Mogami (croiseur)

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Mogami
Image illustrative de l'article Mogami (croiseur)
Le croiseur Mogami, pendant ses essais dans le détroit de Bongo à 36 nœuds. On remarquera qu'il porte des tourelles triples.

Histoire
A servi dans Pavillon de la marine impériale japonaise Marine impériale japonaise
Commandé en 1931
Quille posée 27 octobre 1931
Lancement 14 mars 1934
Armé 28 juillet 1944
Statut coulé le 25 octobre 1944
Caractéristiques techniques
Type croiseur lourd
Longueur 201,5 mètres
Maître-bau 18 m
Tirant d'eau 5,5 m
Déplacement 8 500 tonnes (initial)
Port en lourd 13 670 tonnes (final)
Propulsion 4 turbines à vapeur (10 chaudières Kampon)
Puissance 152 000 cv
Vitesse 35-37 nœuds @ 14 nœuds
Caractéristiques militaires
Blindage ceinture = 100-125 mm
pont = 35-60 mm
tourelle = 25 mm
kiosque = 105 mm
Armement (initial)
(5 × 3) canons de 155 mm
(4 × 2) canons de 127 mm
4 canons anti-aériens de 40 mm
(4 × 3) tubes lance-torpilles de 610 mm
(final)
(3 × 2) canons de 203 mm
(4 × 2) canons de 127 mm
30 canons anti-aériens de 25 mm
(4 × 3) tubes lance-torpilles de 610 mm
Aéronefs 3 puis 11 hydravions
2 catapultes, 1 grue
Rayon d'action 8 150 Milles nautiques (2215-2302 tonnes de mazout)
Autres caractéristiques
Équipage 850 hommes
Chantier naval Arsenal naval de Kure
Coordonnées 9° 40′ N 124° 50′ E / 9.66666667, 124.83333333 ()9° 40′ Nord 124° 50′ Est / 9.66666667, 124.83333333 ()  

Le Mogami (最上?), est un croiseur lourd japonais de la Seconde Guerre mondiale, name-ship de la classe Mogami initialement prévu comme croiseur léger. Les autres navires de cette classe étaient le Mikuma, le Suzuya le Kumano. Construits entre 1931 et 1936, ils portaient à l'origine une artillerie principale de 155 mm, ce qui les rangeaient dans la catégorie des croiseurs “légers”, aux termes des stipulations du traité de Londres (1930). Mais l'importance de cette artillerie de quinze pièces en cinq tourelles triples, avec une cadence de tir plus de deux fois supérieure à celle de canons de 203 mm, et leur déplacement, officiellement de 8 500 tonnes, manifestement sous sous-évalué, brouillaient complètement les catégories de croiseurs qu'avaient voulu instituer les traités de désarmement navals. Après que l'Empire du Japon se fut affranchi en 1936 de toutes les règles posées en matière de désarmement naval, les cinq tourelles triples de 155 mm furent débarquées et remplacées par des tourelles doubles de 203 mm. Cette refonte de l'armement principal fit de ces navires des bâtiments équivalents des plus puissants croiseurs lourds. Pendant la guerre du Pacifique, leur activité fut très importante. À l'exception d'un seul perdu en 1942, tous furent perdus au cours des derniers combats livrés par la flotte de surface japonais, deux le 25 octobre et le dernier le 25 novembre 1944.


Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Classe Mogami.

Dans la configuration d'origine, l'artillerie principale était composée, à l'avant, de trois tourelles de trois canons de 155 mm (en)[1] et deux tourelles à l'arrière. À la différence des des classes précédentes, Myōkō et Takao, pour intégrer la barbette des tourelles surélevées dans la superstructure, la tourelle superposée avant était la tourelle no 3 et non pas la tourelle no 2.

L'artillerie secondaire consistait en quatre tourelles doubles de 127 mm[2] et l'artillerie anti-aérienne rapprochée de quatre affûts simples de 40 mm[3]. Ils disposaient de quatre plates-formes triples lance-torpilles de 610 mm (Longues Lances), et de deux catapultes pour mettre en l'air trois hydravions. Le blindage sur les magasins était équivalent à celui de la classe Takao, mais plus léger sur les flancs et les ponts. La puissance des machines (quatre turbines à engrenages Kampon, alimentées par dix chaudières) devait permettre de développer 152 000 ch, pour filer 37 nœuds.

Les deux premiers bâtiments mis en service en 1935, construits avec une technique de soudure qui n'était pas encore bien maîtrisée par l'industrie japonaise, et souffrant d'un excès de poids dans les hauts qui nuisait à leur stabilité, n'étaient pas sans défauts, et ils furent très vite de retour à l'arsenal de Kure pour qu'on y portât remède[4]. Ils en ressortirent dotés de bulges pour accroître la stabilité et leurs membrures renforcées. Ils déplaçaient alors 11 200 tonnes, et ils avaient leur vitesse maximale réduite d'un nœud. Leur artillerie anti-aérienne rapprochée, en affûts simples de 40 mm était en fait du matériel britannique Vickers, qui correspondait à des versions du Pom-Pom en affût simple. Sa cadence de tir et sa portée étant jugées insuffisantes, elle a été remplacée par des mitrailleuses multitubes dérivées du matériel français Hotchkiss de 25 mm, qui ont constituée l'arme de base de la défense contre-avions rapprochée de la Marine Impériale japonaise pendant la guerre. On en installa sur chaque croiseur quatre affuts doubles autour du bloc passerelle, et quatre mitrailleuses simples de 13,2 mm.

En 1939, lors d'une refonte, les tourelles triples de 155 mm furent remplacés par des tourelles doubles de 203mm (en)[5], sur les quatre croiseurs de la classe, ce qui les rangeait dans la catégorie des croiseurs lourds. Ils reçurent un bulge supplémentaire qui porta leur largeur à 20,19 m. Leur déplacement atteignit 12 400 tonnes et leur vitesse fut réduite à 34 ¾ nœuds[6].

Début de la carrière du Mogami[modifier | modifier le code]

Au début de 1941, le Mogami participa à l'occupation de la Cochinchine (sud de l'Indochine française), depuis sa base d'opérations avancées, à Hainan, après que le Japon et les autorités françaises de Vichy eurent conclu une entente sur l'utilisation des installations portuaires et des aérodromes, en juillet 1941. Au moment de l'attaque de Pearl Harbor, le Mogami, au sein de la 7e division de croiseurs, était chargé de couvrir l'invasion de la Malaisie dirigée par le vice-amiral Jisaburo Ozawa, à la tête de la 1re Flotte Expéditionnaire du Sud, en fournissant un soutien rapproché des débarquements de troupes japonaises à Singora, Pattani et à Kota Bharu.

En décembre 1941 il fut chargé de l'invasion de Sarawak avec son frère jumeau le Mikuma, protégeant les débarquements de troupes japonaises à Kuching. En février 1942, le Mogami fut chargé de couvrir les débarquements de troupes à Java, Bornéo et Sumatra. Le 10 février 1942, le Mogami et le Chokai furent attaqués par l'USS Searaven (en) qui a lancé quatre torpilles, qui toutes manquèrent leurs cibles.

La bataille du détroit de la Sonde[modifier | modifier le code]

À 23 h 0 le 28 février 1942, le Mikuma et le Mogami, le destroyer Shikinami, le croiseur léger Natori et les destroyers Shirakumo, Murakumo, Shirayuki, Hatsuyuki et Asakaze engagèrent le combat à coups de canons et de torpilles contre le croiseur américain USS Houston et le croiseur australien HMAS Perth dans le détroit de la Sonde, peu après la bataille de la mer de Java. Les deux croiseurs alliés furent coulés durant l'engagement, comme le Ryujo Maru, transport japonais qui avait à son bord le commandant de la 16e Armée impériale japonaise, le lieutenant-général Hitishi Imamura.

En mars, le Mogami et la 7e division de croiseurs furent basés hors de Singapour pour couvrir les débarquements japonais à Sumatra et pour prendre les îles Andaman.

Raids dans l'océan Indien[modifier | modifier le code]

Le 1er avril 1942, la 7e division de croiseurs qui avait couvert l'attaque japonaise sur les côtes birmanes, et se trouvait à l'île de Mergui, a été rejointe par Chokai de la 4e division de croiseurs pour participer à des raids dans le golfe du Bengale. Pour chasser le trafic commercial avec l'Inde, le Mikuma, le Mogami et le destroyer Amagiri formèrent le « Groupe Sud », le Suzuya et le Kumano (navire amiral du contre amiral Kurita, constituaient le « Groupe Nord », le Chokai et la 20e flottille de destroyers, avec le croiseur léger Yura et les destroyers Ayanami, Yugiri, Asagiri et le Shiokaze pouvait renforcer l'un ou l'autre groupe. Durant l'opération, le « Groupe Sud » revendiqua la perte du navire marchand britannique Daedanus (7 726 tonnes) , du navire marchand britannique Ganara (5 281 tonnes) et du navire marchand britannique Indora (6 622 tonnes), faisant route de Calcutta à l'île Maurice.

Le 22 avril, la 7e division de croiseurs retourna à Kure, et le Mogami entra en cale sèche en réparations. Il n'a donc pas participé à la bataille de la Mer de Corail. Le 26 mai, la 7e division de croiseurs arriva à Guam pour assurer un appui rapproché du groupe de transport qui, aux ordres du contre-amiral Raizo Tanaka, devait acheminer les troupes chargées de l'invasion de Midway.

La bataille de Midway[modifier | modifier le code]

Le Mogami, commandé par le commandant de vaisseau Akira Soji, faisait partie de la 7e division de croiseurs du contre-amiral Takeo Kurita, escadre de soutien rapproché des forces de débarquements japonaises, composée de quatre croiseurs lourds, le Kumano (navire-amiral), le Suzuya, le Mikuma et le Mogami, et de deux destroyers. Ils devaient couvrir le débarquement de troupes prévu sur l'atoll de Midway, opération destinée à entrainer une « bataille décisive » entre les corps de bataille japonais, centré sur les cuirassés géants, Yamato et Musashi, et américain, réduit à trois porte-avions américains. Mais le 4 juin, le fer de lance les quatre porte-avions lourds japonais, lancés en avant-garde, ont été envoyés par le fond.

Le 5 juin, l'amiral Yamamoto, commandant de la flotte combinée, a néanmoins ordonné à la 7e division de croiseurs de partir pour les îles Midway pour préparer le débarquement japonais, selon le « plan MI ». La 7e division de croiseurs et la 8e flottille de destroyers se positionnèrent à 410 miles au large de Midway, après une pointe de vitesse de 35 nœuds. La mer était houleuse et les destroyers étaient à la traîne. À 21 h 20, l'ordre fut annulé. Cependant, cet élan plaçait la 7e division de croiseurs à proximité du sous-marin USS Tambor (en), repéré par la vigie du croiseur Kumano. De son côté, le commandant du sous-marin américain avait signalé par radio à Midway « des navires non identifiés ». L'amiral Kurita avait fait signaler un virage à 45° sur la gauche pour éviter des torpilles possibles. Le virage d'urgence fut correctement exécuté par le navire amiral et le Suzuya, mais le troisième navire de la ligne, le Mikuma, effectua à tort un virage à 90°, coupant la route au Mogami qui, derrière lui, tournait à 45° comme ordonné. Le Mogami l'éperonna par bâbord arrière, en dessous du pont. L'étrave du Mogami céda et il fut gravement endommagé. Les dégâts importants du Mikuma (une brèche de 20 m sur 6 m) et l'étrave écrasée du Mogami n'arrêtèrent pas les navires, mais les ralentirent fortement. Les réservoirs de mazout à bâbord du Mikuma étaient crevés et il avait commencé à perdre du pétrole, mais pour le reste son dommage était faible. Les destroyers Arashio et Asashio reçurent l'ordre de rester pour escorter le Mogami et le Mikuma.

Sur l'USS Entreprise, le vice amiral Spruance a lancé, à 15 h 0, trente Dauntless de son porte-avions et vingt-six du USS Hornet. À 18 h 20, et à 450 km de leurs porte-avions, un pilote des Dauntless aperçoit seulement un destroyer nippon, le Tamikaze, commandé par l'habile Matomi Katsumi, qui rallie à toute vitesse le Corps principal de i'amiral Yamamoto. Le lieutenant de vaisseau Shimway ordonne l'attaque de ses cinquante-huit bombardiers en piqué. Aucune bombe ne le touche ! Mieux, les petits canons antiaériens du destroyer abattent un des avions. Plus tard, il évitera aussi une attaque à haute altitude de bombardiers B-17 venant de Midway.

Le matin suivant le 6 juin 1942, les deux endommagés, Mikuma et Mogami, et leur escorte, se dirigeaient à faible allure vers l'île de Wake.

Le Mogami et le Mikuma attaqués par les bombardiers Dauntless de l'USS Enterprise après leur collision (dessin du commandant Griffith Bailey Coale, 1942)

À l'aube du 6 juin à h 10, une reconnaissance, dix-huit Dauntless non armés, mais dotés de réservoirs supplémentaires, est lancée. À h 45, un des avions repère deux « cuirassés » filant à 15 nœuds, apparemment endommagés. Ayant capté par radio ce message, le capitaine Simard ordonne une attaque avec une douzaine d'appareils. À h 0, ce sont à nouveau six SBD-2 (capitaine Tyler) et six SBD-3 (capitaine Flemming) de la VMSB-241 qui décollent de l'aérodrome d'Eastern, sur les îles Midway. À h 15, les six bombardiers Douglas SBD Dauntless de l'U.S.Marines Corps et six Vought SB2U Vindicator attaquèrent les deux croiseurs japonais endommagés, mais ils n'ont obtenu que plusieurs coups... ratés de peu !

C'est à ce moment-là que se situe l'un des actes les plus héroïques de la bataille de Midway. Le capitaine Richard E. Fleming, du Corps des Marines, à bord de son vieux Vindicator, affronte le rideau de la DCA du croiseur Mikuma. Il tente de lâcher sa bombe mais comme son appareil est criblé d'éclats, il fonce sur le croiseur et s'écrase en plein milieu de la tourelle supérieure arrière. Les américains Fleming et son mitrailleur George E. Toms seront les premiers kamikazes de la guerre du Pacifique. Malheureusement ceci est contredit par la biographie de cet officier de l'USMC sur Richard E. Fleming,USMC. Il y gagna par contre la plus haute distinction américaine, la Médaille d'Honneur à titre posthume. La citation l'accompagnant ne fait aucunement mention de ce “crash” volontaire sur le Mikuma.

Les croiseurs ont été attaqués de nouveau par trois vagues successives (à h 30, 10 h 45 et 12 h 30), par 31 bombardiers en piqué SBD Dauntless et de torpilleurs TBD Devastator et des Wildcat lancés du USS Enterprise et du USS Hornet. Une bombe s'écrase violemment sur le demi-côté du croiseur Mikuma avec le résultat que la face de la première tourelle fut détruite. Le Mikuma fut ensuite touché par au moins cinq bombes et prit feu. Ses torpilles se sont enflammées et les explosions qui en ont résulté ont détruit le navire. L’Arashio et l’Asashio furent chacun touchés par une bombe. Le Mogami quant à lui, fut touché par six bombes. Sa tourelle n°5 fut détruite et 81 membres d'équipage furent tués. Heureusement, l'officier de contrôle des avaries, le capitaine de corvette Masayushi Saruwatari, avait largué les explosifs des torpilles et autres explosifs, ce qui facilita la sauvegarde du croiseur lorsqu'il fut touché par une bombe près des tubes lance-torpilles.

Répit et nouvelle structure au Japon[modifier | modifier le code]

Le Mogami rejoignit la 7e division de croiseurs le 8 juin et fut réparé à Truk. Le 20 juin, le contre-amiral Shoji Nishimura assuma le commandement de la 7e division de croiseurs, et celle-ci fut transférée à la Troisième flotte. Le Mogami retourna au Japon, et subit une transformation importante au chantier naval de Sasebo à partir du 25 août, pour qu'il soit un croiseur porte-aéronefs, pour améliorer les capacités de reconnaissance de la flotte.

Le Mogami transformé avec son nouveau pont arrière pour accueillir des hydravions

Sa tourelle n°4 et sa tourelle °5 endommagée furent enlevées et ses magasins à l'arrière modifiés pour servir comme réservoirs d'essence et entrepôts de munitions. Son pont arrière fut élargi et équipé avec un système de rails pour accueillir l'arrimage prévu de 11 hydravions de reconnaissance Aichi E16A Zuiun (« Paul »). Des affûts doubles AA de 25 mm et des mitrailleuses de 13,2 mm furent remplacés par 10 affûts triples AT/AA de Type 96 de 25 mm et un radar de recherche aérien de Type 21. Comme les nouveaux aéronefs E16A n'étaient pas encore disponibles, trois hydravions biplaces anciens, Mitsubishi F1M2 Type 0 (« Pete »), et quatre hydravions de reconnaissance triplaces Aichi E13A1 Type O (« Jake ») furent embarqués. La reconstruction fut achevéee le 30 avril 1943, et le Mogami rallia la Première flotte.

Le 22 mai, le Mogami est entré en collision avec le pétrolier Toa Maru dans la baie de Tokyo et a été légèrement endommagé. Le 8 juin 1943, à Hashirajima, le Mogami était amarré près du cuirassé Mutsu lorsque celui-ci fut victime d'une terrible explosion dans la soute à munition numéro 3. Il explosa et coula. Le Mogami envoya des bateaux à la rescousse des survivants, mais il n'en trouvèrent pas. Seulement 350 furent secourus.

Le 9 juillet 1943, le Mogami quitta le Japon pour Truk, avec un important convoi de troupes et d'approvisionnement; la force de ce groupe fut attaquée sans succès par l'USS Timosa, et après avoir atteint Truk, il continua vers Rabaul.

D'août à novembre, le Mogami effectua de nombreuses sorties de sa base de Truk à la recherche de la flotte américaine et en réponse aux attaques américaines dans les îles Marshall. À partir du 3 novembre, les 4e, 7e et 8e divisions de croiseurs furent affectées au front des îles Salomon, pour attaquer les forces américaines au large de Bougainville. Lors du bombardement de Rabaul, le 5 novembre, le Mogami fut attaqué par un bombardier en piqué SBD Dauntless du USS Saratoga qui le toucha avec une bombe de 500 livres, provoquant un incendie et tuant19 membres d'équipage.

Après des réparations à Truk, le Mogami dut retourner au Japon. Pendant son séjour à Kure, le 22 décembre, huit affûts AA simples de 25 mm Type 96 furent installés sur le pont arrière, ce qui porta à 38 le nombre de pièces. La transformation fut complétée le 8 mars 1944, et le Mogami retourna à Singapour une semaine plus tard.

La bataille de la mer des Philippines[modifier | modifier le code]

Le 13 juin 1944, l'amiral Soemu Toyoda, commandant de la flotte combinée, ordonna la mise en routue d plan « GO-A » pour la défense des îles Mariannes. Le Mogami fut affecté à la Force B » du contre-amiral Takatsugu Jojima avec les porte-avions Junyo, Hiyo et Ryuho et le cuirassé Nagato, déployés derrière l'avant-garde de la « Force C » du vice-amiral Kurita.

À h 30, le Mogami lança deux hydravions de reconnaissance. Plus tard dans la journée, des avions de la flotte mobile attaquèrent la Task Force 58 au large de Saipan, mais ils ont beaucoup souffert, par « le grand tir à la dinde des Mariannes ». À 20 h 30 le 20 juin, deux heures après le groupe fut touché par des torpilles de Grumman TBM Avengers du USS Belleau Wood. Le Hiyo explosa et coula. Cette nuit-là, le Mogami se retira avec les restes de la flotte japonaise à Okinawa.

De retour à Kure le 25 juin 1944, le Mogami fut refait encore une fois. Quatre canons AA triple-bouches et 10 canons simple-bouche de Type 96 de 25 mm furent installés, ce qui portait à un total de 60 canons (14 × 3) et (18 × 1) et un radar de recherche de surface de Type 22 et d'un radar de recherche aérienne de Type 13 furent fixés. Le 8 juillet, le Mogami quitta Kure de retour à Singapour et à Brunei, et il fut affecté dans la flotte d'entraînement et de patrouilles dans la région Singapour-Brunei pendant tout le mois d'octobre 1944.

La bataille du golfe de Leyte[modifier | modifier le code]

À la fin octobre, la flotte japonaise était assemblée à Brunei, en réponse à la menace de l'invasion américaine des Philippines. Dans la matinée du 24 octobre 1944, le vice-amiral Nishimura ordonna le lancement d'un hydravion du Mogami pour survoler le golfe de Leyte. L'hydravion déclara avoir vu quatre cuirassés, deux croiseurs et au moins 80 transports de troupes au large de la zone de débarquement et quatre destroyers et plusieurs torpilleurs PT-boats près du détroit de Surigao. En outre, l'avion d'observation révéla que 12 porte-avions et 10 destroyers étaient à 40 miles au sud-est de Leyte. La force d'attaque japonaise fut attaquée dans la mer de Sulu par 26 avions du USS Enterprise et du USS Franklin. Le Mogami fut endommagé par le mitraillage et par des roquettes.

La bataille du détroit de Surigao[modifier | modifier le code]

Averti de l'approche de la force de l'amiral Nishimura, le contre-amiral Oldendorf y a déployé son Groupe d'Appui Feu de la VIIe Flotte (TG 77.2), renforcé du Groupe de Couverture Rapproché (TG 77.3). Il a disposé à l'extrémité nord du détroit, au débouché dans le golfe de Leyte, les six cuirassés anciens, c'est-à-dire la 4e Division de Cuirassés (BatDiv4), USS West Virginia, Maryland, et Mississippi portant la marque du contre amiral Weyler, commandant la ligne de bataille, puis les USS Tennessee, California, Pennsylvania (BatDiv2). À quelques nautiques plus au sud, les croiseurs, étaient en ligne, à l'est sur le flanc gauche, les USS Louisville, navire amiral du contre amiral Oldendorf, Portland, Minneapolis (CruDiv4), Denver (en) et Columbia (en) (CruDiv12) , et à l'ouest, sur le flanc droit, les HMS Shropshire (en), USS Phoenix navire amiral du contre amiral Berkey (en), et USS Boise[7]. Trente-deux destroyers, appartenant à quatre divisions, étaient répartis sur les deux côtés du détroit, de façon à en rendre plus difficile le repérage par radar[8], et trente-neuf vedettes lance-torpilles (PT boats), appartenant à treize flottilles, étaient échelonnées dans le détroit, jusqu'en mer de Mindanao à l'ouest[9].

Le 25 octobre, entre h 0 et h 30, la force japonaise fut attaquée par des PT-boats et des destroyers américains. Les cuirassés Fuso et Yamashiro furent touchés par des torpilles et le destroyer Yamagumo fut coulé, et le Michishio fut mutilé, mais le Mogami ne fut pas touché. Le Fuso et le Yamashiro, plus tard, explosèrent et coulèrent. Entre h 50 et h 2, après être entré dans le détroit de Surigao, le Mogami fut frappé par quatre obus de 8 pouces, ce qui détruisit le pont et la centrale de défense aérienne. Le commandant et le second ayant été tués sur la passerelle, l'officier directeur de tir assuma le commandement. Le croiseur n'était pas manœuvrable, mais tentait de se retirer vers le sud, lorsque l'escadre du vice amiral Shima pénétra à son tour dans le détroit, alors que le contre amiral Oldendorf avait arrêté le feu des cuirassés et des croiseurs américains et n'avait pas encore lancé la chasse aux éclopés. Le Nachi, qui portait la marque du vice amiral Shima, ouvrant la marche dans la fumée, a abordé l'épave du Mogami. L'étrave du Nachi fut endommagée et il commença à être envahi par l'eau. Le Mogami avait été perforé à tribord au-dessus de la ligne de flottaison, mais c'est le tir infligé par cinq torpilles qui avaient explosé et qui avaient détruit ses machines tribord. Le vice amiral Shima décida alors de faire demi-tour et repartit vers le sud à 25 nœuds, tandis que s'avançaient les croiseurs du "flanc gauche" du Task Group 77.2.

Entre h 30 et h 35, le Mogami, immobile, fut touché à nouveau par dix à vingt obus de 152 mm et de 203 mm des USS Louisville, Portland et USS Detroit. À h 30, les machines bâbord du Mogami tombèrent en panne. À h 2, tandis qu'il dérivait, il fut attaqué par 17 bombardiers-torpilleurs Grumman TBF Avenger de la Task Group 77.4.1 et il fut touché par deux bombes de 500 livres.

À 10 h 47, le Mogami fut abandonné. À 12 h 40, le destroyer Akebono l'acheva en lui lança une torpille Longue Lance. À 13 h 7, le Mogami sombra dans la mer de Mindanao, à 09°40′N 124°50′E9.667°N 124.833°E. LModèle:’Akebono secourut 700 survivants, mais 192 membres de l'équipage périrent avec le navire.

Le Mogami fut retiré de la liste de la Marine impériale japonaise le 20 décembre 1944.

Officiers commandants[modifier | modifier le code]

  • Officier en chef de l'équipement - Capt. baron Tomoshige Samejima - du 14 mars 1934 au 28 juillet 1935.
  • Capt. baron Tomoshige Samejima - du 28 juillet 1935 au 15 novembre 1935
  • Capt. Seiichi Ito - du 15 novembre 1935 au 15 avril 1936
  • Capt. Tetsuri Kobayashi - du 15 avril 1936 au 1er décembre 1936
  • Capt. Seigo Takatsuka - du 1er décembre 1936 au 20 avril 1938
  • Capt. Keizo Chiba - du 20 avril 1938 au 15 novembre 1939
  • Capt. Shunji Izaki - du 15 novembre 1939 au 8 janvier 1941
  • Capt. Takeo Aruga - du 8 janvier 1941 au 10 septembre 1941
  • Capt. Akira Soji - du 10 septembre 1941 au 10 novembre 1942
  • Capt. Seigo Sasaki - du 10 novembre 1942 au 14 avril 1943
  • Capt. Ichiro Aitoku - du 14 avril 1943 au 10 avril 1944
  • Capt. Ryo Toma - du 10 avril 1944 au 25 octobre 1944 (Mort au combat)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Herubel, Michel, La Bataille de Midway, Presses de la Cité, 1985, ISBN 2-258-01587-1
  • (en) Eric LaCroix et Linton Wells II, Japanese Cruisers Of The Pacific War, Naval Institute Press,‎ 1997 (ISBN 0-87021-311-3)
  • Ledet, Michel, Midway : la revanche, revue Batailles aériennes no.22, 2002
  • (en) H.T. Lenton, Navies of the Second World War American battleships, carriers and cruisers, Londres, Macdonald&Co Publishers Ltd,‎ 1968 (ISBN 0356-01511-4)
  • (en) H.T. Lenton, Navies of the Second World War British Cruisers, Macdonald & Co Publishers Ltd,‎ 1973 (ISBN 0356-04138-7)
  • Antony Preston, Histoire des Croiseurs, Paris, Fernand Nathan Editeurs,‎ 1981 (ISBN 2-09-292027-8)
  • Bernard Millot, La Bataille de Midway, Docavia 11, Éditions Lariviere, 1979
  • Antony Preston, Histoire des Porte-Avions, Paris, Fernand Nathan Éditeurs,‎ 1980 (ISBN 2-09-292040-5)
  • Antony Preston, Histoire des Destroyers, Paris, Fernand Nathan Éditeurs,‎ 1980 (ISBN 2-09-292-039-1)
  • (en) M.J. Whitley, Cruisers Of World War Two, Brockhampton Press,‎ 1995 (ISBN 1-86019-874-0)
  • (en) Anthony Watts, Japanese Warships of World War II, Ian Allen Ltd,‎ 1971 (ISBN 0-7110-0215-0)
  • (en) Shuppen Kyodo Sha, Navies of the Second World War Japanese battleships and cruisers, Macdonald & Co Publishers Ltd.,‎ 1968 (ISBN 978-0356014753)
  • (en) C. Vann Woodward, The battle for Leyte Gulf, New York, Ballantine Books,‎ 1947
  • Oliver Warner, Geoffrey Bennett, Donald G.F.W. Macintyre, Franck Uehling, Desmond Wettern, Antony Preston et Jacques Mordal, Histoire de la guerre sur mer des Premiers Cuirassés aux Sous-Marins Nucléaires, Bruxelles, Elsevier Sequoia,‎ 1976 (ISBN 2-800-30148-1)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article de Wikipédia en anglais intitulé «Japanese Cruiser Mogami (1934)».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]