Mohamed Saïd Ramadân al Boutî

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Muhammad Saîd Ramadân Al-Bûtî

Description de l'image  Dr_bouti_1.jpg.
Activités Écrivain, théologien, prédicateur.
Naissance 1929
Jilka (Turquie)
Décès 21 mars 2013
Damas
Langue d'écriture Arabe

Muhammad Saîd Ramadân Al-Bûtî, orthographié aussi Al-Boti et Al-Bouti, était un théologien musulman syrien d'origine kurde. Il était à la tête du département des Croyances et Religions de la Faculté de la Sharî`ah, à Damas[1],[2]. Il prêchait régulièrement dans les mosquées de la capitale syrienne, ainsi que d’autres villes syriennes où des centaines de musulmans et de musulmanes venaient assister à ses cours, sermons et conférences[1],[3]. Il est l'auteur de plus d'une quarantaine d'ouvrages dont beaucoup sont traduits en plusieurs langues dont le français[2],[4]. Il arrivait à la 23e position du classement des 500 musulmans les plus influents de 2009[5]. Cheikh El-Bouti a été assassiné le 21 mars 2013 à Damas[6].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Mohammed Saïd Ramadan Al-Bouti est né en 1929 dans le village de Jilka sur l’île de Buthan (d'où il tire son nom) en Turquie non loin de l'Irak[1]. Il est le fils d'un mollah empreint d'ascétisme et de piété[7]. À l'âge de 4 ans, lui et son père émigrent à Damas où il effectue son cycle secondaire à l'Institut de formation islamique. En 1953, il part étudier à l’Université d’Al-Azhar, à la Faculté de la Loi islamique. Il y obtient, en 1955, Al-`Alamiyyah, le plus haut diplôme délivré par Al-Azhar à cette époque. Il étudie ensuite à la Faculté de la langue arabe d’Al-Azhar, et obtient son diplôme la même année[2]. En 1960, il enseigne à la Faculté de la Religion à l’Université de Damas où il occupe plusieurs postes hiérarchiques.

Activités[modifier | modifier le code]

Al-Bouti est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages traitant de sciences de la religion, de littérature, philosophie et sociologie[1]. Il était à la tête du Département des Croyances et Religions de la Faculté de la Sharî`ah, à Damas où ses lectures rassemblaient tous les vendredi des centaines de musulmans. Il avait participé à de nombreuses conférences et colloques à travers le monde. Il écrvait occasionnellement des articles pour des journaux musulmans et répondait aux questions relatives à l'islam et sa pratique à travers des fatwas publiées sur Internet[8]. Il s'était rendu en France à de nombreuses reprises pour des conférences[9],[10],[11] et des inaugurations de mosquées[12]. Il était membre de la Société royale de recherche en civilisation islamique à Amman, en Jordanie, ainsi que du Haut Conseil de l'Université d'Oxford en Grande-Bretagne[3]. Al-Bouti parlait couramment le turc, le kurde et avait de bonnes notions d'anglais[1].

Auteur[modifier | modifier le code]

L'écrivain est particulièrement apprécié pour sa méthodologie et son humilité. Al-Bouti est un représentant typique de l'école traditionnelle du Moyen-Orient, il s’oppose en cela aux fondamentalistes d’Arabie saoudite. Fervent défenseur de l'autorité des 4 écoles de jurisprudence (madhhab), il qualifie son éventuelle disparition comme « la plus dangereuse innovation menaçant la Sharia »[3]". Dans un de ses livres, il accuse les salafistes modernes de manipuler le terme "djihad" dans leur intérêts[3], il souligne l'importance de la jurisprudence islamique (fiqh). Ses livres et essais traitent des fondements de l'islam et de ses réflexions sur la Civilisation islamique dans le monde moderne. Il est l'auteur d'une série d'ouvrages sur la question de la prédestination et du libre arbitre.

Prises de positions et polémiques[modifier | modifier le code]

En 1994, dans son ouvrage Djihad en Islam, il s'oppose à la fatwa controversée d'Al Albani ordonnant aux musulmans de quitter la Palestine[13].

En 2004, à Strasbourg, il dénonce la [loi française sur les signes religieux dans les écoles publiques]], qu'il désigne comme une tentative pour faire exploser la famille musulmane. Il surprend son auditoire en qualifiant les représentants musulmans qui soutiennent cette loi du terme coranique « Mounafiquoun » (faux musulmans)[10] alors que le recteur d'Al-Azhar Mohammed Tantaoui venait de donner sa caution à cette loi en présence du ministre de l'Intérieur français Nicolas Sarkozy[14].

En juin 2010, le site l'observatoire de l'islamisation lance une polémique dans les milieux islamophobes et identitaires avec l'inauguration de la mosquée de Roissy-en-Brie[12]. Ces derniers dénoncent la présence de la députée UMP Chantal Brunel au côté du cheikh Al-Bouti, à qui ils reprochent (entre autres) ses propos sur le djihad  : "Le Jihad désigne en son sens exact, la lutte pour la cause de Dieu et l'établissement d'une société islamique; le combat constitue en lui-même un aspect de cette lutte; il vise à fonder une nation islamique authentique. Quant à ses étapes : le Jihad, comme nous l'avons vu, était au début de l'ère islamique, un appel à l'Islam impliquant la nécessité de résister aux difficultés et aux épreuves par la voie pacifique, cet appel s'accompagna au début de l'Hégire par le combat défensif rendu légitime, autrement dit par l'autorisation de répondre à la force par la force. À une étape suivante, l'Islam rendit légitime le combat de tous ceux qui empêchent la constitution d'une société islamique; en particulier les athées, les idolâtres et les polythéistes à cause de leur impossible intégration à l'Islam. Quant aux gens du livre, ils peuvent coexister avec les musulmans à condition de se soumettre aux lois qui gouvernent la société musulmane et de s'affilier à la nation islamique en payant au gouvernement un tribu, l'équivalent de la zakat imposée aux musulmans. Cette dernière étape consacra la nécessité du Jihad dans l'islam sous la forme définitive en tant qu'un devoir imposé aux musulmans à toute époque, au cas où ils disposent d'une force armée suffisante. Dieu dit à propos de cette dernière étape du jihad 'Combattez ceux des incrédules qui sont près de vous. Qu'ils vous trouvent durs. Sachez que Dieu est avec ceux qui le craignent' [Coran Sourate IX] Le prophète parle de cette étape du jihad en ces termes : "J'ai reçu l'ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils disent : il n'y a qu'un seul Dieu professant leur foi en un seul Dieu. Alors seulement auront-ils la vie sauve. Mais s'ils sont coupables, Dieu jugera de leur sort[12]."

En octobre 2010, il écrit une fatwa selon laquelle celui qui reconnaît la loi islamique mais ne peut pas l'appliquer n'est pas un apostat mais celui qui ne la reconnaît pas et refuse de l'appliquer est un apostat[15].

Le 13 juin 2011, pendant la répression de la Révolte syrienne de 2011, il publie une fatwa interdisant aux militaires de tuer des civils[16].

Décès[modifier | modifier le code]

Cheikh al Bouti a été assassiné le 21 mars 2013 par des révoltés contre le régime de Bachar El Assad, lors d'un attentat-suicide terroriste dans la mosquée Al-Imane de Damas faisant 49 neuf autres victimes, dont des civils[17].

Selon certaines sources, des partisans de Youssef al-Qaradâwî, qui s'était déjà opposé à lui[18],[19], seraient impliqués dans cet attentat[20],[21].

Livres[modifier | modifier le code]

En français :

  • L'Islam et l'Occident
  • L'Islam refuge de l'humanité
  • Le péché intérieur : Ce grand danger qui guette les musulmans
  • Comment appeler à l'Islam ?
  • L'homme et la justice de Dieu sur terre
  • Qui est maître du destin des hommes ?
  • La décadence des musulmans, qui est responsable ?
  • Le djihad en islam

En arabe uniquement (non exhaustif) :

  • Kubrâ Al-Yaqîniyyât Al-Kawniyyah (La plus grande certitude de l'univers)
  • `Alâ Tarîq Al-`Awdah ilâ Al-Islâm (Sur la voie du retour à l'islam)
  • Manhaj Al-Hadârah Al-Insâniyyah fi Al-Qur’ân (Méthodologie de la civilisation humaine dans le coran)
  • Ma`a An-Nâs (Avec les gens)
  • Min Rawâ’i` al-Qur’ân (Parmi les merveilles coraniques)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e http://www.islamophile.org/spip/Sheikh-Muhammad-Sa-id-Ramadan-Al,381.html
  2. a, b et c http://www.librairie-boutique-musulmane.com/blog/2011/06/04/said-ramadan-al-bouti.html
  3. a, b, c et d http://rayz-biography.blogspot.com/2011/02/sheikh-dr-muhammad-said-ramadan-al.html
  4. http://recherche.fnac.com/Search/SearchResult.aspx?SCat=2%211&Search=al+bouti&sft=1&submitbtn=Ok
  5. http://www.scribd.com/doc/22652672/The-500-most-influential-Muslims-in-the-world
  6. http://news.xinhuanet.com/english/world/2013-03/22/c_132252506.htm
  7. http://www.islamophile.org/spip/Sheikh-Muhammad-Sa-id-Ramadan-Al,381.html voir dernier livre où il rend hommage à son père
  8. http://www.naseemalsham.com/ar/Pages.php?page=readFatwa&pg_id=13060
  9. http://www.soufisme-fr.com/threads/7391-Cheikh-al-bouti-ha-%C3%A0-Evry-dans-le-91 à Evry
  10. a et b http://www.saphirnews.com/A-Strasbourg-Ramadan-Al-Bouti-defend-le-voile_a668.html à Strasbourg
  11. http://forum.islamboutique.fr/showthread.php?p=6468 à Saint Denis
  12. a, b et c http://www.islamisation.fr/archive/2010/06/04/affaire-chantal-brunel-al-bouti-les-pieces-a-convictions-d-u.html
  13. http://www.aslama.com/forums/showthread.php/1960-sheikh-al-Bouti-r%C3%A9ponse-au-sheikh-al-Albani
  14. http://www.liberation.fr/monde/0101466239-cheque-en-blanc-pour-sarkozy-a-la-mosquee-d-al-azhar
  15. http://islamopediaonline.org/fatwa/qaradawi-issues-opinion-how-muslims-should-handle-poor-muslim-ruler
  16. http://syrie.blog.lemonde.fr/2011/06/13/le-cheykh-al-bouti-interdit-aux-militaires-de-tuer-des-civils/
  17. L'érudit, Mohammad Saïd Ramadane al-Bouti, et 49 fidèles tombent en martyr du fait d'une explosion terroriste dans la mosquée d'al-Imane à Damas
  18. Qaradawi dares Al Bouti to one-to-one debate
  19. http://english.alarabiya.net/en/News/2013/03/22/-Sheikh-al-Bouti-the-Syrian-Sunni-cleric-who-stood-by-Assad.html
  20. Les partisans d'Al-Qardaoui assassinent Cheikh Saïd Al-Bouti
  21. Attentat à Damas: la secte des assassins tue Cheikh Al Bouti et 48 fidèles dans une mosquée

Voir aussi[modifier | modifier le code]