants) du siècle dernier est subjective et faillible. Suivant cette idée, des statistiques telles que les buts volés (SB), points produits (RBI) et moyenne au bâton (AVG), alors utilisées fréquemment pour évaluer les joueurs, sont des reliques du XIXe siècle et ne permettent pas de refléter le vrai niveau des joueurs. D'après le livre, la direction des Athletics d'Oakland a décidé d'utiliser des outils d'études plus empiriques pour mieux évaluer le potentiel des sportifs et ainsi construire une équipe à budget modeste mais compétitive en Ligue majeure.

Les études statistiques ont démontré que les moyennes de moyenne de présence sur les buts (OBP) et de puissance (SLG) sont de meilleurs indicateurs de la performance offensive d'un joueur, et les A's étaient convaincus que ces qualités intrinsèques étaient accessibles plus facilement sur le marché que les qualités historiques de vitesse et capacité de contact. Ces observations ne sont pas partagées par tous les acteurs du baseball professionnel conventionnel.

Grâce à ce travail d'étude statistique, l'équipe 2002 des Athletics était aussi compétitive avec une masse salariale de 41 millions de dollars que les grosses écuries de la Ligue américaine telles que les Yankees de New York qui elles disposaient de 125 millions de dollars. En raison de ses faibles revenus, Oakland fait partie des franchises forcées de trouver des joueurs sous-évalués sur le marché (draft) et cette nouvelle technique semble alors porter ses fruits.

Dans son ouvrage Michael Lewis aborde l'opposition entre les visions traditionalistes et les concepts modernes des défenseurs des sabermetrics, le lissage des inégalités d'accès à l'expertise grâce à la démocratisation de l'information, et la course à la rentabilité forcée par le capitalisme. Il évoque aussi l'effort que la franchise a du produire à mesure que la technique mise en place par Billy Beane était copiée par les autres équipes de la MLB, forçant le club à se pencher sur les évaluations des qualités défensives en plus de celles offensives.

Moneyball aborde aussi la méthode de prospection des dépisteurs des A's. Selon les défenseurs des sabermetrics, un joueur évoluant en université a de plus grandes chances d'évoluer en MLB qu'un joueur drafté au lycée. D'après Beane, le risque est plus important quand on choisit un joueur de lycée, quelle que soit son évaluation physique et mentale faite par les scouts, que lorsqu'on sélectionne un joueur d'université. Lewis cite Jeremy Bonderman, joueur de ligue mineure des A's, comme un exemple classique de joueur sélectionné par la franchise en 2001 avec un avis défavorable de Beane. Bonderman avait toutes les capacités pour évoluer un jour au niveau MLB, mais des milliers de joueurs signés par des franchises n'ont pas réussi à atteindre le plus haut niveau du baseball américain. Il détaille l'approche de Beane lors de la Draft MLB 2002 où la franchise choisit de nombreux joueurs très tôt dans le process de recrutement (chaque équipe choisit à tour de rôle et sur plusieurs tours). Le livre décrit les échanges intenses entre le manager général et son scouting staff, plus favorable aux techniques traditionnelles de recrutement, dans ce qui est pourtant considéré à l'époque comme une très bonne campagne de recrutement pour la franchise.

Enfin, l'ouvrage retrace l'histoire du mouvement sabermetric jusqu'à Bill James et Craig R. Wright. Michael Lewis explique comment Baseball Abstract, une publication annuelle de James de la fin des années 1970 à la fin des années 1980, a influencé toute une génération de jeunes qui intègrent les sphères de management des organisations professionnelles de la MLB depuis les années 2000.

Impact[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sabermétrie.

Moneyball a eu un tel impact sur le baseball professionnel que le terme est entré dans le lexique du baseball. Les équipes qui se basent sur les principes des sabermetrics sont souvent décrites comme moneyball. Certains traditionalistes du baseball, comme des recruteurs ou des journalistes, sont critiques envers cette méthode et préfèrent donner la primeur aux techniques traditionnelles de jugement de valeur des joueurs. Néanmoins, l'impact Moneyball sur les directions des franchises de la Ligue majeure de baseball est indéniable : des équipes telles que les Mets de New York, Yankees de New York, Padres de San Diego, Cardinals de Saint-Louis, Red Sox de Boston, Nationals de Washington, Diamondbacks de l'Arizona, Indians de Cleveland[1], et les Toronto Blue Jays ont embauché des spécialistes des sabermetrics à temps plein.

Depuis la publication de l'ouvrage, Lewis a discuté d'une suite appelée Underdogs, qui revisiterait les diverses fortunes des joueurs concernés au cours de leurs carrières. Quand les Mets embauchèrent Sandy Alderson, le prédécesseur de Billy Beane, comme manager général en 2010 ainsi que Paul DePodesta et J. P. Ricciardi, anciens collaborateurs de Beane chez les Athletics, la franchise devint connue sous le nom de "Moneyball Mets"[2].

Michael Lewis reconnait que le succès de son livre a peut-être affecté la réussite des Athletics d'Oakland car cela a donné l'occasion aux autres équipes d'utiliser cette technique de recrutement basée sur les sabermetrics[3].

Personnages du livre[modifier | modifier le code]

Draft MLB 2002[modifier | modifier le code]

Film[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Stratège.

Un film éponyme sort le 9 novembre 2011 dans les salles françaises. Il est à l'affiche du festival international du film de Toronto en 2011[4].

Le script original du film est écrit par Stan Chervin, Steven Soderbergh remplaçant David Frankel comme directeur. Soderbergh se retire finalement en raison de son indisponibilité, il doit tourner le film Contagion[5].

Le 19 juin 2009, quelques jours avant le début du tournage, Sony Pictures Entertainment met l'avenir du film en suspens[6]. Le film requiert des éléments considérés comme non-traditionnels pour un film sportif, tels que des interviews avec les vrais joueurs. Soderbergh est donc licencié et est remplacé par Bennett Miller[7], le script est réécrit par Aaron Sorkin puis retravaillé par Steven Zaillian[7].

Il sort dans les salles aux États-Unis le 23 septembre 2011.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

L'ouvrage est parodié dans l'épisode des Simpsons MoneyBARTLisa manage l'équipe de Petites ligues de Bart en utilisant les principes de la sabermétrie. Bill James fait une apparition dans l'épisode.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Baseball Prospectus, « Aim For The Head: Aim For the Front Office »,‎ 2007 (consulté le 29 septembre 2011)
  2. (en) NY Magazine, « The Moneyball Mets »,‎ 2011 (consulté le 29 septembre 2011)
  3. (en) San Francisco Chronicles, « Michael Lewis on A's 'Moneyball' legacy »,‎ 2011 (consulté le 29 septembre 2011)
  4. (en) « TIFF 2011: U2, Brad Pitt, George Clooney Films Featured At 2011 Toronto International Film Festival », The Huffington Post,‎ 26 juillet 2011 (lire en ligne)
  5. (en) Variety, « Columbia pitches Moneyball to Pitt »,‎ octobre 2008 (consulté le 20 septembre 2011)
  6. (en) LA Times, « Production On Moneyball Film Halted »,‎ juin 2009 (consulté le 20 septembre 2011)
  7. a et b (en) Deadline, « Finally, It's Batter Up For 'Moneyball' »,‎ avril 2010 (consulté le 20 septembre 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]