Mohammed Racim

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Mohamed Racim)
Aller à : navigation, rechercher

Mohammed Racim

Description de l'image  Portrait-racim.jpg.
Naissance 24 juin 1896
Alger, Algérie
Décès 1975
Alger, Algérie
Activités Peinture, sculpture, dessin, céramique, miniature
Formation École des beaux-arts d'Alger

Mohammed Râcim (né le 24 juin 1896 à la Casbah d'Alger, mort assassiné le 30 mars 1975), est un peintre algérien, calligraphe, miniaturiste, fondateur de l'École algérienne de miniature. Il étudie son art à l’école des Beaux-Arts d’Alger puis au Cabinet de Dessin de l’Académie. Il fut spécialiste de calligraphie arabe, enluminée et miniaturiste ; il travailla sur le livre d'Étienne Dinet : La vie de Mahomet.

Ses œuvres seront exposées à Alger, Paris, au Musée Galliera, au Caire, à Rome et Vienne.

Un timbre a été édité à son effigie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille d'artistes, il est venu très tôt à l'art. Il entre à 14 ans au Cabinet de dessin de l'enseignement professionnel d'Alger, où il apportera à la tâche une intelligence qui plaidera en sa faveur auprès de ses maîtres, notamment son oncle Mohamed Bensaid, dont il sollicitera souvent les conseils. La découverte de la miniature persane marque, après l'atelier de la Casbah et le cabinet de dessin, une seconde étape dans l'apprentissage de Mohamed Racim. Elle fut décisive lorsque Nassereddine Dinet lui confie, en 1916, l'ornementation du livre La vie de Mohamed.

Ayant atteint une certaine notoriété, Racim entreprend son premier voyage en quête de l'histoire de l'enluminure et la miniature. Il visite successivement Paris, Cordoue et Grenade où l'art de la miniature était florissant. Au retour, il exécute des travaux divers entre autres la décoration du texte des Mille et une nuits de Joseph-Charles Mardrus. Après un bref et discret passage au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, il voyage encore, à Londres où il rencontre Sir Denison Ross (en), maître des études iraniennes, ensuite au Caire, à Rome, Vienne, Bucarest et Stockholm où il expose la somme de ses ouvrages, au musée Galieni, à Paris, où il monte sa première exposition, il reçoit un accueil enthousiaste tant de la part du public que de la presse qui saluent en lui l'artiste qui monte.

De retour en Algérie en 1932, il reçoit le grand prix artistique. Dès 1934, il se consacre à l'enseignement à l'École des beaux-arts d'Alger. De son vivant, l'Algérie possédait la première place dans le monde de l'art miniatural. La célébrité du maître était telle dans ce domaine qu'il faillit émigrer en Inde où sa présence était réclamée. C'est qu'à force de travail et d'intelligence, il écartait les altérations dues aux apports néfastes de l'occident et faisait jaillir de quatre siècles et demi d'obscurité l'éclatante fraîcheur de l'œuvre originelle.

Sa miniature renvoie par ces descriptions à la société algérienne d'antan, images toutes en poésie, dénotant une extrême sensibilité et un souci permanent de rapporter fidèlement des scènes de la vie sociale, dans des décors minutieusement étudiés, comme les avaient conçus les artisans‑décorateurs de l'époque. Minutie, patience, poésie, sens du décor, sûreté de main, choix des nuances, sont autant de facteurs qui président aux créations de Racim qui n'avait fait qu’une coure incursion dans la peinture à l'huile.

Il participe à l'exposition des « Peintres algériens » organisée en 1963 à Alger pour les Fêtes du 1er novembre » et préfacée par Jean Sénac[1] puis en 1964 à celle qui est présentée à Paris au Musée des arts décoratifs.

Il meurt le 30 mars 1975, assassiné avec sa femme[réf. nécessaire]. dans leur demeure à Alger.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'exposition réunit des peintures d'Aksouh, Baya, Hacène Benaboura, Benanteur, Bouzid, Guermaz, Issiakhem, Khadda, Azouaou Mammeri, Mesli, Martinez, Mohamed Racim, Bachir Yellès, Zérarti, mais aussi d'Angel Diaz-Ojeda, Jean de Maisonseul, Nallard et René Sintès, ainsi que des dessins d'enfants.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Marçais, « Mohammed Racim, miniaturiste algérien », Gazette des beaux arts, 1939, p. 45-55
  • Georges Marçais, La Vie musulmane d'hier vue par Mohammed Racim, Arts et métiers graphiques, 1960
  • Georges Martin, Mohammed Racim, Alger, Fama, 1948
  • Mohammed Khadda, « Mohammed Racim », Feuillets épars liés : essais sur l'art, Alger, Sned, p. 11-14
  • Mohammed Khadda, Mohammed Racim, miniaturiste algérien, , Alger, Enal
  • Sid Ahmed Bagli, Mohammed Racim, miniaturiste algérien, Arts et métiers graphiques, 1972 ; réédition Alger, Enal, 1990

Liens externes[modifier | modifier le code]