Monastère de La Rábida

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Monastère de La Rábida
Image illustrative de l'article Monastère de La Rábida
Présentation
Nom local Monasterio de Santa María de la Rábida
Culte Catholique romain
Type Monastère
Rattachement Franciscains
Début de la construction XIVe siècle
Fin des travaux XVe siècle
Style dominant Gothique et Mudéjar
Protection Classé BIC (1856)
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Andalousie Andalousie
Province Province de Huelva Province de Huelva
Commune Palos de la Frontera
Coordonnées 37° 12′ 28″ N 6° 55′ 33″ O / 37.207803, -6.92591737° 12′ 28″ Nord 6° 55′ 33″ Ouest / 37.207803, -6.925917  

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Monastère de La Rábida

Le monastère de Santa María de la Rábida est un monastère franciscain situé à Palos de la Frontera, dans la province espagnole de Huelva, en Andalousie. Il s'agit d'un monument important tant au niveau artistique qu'historique. Bâti aux XIVe et XVe siècles, il présente une belle architecture mêlant les styles gothiques et mudéjar, et dont les plus beaux fleurons sont l'église et le cloître. D'un point de vue historique, le monastère reste célèbre pour avoir accueilli Christophe Colomb quelques années avant son départ pour l'Amérique.

Quoique ayant souffert des ravages du temps et du tremblement de terre de Lisbonne de 1755, il présente aujourd'hui une fière allure, et renferme des objets commémoratifs des expéditions colombines. Sa place dans l'histoire et ses qualités esthétiques lui ont valu plusieurs distinctions. En 1856, il fut classé monument national[1]. Il fut par la suite inclus, en 1967, sur la liste des sites colombins de la province de Huelva[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Portrait posthume de Christophe Colomb attribué à Ridolfo del Ghirlandaio

Le site du monastère est occupé depuis des millénaires. Des fragments de céramiques trouvées sur les lieux et exposées aujourd'hui dans le monument attestent de la présence sur les lieux d'établissements phéniciens, romains, wisigoths et almohades. La proximité de la mer et la proche confluence de l'Odiel et du Río Tinto expliquent certainement l'installation de divers groupes humains au fil du temps[3].

Les arabes élevèrent à l'emplacement actuel du monument un monastère de moines-soldats. Ce type de monastère est à rapprocher des couvents des ordres militaires, et était situé sur les lignes frontalières à défendre. On leur attribuait le nom de rábida ou rápita, d'où le nom du monastère actuel[4]. Il reste de cette ancienne construction quelques éléments épars[3].

Suite à la reconquête de la région au XIIIe siècle la Couronne de Castille remet la Rábida aux Templiers. Ils dédient ce lieu à Notre-Dame des Miracles en 1261, selon Francisco de Gonzaga, historien de l'ordre franciscain du XVIe siècle, et commencent les travaux de réaménagement[4]. Au début du XVe siècle, par une bulle de Benoît XIII de 1412, le monastère passe entre les mains des Franciscains, dont une communauté occupait depuis 1403 un petit ermitage voisin[3].

La majeure partie des bâtiments conventuels sont édifiés au cours du siècle, grâce à la collaboration des nobles et des habitants de la région. En 1485, Christophe Colomb arrive à La Rábida après la fin de non-recevoir opposée par le roi Jean II de Portugal. Il trouve une oreille attentive auprès de deux frères du monastère, Juan Pérez et Antonio de Marchena. Ces derniers le soutiennent dans ses projets et lui conseillent de se rendre auprès d'Isabelle de Castille et de Ferdinand d'Aragon. La suite est connue.

Le monastère reçut par la suite les compagnons d'aventure de Colomb, dont Martín Alonso Pinzón, originaire de la ville, et qui fut enterré à La Rábida quelques semaines à peine après son retour du Nouveau Monde[4].

La communauté franciscaine poursuivit son activité durant les siècles suivants. En 1755, le tremblement de terre de Lisbonne endommage le monastère, qui est alors profondément remanié. Au XIXe siècle, l'invasion napoléonienne et les lois de desamortización de Mendizábal[5] ne chasse les moines et ne laisse le monastère en piteux état. Des travaux de restauration commencèrent en 1855 à l'initiative des ducs de Montpensier et de la diputation de Huelva. Alphonse XII d'Espagne favorisa une seconde phase de travaux[4].

En octobre 1892, Isabelle II signa un décret, à l'initiative de son ministre Antonio Cánovas del Castillo. Ce texte autorisait la remise du monastère aux Franciscains. Cette mesure ne fut néanmoins appliquée qu'en 1920, date depuis laquelle les moines ont repris possession de La Rábida[3].

Description[modifier | modifier le code]

Le monastère se dresse sur une petite colline (ou alcor) à proximité de la confluence des rivières Odiel et Río Tinto. Il se présente sous la forme d'un ensemble de bâtiments de 2 000 m2 au plan irrégulier et d'élévation assez modeste. Sur ses murs peints à la chaux se détachent les encadrements de portes et de fenêtres, faits de brique. Le monastère s'organise autour de deux superbes patios et de l'église, qui forment trois grands ensembles structurels. Il regorge d'une végétation omniprésente, qui ajoute au charme des lieux.

Sa physionomie actuelle est très hétéroclite, elle est le résultat des profondes transformations qui affectèrent le monastère après le tremblement de terre de Lisbonne. Extérieurement, il semble sortir du XVIIIe siècle andalou, en pleine période baroque. Une fois passée la porte mudéjare, on pénètre dans un ensemble d'éléments de divers styles : mudéjar dans l'un des cloîtres, gothique dans l'église et les chapelles, baroque dans les autres parties et la décoration[6].

Le vestibule d'entrée est décoré de fresques contemporaines peintes par l'artiste local Daniel Vázquez Díaz au XXe siècle. Elles représentent diverses scènes de la vie de Christophe Colomb[7].

L'église[modifier | modifier le code]

Il est difficile d'établir avec précision la date de la construction de l'église du monastère. On sait juste qu'elle fut bâtie par les franciscains au XIVe siècle.

C'est un très bel édifice mêlant les styles gothique et mudéjar, comme cela est fréquent en Andalousie à l'époque. Quelques éléments, dont l'arc d'entrée, proviennent de l'ancien monument almohade.

Elle présente une nef unique conclue par une abside semi-circulaire voûtée d'ogives, où prend place l'autel.elle est couverte d'un splendide plafond artesonado, très restauré au XIXe siècle Les murs sont encore recouverts par endroits de fresques de la fin du XVe siècle. La nef est flanquée de belles chapelles ornées d'azulejos sévillans, aménagées au XVIIe siècle.

La chapelle de Santa María de la Rábida, ou de Notre-Dame des Miracles, occupe une tour de l'ancien édifice musulman. Elle était à l'origine indépendante de l'église, mais une porte fut percée au XIXe siècle pour l'intégrer au lieu de culte principal du monastère. Cette chapelle renferme une image fort vénérée de la Vierge, un des joyaux artistiques et historiques du monastère. Sculptée dans l'albâtre, elle fut exécutée au XIIe siècle en style gothique[8].

Les cloîtres[modifier | modifier le code]

Le premier cloître est situé à l'entrée du monastère, juste après le vestibule. Plus récent que le second patio, il est connu sous le nom de cloître des fleurs ou de l'hospedería (hébergement), et servait à l'origine à accueillir les marins en perdition ou aux voisins réclamant l'asile en cas d'incursion pirate ou berbère. Il donne accès à la riche bibliothèque, à l'église et à la sacristie, ainsi qu'au second cloître[9].

Ce dernier est le plus beau et constitue un des plus beaux attraits du couvent. Appelé cloître mudéjar ou cloître de la communauté, il était réservé à la communauté monastique, qui trouvait là un lieu de recueillement et de prière[9]. Il est resté intact après le tremblement de terre de 1755, et se présente par conséquent sous son apparence d'origine, du XVe siècle. Au XVIIe siècle fut ajoutée la galerie supérieure. Il a conservé une partie de sa décoration d'origine, complétée ultérieurement.

Sa structure est très simple mais l'effet visuel est des plus plaisants. De plan rectangulaire, il s'organise autour d'une cour ornée d'une fontaine centrale et fermée par une galerie à arcades. Les arcades sont composées d'une succession d'arcs en plein cintre qui prennent appui sur des colonnes hexagonales, dotées de bases et de chapiteaux. Les colonnes ne retombent pas au sol, mais sur un petit garde-corps aveugle. Le tout est exécuté en bel appareil de brique[10].

Autour de ce cloître sont distribuées différentes salles destinées à la vie monastique, dont le réfectoire et la salle capitulaire. Au deuxième étage prennent place d'autres salles, ainsi que des cellules.

Protection[modifier | modifier le code]

Le monastère fait l’objet d’un classement en Espagne au titre de bien d'intérêt culturel depuis le 23 février 1956[11].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Ministère espagnol de la Culture.
  2. Décret 553/1967, paru au Bulletin Officiel de l'État nº 69 du 22/03/1967..
  3. a, b, c et d Source : Monastère de la Rábida.
  4. a, b, c et d Source : Article Monasterio de La Rábida sur la wikipedia hispanophone.
  5. Les lois de desamortización furent votées et appliquées entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle. Elles consistaient en la confiscation des biens improductifs de l'Église. Mendizábal, ministre dans les années 1830, promulgua la principale de ces lois.
  6. Estado actual del monasterio sur le site du monastère.
  7. El monasterio hoy, sur le site du monastère.
  8. La Iglesia, sur le site du monastère.
  9. a et b Estructura del monasterio sur le site du monastère.
  10. El claustro mudéjar, sur le site du monastère.
  11. Base BIC du ministère espagnol de la Culture sous le nom Monasterio de Santa María de la Rábida Camino del Monasterio et le n° de référence RI-51-0000003.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]