Mitsuyo Kakuta

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Mitsuyo Kakuta 角田 光代, Kakuta Mitsuyo; née le 8 mars 1967 à Yokohama) est une écrivaine japonaise, lauréate entre autres du prix Naoki en 2005.

Biographie[modifier | modifier le code]

Kakuta est étudiante à la faculté de philologie (Bungakubu) de l'université Waseda de 1985 à 1989. Au cours de ses études, elle écrit « romans de filles » (少女小説, shōjo shōsetsu). En 1990 elle reçoit le prix Kaien des jeunes auteurs pour Kōfuku na yūgi. En 1996, elle est lauréate du prix Noma de littérature (Noma Bungei Shinjin Shō) pour Madoromu yoru no UFO (まどろむ夜の. En 2002, elle publie Palais économique (エコノミカル・パレス, Ekonomikaru paresu) et Kūchū Teien (空中庭園. Pour ce dernier titre elle remporte le prix de littérature féminine. Elle est couronnée du prix Naoki pour Taigan no Kanojo (対岸の彼女 (« La Femme sur l'autre rive ») en 2004 et en 2005, du prix Kawabata pour Rock Haha (ロック母, Rokku Haha, 2006). Kakuta fait partie des écrivains du projet « Éditeur de la ville de Tokyo », qui représente la partie japonaise dans le cadre de l'année de Allemagne au Japon en 2005/2006. Elle est mariée à l'écrivain Takami Itō (* 1971) et vit à Tokyo.

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Kakuta Mitsuyo se fait d'abord remarquer sous l’appellation J-Bungaku. Sur les photos de la campagne J-Bungaku des éditions Kawade Shobō Shinsha, son visage est souvent considéré comme la représentation du concept de l'idéal de la jeune littérature japonaise. La carte de la littérature japonaise des années 1990 dans le cahier Bungei Bessatsu J-Bungaku 90-nendai bungaku mappu (1998) du datsuryoku furītā-kei zōn, situe Kakuta qui est souvent appelée une auteure freeter. La référence à furītā-kei zon que donne le livret édité par Kawade se trouve également dans d'autres commentaires sur les textes de Kakuta.

Dans les romans freeter de Kakuta (voir Furītā bungaku), les protagonistes sont des étudiants et/ou des jeunes gens de Tokyo qui gagnent leur vie grâce à divers emplois (arubaito en japonais). Les héros de Kakuta sont à la recherche de sens selon ce qu'ils « veulent faire » dans leur vie. Souvent l'auteur examine les constellations « l'individu et les humains », « l'individu et la famille », « l'individu et la société », « l'individu et le lieu » etc. , et ce depuis Niwa no Sakura, Tonari no Inu (庭の桜、隣の犬, (« Les cerisiers dans le jardin, le chien d'à côté », 2004) et Taigan no Kanojo (« Relations intimes »).

Mitsuyo Kakuta est une représentante typique de la nouvelle scène littéraire japonaise, elle maîtrise l' équilibre entre « littérature exigeante » et divertissement . Un texte particulièrement réussi est « Palais économique » dans lequel l'auteur dresse le portrait à la sombre tonalité d'une génération de diplômés universitaires sans avenir. Dans sa critique d'une société japonaise froide, peuplée d'égocentriques uniquement intéressés par l'argent et incapables de communiquer, le roman rappelle les portraits de Bubblonia de Natsuo Kirino. Les critiques reconnaissent dans les études marquantes des psychodrames de Katuka le « Moi » japonais moderne. En fait, les textes de l'auteur développent les transformations actuelles de ce « Moi » moderne et avec elles les sensibilités spécifiques décadentes de la classe moyenne urbaine qui sent la menace de la relégation. Dans ses volumes de carnets de voyage et d'histoires courtes, Katuka adopte une démarche quelque peu plus légère.

Ouvrages traduits en français[modifier | modifier le code]

  • Celle de l’autre rive (« Taigan no Kanojo 対岸の彼女 »), trad. d’Isabelle Sakai, Arles, France, Actes Sud, coll. « Lettres japonaises », 2008, 288 p. (ISBN 978-2-7427-7364-0)
  • La Maison dans l’arbre, trad. d’Isabelle Sakai, Arles, France, Actes Sud, coll. « Hors collection », 2014, 352 p. (ISBN 978-2-330-03070-4)

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lisette Gebhardt (de) : Freeter-Literatur? Ein Blick auf Kakuta Mitsuyo. Dans Asiatische Studien, Themenheft: Japanische Schriftstellerinnen 1890-2006, Eduard Klopfenstein (Hrsg.), LXI, 2, 2007, p. 643-660.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source de la traduction[modifier | modifier le code]