Mistivoï

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Mistivoï, (également : Mistivir, Mistivis, Mistui, Mistuvoi, Mystiwoi ou Mstivoï, mort vers 995), baptisé Billung, du nom de son probable parrain Hermann Billung, était un prince obodrite (princeps Winulorum). Il hérita à une date indéterminée de la couronne de son père Nako et la partagea avec son frère Mstidrag.

Ce qui est établi, c'est qu'en 983, les deux frères prenaient la tête de ce que l'histoire allemande appelle le grand soulèvement slave, et qui éclata à l'annonce de la défaite de l'empereur Otton II à la Bataille du cap Colonne. Mistivoï s'engouffra loin à l'ouest en territoire saxon et cette même année détruisit même la toute récente ville d'Hambourg. On dispose de deux récits de sa vie et des raisons pour lesquelles il abandonna la foi chrétienne.

Selon Adam de Brême[1]:

Les princes des Vinules étaient en ce temps-là Mistui et Missidrog, et c'est sous leur commandement que la révolte éclata. Les Slaves entrés en rébellion sous leur ordres ravagèrent d'abord, par le fer et le feu, toutes les terres du nord de l'Elbe. Puis traversant le reste de leurs pays, ils incendièrent et jetèrent bas les églises. Quant aux prêtres et autres serviteur du culte, ils les mirent à mort par divers supplices, jusqu'à ne laisser subsister sur l'autre rive de l'Elbe le moindre souvenir du christianisme

Selon Helmold:

Le duc Herman Billung [en fait Bernard Ier ] promit en mariage l'une de ses nièces à Mistivoï [ou Mistivoï la lui demanda] si ce dernier acceptait de l'accompagner dans son expédition en Italie. C'est ce que fit Mistivoï, qui lui rappela sa promesse. Mais Dietrich d’Haldensleben proclama que « la nièce de haute naissance d'un grand prince ne saurait être abandonnée à un chien » ; sur quoi, Mistivoï, appelant les Vélètes à la rescousse, mit à feu et à sang la Nordalbingia (les régions situées au nord de l'Elbe).

Helmold justifie aussi le soulèvement des Slaves en rappelant systématiquement l'avidité insatiable des Saxons.

Quant à Tore (ou Tofa), la fille de Mistivoï, elle devait épouser Harald-à-la-dent-bleue et fit ériger la pierre runique de Jeliing en mémoire de sa mère. Mistivoï eut encore deux fils, Mstislaw et Udo, dont le premier est souvent confondu avec son père (à cause de la ressemblance des prénoms), et le second succéda à son frère à la tête d'une tribu Wende-abodrite.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire es archevêques de Hambourg éditions Gallimard Paris 1998 chapitre II § 42 p. 96


Source[modifier | modifier le code]

  • Lis. Jacobsen, Kong Haralds og Kong Gorms Jellingmonumenter, vol. IV, Lund, Scandia,‎ 1931, p. 264.