Muqarnas

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Muqarnas du plafond d'entrée de la mosquée Vakil de Chiraz (Iran).
Chapiteaux à muqarnas des colonnes de la mosquée Bolo Haouz de Boukhara.
Muqarnas du pishtak d'entrée de la médersa Abdoullaziz Khan de Boukhara.

Les muqarnas (مقرنس en persan moqarnas, مقرنص , mouqarnas en arabe, mocárabes en castillan) sont des éléments de l'architecture islamique depuis l'époque médiévale. Il s'agit d'éléments décoratifs en forme de nids d'abeilles et réalisés en stuc peint, en bois, en pierre ou en brique. Ces éléments dégringolent en stalactites ou garnissent les voûtes ou l'intérieur des coupoles de nombreux bâtiments musulmans[1]. Les muqarnas tirent leur origine des réfugiés duodécimains dans les grottes calcaires des monts Elbourz du nord de l'Iran, pleines de stalactites, pour échapper à la torture des Seldjoukides[2]. Ce furent d'abord les mausolées chiites qui se couvrirent de stalactites, avant de devenir à la mode dans le monde islamique. Mode répandue par les maçons duodécimains, puis soufis dont les couvents à l'inverse étaient protégés par les Seldjoukides. Ces grottes symboliques se multipliaient dans les imamzadehs. Ce motif fait écho inconsciemment aux grottes du culte de Mithra quelques siècles plus tôt[3].

Les premiers muqarnas apparurent en Iran-Irak à la fin du XIe siècle, sous la dynastie seldjoukide (1032), mais aussi en Algérie dans la Qalaa des Beni Hammad (1007), sous une forme primitive à base parallélépipédique portant des cannelures prismatiques[réf. nécessaire]  ; Ils se répandirent ensuite rapidement en Syrie, en Turquie, en Égypte et jusqu'en Andalousie le siècle suivant[1]. Au XIe siècle, la littérature persane les évoque pour la première fois vers 1077-1078 sous le nom de « pieds de gazelle » (ahou pây)[4].

Ils évoquent indubitablement le ciel étoilé la nuit dans les déserts, et relient leur symbole aux astronomes arabes des cours.[réf. nécessaire]

Ils servent aussi d'éléments de transition harmonieuse, entre la partie haute d'une salle carré, et une coupole qui la surmonte (à l'exemple du salon des ambassadeurs de l'alcazar de Séville).

Lorsque les mocárabes descendent de coins de salle et non du plafond, on parle de stalactites de nid d'abeille.

L'architecture nasride combina les muqarnas à l'arc à lambrequins pour créer l'arc à muqarnas.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Yasser Tabbaa, « The Muqarnas Dome: Its Origin and Meaning », Muqarnas : An Annual on Islamic Art and Architecture, Leyde, E.J. Brill, vol. III,‎ 1985
  2. Aly Mazahéri, Les Trésors de l'Iran, Genève, éd. Albert Skira, 1977, p. 174
  3. Aly Mazahéri, op. cité, p. 174
  4. Aly Mazahéri, op. cité, p. 176