Mohammed ben Arafa

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Mohammed ben Arafa
محمد بن عرفة
Titre
Sultan du Maroc
Titre non reconnu par l'État marocain
20 août 195316 novembre 1955
(&&&&&&&&&&&&08212 ans, 2 mois et 29 jours)
Couronnement 10 décembre 1953
Prédécesseur Mohammed V
Successeur Mohammed V
Biographie
Dynastie Alaouite
Nom de naissance Mohammed ben Arafa el-Alaoui
Date de naissance 1886
Lieu de naissance Fès (Maroc)
Date de décès 17 juillet 1976
Lieu de décès Nice (France)
Père Moulay Arafa ben Mohammed
Mère Lalla Noufissa bent el-Glaoui
Conjoint Lalla Hania bent Tahar
Enfant(s) Prince Moulay Ahmed
Prince Moulay Abdel Hamid
Prince Moulay Hassan
Princesse Lalla Halima

Mohammed ben Arafa
Monarques du Maroc

Mohammed ibn

Arafa ou Ibn Arafa, né en 1886 à Fès et mort le 17 juillet 1976 à Nice[1], est un sultan que la France plaça brièvement sur le trône du Maroc après en avoir chassé le sultan Mohammed V de 1953 à 1955.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mohammed ben Arafa, cousin de Mohammed ben Youssef fut placé le 20 août 1953 sur le trône du Maroc par les autorités françaises qui assurait un protectorat sur le Maroc depuis le Traité de Fès en 1912.

Le général Augustin Guillaume, résident général au Maroc depuis 1951, en conflit ouvert avec Mohammed V qui soutenait les revendications indépendantistes de l'Istiqlal, mena campagne avec les colons français et certaines autorités marocaines, notamment Thami El Glaoui, pacha de Marrakech afin de renverser le sultan. L'Ouléma de Fès[Qui ?], malgré le refus d'abdication de Mohammed V, profita de son arrestation pour proclamer Mohammed ben Arafa, sultan du Maroc.

Son court règne fut marqué par l'accroissement des violences et la radicalisations des nationalistes, qui refusèrent de le reconnaître, pendant l'exil de Mohammed V en Corse puis à Madagascar. Il échappa le 11 septembre 1953 à une tentative d'assassinat de la part d'Allal ben Abdallah. Son pouvoir, limité par l'autorité du Résident général (le général Guillaume puis à partir de 1954, Francis Lacoste) et l'influence du Pacha de Marrakech, fut aussi marqué par la radicalisation des colons dont les ultras fondèrent « Présence française ».

Son manque de légitimité et de popularité auprès de la population marocaine, l'aggravation des violences en liaison avec celles en Tunisie et avec la Guerre d'Algérie, conduisirent les autorités françaises à envisager sa destitution et le retour de Mohammed V.

En 1955, Gilbert Grandval, qui venait d'être nommé Résident général au Maroc, décida de rencontrer le Grand Vizir Mohammed el Mokri. Ce dernier, s'envola pour la France où il rencontra, à Vichy, Gilbert Grandval. El Mokri fit comprendre à Grandval que Ben Arafa était prêt à partir face à l'agitation populaire qui s'étendait à travers le protectorat marocain. La question du trône fut posée. Les discussions permirent d'envisager le retour de Mohammed V au pouvoir.

Le retour triomphal de Mohammed V au Maroc le 16 novembre 1955 après les accords de La Celle-Saint-Cloud, marqua à la fois la fin du court règne de Mohammed ben Arafa et le début de l'indépendance du Maroc, officialisée en 1956 par la fin des protectorats français et espagnol.

Tenu pour un traître, il se rend à Tanger, dont le statut à l'époque est celui d'une ville internationale ; lorsqu'elle est intégrée au Maroc, il se rend à Nice, où il est somptueusement logé par les autorités françaises. Il devient de plus en plus solitaire, surtout après la mort de sa femme, et ne parle jamais, que l'on sache, de ce qui l'a mené à collaborer à la destitution de son neveu. Son retour au Maroc lui est interdit. Vers la fin des années 60, il s'installe à Beyrouth mais, après un vol où des bandits lui soutirent son ancien sceau royal, il rentre à Nice pour y décéder en juillet 1976.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'autre Mohammed VI, Zamane, consulté le 14 décembre 2012