Mode de suicide

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Un mode de suicide (ou moyen de suicide) est une manière pour un ou plusieurs individus de se donner intentionnellement la mort. Ce mode peut être classifié selon deux méthodes différentes : physique ou chimique. Les types d'interruption physique incluent l'acte de bloquer ou de détruire l'appareil respiratoire ou le système nerveux central. Les méthodes chimiques incluent une interruption biologique de la respiration cellulaire ou la capacité de diffusion.

Méthodes[modifier | modifier le code]

Perte de sang[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Automutilation.

Le suicide par exsanguination inclut le fait de réduire et de diminuer la pression du sang jusqu'à un niveau critique de perte de sang au moyen de dommages infligés aux artères. La mort peut être directement par une très importante perte de sang ou par hypovolémie, lorsque le volume du sang diminue dans la circulation, donnant lieu à une inactivité du corps.

C'est ainsi que se suicida le philosophe Sénèque sous l'ordre de son empereur Néron.

Une autre méthode pouvant causer l'exsanguination est la coupure au poignet. Le sujet peut ou non faire expérience d'une forte affluence d'adrénaline et d'endorphines ; alors que l'hémorragie continue, le rythme cardiaque s'accélère et le corps est incapable de panser la blessure. Si l'exsanguination continue, il en résultera une sévère hypovolémie, suivie d'un arrêt cardiaque et de la mort. Dans le cas d'une tentative de suicide ratée, la personne peut garder des séquelles irréversibles aux tendons du poignet.

Noyade[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Noyade.

Le suicide par noyade est l'acte de se submerger dans l'eau ou dans un autre type de liquide pour priver les poumons d'oxygène et, par conséquent, entraîner l'asphyxie. De lourds objets peuvent être utilisés pour empêcher tout réflexe corporel de survie.

C'est le mode de suicide que choisit l'inspecteur Javert dans Les Misérables.

Suffocation[modifier | modifier le code]

Le suicide par suffocation est l'acte d'obstruer les voies respiratoires à l'aide de différents objets provoquant ainsi l'hypoxie et finalement l'asphyxie. Respirer du gaz inerte rend une personne rapidement inconsciente et peut causer la mort en quelques minutes[1]. L'hélium, l'argon et l'azote sont communément utilisés pour l'acte suicidaire.

Électrocution[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Électrocution.

Le suicide par électrocution implique l'usage d'un électrisation létale. Ce type de suicide peut provoquer un arrêt cardiaque et de sévères brûlures[2].

Immolation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Auto-immolation.

L'immolation désigne un suicide par le feu. C'est une tactique de protestation popularisée par Thích Quảng Đức en 1963 en signe de protestation contre le gouvernement sud-vietnamien ; par Jan Palach à Prague en 1969 contre l'occupation de son pays par les troupes du Pacte de Varsovie ; par Malachi Ritscher en 2006 pour protester contre la guerre en Irak ; ou encore par Mohamed Bouazizi, à l'origine de la révolution tunisienne en 2010-2011.

Le terme en latin d'« immoler » signifie « sacrifice », et ne fait pas référence à l'usage du feu, bien que le terme commun d'immolation se réfère à la mort donnée par le feu. Cette méthode de suicide est rare, douloureuse et entraîne une longue agonie.

Pendaison[modifier | modifier le code]

Suicide par pendaison.
Articles détaillés : Suicide par pendaison et Pendaison.

Avec cette technique, le sujet tente de se suicider à l'aide d'un objet entourant la gorge pour s'étrangler et/ou se briser le cou. En cas de réussite, la cause réelle de la mort dépend du type de pendaison, de la hauteur et du poids du corps.

Lors d'une pendaison, la victime s'étrangle et la mort peut résulter d'un manque d'air asphyxiant ainsi le cerveau.

Judas Iscariote est un exemple de suicidé par pendaison.

La pendaison est plus communément utilisée comme technique de suicide dans les sociétés pré-industrielles et rurales que dans les zones urbaines[3]. Elle est également utilisée dans des endroits restreints (comme les prisons).

Armes à feu[modifier | modifier le code]

Une méthode également commune est l'utilisation d'une arme à feu. Généralement, la balle peut être tirée par l'individu dans la tête, moins communément dans la bouche, sous le menton ou sur la poitrine. Aux États-Unis, le suicide par arme à feu représente 53,7 % des suicides en 2003[4] contre 57 % en 2006[5]. En Suisse, selon une enquête de 2006, entre 24 et 28 % des suicides sont commis avec une arme à feu[5]. Dans le cas d'une tentative de suicide par arme à feu ratée, la personne risque de souffrir de douleurs chroniques sévères, de réductions des capacités cognitives et de la fonction motrice, de la présence de corps étrangers dans la tête, d'un pneumocéphale et de fuites de liquide céphalo-rachidien.

Ce fut le choix des écrivains Ernest Hemingway, Hunter S. Thompson, Henri de Montherlant et Romain Gary, de l'historien Dominique Venner ainsi que d'Adolf Hitler dans son blockhaus berlinois en 1945.

Saut ou précipitation[modifier | modifier le code]

Le suicide par précipitation consiste à sauter depuis une hauteur quelconque, par exemple, depuis une fenêtre (défenestration ou auto-défenestration), d'un balcon ou du haut d'un immeuble ou d'un barrage.

À Hong Kong, le saut est la technique la plus utilisée pour commettre un suicide, représentant 52,1 % en 2006 des cas de suicide[6].

Seppuku[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Seppuku.

Le Seppuku (hara-kiri) est un mode de suicide rituel au Japon, majoritairement pratiquée durant l'ère médiévale. Yukio Mishima commet un seppuku en 1970 après avoir échoué dans son coup d'État.

Impacts véhiculaires[modifier | modifier le code]

Certains individus choisissent la mort par collision avec une voiture, un camion, un train ou un métro.

Le choc avec une voiture ou un camion y est souvent préféré, mais le taux de survie des victimes est alors plus élevé.

Le choc avec un train est bien plus efficace : le corps y subit la plupart du temps des lésions irréversibles entraînant une mort quasi instantanée.

Avec le métro, le suicide se réalise en se jetant sur les voies au moment où la rame de métro arrive en quai. En Île-de-France, cet événement est désigné par le terme « accident de voyageur »[7]. En 2012, le suicide sur le réseau SNCF a augmenté de 30 % (environ 700 cas), dont la moitié sur le réseau Transilien[8].

Attentat-suicide[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Attentat-suicide.

Un attentat-suicide est une attaque visant à tuer d'autres individus (ex. Tuerie de l'école polytechnique de Montréal, Fusillade de l'université Virginia Tech, Fusillade du lycée Columbine). De telles attaques sont motivées par des idéologies politiques ou religieuses et incluent une variété de méthodes. Par exemple, les attaquants peuvent attacher des explosifs directement sur eux les détonant par la suite. Ils peuvent également faire usage d'un véhicule piégé ou autre machinerie pour causer un maximum de dommages (e.g. les pilotes kamikazes japonais durant la Seconde Guerre mondiale).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Deaths Involving the Inadvertent Connection of Air-line Respirators to Inert Gas Supplies » (consulté en 12 février 2011)
  2. (en) Adam Liptak, Electrocution Is Banned in Last State to Rely on It,‎ 9 février 2008 (lire en ligne)
  3. (en) Ronald W. Maris, Alan L. Berman, Morton M. Silverman, Bruce Michael Bongar, Comprehensive textbook of suicidology, New York, Guildford Press,‎ 2000, 96 p. (ISBN 978-1-57230-541-0, lire en ligne)
  4. (en) « U.S.A. Suicide: 2000 Official Final Data », sur American Association of Suicidology (consulté en 13 février 2011)
  5. a et b « Suicide en Suisse par armes à feu », sur Swissinfo (consulté en 13 février 2011)
  6. (en) « Méthode utilisée », sur HKJC Centre for Suicide Research and Prevention, University of Hong Kong, http://csrp.hku.hk,‎ 2006 (consulté le 10 septembre 2009)
  7. http://www.metro-pole.net/expl/exploit/incidents/personne.html
  8. « La SNCF confrontée à une forte hausse des suicides sur les voies » dans Le Parisien, article du 6 décembre 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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