Mohamed Ibn Sirine

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Mohamed Ibn Sirine (arabe : محمد بن سيري), (né en 654 à Bassora, Irak et mort en 731, est un spécialiste musulman de l’interprétation et l'analyse des rêves en Islam, pionner en matière d'onirocritique musulmane. Il était imam et contemporain d’Anas Ibn Malik.

Biographie[modifier | modifier le code]

L’un de ses plus grands livres était Rêves et Interprétations. Même si Mohamed Ibn Sirine était reconnu pour son exacte interprétation des rêves, ce livre n’a pas pu lui être authentiquement attribué. Ce recueil est fondé sur le travail de Muhammad Ibn Sirin spécialiste dans le domaine de l’interprétation des rêves selon la tradition islamique qui vécut aux VIIe et VIIIe siècles. Selon lui, il existe trois sortes de rêves en Islam : le rêve véridique (rahmani), le rêve représentant un désir personnel (nafsani) et le rêve provenant du diable (shaitani). Ces différents types de rêves nous suggèrent différentes visions possibles en matière d'interprétation. La seconde édition, rare et en italien, de son interprétation des rêves égyptiens et perses était une traduction du latin à l’italien. Cependant il est de nos jours beaucoup plus connu pour ses connaissances en explication des songes.

Il a été le rapporteur d’Ibn ‘Umar et Abu Huraïra ; de Zayd Ibn Tâbit, d’Anas Ibn Mâlik, de Yahyâ Ibn al-Jazzâr, de Surayh et d’autres (Ibn Sa‘d). Al-Bagdâdî cite également ‘Ubayda. D’autres noms sont rapportés. Ibn Hallikân ajoute : Abdallâh Ibn al-Zubayr et ‘Umrân Ibn Husayn. Dans cette activité, il transmettait le hadith à la lettre (Ibn Sa‘d, al-Nawawî, al-Asqalânî). Lorsqu’il transmettait un hadith, il le faisait comme s’il craignait quelque chose, comme s’il se méfiait (Ibn Sa‘d). Lorsqu’on lui proposait deux faits concernant sa religion, il en considérait invariablement le plus certain (al-‘Asbahânî). Il était contre la transcription des hadiths et ne tolérait que les lettres du Prophète comme écrit.

Il était décrit comme suit : « homme de confiance, de constance, sublime, ingénieux, jurisconsulte, imâm, homme de science et de scrupule » (Ibn Sa‘d, VII, p. 193). « Un Imam en exégèse, en jurisprudence, en interprétation onirocritique, un ascète et un vertueux avancé - al-muqaddam fî zuhd wa-l-wara » (Al-Nawawî). « C’était une autorité, un faqîh et un ‘imâm d’une grande science, un homme de confiance et de scrupule accompli, un onirocritique érudit » (Al-Dahbî). « Je n’ai pas vu d’homme d’un savoir plus grand dans sa piété, ni d’une piété plus grande dans son savoir que Muhammad » (Ibn Sa‘d, al-Asbahânî, al-Bagdâdî, al-Dahbî, al-Yafi‘î). « Dans toute cette vallée, aucun homme n’avait les connaissances de Muhammad Ibn Sîrîn en jurisprudence » (Ibn Sa‘d, al-Nawawî).

Abou Sa’id Al-Khoudri rapporte avoir entendu le Prophète dire : « lorsque l’un de vous a une vision qui lui plaît, qu’il sache que celle-ci émane d’Allah. Qu’il Le glorifie donc et qu’il en parle aux gens ». Dans une autre version : « qu’il n’en parle qu’aux intimes. Et lorsqu’il a une vision qui lui déplaît, qu’il sache que celle-ci émane tout simplement du diable. À ce moment-là, qu’il cherche protection auprès d’Allah contre son méfait et qu’il s’abstienne d’en parler. Ainsi, elle n’aura aucun effet néfaste sur lui ». Hadith ayant reçu l’unanimité.

Homme de qualité supérieure, d'une grande envergure et aux capacités intellectuelles immenses, il était considéré comme un homme exceptionnel. Son surnom était : Abû Bakr, qu’il portait gravé sur sa bague et mais était devenu sourd[incompréhensible]. Selon Ibn Sa‘d ce surnom était Abû Bakr, esclave d’Anas Ibn Malik. Par ailleurs, il vénérait sa mère. Il n’élevait jamais la voix devant elle lorsqu’il lui parlait. Selon un parent d’Ibn Sîrîn, celui-ci ne s’adressait à sa mère qu’humblement (al-‘Asbahânî). Elle a donné le jour à cinq frères et sœurs : Muhammad, Yahyâ, Hafsa, Karîma et ‘Umm Salîm. Dans sa biographie, Ibn Sa‘d cite Yahyâ et Hafsa. D’autres frères sont cités : Ma‘bad et ‘Anas, ainsi que d’autres sœurs : ‘Amra, Sawda, dont la mère a été cédée à Sîrîn par son maître Anas Ibn Malîk qui a baptisé précisément Anas Ibn Sîrîn. Ibn Sa‘d rapporte, au total, les prénoms de neuf frères et sœurs Ibn Sîrîn, y compris Muhammad. Selon al-Nawawî, le nombre de cette fratrie état de vingt-trois dont certains ont acquis une renommée particulière : « Muhammad Ibn Sîrîn, Yahyâ Ibn Sîrîn, Ma‘bad Ibn Sîrîn, Anas Ibn Sîrîn et Hafsa bint Sîrîn, ces frères et sœurs étaient tous dignes de confiance (kulluhum tiqâtun) », affirme al-Bagdâdî. Selon Ibn Hallikân, Sîrîn, le père de Muhammad était l’esclave d’Anas Ibn Mâlik ; il faisait partie des esclaves captifs de Maysân ou de ‘Aïn al-Tamr où il fut fait prisonnier par Khalid ibn al-Walid. Pratiquement toutes les sources sont d’accord sur la captivité de Sîrîn par Ibn al-Walîd et sur son esclavage (Ibn Sa‘d ; Ibn Habîb ; al-Bagdâdî...) et rapportent son mariage avec Safiyya, esclave d’Abû Bakr Ibn Abî Quhâfa. Quant à son attitude envers sa femme, il n’aurait jamais connu d’autre femme, à part la mère de son fils, ni même dans ses rêves (al-Bagdâdî) écartant son regard de la femme dont il rêve, afin de ne pas trahir sa propre femme. Sa femme, mère de trente enfants, seul survécu Addallah selon Ibn Sa‘d.

Il décéda à l’âge de 77 ans soit 110 de l'Hégire (728 du calendrier grégorien). Aucun écrit ne réfute ces dates.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Grand Livre de l’interprétation des rêves de Muhammad Ibn Sirin de Youssef Seddik (littérature étrangère XXIe siècle)

Articles connexes[modifier | modifier le code]