Mode au XXe siècle

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Le Néos

Cet article présente la mode au XXe siècle en Europe.

Le costume masculin évolue peu dans la première moitié du siècle. Le costume féminin subit quant à lui plusieurs évolutions majeures qui seront dues à la guerre, au sport et à l'essor de l'automobile.

Années 1900[modifier | modifier le code]

Article détaillé : la mode en 1900.

Les femmes portent d'immenses chapeaux, des boléros à cascade de dentelle, des jupes en corolle et des corsages ornés de perles ou de franges.

La tournure devient une robe à traîne qui sera le symbole de la Belle Époque.

À la Belle Époque, c'est aussi la mode des moustaches et des barbes pour les hommes qui se doivent d'avoir un pli parfait, pour se faire ils dorment avec un 'fixe-moustache'.

Les femmes se doivent d'avoir une silhouette en S grâce à un corset ou une guêpière visant à faire ressortir la poitrine et d'accentuer la cambrure. Les éventails sont en vogue. C'est l'apparition des premiers manteaux de fourrure, l'apogée du haut-de-forme, et des manches gigot pour les femmes.

Années 1910[modifier | modifier le code]

À La Parisienne, Hiver 1913-1914
Article détaillé : années 1910.

Après la Belle Époque, la guerre prend le pas sur la frivolité de la mode, l'industrie textile est mobilisée par l'effort de guerre, la mode ne réapparaît que dans les années 1920.

La Première Guerre mondiale paralyse le monde de la mode mais apporte des sous-vêtements plus confortables.

Femmes[modifier | modifier le code]

C'est le retour de la jupe-culotte ou jupe-pantalon sous une autre forme que celle lancée par l'essor de la bicyclette, la culotte ressemble plus à un large pantalon de satin et descend désormais en bas des jambes avec une jupe drapée par dessus.

La mode est à la silhouette allongée et dans cet esprit le sac à main se porte en bandoulière sur l'épaule tombant jusqu'aux chevilles.

Le corset dit ligne normale fait son apparition.

En 1914, les perruques de couleurs sont de mise avec une tenue de soirée.

Hommes[modifier | modifier le code]

L'avènement du complet révolutionne la mode masculine.

Années 1920[modifier | modifier le code]

Article détaillé : années 1920.

La mode réapparaît transformée par les privations : les jupes se portent courtes (en dessous du genou), le tailleur a été adopté : tenue de ville confortable et pratique.

Grâce aux grands paquebots qui relient l'Europe et les États-Unis, les deux continents s'influencent en termes de mode.

Le sport et l'automobile influencent de plus en plus les vêtements.

Femmes[modifier | modifier le code]

La silhouette est allongée et droite ; le buste est plat, la poitrine gommée et la taille très basse.

En été, les bras et le cou sont découverts ainsi que les jambes jusqu'au-dessous du genou.

Les costumes de bains prennent l'allure de véritable maillots de bain même s’ils restent encore très couvrants sur les cuisses ou les épaules.

C'est l'apparition de la coiffure dite garçonne et du chapeau dit cloche.

Le corset a définitivement été remplacé par le porte-jarretelles et le soutien-gorge, la lingerie disparaissant presque totalement[1].

Avec l'essor de l'automobile, le vêtement féminin a nettement évolué pour passer en à peine 20 ans du haut corset avec jupe traînante, chignon, ombrelle et chapeau lourdement orné à voilette au chandail échancré à bras nus avec jupe aux genoux et chapeau-cloche.

Pour les coiffures, c'est l'avènement de la Mise-en-pli qui restera en vogue aussi dans les années 1930.

Hommes[modifier | modifier le code]

L'allure sportive est de mise, le complet se porte avec des motifs à carreaux, le pantalon de golf est très tendance.

Peu d'évolution, la veste est devenu veston et le chapeau se porte mou. La tenue de soirée reste le smoking.

L'essor de l'automobile ayant aussi apporté quelques éléments à la tenue : cache-poussière, casquette, lunettes et gants de cuir.

Années 1930[modifier | modifier le code]

Tableau de Hans Baluschek
Article détaillé : années 1930.

Le sport fait évoluer les vêtements et la mode.

Femmes[modifier | modifier le code]

La gaine en latex redessine les contours de la femme[1].

La robe longue refait son apparition sous forme de robe de soirée, mais le tailleur reste de mise en tenue de ville.

En été 1933, le short apparaît massivement sur les plages parfois assorti avec un dos nu.

Le manteau se porte court, bordé de fourrure et porté avec une toque assortie ou en cape.

Le chapeau est un béret ou un feutre.

Le corsage est sanglé dans la ceinture.

La jupe remonte progressivement au-dessus du genou pour être alors qualifiée de très courte.

C'est en été 1939 que le pantalon s'impose dans la mode féminine avec une coupe large et des revers.

Le maillot de bain une pièce et son bonnet deviennent un véritable vêtement à nager.

Hommes[modifier | modifier le code]

Le costume de golf en Prince de Galles (tissu) avec casquette assortie est en vogue dont Tintin immortalisera le pantalon.

Années 1940[modifier | modifier le code]

Article détaillé : années 1940.
Article détaillé : La mode sous l'occupation.

La guerre paralyse de nouveau l'industrie du textile, les matières premières sont rares et chères. Cette situation impose une mode de circonstance due aux privations : jupe courte (en dessous du genou), épaules carrées, petit chapeau bricolé avec des morceaux de rideau ou turban, chaussures à semelles compensées ou en bois. On peint une fausse couture sur les jambes pour imiter les bas, et puis on s'en passe : à la fin de la guerre, il n'est plus inconvenant de sortir en sandales avec des socquettes[1].

C'est aussi l'apparition des zazous.

C'est en 1947 que Christian Dior relance la mode en instaurant le New Look : ligne ample, taille fine et hanches marquées.

Années 1950[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mode des années 1950 en France.

En 1954, Coco Chanel lance le tailleur comme une sorte de réaction au New Look.

Yves Saint Laurent fait ses premiers pas chez Dior.

Le duffle coat et le chignon choucroute deviennent populaires. Les jupes sont parfois gonflées de jupons en tulle.

Les chaussures à bride sont en vogue pour les femmes. Certains hommes portent des jeans.

Années 1960[modifier | modifier le code]

Article détaillé : années 1960.

Les années 1960 marquent l'essor du prêt-à-porter.

C'est l'apparition de nouvelles matières dont le plastique.

Pierre Cardin crée des robes en plastique moulé et des justaucorps en résille de vinyle. Courrèges révolutionne la mode, Paco Rabanne crée une robe en métal.

Femmes[modifier | modifier le code]

Pour la soirée, la silhouette féminine se définit encore par une taille de guêpe et une jupe ou une robe longue (au-dessous du genou).

En tenue de ville, les jupes vont progressivement remonter sur les jambes pour passer de dessous le genou au début de la décennie à la minijupe en fin de décennie (à partir de 1965), favorisant du même coup le port des collants. La première minijupe est en effet apparue en 1962 à Londres[2], créée par la styliste Mary Quant.

Les vestes ou les cardigans sont simplement fermés bord à bord sans moyen de fixation ou alors par un unique bouton près du col.

Les manches sont longues et collantes. Les motifs notamment à pois et rayures sont en vogue.

Les accessoires essentiels sont le chapeau en forme de toque, le bandeau ou le foulard dans les cheveux et les lunettes fantaisies voire futuristes. Les bijoux sont multicolores et en plastique.

Les bottes sont à la mode. Bouleversement radical à partir de 1965: le talon aiguille galbé cède la place au talon droit et carré (haut ou plat). Le bottier Durer innove dans la couleur des cuirs, lance la cuissarde et les sandales tressées main. La silhouette féminine devient géométrique (André Courrèges, Pierre Cardin), sans taille ni poitrine, et la coiffure courte et casquée (Mireille Mathieu à ses débuts).

Années 1970[modifier | modifier le code]

Article détaillé : années 1970.

Années 1980[modifier | modifier le code]

Années 1990[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Années 1990 en mode.


Femmes[modifier | modifier le code]

C'est l'essor du tee-shirt imprimé et du pantalon qui se porte désormais en toutes circonstances, notamment le jeans.

L'androgynie commence son apparition via les coiffures : femmes à cheveux court, hommes à cheveux long ; les femmes portent de plus en plus facilement des costumes d'homme.

Les manteaux sont amples, coupé en forme de robes ou de capes. Les pantalons ont des pattes d'éléphant.

Les chaussures sont des bottes ou sont à plate-forme. Les cuissardes lancées par les plus grands stylistes[3], au départ en vinyle[4], deviennent très vite à la mode.

Les impressions textiles s'inspirent de motifs orientaux ou des fourrures (panthère ou ocelot dans des couleurs fantaisistes bleu, rose, etc.). Les couleurs qualifiées de couleur soleil sont mises en avant pour les tenues de ville, mais le noir garde un côté sophistiqué et distingué favorisé pour les tenues de soirées.

L'essor des matières plastiques pour les accessoires (bijoux, ceinture, etc.) accentue cette tendance multicolore. matière plastique

Le sous-pull devient un basique, vu comme unisexe et non lié à une classe spécifique. Ce vêtement moulant, en particulier lorsqu'il est blanc, est alors un article standard de garde-robe, utilisé par les deux sexes pendant cette période.

Le brillant est très en vogue et s'exprime sur toute la décennie via des matières brillantes (satin, vinyle, etc.) ou par les paillettes présentent autant dans le vêtement que le maquillage. Cette tendance au brillant donnera naissance à la mode du strass en fin de décennie. Le maquillage évolue aussi des paillettes vers le nacre.

La silhouette de femme devient fuselée au milieu de la décennie et c'est le début des échancrures sur les cuisses pour les maillots de bain. Dès 1979, Thierry Mugler invente la silhouette des années 1980 : veste épaulée, jupe droite, escarpins fins ; il sera à l'initiative du mouvement Power dressing.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Catherine Örmen, Comment regarder la mode : histoire de la silhouette, Édition Hazan, 2009
  2. Site pédagogique sur l'histoire de la minijupe
  3. Site d'information, article du 2 juin 2008 consacré à Yves Saint-Laurent à l'occasion de sa mort
  4. Le Figaro, article du 28 décembre 2006
  • Eric Baschet, Krishnâ Renou, Georges Yoldjoglou, La mode, Histoire d'un siècle 1843-1944, Le livre de Paris, coll. « Les grands dossiers de l'illustration »,‎ 1987, 191 p. (ISBN 2-904310-85-1, ISSN 0993-4057)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Spécifiques[modifier | modifier le code]

Articles abordant spécifiquement l'histoire de la mode au XXe siècle sous d'autres approches :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la mode au XXe siècle, Yvonne Deslandres et Florence Müller
  • Art et Mode au XXe siècle, Florence Müller, (Éditions Assouline)
  • Histoire du costume, François Boucher, (Flammarion), Paris, 1965
  • Baskets, une histoire de la chaussure de ville/de sport Florence Müller, (Regard)
  • La mode contemporaine, Florence Müller, (Éditions Steidl)
  • Encyclopédie du costume, (éditions Albert Morancé)
  • Le Costume image de l'homme, Yvonne Deslandres, (Albin Michel), Paris, 1976
  • Le Costume, Jacques Ruppert, (Flammarion)
  • La Frivolité essentielle. Du vêtement et de la mode, Frédéric Monneyron (PUF), Paris, 2001
  • Yann Kerlau, Les secrets de la mode, Éditions Perrin,‎ février 2013, 438 p. (ISBN 978-2262039232[à vérifier : isbn invalide], présentation en ligne)