Mohammed Daoud Odeh

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Mohammed Daoud Odeh (en arabe : محمد داود عودة), né en 1937 à Silwan et mort à Damas le 3 juillet 2010, plus connu sous le nom de Abou Daoud (أبو داود), a été le leader du commando terroriste de l'Organisation palestinienne Septembre noir responsable du massacre de onze athlètes israéliens lors des Jeux olympiques d'été de 1972.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant d'entrer au Fatah, Mohammed Daoud Odeh est instituteur en Cisjordanie, puis en Arabie saoudite. À Riyad, en 1962, toujours instituteur, il rencontra Ahmed Al-Qudwa qui l'intègre au Fatah. Contraint de quitter l'Arabie saoudite, il part s'installer au Koweït qu'il quittera plus tard pour aller habiter à Amman en Jordanie. Il est une figure importante du Fatah durant les divers conflits opposant l'OLP à l'armée hachémite. En 1972, il organise avec l'aide de Abou Iyad l'Opération Biraam et Ikrit aux Jeux olympiques de Munich.

En 1999, il écrit ses mémoires dans Palestine : de Jérusalem à Munich avec Gilles du Jonchay. Dans ce livre, revenant en détail sur l'opération de Munich, mais aussi sur ses suites, notamment l'opération israélienne visant à arrêter ou tuer les responsables, il évoque notamment le mois de janvier 1977, où il est la cause d'une bataille diplomatique entre la France, Israël et la RFA, quant à la question de son extradition (l'« affaire Abou Daoud »).

Arrêté à Paris le 7 janvier 1977 par les services de renseignement français alors qu'il se rend à l'enterrement d'un proche (Mahmoud Saleh, responsable d'une librairie à Paris et assassiné), Abou Daoud est l'objet de deux demandes d'extradition formulées par Israël et la RFA en raison dans son implication dans Munich.

Prise par ses engagements avec les États arabes, la France réfuta pour d'obscurs vices de procédure son extradition et l'expulse vers Alger où il repart libre. Cette libération est durement ressentie par Israël et la RFA qui y voient une atteinte à la lutte antiterroriste (Le Monde, 13 janvier 1977). Les documents diplomatiques allemands (Akten zur Auswartigen Politik der BRD) prouvent au contraire l'embarras de la RFA quant à un éventuel procès qui aurait eu lieu sur son sol, propice à de nouveaux actes terroristes en RFA. Sous la colère feinte à la presse, règne en réalité au sein des cellules diplomatiques un intense soulagement.

Depuis les accords d'Oslo en 1993, Abou Daoud abandonne sa lutte contre l'État d'Israël. Expulsé par Israël et refusé par la Jordanie, il vit en exil à Damas où il meurt, des suite d'une insuffisance rénale, le 3 juillet 2010.

Il est le père d'un haut responsable du Hamas.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Nous n'avons pas visé de civils israéliens. Certains d'entre eux avaient participé aux guerres et avaient tué beaucoup de Palestiniens. Un pianiste ou un athlète, n'importe quel Israélien est un soldat. »
  • « Quand j'ai choisi il y a un moment d'être un combattant révolutionnaire, je me suis préparé à être un martyr. »
  • « Je n'ai pas peur, parce que les âmes des gens sont dans les mains de Dieu, pas Israël. »
  • « S'il (Spielberg) voulait vraiment faire une prière pour la paix, il devrait avoir écouté les deux versions de l'histoire et de la réalité reflétée, plutôt que de ne se servir que du côté sioniste seulement. »

Liens externes[modifier | modifier le code]