Modèle Minnesota

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Le Modèle Minnesota est un modèle thérapeutique, qui a été mis en place aux États-Unis au début des années 1950. A ce jour, aux États-Unis et au Canada, la majorité des centres, pour le rétablissement des personnes dépendantes aux drogues et à l'alcool, utilise cette approche qui a fait ses preuves et vise à prendre en charge les personnes dépendantes dans leur globalité.

Ce modèle, qui est issu d’un rapprochement entre les modes de prise en charge "traditionnels" de la dépendance et le mouvement des Alcooliques anonymes, repose sur une théorie particulière explicitant le fait que la dépendance est une maladie physique, mentale et spirituelle. Pour remédier à tous ces aspects de la maladie, il met l’accent sur un programme de traitement multidisciplinaire (les soins), sur la croissance spirituelle et sur la dignité retrouvée par l’individu. Parce qu'il met l'accent sur le changement dans l'attitude et le comportement, le Modèle Minnesota est notamment qualifié de psychothérapie cognitivo-comportementale.

À ce jour, il permet la prise en charge thérapeutique de toutes les addictions (dont comportementales) ainsi que les difficultés liées à la gestion des émotions et à la "difficulté de vivre" après des événements douloureux ou traumatiques (abus, inceste, maltraitance, ...).

Historique[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Le Modèle Minnesota s’inspire des expériences et des travaux effectués sur le traitement de la dépendance par trois centres situés au Minnesota dans les années 1950 : Pionner House à Minneapolis, Hazelden et Willmar Hospital.

Pionner House (La maison des pionniers)[modifier | modifier le code]

Patrick Cronin, fondateur de la maison des pionniers, est une des premières personnes connues à être devenu sobre à l’aide d’un groupe des Alcooliques Anonymes.

Souhaitant partager son expérience, il a entrepris, en 1940, de louer un bâtiment à Minneapolis dans le but de monter un groupe des Alcooliques Anonymes. Confronté à l’hostilité et la méfiance des habitants, son projet n’a pas pu aboutir. Cependant, le Ministère du secours de la ville de Minneapolis, plus conciliant, a offert à Cronin l’opportunité de tenir des réunions pour aider au rétablissement des personnes consommatrices d’alcool et de pouvoir les héberger. Quelque temps après, le programme de Cronin s’est installé dans une maison plus permanente et fut baptisé «la Maison des Pionniers ».

La Maison des Pionniers est donc devenue le premier centre de traitement basé sur le programme des Alcooliques anonymes.

Halzelden[modifier | modifier le code]

Richard Coyle Lilly, fondateur d’Halzelden, était un financier philanthrope réputé pour être un "buveur".

À la suite d'un accident « presque fatal », conséquence de sa consommation d’alcool, Richard Coyle Lilly a miraculeusement été épargné. À la suite de ce qu'il a considéré comme un miracle, il a décidé d'arrêter de boire et de consacrer sa fortune ainsi que son talent pour d'aider d'autres personnes alcooliques. En 1947, il a acheté un imposant domaine et des terres. Il a revendu ces biens à un groupe d'hommes d'affaires de St Paul – Minneapolis, qui ont souhaité créer un nouveau centre de traitement à destination des personnes alcooliques. Le centre de soin a rapidement mis en place un comité consultatif pour sensibiliser les employeurs sur l'impact de l'alcoolisme sur le lieu de travail. Ce centre de soins s’est tout d’abord constitué sous la forme d’une « corporation hospitalière de bienfaisance », nommée Halzelden. Dans ses débuts, il fut une maison d'hôtes pour les hommes d'affaires alcooliques puis il s’est recentré sur des fonctions principales de soins en s’inspirant des principes des Alcooliques Anonymes.

Willmar Hospital[modifier | modifier le code]

En 1950, Nelson Bradley, directeur du Willmar Hospital (hôpital psychiatrique), a choisi d’intégrer une nouvelle dimension aux fonctions de l’Hôpital : l’accueil des personnes alcooliques. Après plusieurs années et des résultats peu concluants, il a émis des doutes sur la manière de traiter la dépendance à l’alcool. Il a été déterminé à changer cela.

Il a décidé alors de mettre en place une nouvelle démarche de traitement qui puise ses fondements sur différents principes, dont celui des Alcooliques anonymes. Il a également pris la décision d’engager des personnes devenues abstinentes de toute consommation d’alcool ou de drogues en tant que « conseiller » afin de travailler avec les patients de l’hôpital et ainsi qu’ils soient vecteurs d’espoir.

Les hypothèses de départ[modifier | modifier le code]

Le programme de Willmar Hopital est l’un des premiers, des trois programmes mentionnés ci-dessus, à avoir abordé une approche multidisciplinaire du traitement.

Cette approche s’est élaborée à la suite de l’énonciation d’une multitude d’hypothèses largement considérées comme radicales et irréalisables :

  • l'alcoolisme est présent partout, depuis « la nuit des temps » ;
  • l'alcoolisme est une maladie ;
  • l'alcoolisme est une maladie pas un vice ;
  • l'alcoolisme est une maladie « multiphasique » ;
  • l'alcoolisme est une maladie chronique primaire ;
  • les résultats du traitement sont dissociés de la motivation initiale ;
  • l'éducation sur le sujet de l'alcool, des drogues et de leurs effets, doit commencer au sein de la communauté thérapeutique.

En posant ces hypothèses et en mettant en place une équipe pluridisciplinaire, composée de médecins, de travailleurs sociaux, de psychologues, de conseillers en « rétablissement » et de membres d’institutions religieuses, il a été construit un modèle thérapeutique spécifique. Celui-ci est fondé sur un ajustement entre la psychologie clinique moderne, les soins médicaux, et la pratique des Alcooliques Anonymes : le Modèle Minnesota.

Compréhension du Modèle Minnesota[modifier | modifier le code]

Les trois principes clés du modèle[modifier | modifier le code]

Il existe différentes manières de définir le Modèle Minnesota. Cependant, il ressort trois éléments communs au sujet du traitement.

Traiter les personnes dépendantes[modifier | modifier le code]

Contrairement aux modes de prise en charge traditionnels, ce modèle inclut une dimension plus humaine. Les personnes consommatrices d’alcool ou de drogues sont vues autrement : il ne s’agit plus de les punir, de les isoler et/ou de les abandonner dans les hôpitaux psychiatriques ou bien encore dans les prisons. Au contraire, cette méthode introduit l’idée que les personnes dépendantes des produits addictifs méritent un traitement digne et un accompagnement dans leur maladie.

Traiter les personnes avec dignité[modifier | modifier le code]

Le modèle met en avant le fait que l’individu alcoolique ou toxicomane se doit d’être traité avec dignité. En respectant la personne dépendante en tant qu’humain qui a des droits et des devoirs, les résultats du traitement seront d’autant plus satisfaisants. Par ailleurs, le modèle considère que leur état est le résultat d’une maladie, ce qui implique que leur volonté soit diminuée par l’emprise de la maladie.

Traiter les patients dans leur globalité[modifier | modifier le code]

C’est justement ici que l’on retrouve la spécificité du Modèle Minnesota. En effet, cette approche prend en charge la personne dans sa globalité, à la fois le corps, l’âme et l’esprit. Il convient, pour cette méthode, que tout traitement de la dépendance efficace, ou d'autres pathologies, doit tenir compte des aspects physiques, mentaux et spirituels de l’individu.

La dimension spirituelle se traduit notamment à travers le fait que toutes pathologies confrontent l’être humain à ses limites et à sa mortalité. Les personnes en traitement apprennent la nécessité de vivre leur vie sur le plan spirituel. Cela implique la reconnaissance de ses limites personnelles, ses vulnérabilités, et la nécessité d’accepter l’aide que d’autres personnes peuvent offrir.

Le concept de maladie[modifier | modifier le code]

Le Modèle Minnesota porte une attention particulière au concept de maladie, tout particulièrement, l’affirmation selon laquelle la dépendance est une maladie chronique et progressive. Cette notion révèle l'efficacité du traitement.

Livrées à elles-mêmes, les personnes dépendantes ne peuvent tout simplement pas exercer de contrôle ou de changements durables sur leur maladie. La perte de contrôle, sur la quantité de boissons ou de produits illicites consommées, liée à la dépendance physique est le pilier de ce principe.

Le concept de maladie apporte de nombreux bienfaits thérapeutiques au patient : le fait d’accepter le concept de maladie peut lever la culpabilité de la personne dépendante, la persuader de suivre un traitement et la mettre en confiance avec des forces supérieures. De plus, il contribue à promouvoir le traitement au lieu de la répression et permet aussi l’octroi aux alcooliques et aux toxicomanes des mêmes droits que ceux accordés à d’autres personnes souffrant de maladies chroniques.

Le modèle va remettre en action les personnes afin qu’elles retrouvent leur énergie personnelle. À savoir :

  • Prendre plus du temps pour réfléchir,
  • Prendre des décisions moins fondées sur les sentiments, et plus sur l'étude des « faits »,
  • Apprendre qu’elles ne sont plus des victimes, mais responsable de leur vie d‘adulte,
  • Choisir des comportements et des attitudes qui favorisent le rétablissement.

Nommer l’alcoolisme ou la toxicomanie comme une maladie est un support supplémentaire à l’auto-responsabilisation pour des soins personnels et les actes posées.

Les 12 étapes du modèle[modifier | modifier le code]

Le Modèle Minnesota se structure autour de 12 étapes élaborées par le programme des Alcooliques anonymes. Ces étapes sont essentielles au rétablissement dans la mesure où elles permettent à la personne dépendante de conceptualiser sa maladie et surtout d’orienter le changement en vue d’une perspective d’avenir.

À travers ce modèle en 12 étapes, le patient va traverser différentes phases du processus de rétablissement. Voici la structure simplifiée et synthétique :

Etape 1 : En centre de traitement, la personne dépendante va dans un premier temps faire le récit de son histoire afin de le partager avec les autres membres du groupe et s'identifier à leurs expériences. De ce fait, le patient va entrer dans une phase de prise de conscience de la maladie de la dépendance (constat/conséquences). Il comprend alors qu'il n'a plus de pouvoir face au produit et admet la réalité de la perte de contrôle sur sa consommation. Dans le cadre d'une prise en charge en ambulatoire ou non hospitalière, le travail va consister en une prise de conscience de l'impuissance de la personne à faire face, ou à gérer elle-même, une problématique particulière.

Etape 2 : Cette étape consiste à aider la personne à voir qu'elle a besoin de faire appel aux autres pour trouver l'aide nécessaire. Après une mise en confiance de la personne avec autrui (les autres dépendants en rétablissement, parrain, équipe thérapeutique, l'ouverture spirituelle, ...), la personne apprend à vivre avec sa maladie chronique, ou avec sa probématique personnelle, de manière constructive.

Etape 3 : Cette phase est directement liée à la spiritualité et à la restruction cognitive : il est retrouvé la capacité de décider, d'agir, de faire le choix de ces croyances... Les efforts investis vont ainsi permettre de redonner un sens à l'existence.

Etape 4 : à la suite d'un inventaire personnel, la personne se rend compte de l’aspect destructeur de sa maladie (ou de sa souffrance). Il cherche à sortir du "faux self" initié par ses systèmes de défense inhérent à sa dépendance/ ou problématique. C'est la réparation du lien avec soi-même.

Etape 5 : Cette étape permet à la personne d'être simplement elle-même (ni toute puissante, ni indigne d'exister). Le patient doit dépasser sa honte, et accepter "l'autre dans une dimension bienveillante". C'est la réparation du lien avec les autres.

Etapes 6 à 9 : Après s'être rendu compte de l'aspect destructeur de sa maladie, la personne est déterminée à changer. Dans ces différentes étapes, la personne se consacre à l'application et à la mise en pratique des changements qu'elle souhaite.

Etapes 10 à 12 : Dans ces trois dernières étapes, il s’agit pour la personne de poursuivre les efforts investis dans le but d’intégrer les changements opérés dans le cadre de sa vie quotidienne et de maintenir son Rétablissement.

Chaque journée écoulée est synonyme de victoire pour la personne qui se rétablit.

Tout au long de ce processus, la personne va se confronter à des expériences intenses : sentiment de désespoir, crises, perspectives d'espoir pour enfin mieux se retrouver.

La notion de rétablissement[modifier | modifier le code]

La spécificité du Modèle Minnesota se concentre sur le rétablissement de la personne (la réhabilitation), c’est-à-dire que le programme de traitement multidisciplinaire mis en place met l'accent sur les soins plutôt que la guérison.

Contrairement aux modes de prise en charge traditionnels de la dépendance, ou des problématiques émotionnelles, ce modèle n’implique aucun traitement de substitution.

En centre de traitement, pour déclencher et délimiter le processus de rétablissement, les professionnels du traitement et les patients collaborent ensemble : l'équipe médicale et thérapeutique coordonne le traitement . Elle informe le patient sur la façon de gérer la maladie jour après jour. Le patient, quant à lui, suit les prescriptions tout en jouant un rôle actif à travers différentes responsabilités dans la gestion de sa vie quotidienne par exemple.

Le traitement est axé sur le long terme. Comme pour le traitement de certaines douleurs,ou maladies chroniques, le Modèle Minnesota oeuvre sur une problématique ne disparaissant pas. L'accent est donc mis sur la gestion de la qualité de vie de la personne. Chaque sentiment de progrès est valorisé. Plusieurs stratégies comportementales et cognitives vont se développer au cours de ce traitement : les changements dans les habitudes de vie sont placés au centre du programme, le processus de rétablissement s'appuie sur les systèmes de soutien naturel (groupes d'entraide, pairs qui se sont rétablis, …).

La prise en charge : un programme quotidien[modifier | modifier le code]

La prise en charge instaurée par le Modèle Minnesota repose sur trois dimensions : 1. assurer un environnement de traitement thérapeutique total (promouvoir l'abstinence si la personne est dépendante, aider le patient à déconstruire un mode de vie auto destructeur), 2. permettre aux dépendants ou aux patients de s'entraider (montrer que la personne ne mène pas seule ce combat, élaborer des perceptives d’avenir), et 3. développer la spiritualité.

Assurer un environnement de traitement thérapeutique total[modifier | modifier le code]

Selon le Modèle Minnesota, la thérapie ne consiste pas à rechercher les «causes» de la consommation de la personne, ou de ses difficultés, mais à se concentrer sur le Présent. Son but est d'aider le patient à prendre de nouvelles mesures pour aujourd'hui, plus précisément, rester "sobre" (de tous produits et/ou émotionnellement) pour les vingt-quatre heures à venir.

Pour cela, ce modèle invite les personnes à élaborer leurs pensées à travers :

  • des temps d'informations/ de conférences : Lors de ces temps d’informations, les personnes prennent conscience des signes et des symptômes de leur dépendance ou problématique personnelle. Ils identifient leurs « symptômes » à ce qui ést évoqué par l’orateur. Le patient acquiert une nouvelle perspective sur son comportement. Il n'a pas à livrer les détails de sa vie personnelle (ou à faire face à la honte).
  • des lectures,
  • la thérapie de groupe et/ou la participation à des groupes d'entraide,
  • et de la thérapie individuelle.

À cela s'ajoute un programme d'action défini par les Douze Étapes: rédiger des travaux écrits précis en fonction du cheminement de la personne, réaliser des inventaires personnels, échanger avec honnêteté, discuter des résultats avec d'autres, faire des amendes honorables, apprendre à méditer, ...

Permettre aux patients de s'entraider[modifier | modifier le code]

Les thérapies de groupe sont au centre du programme. Au cours de ces différents échanges, les patients vont pouvoir discuter, partager leur histoire et ainsi se rendent compte qu’ils ne mènent pas seuls ce combat. Pour les personnes dépendantes à l'alcool ou aux drogues, des conseillers "ex-alcooliques et ex-drogués" peuvent aussi suivant les lieux mèner des séances . Ils représentent alors une forme "d'exemple » et un « vivant exemple d’espoir » aui essentiel au rétablissement des patients dépendants.

Développer la spiritualité[modifier | modifier le code]

Le « spirituel » est relatif au domaine de l'intelligence, de l'esprit et de la Morale. Or l'Ethique et la Morale sont aujourd'hui considérées comme libérateur, source de bien-être. Dans le Modèle Minnesota, la spiritualité est un outil pour contrebalancer la toute puissance du patient et pour comprendre la place du produit ou de la problématique. Cette notion repose avant tout sur un éveil spirituel : il s'agit d'ouvrir les yeux et tout particulièrement "accepter d'ouvrir les yeux". L'honnêteté, la bonne volonté, l'intégrité et l'ouverture d'esprit sont donc quatre principes primordiaux du Modèle Minnesota.

« La religion est pour ceux qui ont peur de l'enfer, la spiritualité est pour ceux qui en reviennent. » « Je hais la substitution, cela retire leur âme aux toxicomanes » Claude Olievenstein, psychiatre français spécialiste du traitement des toxicomanies

Résultats[modifier | modifier le code]

Le modèle Minnesota est aujourd'hui reconnu dans le monde entier comme le Traitement de référence pour la problématique de la dépendance à l'alcool et/ou aux drogues. Incluant une approche compréhensive et multi-professionnelle de la problématique, plusieurs études démontrent l'efficacité du modèle.

L'étude de Christopher Cook dans le British Journal Of Addiction (1989) soutient des résultats chiffrées impressionnants.

  • La moitié des patients rentrés chez eux restent abstinents ou boivent moins après 1 an de suivi

[1].


Selon une étude finlandaise de Kenso et Salaspuro, le Modèle Minnesota dégage des différences significatives par rapport à l'approche traditionnelle de la dépendance.

  • Les patients ayant suivi le programme du modèle Minnesota font preuve d'implication, de soutien et d'une spontanéité plus développé .
  • Le programme Minnesota enregistre 3,5 fois moins d'abandon
  • Le pourcentage d'abstinent pendant la première année suivant le traitement est à l'avantage du modèle Minnesota (14 % contre 1,9 % en traitement traditionnel)[2].


Une étude comparative effectuée par Moos, Finney, Ouimette et Suchinsky apporte également la preuve de l'efficacité du traitement comparé aux autres thérapies comportementales cognitives.

  • Le taux d'abstinence est supérieur
  • Moins de problème liés à la dépendance
  • L'accompagnement post-traitement consolide les résultats[3].


D'autres études [4] :

En 2012, le Modèle Minnesota permet la prévention, la compréhension et la prise en charge de toutes les formes d’addictions (addictions à l'alcool, aux produits illicites, ..., la boulimie/anorexie et les addictions comportementales : jeux, sexe, dépendance affective, …). Pour ceux et celles qui aspirent à un mode de vie plus équilibré et moins "souffrant" le Modèle Minnesota est aussi un formidable outil thérapeutique et de développement personnel.

Critiques[modifier | modifier le code]

Le modèle Minnesota a fait, en France, l’objet de suspicions. Ces craintes ne se fondent pas sur le modèle en particulier, mais sur certaines doctrines du modèle, notamment sur la question de la Spiritualité et de la participation à des groupes d'entraide.

Dans son livre Les drogues - Approche sociologique, économique et politique, Marie Jauffret Roustide, chercheuse au CNRS (Centre national de la recherche scientifique. France), a cherché à comprendre l'intérêt des groupes d'entraide dans la prise en charge des usagers de drogues (et d'autres dépendances) et appréhender les phénomènes sociaux révélés par l'existence de ces groupes d'autosupport. Il ressort de l'étude mené que les groupes d'entraide anonymes, qui abordent la spiritualité, ne sont pas des mouvements sectaires et apportent un réel soutien aux personnes qui les composent. L'aide est gratuite (pas de frais pour participer aux groupes), les membres sont égaux (pas de leader) et un système de "service qui tourne" est instauré. Les associations en douze étapes sont exclusivement centrées sur le Rétablissement/ la réhabilitation. Elles sont apolitiques et ne souhaitent pas recevoir des subventions afin de garder leur liberté d'action.

Où trouver de l'aide en Europe ?[modifier | modifier le code]

Les structures basées sur le Modèle Minnesota en France :

En France, il existe un Centre de traitement "pionnier" basé sur le modèle Minnesota. Il s'agit du Centre APTE (Aide et Prévention des Toxico-dépendances par l'Entraide). http://www.cairn.info/revue-psychotropes-2004-1-page-113.htm Le projet d'ouverture de cette structure a été porté par Kate Barry, qui s'est rétablit de la dépendance à la suite de son admission dans un centre de traitement /Modèle Minnesota en Angleterre. Elle a souhaité faire connaitre, et offrir la même possibilité thérapeutique, à d'autres dépendants français. Le Centre a ouvert en avril 1994 et fonctionne avec une prise en charge de l'assurance maladie. Il est conventionné pour l'accueil des personnes dépendantes aux drogues et/ou à l'alcool. Ce centre de soins situé à Bucy le Long (02), est agréé par la Mission Interministerielle de Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie. Il est depuis quelques années géré par l'association Aurore. Durant le séjour au sein du Centre, la sortie du patient est préparée. Au terme du séjour, il est proposé aux patients un suivi hebdomadaire durant une période de six mois, sous forme de thérapie de groupe afin de consolider le rétablissement. La création du centre APTE a permis de faire connaitre, en France, le Modèle Minnesota et a apporté de l'aide à de nombreux dépendants. Chaque année, à la date anniversaire de l'ouverture du centre, les anciens patients sont conviés à une fête. Ils peuvent ainsi échanger avec les membres de l'équipe thérapeutique sur la qualité de vie retrouvée.

L'inauguration, par le Président de la MILDT (Mission Interministerielle de Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie . France)[5], de la première communauté thérapeutique ouverte en Île-de-France s'est déroulée le 19 mars 2012. Cette ouverture et le choix du mode d'approche retenu est une reconnaissance du modèle Minnesota. La communauté localisée à Aubervilliers a vu le jour à la suite d'un projet porté et élaboré par l'équipe du Centre APTE avec la direction de l'association Aurore. Les objectifs de la communauté thérapeutique Aurore sont de soutenir les patients dans leur parcours de sevrage des drogues licites ou illicites, puis, dans un second temps, de favoriser leur insertion professionnelle et sociale.

Les associations et cliniques fondées sur ce modèle thérapeutique pour le traitement de la dépendance :

  • l'Association EDVO (Espoir du Val d'Oise)a été fondé en 1987 par Jean Paul Bruneau. Policier formateur anti-drogue, cet homme de terrain a travaillé durant plus de 20 ans à la brigade des mineurs et a été confronté à l'explosion des consommations de drogues et d'alcool. Il préside et dirige avec conviction l'association qui propose un lieu de vie conçu pour accompagner les sortants de cures (dépendants à l'alcool et /ou aux drogues).

L'association EDVO a participé à faire connaitre et rayonner le modèle Minnesota en Bretagne et dans le territoire du grand ouest. Elle a contribué, à travers l'animation de formation par son Président, a sensibiliser de nombreux jeunes

  • le centre de Psychothérapie d'Osny : Il s'agit d'un Centre de Psychothérapie doté de lits d'hospitalisation et d'un hôpital de jour. L'hospitalisation se fait sur orientation du médecin traitant ou d'un psychiatre libéral/ou hospitalier.

Le centre propose, pour les patients alcooliques ou toxicomanes, une prise en charge basée, entre autres, sur le Modèle Minnesota.

Des professionnels qualifiés :

Quelques professionnels français sont aujourd'hui formés au Modèle Minnesota de prise en charge. Certains se sont regroupés au sein d'une association des conseillers en Addiction (Acaddi). D'autres thérapeutes ont été formés au Modèle Minnesota et travaillent en cabinet libéral ou au sein de certains services publics(Conseil Général de la Vendée). En effet, il n'est pas nécessaire pour certains patients d'être hospitalisés pour se rétablir avec l'aide du Modèle Minnesota.

- En Suisse : Clinique La Metairie à Nyon ; Centre de soins Promis Suiss ; Fondation FAS à Lausanne, ...

- En Espagne : Centre de soins S A E, Clinique Privée Promis, ...

- Clinique privée Promis (Belgique)

- Centre de traitment Promis. Kent (Angleterre) ...

les groupes d'entraide anonymes : ils sont intimement liés à la "mise en place du Modèle Minnesota" et œuvrent pour le rétablissement des patients selon la même optique : Alcooliques anonymes, Narcotiques Anonymes, ... et tous les mouvements anonymes (exemples : DA : pour les débiteurs compulsifs, EA : Emotifs anonymes, ...) Pour l'entourage : NarAron, AlAteen et AlAnon...

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Lettre de la MILDT (avril 2012),
  • Les drogues - Approche sociologique, économique et politique par Marie Jauffret-Roustide (2004),
  • The Minnesota Model de Jerry Spicer (Président d’Hazelden),
  • Les douze étapes vers le bonheur de Joe Klass (1993)
  • les formes multiples de l'Expérience religieuse de William James (Professeur de philosophie, puis de psychologie à l'Université d'Harvard, a approfondi l'hypothèse d'une « conscience subliminale », de nature spirituelle et non pas pulsionnelle, qui serait source de connaissance intuitive et de créativité)
  • L'Homme à la découverte de son âme de Carl Gustav Jung ( Médecin psychiatre psychologue. Il concevait la spiritualité comme une fonction naturelle de la psyché, fonction essentielle et obligatoire à prendre en compte)

Liens externes[modifier | modifier le code]