Modération d'informations

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La modération d'informations consiste à accepter, déplacer vers une rubrique plus appropriée ou refuser intégralement ou partiellement la publication d'une information déposée par un utilisateur sur un site web ou dans un forum Usenet. Un utilisateur responsable de la modération est appelé modérateur.

Processus[modifier | modifier le code]

Dans le cas le plus classique :

  1. un utilisateur du système de publication utilise une interface de saisie d'une nouvelle information (article, critique, actualité, photo, séquence vidéo... selon les sites)
  2. une fois l'information rédigée et validée par l'utilisateur, un système d'alerte ou notification (par exemple par courrier électronique) prévient un responsable (appelé modérateur du site) qu'une nouvelle information est disponible
  3. le modérateur utilise une interface spéciale —dite interface de modération— pour indiquer au système de publication si l'information est valide ou non
  4. selon les systèmes de publication, l'auteur peut être prévenu de la décision du modérateur, parfois avec un message indiquant le motif de refus, le cas échéant.

Types de modérations[modifier | modifier le code]

Une information qui est modérée avant d'être publiée est qualifiée de modération a priori. Par contre une information peut être publiée dès sa soumission par un utilisateur du système de publication du site web ; ce n'est éventuellement qu'ensuite que la modération peut intervenir dans une modération a posteriori.

La modération a priori est souvent exploitée pour la publication d'articles (actualités, critiques, analyses...). Elle permet de laisser n'importe quel internaute proposer une information à publier, sans contrôle, puisque c'est lors de la modération que seront effectués les contrôles comme :

  • vérifier que l'information reste légale (pas de discrimination raciale, pas d'atteinte à l'ordre public, pas de pédophilie...)
  • s'assurer que l'article est en adéquation avec la ligne éditoriale du site.
  • s'assurer que les images n'entachent pas le droit à l'image d'une personne sur le site.

La modération a posteriori est plutôt employée pour les commentaires que peuvent laisser les visiteurs au sujet d'un article. Dans ce cas, il est parfois prévu qu'une alerte soit envoyée par courrier électronique à l'auteur de l'article, afin qu'il puisse intervenir en cas d'abus (exemple : spams dans les commentaires).


Avec le développement du Web 2.0, la modération des contenus est plutôt de type a posteriori, laissant les internautes alerter le modérateur du non-respect de la charte du site web. Le modérateur traite alors ces alertes de façon réactive. En complément, le modérateur effectue des contrôles par échantillon.

Ce processus de modération étant devenu essentiel pour plusieurs grands portails communautaires. Plusieurs prestataires, tels que Conciléo ou Atchik Services en France, se sont positionnés sur ce créneau et offrent un service de modération. La multiplication des espaces de réactions en ligne et des médias sociaux conduit les opérateurs du secteur à développer leurs propres outils de modération[1] pour centraliser les contenus.

Origines de la modération[modifier | modifier le code]

La France fait figure de précurseur dans le domaine de la modération. Les premières entreprises à pratiquer la modération sont les éditeurs de services de messagerie anonymes par minitel et audiotex. Ces sociétés proposent des services de chat payants à l'usage selon le modèle du kiosque Télétel de France Télécom. Elle seront rapidement confrontées à une double problématique : la sauvegarde de leur chiffre d'affaires et la protection juridique de l'entreprise et de ses dirigeants. Chiffre d'affaires en danger. Chaque seconde de consultation générant du revenu pour l'éditeur, celui-ci tente de fidéliser l'utilisateur du service. Rapidement, une forme de concurrence déloyale se mettra en place : le détournement de clientèle aussi appelé racolage. Des animateurs de services de messagerie se connectent à des services minitel concurrents sous des pseudonymes féminins et invitent leurs correspondants à les rejoindre sur le service de leur employeur. La nuisance est double : la perte de clients excédés par ces messages de publicité s'ajoute à celle des clients détournés vers les services concurrents. Pour se protéger de ce fléau, les principaux éditeurs de messagerie tels AGL ou Telestore vont alors mettre en place des logiciels de filtrage des messages de plus en plus élaborés en accompagnement d'une équipe de surveillants appelés modérateurs. Un cadre réglementaire contraignant. La création d'un espace virtuel de dialogue anonyme est une innovation majeure qui comporte aussi des risques. Diverses formes de trafic vont tenter de se développer sur ces messageries, au premier rang desquels on trouve alors la prostitution. Or, la loi définit le proxénétisme comme « le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit, d'aider, d'assister ou de protéger la prostitution d'autrui ; de tirer profit de la prostitution d'autrui, d'en partager les produits ou de recevoir des subsides d'une personne se livrant habituellement à la prostitution ». http://fr.wikipedia.org/wiki/Proxénétisme Les éditeurs de service qui n'auront pas su prendre des mesures préventives le paieront cher, comme pour le 3615 ALINE. http://legimobile.fr/fr/jp/j/c/crim/2000/1/12/98-86441/ Du reste, les obligations de l'éditeur de service seront listées dans la convention kiosque Télétel, rédigée sous l'égide de Conseil Supérieur de la Télématique et contrôlées par France Télécom et le Comité de la Télématique Anonyme. Ces instances réunissent des représentants des opérateurs, d'associations familiales et de l'opérateur de télécommunications. Les manquements à ces obligations peuvent être sanctionnés de lourdes amendes et de coupures du service. La modération se généralise. http://www.dsi.cnrs.fr/rmlr/textesintegraux/volume4/432-cpt.htm

Certaines de ces sociétés issues du minitel ont su développer une expertise de modération qu'elle proposent encore aujourd'hui à leurs clients, telles qu'Idixit, spin off de Neocom-Telestore ou Netino dont le fondateur fut un pionnier du minitel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Surveiller la présence de son entreprise sur les réseaux sociaux », sur indexel.net,‎ 12/01/2011 (consulté le 07/09/2014)