Modification corporelle

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Femmes à labrets

Une modification corporelle désigne une modification du corps, naturelle ou artificielle. Si les phénomènes naturels tels que la croissance, la vieillesse ou la grossesse sont, en soi, des modifications du corps, le terme modification corporelle est en général utilisé pour désigner plus spécifiquement les modifications corporelles artificielles, contrôlées et volontaires. Dans ce cadre, elles peuvent être éphémères, comme par exemple le henné ou permanentes, comme le tatouage. Ces pratiques plusieurs fois millénaires sont nombreuses et très différenciées, ce qui ne facilite pas leur définition précise et générale. Si certaines sont à l'heure actuelle plutôt démocratisées - le piercing, le tatouage, mais également la circoncision, le culturisme ou encore la chirurgie esthétique - il en existe de nombreuses autres moins connues. Les modifications corporelles pouvant être considérées comme un art corporel, les pratiques et leur application dépendent dans une certaine mesure - et dans les limites de la loi - de la créativité de l'artiste.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

À travers l’Histoire et au gré des cultures, la modification corporelle a souvent été réalisée, que ce soit pour des raisons religieuses, sociales ou esthétiques. Ces pratiques seraient apparues dès le IVe millénaire av. J.-C., où les tatouages et les piercings furent les premières modifications corporelles. Ainsi, en 1991, la découverte de Ötzi dans les Alpes italo-autrichiennes a prouvé l’utilisation des tatouages au Néolithique en Europe (entre 3 350 et 3 100 av. J.-C.)[1]. À la même période, en Afrique, des labrets en pierre étaient insérés au niveau de la lèvre inférieure ou aux lobes des oreilles. En Égypte, la découverte du corps tatoué et scarifié de la prêtresse Amunet ainsi que de boucles d’oreille en or sur des corps masculins, prouve la présence des modifications corporelles autour de -2000[2]. Les prêtres aztèques se perçaient les joues et les lèvres au cours d’un rite religieux. Ils se fendaient également la langue et parfois procédaient à la castration. Parmi les Mayas, les hommes comme les femmes réalisaient de nombreux piercings, parmi lesquels le nez, les oreilles, le nombril, la langue et les organes génitaux. En Chine, il était d’usage de bander les pieds des jeunes filles de manière à ce qu’ils restent les plus petits possibles. Cette pratique n’a été condamnée par la loi qu’à partir de 1930. Selon la croyance, les pieds des jeunes filles ayant les os déformés, ressemblaient aux fleurs de lotus symbolisant l’érotisme[3]. En Afrique subsaharienne, les scarifications ont supplanté les tatouages car plus visibles sur les peaux sombres.

En Occident, le percement du lobe de l'oreille (une ou plusieurs fois) dans le but de porter des boucles d'oreille représente incontestablement la modification corporelle la plus réalisée depuis l'Antiquité.

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

Acte de scarification réalisé par Lestyn Flye

En 1982, la parution de l’ouvrage Tatootime dirigé par Ed Hardy marque le véritable début de la démocratisation des modifications corporelles telle que nous la connaissons aujourd’hui. D’une dizaine de boutiques en France autour des années 1980, on en observe plus de cinq cents en 2002, et ce nombre est en augmentation forte. Le personnel responsable des modifications ne subit aucune modification, et si la loi s’est intéressée un minimum aux tatouages et aux piercings, il reste très difficiles de pouvoir différencier le bon du mauvais. Depuis, il existe un grand nombre de revues dont le rôle principal est d’assurer la promotion des tatoueurs et ce par diverses méthodes: reproductions de leurs créations, interviews, reportage. On présente fréquemment des stars du cinéma, de la musique ou des mannequins qui ont adopté des modifications corporelles, pour renforcer l’engouement et dans une certaine mesure, le légitimer. Autre effort de justification de l'acte: on s’efforce de trouver des traces des pratiques actuelles dans le passé, pour s’assurer que de telles modifications corporelles ont été réalisées auparavant. Des musées consacrent aujourd’hui une majeure partie de leur salles à la modification corporelle, et notamment le Lyle Turttle’s Tatoo Art Museum à San Francisco ou encore l’Amsterdam Tatoo Museum[4].

Autour des années 2000, les reportages sur les modifications corporelles se multiplient. Autant par la voie écrite que télévisuelle, on détaille de plus en plus les manières de travailler le corps et les excès auxquels cela peut mener. En France, des émissions proposés à un large public se consacrent notamment à la chirurgie esthétique, aux piercings et au transsexualisme. La plupart du temps, ces reportages présentent un avis subjectif qui ne reflète pas réellement la réalité, selon les militants pour les modifications corporelles. Néanmoins, la multitude des émissions consacrées aux modifications corporelles traduit l’importance du corps et de l’apparence dans la société contemporaine. Les militants pour les modifications corporelles se défendent assez largement de la littérature disponible sur le marché. En effet, la plupart d’entre eux sont d'avis que l’idée d’une modification corporelle éveille assez spontanément des réactions viscérales relevant plus de l’imagination que de la réalité. Selon eux, les recherches menées en laboratoire et les études statistiques entretiennent la peur chimérique d’un futur décadent. Naturellement, les perceurs et tatoueurs sont en général convaincus que les spécialistes ne connaissent pas assez précisément leur travail, voire ne comprennent pas les enjeux de leur art[5].

Aspect juridique[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

En France, le décret n° 2008-149 du 19 février 2008 impose désormais des normes sur les conditions d'hygiène et de salubrité relatives uniquement aux pratiques du perçage et du tatouage. En pratique ce décret impose les mêmes règles d'hygiène au tatouage, maquillage permanent et perçage corporel. Le perçage du pavillon de l'oreille (lobe et cartilage) et de l'aile du nez sont soumis à des conditions particulières. Les personnes réalisant ce type de perçage ne sont soumis à aucune formation à l'hygiène. En pratique, cela permet à des bijouteries de proposer ces piercings sans pour autant que celles-ci soient équipées de manière très stricte. Les activités de tatouage et perçage corporel doivent être déclarées en Préfecture. Toute cessation d'activité doit également être signalée en Préfecture. Les tatoueurs et perceurs doivent suivre une formation à l'hygiène. En matière d'hygiène, la loi impose deux mesures majeures: le matériel pénétrant la barrière cutanée ou étant en contact avec la peau ou les muqueuses du client doit être stérilisé et à usage unique ou bien stérilisé avant chaque utilisation s'il s'agit d'un outil. De plus, les locaux comprennent une pièce exclusivement dédiée à l'acte. Au niveau des déchets, ils sont assimilés aux DASRI et sont soumis à la même réglementation, contrôlée par la DDASS. Les tatouages et piercings sur des personnes mineures nécessitent une autorisation écrite du responsable légal. Les professionnels doivent conserver cette preuve trois ans après l'acte. Ils doivent également informer le client, avant l'acte, des dangers qu'il encourt et après l'acte des précautions qu'il doit respecter pour limiter les infections. Cette information doit de plus être affichée de manière visible en boutique et doit être remise de manière écrite au client. Enfin, les professionnels qui ne se plient pas à ce décret s'exposent à des contraventions de 5e classe. Ils peuvent avoir des amendes allant jusqu'à un montant de 1500 euros[6].

Le décret n° 2008-210 du 3 mars 2008 impose des règles de fabrication, d'importation et de conditionnement des produits de tatouage et crée un système international de vigilance concernant ces produits[7].

En France, le pistolet perce-oreille jouit d'une législation particulière. Il n'est légalement utilisable que pour les oreilles et les ailes du nez et ne nécessite aucune formation. Aujourd'hui, certaines boutiques pratiquant le piercing des oreille à grande échelle, comme Claire's par exemple, ne propose plus que cette méthode pour le perçage du lobule de l'oreille. Si cette méthode est rapide et économique, elle n'en est pas moins intrusive et beaucoup plus agressive que l'aiguille. Les pistolets tolérés par la loi sont censés ne jamais toucher la peau du client, ce qui permet l'utilisation du même pistolet pour plusieurs clients différents. Le piercing et son femoir (en général une puce d'oreille et son fermoir poussette belge), doivent être stérilisés avant la pose. Le professionnel doit porter des gants et se laver les mains avant l'opération. Il doit respecter un protocole légal pour le perçage et suivre des règles d'hygiène spécifique[8]. Si le pavillon de l'oreille et l'aile du nez peuvent être percés avec le pistolet perce-oreille, il reste néanmoins légal de les percer avec la méthode de l'aiguille creuse, plébiscitée par les perceur professionnels.

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, la loi du 6 juillet 2011 prévoit une interdiction de publicité concernant les actes de modification corporelle dont le but serait exclusivement esthétique, et non pas thérapeutique ou reconstructeur. Cela vise toute forme de modification corporelle indifféremment du lieu, le support ou la technique mis en jeu. Il est néanmoins toujours possible de transmettre une information à ce sujet, pourvu qu'elle soit objective, pertinente, vérifiable, discrète et claire. Cette loi est appliquée depuis le 15 août 2011.

Aspect social en Occident[modifier | modifier le code]

Scarification
Adolescent présentant plusieurs piercings au visage

Conformisme et anticonformisme[modifier | modifier le code]

La signification d’une modification corporelle va au delà de la simple trace qu’elle laisse sur le corps. Par exemple, la même modification du corps n’aura pas le même sens si elle a été faite volontairement ou bien subie. D’autre part, celle-ci est la plupart du temps visible, et peut participer à un ordre social. Ainsi, d’une culture à une autre, une modification corporelle peut susciter le rejet ou bien une acceptation sociale[5].

D’autre part, la modification peut être réalisée en vue d’un rapprochement vers les critères de beauté en vigueur[9] (chirurgie esthétique essentiellement), ou bien au contraire, comme une marque indélébile punitive (marquage des délinquants). Aujourd’hui, il est socialement admis de modifier son corps. En particulier, la volonté de résister aux modifications liées au temps et les produits développés à cette fin (coloration pour cheveux, crème rajeunissante, etc), témoignent d’un engouement massif pour ces pratiques. La chirurgie réparatrice telle que les greffes de peau pour les grands brûlés est également une pratique très répandue. Les anthropologues la considèrent parfois comme une volonté de conformité de l’apparence, mais la peau reste cependant un organe nécessaire à la vie. Il est probable que dans ce cas, la survie prévale sur une quelconque recherche esthétique. Dans une autre cadre, de nombreuses jeunes filles se font percer les oreilles sans considérer que cela soit réellement une modification corporelle, mais plutôt parce que cela les rapproche de leurs image de la beauté féminine. Ainsi, certaines modifications corporelles répondent à un besoin d’uniformité de l’apparence combiné à une volonté d’améliorer son corps[5].

Néanmoins, la plupart des tatoueurs et des perceurs se dégagent volontiers de cette tendance, considérant que leur métier est un art et qu’ils permettent au corps d’acquérir son originalité. Ces modifications, volontaires sans être utiles ou réparatrices, et parfois en désaccord avec les critères de la beauté, sont la source de nombreuses remises en question. La scarification, le branding[Quoi ?], le cutting[Quoi ?], les implants, le tatouage sont autant de pratiques controversées car le rôle est volontairement inutile. Ces pratiques que les perceurs et tatoueurs revendiquent comme tribale sans toutefois avoir réellement de sources, sont utilisées pour détruire l’homogénéisation de l’apparence en Occident. Ainsi, ces primitifs modernes combinent de manière expérimentale des techniques anciennes avec des technologies nouvelles. La plupart des médecins refusant de réaliser ce type d’opération, d’autres s’en sont chargés et se définissent eux-mêmes comme des spécialistes du corps sans pour avoir autant de formation en anatomie. L’un des aspect gênant de ces pratiques est qu’elles n’ont réellement aucune utilité. Traditionnellement, la modification corporelle est réalisée lors d’une grande étape de l’individu au sein de la tribu - par exemple, la scarification ou l’infibulation pour marquer le passage à l’âge adulte. Cependant, la même modification corporelle en Occident perd toute sa signification pour devenir un simple objet de curiosité. Les perceurs, sans parler d’une utilité de leur art, revendiquent la possibilité d’originalité qu’il offre. Chaque assemblage de piercings, de tatouages et de scarifications, transforme le corps en une sculpture unique, en dehors des normes sociales. Dans ce cadre, les tatoueurs et perceurs considèrent donc que leur art est à visée esthétique, au même titre que la chirurgie réparatrice. D’autres, comme Fakir Musafar, considèrent qu’agencer les différentes modifications corporelles est un jeu, qu’il nomme lui-même le «body play». Ce dernier se compare aux musiciens de jazz, capables de réinventer à l’infini les standards du jazz, lorsque lui réinvente le corps[5].

L’adolescent[modifier | modifier le code]

Le corps, et en particulier sa partie la plus visible, la peau, sont des vecteurs de communication pour l’adolescent. Les modifications réalisées sur la peau, qu’elles soient volontaires (tatouage, piercings) ou involontaires (plaies, cicatrices) peuvent souvent être reliées à une recherche d’expression. En effet, l’adolescence étant une période de changements corporels intenses que l’individu a souvent tendance à fuir, la modification corporelle peut être envisagée comme un moyen de communication efficace, ou du moins plus rapide que la verbalisation[10].

L’automutilation revêt parmi les adolescents un caractère particulier. En effet, celle-ci peut manifester à la fois une extériorisation des tensions qu’il accumule, ou bien une aggravation d’un caractère déjà présent dans l’enfance. Bien que l’automutilation soit de plus en plus répandue parmi les jeunes, elle est souvent méconnue et trop souvent sous-estimée. Acte impulsif, il est souvent réalisé dans le but d’un soulagement lorsque l’adolescent est en prise avec une émotion trop forte pour être contenue. Le film Thirteen de Catherine Hardwicke donne une illustration de ce phénomène. Les formes de l’automutilation sont variées, mais prennent le plus souvent la forme d’entailles ou de brûlures de cigarette sur les bras ou de coups. Celles-ci accompagnent en général des personnalités perturbées ou en difficulté face à des problèmes de drogue, d’alcool, de difficulté sexuelle ou - encore le plus fréquent - de troubles du comportement alimentaire. Ces automutilations sont un indicateur d’une lutte contre l’angoisse et d’un besoin maladif de contrôler son corps. Il semblerait que les automutilations tendent à se faire plus rares lorsque l’adolescent passe à l’âge adulte[10].

La scarification est de manière générale plus prisée par les jeunes filles que par les garçons. Cette pratique n’est pas à relier directement avec le mouvement gothique bien qu’elle s’en rapproche par de nombreux aspects. On note également que la plupart des filles qui pratiquent la scarification ont des tendances suicidaires qui s’accompagnent d’anorexie. La présence de scarifications peut également témoigner d’un recherche de purification, en particulier lorsque les jeunes filles ont subi par le passé des violences sexuelles[10].

Si les sociétés occidentales ont tendances à rapprocher certaines catégories de modifications corporelles avec des attitudes particulières, il s’agit d’un rapprochement peu pertinent selon Caroline Sahuc. En effet, les associations «tatouage-délinquance» ou «piercing-déviance sociale» sont peu représentatives des adolescents pour qui, la plupart du temps, la modification corporelle est avant tout un moyen d’expression[10].

Aspect religieux[modifier | modifier le code]

Christianisme et judaïsme[modifier | modifier le code]

En Occident, les interprétations de la Bible ne sont, a priori, pas favorable aux modifications corporelles. En effet, s'il est question de boucles d'oreille dans la Bible[11], ces dernières n'en prennent pas moins un sens démoniaque pour les premiers chrétiens[12]. La pensée chrétienne accordant que «Dieu est parfait, il nous a fait à son image», cette dernière n'est pas compatible avec le perçage des oreilles. En effet, si Dieu est parfait, il n'est pas acceptable de chercher à embellir son corps. L'Église a donc pendant longtemps associé les boucles d'oreille à l'Enfer. Cela est visible sur des représentations religieuses relativement anciennes, pour lesquels le Mal est souvent symbolisé par des créatures démoniaques aux corps modifiés affublés de perforations corporelles[13]. Une des explications possibles quant à l'apparition massive de modifications corporelles à partir des années 1980 est d'ailleurs le recul de la religion chrétienne et la montée de l'athéisme en Occident.

Cependant, il n'est fait nulle part mention dans la Bible d'une interdiction concernant les modifications corporelles (Faux. Lévitique 19). La question du chrétien n'est donc pas "Est-ce que la Bible m'interdit de porter atteinte à mon corps", mais plutôt "Est il bon pour moi de modifier mon corps". Au sujet des bijoux féminins, Saint Paul insiste particulièrement sur la décence et la discrétion des tenues que doivent porter les femmes selon lui[Notes 1]. Pour les chrétiens, le choix de modifier légèrement leur apparence est finalement assez peu relié à la religion[14]. En effet, d'après Samuel, "L'Eternel ne considère pas ce que l'homme considère ; l'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Eternel regarde au cœur"[15].

Islam[modifier | modifier le code]

Le droit musulman classique interdit les modifications corporelles. Par un raisonnement analogue à celui des chrétiens, l'Homme ne dispose pas du droit de modification des êtres conçus par Allah. Ainsi, Sibt ibn al-Jawzi (d. 1021) interdit notamment de percer les oreilles des jeunes filles. Dès lors, celui qui perce l'oreille d'un autre devient punissable : tout éventuel contrat incluant une modification corporelle (hors circoncision) est illicite. Cependant, Ad-Mardawi fait état d'opinions contradictoires à ce sujet, les unes considérant l'acte comme blâmable, les autres comme interdit[16].

Cas particulier: la circoncision[modifier | modifier le code]

On remarque que de manière générale, les principales religions s'opposent de manière assez marquée aux modifications corporelles. Cependant, ces dernières imposent la circoncision (judaïsme et islam). La notion de modification corporelle prend un sens différent selon qu'elle est tolérée ou non par la religion, et cela dépend principalement de la période depuis laquelle on pratique cette modification corporelle. Par exemple, la circoncision mais aussi le perçage du lobe des oreilles des femmes sont des pratiques suffisamment anciennes pour êtres tacitement tolérées par la plupart des religions. En revanche, des pratiques plus récentes, telles que le tatouage ou le piercing sont vues d'un œil beaucoup plus critique.

Types de modifications corporelles[modifier | modifier le code]

Ornementation[modifier | modifier le code]

Tatouages, piercing nasal et boucles d'oreilles
  • Piercing - Introduction permanente de bijoux au travers des couches superficielles de la peau ou des cartilages. Le streching consiste poursuivre cette modification en introduisant un bijou de plus en plus large pour provoquer l'élargissement de la cavité. Il existe également des piercings de surface, lesquels n'étant pas réalisés sur des zones du corps naturellement en relief (lobe de l'oreille, berge de l'ombilic), mais des zones beaucoup plus plates (cou, torse). Le perçage du lobe de l'oreille constitue aujourd'hui la modification corporelle la plus fréquente au monde.
  • Tatouage - Injection de pigments sous la peau. Il existe également d'autres variantes plus récentes, telles que le tatouage de la cornée, lequel consiste en une modification de couleur de l'iris. De plus, le maquillage permanent constitue également une forme de tatouage sur le contour des yeux, donnant l’illusion de fard à paupières.
  • Implant - Introduction sous-cutanée d'un corps étranger de manière à provoquer artificiellement un effet de relief.
  • Perlage - Cette modification corporelle consiste en l'introduction de billes sphériques (en titane ou silicone) sous la peau des parties génitales de l'homme.
  • Scarification - La scarification est une création volontaire de cicatrices à la surface de l’épiderme.
  • Certains colliers ethniques peuvent provoquer des modifications corporelles. C'est le cas par exemple des femmes girafes.
  • Marquage au fer - Utilisé pendant le Moyen Âge et lors de l'esclavage, le marquage au fer correspond à la création d’une brûlure définitive.

Chirurgie plastique[modifier | modifier le code]

Contrairement à ce qui précède, les pratiques suivantes n'ont généralement pas pour but d'être visibles en elles-mêmes. Elles ont plutôt pour fonction d'accroître les caractéristiques de certaines parties du corps, ou d'en changer l'apparence.

Modifications corporelles temporaires[modifier | modifier le code]

Un exemple de nail art.

Les pratiques proposées ci-dessous sont stricto sensu des modifications corporelles, même si le sens courant du terme ne les inclut pas forcément.

  • Coiffure - Au sens strict du terme, se couper les cheveux est une modification corporelle temporaire.
  • Nail art - Modification de l'aspect de l'ongle à l'aide en général de vernis et peintures, mais parfois également de piercings spécifiques requérant une perforation de l'ongle.
  • Épilation - Ablation temporaire ou définitive des poils. Celles-ci peuvent être réalisées pour des raisons esthétiques ou d'hygiène.

Modifications spécifiquement sexuelles[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Timothée (2:9-10), « Je veux que les femmes agissent de même, en s'habillant décemment, avec discrétion et simplicité. Qu'elles ne se parent pas d'une coiffure recherchée, d'or, de perles ou de toilettes somptueuses, mais plutôt d'œuvres bonnes, comme il convient à des femmes qui déclarent vivre pour Dieu », Collectif, La Bible du Semeur, Éditions EXCELSIS,‎ 2003 (ISBN 978-2914144643)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hominidés.com, http://www.hominides.com/html/ancetres/otzi.php
  2. Bernard Defrenet, http://www.quatrieme-groupe.org/pdf/00771DELEV_defrenet_evolution_marques_cutanees.pdf
  3. Kate Scowen, Le mal de vivre chez les adolescents, Les éditions de la courte échelle,‎ 2008 (ISBN 978-2890219540, lire en ligne), p. 127-128
  4. David Le Breton, Signes d'identité : Tatouages, piercing et autres marques corporelles, Métaillé, coll. « Traversées »,‎ 2002 (ISBN 978-2864244264)
  5. a, b, c et d Philippe Liotard, « Corps en kit », Quasimodo,‎ 2003 (lire en ligne)
  6. Legifrance.gouv.fr, «le service public de la diffusion du droit.», Texte légal du décret n° 2008-149 du 19 février 2008
  7. Legifrance.gouv.fr, «le service public de la diffusion du droit.», Texte légal de du décret n° 2008-149 du 19 février 2008
  8. http://www.sante.gouv.fr, Mise en oeuvre du perçage corporel du pavillon de l'oreille et de l'aile du nez par la technique du pistolet perce-oreille
  9. Philippe Perrot, Le Travail des apparences. Ou les transformations du corps féminin, XVIIIème-XIXème siècle,‎ 1984
  10. a, b, c et d Comprendre son enfant 11-17 ans, Jeunes Éditions, coll. « Éclairages »,‎ 2006 (lire en ligne), « Les atteintes au corps: les modifications corporelles et automutilations », p. 119-122
  11. Louis Segond, La Sainte Bible, Société biblique française, coll. « Collectif » (ISBN 978-2853001298), Exode, 32:1–4
  12. Knibb, Éthiopique d'Énoch, t. 2, Oxford Clarendon,‎ 1982, pp. 79-86
  13. Alain Gras, Yannick Yotte, Sociologie-ethnologie: Auteurs et textes fondateurs, Publications de la Sorbonne, coll. « Homme et Société »,‎ 2000 (ISBN 978-2859443986)
  14. (en) Got Question http://www.gotquestions.org/Christian-earrings.html
  15. Louis Segond, La Sainte Bible, Société biblique française, coll. « Collectif » (ISBN 978-2853001298), 1 Samuel 16:7
  16. Sami Aldeeb Abu-Sahlieh, Circoncision masculine, circoncision féminine. Débat religieux, médical, social et juridique, L'Harmattan, coll. « Sexualité Humaine » (ISBN 2-7475-0445-X), p. 145

Articles connexes[modifier | modifier le code]