Mode au XIXe siècle

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Le costume féminin de 1794 à 1887.

Cet article présente la mode au XIXe siècle en Europe.

Années 1800[modifier | modifier le code]

La mode masculine est influencée à partir des années 1780, par l'Angleterre où de nombreux aristocrates vivent à la campagne et privilégient des vêtements pratiques comme la redingote, le gilet court, les bottes de cuir. Les vêtements se simplifient sans pour autant cesser d'être ornés dans les fêtes officielles et à la Cour impériale.

Les femmes adoptent les robes à la grecque, silhouette héritée du Directoire (1795-1799) à la taille haute remontée sous les seins et largement décolletée que couvre une veste courte appelée spencer ou un long châle de cachemire. Ces robes d'abord à longue traine, deviendront de plus en plus courtes sous l'Empire.

Les hommes portent les cheveux courts et sans poudre. Leur costume reste influencé par la mode anglaise. En France, c'est sous l'impulsion du peintre David et de l'art néo-classique que la mode cherche à imiter l'Antiquité gréco-romaine. Hommes et femmes se coupent les cheveux courts et bouclés à la Titus. Les femmes portent des robes décolletées à la Psyché, à la romaine, à la Flore avec des manches très courtes et bouffantes afin de porter de longs gants.
Les grands châles de cachemire sont en vogue et le resteront pendant soixante ans. C'est sous l'Empire que le noir commence à s'imposer dans la bourgeoisie.

Années 1820[modifier | modifier le code]

En France, à la mort de Napoléon Ier (1821) le style néo-classique est abandonné et la taille reprend peu à peu sa place normale. Le corset réapparaît et la jupe adopte la forme d'un cône. Les manches deviennent de plus en plus bouffantes et pour les rendre encore plus volumineuses, on les double avec du carton, ce qui a l'avantage de rendre la taille encore plus mince. Sous Charles X (1825-1830), les jupes raccourcissent à la cheville et gagnent en volume. Les chapeaux prennent des proportions gigantesques, couverts de plumes et de rubans. Le soir, les femmes se coiffent en hauteur d'un chignon dit en nœud d'Apollon postiche maintenu en équilibre par un grand peigne à l'espagnole. Le romantisme influence la mode féminine.

Servant de faire-valoir à la toilette féminine, la mode masculine est toujours inspirée par le chic anglais : sobriété des couleurs et des formes. Le pantalon, héritage de la Révolution, est généralement porté et la culotte est abandonnée petit à petit. On porte de grandes capes et le chapeau haut de forme devient l'accessoire indispensable de tout homme qui se respecte jusqu'à la première guerre mondiale.

Années 1830[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mode sous le Second Empire.

Sous le règne de Louis-Philippe (1830-1848) la mode s'assagit. Jusqu'en 1835, la silhouette féminine évolue peu : épaules dénudées par le décolleté bateau couvertes de grands cols de lingerie, dits canezous, sorte de pèlerine en mousseline brodée dont les pans sont passés sous la ceinture très large. Les manches à gigot (qui était très serrée) sont enflées jusqu'au coude puis étroites sur l'avant-bras. Les jupes bouffent grâce à un jupon de crin dit crinoline et recouvrent désormais la chaussure. La coiffure se simplifie : le nœud d'Apollon est remplacé par un chignon tressé et des bandeaux plats recouvrent les oreilles. Les chapeaux immenses disparaissent pour faire place à de petits bibis préfigurant les capotes de la prochaine décennie.

Années 1840[modifier | modifier le code]

Article détaillé : années 1840.

Femmes[modifier | modifier le code]

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Sous l'influence anglaise, la silhouette féminine se simplifie : Le jour, on élimine les accessoires trop voyants pour ne conserver que l'essentiel, donnant à l'ensemble un aspect austère. Le buste étroit et busqué, une robe unie de couleur sombre, engoncée dans un châle-pèlerine, cachant son teint blafard sous une vaste capote, la femme à la mode s'efface désormais en société sous l'emprise du cant. On porte indifféremment des bandeaux plats ou des "anglaises", tire-bouchons de cheveux tombant sur les épaules. Le soir, on arbore le grand décolleté, volants et rubans de dentelles à la jupe gonflée de crin, fleurs et bijoux à profusion.


Le chapeau est en forme de capote évasée du bas pour laisser tomber les longues boucles "à l'anglaise" puis la capote devient de plus en plus serrée sur les joues. Les bandeaux plats sont alors à la mode; chez elles, les femmes portent de petits bonnets de lingerie ornés de dentelles et de rubans. Les robes se garnissent sur le côté, portées superposées et souvent ouvertes sur le devant en demi-queue arrondie parfois un peu trainante sur les robes de soirées. Les robes à volants, inspirées de la mode espagnole se portent jusque dans les années 1860 dans la rue ou au spectacle comme les mantilles et les grands châles. Les bottines lacées commencent à faire leur apparition. Le corsage se porte tombant sur les épaules grâce à une emmanchure très basse. Le corset aplatit la poitrine, allonge et amincit la taille. Le soir, les femmes exposent généreusement poitrine et épaules. Se dégage de la silhouette générale une impression de fragilité et de mystère que dramatisee le port de couleurs sombres.


Hommes[modifier | modifier le code]

Wiener Moden 1841 Herren.jpg

Chez les hommes, le vêtement évolue au cours de la décennie :

  • Le chapeau haut-de-forme perd progressivement en hauteur et en ampleur.
  • Les vêtements passent d'une mode ajustée à une mode flottante, présentée comme de la négligence dans la presse.

Les vestes sont à grandes basques et à larges revers, le gilet est élégant et brodé, la cravate se porte ample en foulard.
Le pantalon se porte ample et couvrant les 3/4 du pied.
Les souliers se portent indifféremment avec ou sans guêtres.
De nombreux accessoires sont présents : lorgnon, binocle, canne, montre à gousset, boutons travaillés.

Années 1850[modifier | modifier le code]

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Article détaillé : années 1850.

Femmes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : crinoline.

Le velours fait son apparition, la richesse de l'étoffe la dispense d'ornements surperflus et les robes retrouvent une certaine simplicité.
Le corsage se porte toujours aux épaules et il n'est orné de jabot ou de dentelles que pour accompagner les robes en soie ou en toile.
Les manches sont larges en haut et ouvertes et très larges en bas pour laisser tomber la dentelle mettant en valeur la finesse d'une main gantée si possible.
Vers 1856 apparaît le jupon dit crinoline qui va peu à peu remplacer le jupon et redonner une allure imposante aux jupes.

Hommes[modifier | modifier le code]

L'habit noir fait loi : la veste a une coupe large et se porte avec une cravate blanche cachant jusqu'au col de la chemise. Le gilet est droit et discrètement orné aux boutons. Le pantalon peu large tombe droit sur une botte vernie. Le tout porté sous un petit manteau à larges manches ou une redingote courte.
Les chapeaux se portent avec des bords évasés relevés droit sur les côtés.

Années 1860[modifier | modifier le code]

Article détaillé : années 1860.

Femmes[modifier | modifier le code]

Godesy fashion plate 1869.jpg

Le drapé amorce son retour sur les robes, mais aussi via les capes, châles et autres pèlerines.
Les manches s'aplatissent en hiver mais restent larges pour l'été.
Les bottines vernies sont de plus en plus présentes.
Les chapeaux s'élargissent et les bijoux prennent une importance grandissante.
Les accessoires essentiels sont le foulard et la longue ceinture style turban et souvent ornée.
Le manteau se porte court, ajusté et arrondi sur le devant.
Vers 1865, la mode est aux rayures et aux coiffures dite à l'antique constituées d'une tresse en diadème sur le devant et d'un chignon derrière.
C'est aussi l'apparition de véritable robes avec jupe et corsage cousus : la jupe comporte souvent avec une légère traîne et le corsage est simple à basques découpées en pointe.

Années 1870[modifier | modifier le code]

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Article détaillé : années 1870.

Femmes[modifier | modifier le code]

Mens Coats 1872 Fashion Plate.jpg

La traîne s'est peu à peu remontée sur les hanches pour devenir tournure qui sont ornées de rubans ou de dentelles.
La silhouette se transforme radicalement au cours de la décennie, la traine remontant sur le postérieur à mesure que la robe s'ajustera au corps oubliant de fait la crinoline.
Les chapeaux redeviennent petits, ils sont surtout garnis de fleurs, de rubans ou de voiles et se portent penchés sur le devant.
Les manteaux sont amples et longs sauf s’ils sont assortis à la robe alors ils sont au contraire ajustés.
L'ombrelle reste un accessoire indispensable en été, même si sa taille se réduit.Les femmes en emporte une quinzaine dans leurs valises pour leurs vacances dans des stations balnéaires.

Hommes[modifier | modifier le code]

La tenue reste sobre mais gagne en ampleur.
Les manteaux sont longs et larges.
La cravate laisse place au nœud papillon.
Le haut-de-forme est toujours de rigueur.

Années 1880[modifier | modifier le code]

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Article détaillé : années 1880.

Femmes[modifier | modifier le code]

La broderie est très présente autant sur les jupes que sur les manteaux.
Le drapé reste aussi très présent.
Les chapeaux gagnent en extravagance à mesure que passent les tenues de la journée pour terminer avec des bords très larges et un panache en soirée.
Les jupes sont coupées plates et les corsages se ferment en biais.
Les gants qui se portent toute la journée sont simples et montant sur la manche, souvent rehaussés d'un bracelet.
La montre est l'accessoire de la décennie, elle se trouve partout sur les bracelets, au bout d'une chaîne, sur le manche des parapluies, etc.

Hommes[modifier | modifier le code]

Chez les hommes, c'est l'apparition du smoking qui révolutionne la mode. Tout en gardant un côté sobre voir strict au costume.

Années 1890[modifier | modifier le code]

Article détaillé : années 1890.

Femmes[modifier | modifier le code]

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Le chapeau est la capeline ornée de plumes ou de rubans.
Le manteau se porte très long, croisé avec une double rangée de boutons sur une veste-jaquette cintrée à manches bouffantes en haut et serré par de longs gants en bas.
Le satin souvent orné velours et les paillettes sont à la mode.
Le corsage est froncé sur le buste ou avec un plastron et les manches sont bouffantes.
Le bracelet et le collier de velours ou de rubans assortis sont les accessoires essentiels ; les colliers de ce genre s'appellent tour de cou.
Devant le fort essor de la bicyclette, d'autres éléments du costume apparaissent : la culotte courte et froncée aux genoux, elle se porte avec des jambières ou des bas et un corsage cintré à encolure dégagée et manches bouffantes. Il est possible d'ajouter une jupe courte sur la culotte voire une jupe-pantalon. Le tout assorti d'une veste-jaquette flottante à larges revers portée avec ou sans cravate bouffante ce qui préfigure déjà le tailleur.

Note et source[modifier | modifier le code]

Eric Baschet, Krishnâ Renou, Georges Yoldjoglou, La mode, Histoire d'un siècle 1843-1944, Le livre de Paris, coll. « Les grands dossiers de l'illustration »,‎ 1987, 191 p. (ISBN 2-904310-85-1, ISSN 0993-4057)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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