Mohammed XIII az-Zaghall

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Mohammed XIII ben Sa`d az-Zaghall[1] est le vingt-troisième émir nasride de Grenade. Il est le fils de Sa`d al-Musta`în (Ciriza), le frère de Abû al-Hasan `Alî (El viejo) ou (Muley Hacén) à qui il succède en 1485 et enfin l'oncle de Boabdil Mohammed XII az-Zughbî qui en 1487 après sa libération par les Castillans lui reprend son trône perdu en 1484. En 1489, il décide d'aller à Oran, puis à Tlemcen où il s'installe définitivement. Al-Maqqari en son temps, signale la présence de ses descendants, connus comme Les enfants du sultan d'al-Andalus ( بني سلطان الأندلس en arabe)[2].Il décède probablement en 1494. Les Grenadins qui l'estimaient beaucoup le surnommèrent Az-Zaghall (Le Courageux). Sa descendance serait de nos jours originaire de Sfax en Tunisie sous le nom de famille Zghal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Quand il arrive au pouvoir, Mohammed az-Zughbî (Boabdil) est prisonnier des Castillans après une défaite humiliante à la fin de l'année 1484. Abû al-Hasan `Alî, le père de Boabdil que celui-ci avait détrôné en 1482, a repris le pouvoir. Les Rois Catholiques conquièrent Ronda. Une série de défaites grenadines et la maladie d'Abû al-Hasan `Alî, permettent à Mohammed az-Zaghall de prendre le pouvoir. Il se fait nommer émir en 1485.

Le règne (1485 -1487)[modifier | modifier le code]

Les Rois Catholiques ont alors attaqué la forteresse de Moclín, mais l'avant gardes chrétienne est mise en échec par le sultan al-Zaghall aux alentours de la ville, au cours d'un dur combat du 31 août au 3 septembre 1485[3].

Le 29 mai 1486 les chrétiens, qui disposent maintenant de mercenaires suisses et allemands, ils prennent Loja. Le 30 mai et 9 juin, Saler et Illora tombent aux mains des Castillans. Moclín est tombée le 16 juin bien que les musulmans aient résisté grâce à leur artillerie légère. Les châteaux Colomera et de Montefrío tombent quelques jours plus tard. Les musulmans prennent alors pleinement conscience du danger qui menace Grenade.

L'assaut contre Malaga[modifier | modifier le code]

Au printemps 1487, les chrétiens encerclent Malaga. Le chef de la garnison nasride, Ahmad at-Tagrî, prend le commandement de la ville à partir du 6 mai. Il est déterminé à combattre jusqu'au bout. Soumis au feu des bombardes castillanes, les musulmans se défendent de leur mieux. En juillet, les vivres arrivent à manquer. Les habitants de Málaga sont obligés de manger des chevaux, ânes, mulets et chiens. Málaga capitule au bout de trois mois et demi de siège, le 18 août 1487. Les quinze milles prisonniers musulmans sont dans un véritable état d'inanition.

Son neveu Mohammed az-Zughbî (Boabdil), revenu au pouvoir à Grenade, s'est conformé à l'accord secret signé avec les Rois Catholiques et n'est pas intervenu en faveur de Málaga.

En revanche Muhammad XIII az-Zaghall s'est exilé à Almeria après la chute de Baza. Il a essayé une manœuvre de diversion en lançant quelques détachements de volontaires nasrides, d'Adra, sur les chrétiens aux alentours de Vélez-Málaga.

El Zagal finit par pactiser avec Ferdinand, lui vendit Almeria et Guadix, devint son vassal et se fit nommer Roi des Alpujarras. Quelque temps plus tard, il lui vendit le reste de son royaume pour 5 millions de maravedis et passa en Afrique.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. arabe : muḥammad ben saʿd az-zaḡall, محمد بن سعد الزغل
  2. (ar)نفح الطيب من غصن الأندلس الرطيب, par Al Maqqari, Dar Sader, 1997, partie 4, p 524
  3. 19-22 chaban 890 A.H.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Washington Irving, The Alhambra version sur Internet en anglais de Tales of the Alhambra, Ed. Padre Suarez, Granada, 1953. Traduction en français : Washington Irving, Contes de l'Alhambra, Ed. Phebus, Collection Domaine Romanesque, 1998, (ISBN 2-85940-550-X) ou Collection Libretto, 2004, (ISBN 2-7529-0007-4)
  • Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, Éd. P.U.F., (ISBN 978-2-13-054536-1), article : Nasrides pp. 615.