Modibo Keïta

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Modibo Keïta
Image illustrative de l'article Modibo Keïta
Fonctions
1er président de la République du Mali
22 septembre 196019 novembre 1968
(8 ans, 1 mois et 28 jours)
Premier ministre Lui-même
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Moussa Traoré
(président du Comité militaire de libération nationale)
Président de l'Assemblée fédérale de la Fédération du Mali
Chef du gouvernement
17 janvier20 août 1960
(7 mois et 3 jours)
Président Léopold Sédar Senghor
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Fonction supprimée
Secrétaire général de L'Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain
19 janvier 194622 septembre 1960
(14 ans, 8 mois et 3 jours)
Président Félix Houphouët-Boigny
Secrétaire d'État à la présidence du Conseil
6 novembre 195715 avril 1958
Président René Coty
Gouvernement Félix Gaillard
Prédécesseur Georges Galy-Gasparrou
Michel Soulié
Jean Meunier
Successeur Aucun
Sous-secrétaire d'État à la France d'Outre-mer
12 juin 195730 septembre 1957
Président René Coty
Gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury
Prédécesseur Gaston Defferre
Successeur Gérard Jaquet
Biographie
Date de naissance 4 juin 1915
Lieu de naissance Bamako (Soudan français)
Date de décès 16 mai 1977 (à 61 ans)
Lieu de décès Bamako (Mali)
Nationalité malienne
Parti politique Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain
Religion Islam

Modibo Keïta
Présidents de la République du Mali

Modibo Keïta est un homme politique malien, président de la République du Mali entre 1960 et 1968.. Il est né le 4 juin 1915 à Bamako (Mali). Il est mort en détention au camp des commandos parachutistes de Djikoroni Para à Bamako le 16 mai 1977, ses geôliers lui ayant apporté de la nourriture empoisonnée.

Modibo Keïta est un panafricaniste et un tiers-mondiste convaincu. Il partage cette conviction avec les grands nationalistes de son temps, Mouammar Kadhafi, de Libye, Gamal Abdel Nasser d’Égypte, Kwame Nkrumah du Ghana, Ahmed Ben Bella d’Algérie, Nehru d’Inde, pour ne citer que ceux-ci.

Son enfance et sa jeunesse[modifier | modifier le code]

Modibo Keïta est né le 4 juin 1915 à Bamako-Coura, un quartier de Bamako, alors capitale du Soudan français. Fils de Daba et Hatouma (Fatoumata) Camara, Modibo est issu d’une famille malinké et musulmane pratiquante. Après avoir fréquenté de 1925 à 1931 l’école primaire de Bamako, il entre en 1931 à l'école primaire supérieure Terrasson de Fougères (actuel lycée Askia Mohamed) et en 1934, il poursuit ses études à l’école normale d’instituteurs, l’École William Ponty de Gorée à Dakar. Ses professeurs le signalèrent déjà comme un bon élément mais comme un agitateur anti-français, à surveiller. Il sort major de sa promotion et en 1936, il devient instituteur. Il enseignera d’abord en brousse puis à Bamako, Sikasso et Tombouctou.

Les débuts de son engagement[modifier | modifier le code]

Très vite, il adhère à plusieurs associations. Il fonda avec Mamadou Konaté, l’« Association des lettrés du Soudan » qui deviendra par la suite le « Foyer du Soudan ». Il s’investit dans les activités culturelles et anime le groupe « Art et Travail ».

En 1937, il fonde avec le Voltaïque Ouezzin Coulibaly le « syndicat des enseignants d’Afrique occidentale française ».

Il devient membre du « Bloc soudanais » créé par Mamadou Konaté.

En 1943, il fonde avec son ami Jean Marie Koné la revue L’Œil de Kénédougou dans laquelle il critique le pouvoir colonial.

L’homme politique[modifier | modifier le code]

Cette même année, est créé à Bamako le Rassemblement démocratique africain (RDA), présidé par Félix Houphouët-Boigny. Il prend le poste de secrétaire général de l’Union soudanaise R.D.A.

En 1948, il est élu conseiller général du Soudan français au titre de la circonscription de Bamako-Kita.

En 1953, il est élu conseiller de l’Union française.

Le 26 novembre 1956, il devient maire de Bamako et est élu député à l’assemblée nationale française dont il devient vice-président.

Il siègera deux fois comme secrétaire d’État dans les gouvernements français de la Quatrième République :

En 1958, il est élu président de l’Assemblée constituante de la Fédération du Mali qui regroupe le Soudan français, le Sénégal, la Haute-Volta et le Dahomey (ces deux derniers pays quitteront rapidement la fédération).

Le président de la République[modifier | modifier le code]

Le 20 juillet 1960, Modibo Keïta est nommé chef du gouvernement de la Fédération du Mali (qui regroupe le Soudan français et le Sénégal). Après l’éclatement de cette fédération, le 22 septembre 1960, il proclame l’indépendance du Soudan français qui devient la république du Mali. Il en prend la présidence.

Socialiste, il oriente son pays vers une socialisation progressive de l’économie, d’abord de l’agriculture et du commerce avec la création en octobre 1960 de la Société malienne d’importation et d’exportation (SOMIEX) ayant le monopole de l’exportation des produits maliens et de l’importation des produits manufacturés et des biens alimentaires (sucre, thé, lait en poudre…) et de leur distribution à l’intérieur du pays. La création du franc malien en 1962 et les difficultés d’approvisionnement entraînent une inflation importante et un mécontentement dans la population, notamment auprès des paysans et des commerçants.

Sur le plan politique, Modibo Keïta fait rapidement incarcérer ses opposants comme Fily Dabo Sissoko et Hammadoun Dicko, anciens députés représentant le Soudan à l’Assemblée nationale française. À partir de 1967, il déclenche la « révolution active » et suspend la constitution en créant le Comité national de défense de la révolution (CNDR). Les exactions des « milices populaires » et la dévaluation du franc malien en 1967 amènent un mécontentement général.

Le 19 novembre 1968, le lieutenant Moussa Traoré organise un coup d’État et renverse Modibo Keïta qu’il envoie en prison à Kidal. Durant neuf ans, de 1968 à 1977, le pays est alors dirigé par le Comité militaire de libération nationale (CMLN).

Modibo Keïta meurt en détention à Bamako le 16 mai 1977 à l’âge de 62 ans dans des circonstances suspectes. Radio-Mali diffuse un communiqué annonçant : « Modibo Keïta, ancien instituteur à la retraite, est décédé des suites d’un œdème aigu des poumons. » Ses obsèques au cimetière d’Hamdallaye donnèrent lieu à d’importantes manifestations, réprimées violemment par les services de sécurité dirigés alors par Tiécoro Bagayoko. Le président Moussa Traoré est obligé d’intervenir à Radio-Mali pour donner une version « officielle » du décès de Modibo Keïta, qui ne convainc personne. Modibo Keïta est réhabilité en 1992 à la chute du régime de Moussa Traoré par le président Alpha Oumar Konaré. Le mémorial Modibo Keïta est inauguré à Bamako le 6 juin 1999. Madame Mariam Keita est décédée en 2014 à 94 ans.

Le mémorial à Modibo Keita est situé non loin du fleuve Niger

Le panafricaniste[modifier | modifier le code]

Modibo Keïta a œuvré toute sa vie pour l’unité africaine. D’abord en participant à la création de la Fédération du Mali avec Léopold Sédar Senghor.

Après son éclatement, il s’éloigne de Léopold Sédar Senghor et avec Sékou Touré (président de la Guinée) et Kwame Nkrumah (président du Ghana), il fonde l’Union des États de l'Afrique de l'Ouest.

En 1963, il participe à la rédaction de la charte de l’Organisation de l'unité africaine (OUA) dont il est l’un des principaux artisans.

Invitant à Bamako le roi du Maroc et le président algérien, il œuvrera pour mettre fin à la « guerre des sables », conflit frontalier entre l’Algérie et le Maroc.

De 1963 à 1966, il normalisera ses relations avec le Sénégal, la Haute-Volta et la Côte d’Ivoire.

Partisan du non-alignement, il a défendu les mouvements nationalistes comme le Front de libération nationale (FLN) algérien.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]